Poutine, Trump et la création d’une nouvelle architecture de sécurité pour l’Europe avec une participation russe

Discours le 20 septembre 2018.  Fondation pour la Préservation du Patrimoine russe dans l’Union Européenne. Bruxelles.

 

Bonsoir Mesdames et messieurs.  Merci de votre présence.

Mon discours ce soir représente la deuxième partie de notre conférence du 23 avril concernant l’annonce d’une nouvelle guerre froide. Le texte est mis à jour en considération des changements très significatifs sur la scène internationale les dernières mois.

Dans la première partie de mon discours en avril,  j’ai parlé de mon expérience en qualité d’observateur international des élections présidentielles russes le 18 mars. Je faisais partie d’un groupe de 23 personnes envoyées en Crimée.

Le 23 avril j’ai consideré la ré-élection de Vladimir Poutine comme une donnée importante dans l’évolution de la nouvelle guerre froide.  Le rival ou l’enemi des Etats-Unis et de l’Ouest restera en place pour les 6 ans à venir.  Et lors de sa campagne électorale, M. Poutine a donné un avertissement aux Etats-Unis dans son allocation au deux chambres du parlement russe le 1 mars, Je vais parler de tout cela dans quelques minutes.

Le 23 avril j’ai présenté la Russie comme l’acteur dynamique dans le bilan des relations internationales. L’allocation de Poutine le 1 mars, les réussites de Moscou dans le théâtre de guerre syrienne des premiers jours d’avril ont provoqué des réponses militaires des américains et ses alliés au niveau des pires confontations de la guerre froide.

A cette époque, comme tout le monde, j’ai consideré la politique étrangère américaine comme une unité formulée par les centristes du monde politique avec Donald, l’homme inscrutable, bien à bord. Avec ou sans enthousiasme, le cas échéant, Trump a réalisé les sanctions proposés par Congrès envers la Russie.  Si le Président a gardé des sympathies pour la Russie, comme les démocrates ont insisté, ça était une question à part.

Mais après, dans les mois de juin, juillet et août, le Président américain a montré ses cartes et par des actions et des paroles il exposait une fissure très importante entre sa stratégie globale à lui et la politique étrangère officielle du Congrès, des ministères des affaires étrangères et de la défense. Pour moi, c’est clair: il y a deux politiques étrangères américaines à ce moment. Une, la politique officelle –  la continuation avec plus intense agressivité de la hégémonie globale américaine comme seule super-puissance. L’autre, du président, qui signifie la déstruction du système des alliances, des bases et forces à l’étranger.

J’admets que cette division n’est pas tout à fait évident à mes confrères – analystes professionels et journalistes qui estiment, pour la plupart, que Donald est un idiot sans objectifs stratégiques fixes.  Effectivement il y a beaucoup de contradictions entre les promesses de Trump et ses actions dans les relations avec la Russie. Mais il faut souvenir que le Président est sous pression constante de l’ investigation du procureur spécial Mueller pour collusion avec la Russie lors des élections de 2016 et sous pression des initiatives de la législature pour le contraindre à poursuivre des sanctions sévères contre la Russie et des provocations anti-russes.  Il faut entendre que la Russie n’est pas la seul préoccupation du president même si elle est la seule preoccupation de ses opposants.

La question principale de ce soir:  de faire prognostic des dénouements possibles de la confrontation actuelle entre l’Amérique avec ces alliés européens et la Fédération de la Russie.

Je trouve l’élément plus important pour prédire l’avenir sera le résultat du scrutin américain le 6 novembre 2018, les élections du mi-mandat dans lesquelles ou Trump est vainqueur ou son présidence est en péril.

Les possibilitiés que je discerne sont les suivantes:

  1. Trump gagne, continue avec son majorité dans les deux chambres du Congrès, continue sa politique de démantelement des alliances militaires, OTAN en particulier dans les 2 ans restants de son premier mandat and dans un mandat supplémentaire éventuel. Pour sa part l’Europe continue son récherche pour établir une nouvelle politique de défense, assurant seule sa sécurité. Dans cet hypothèse il y aura certainement des pourparlers avec la Russie pour fonder une nouvelle architecture de sécurité avec la participation de la Russie
  2. Trump perd sa majorité dans la Chambre des Représentants, on commence une procédure de destitution contre lui.  Finalement ou il est forcé d’abandonner la Maison Blanche ou il reste  en pouvoir jusqu’à la fin de son mandat mais il est obligé de réaliser la politique de ses enemis et continuer l’agressivité montante contre la Russie.

Toutefois j’admets que notre avenir sera déterminé par des autres facteurs aussi, y compris un cas fortuit, Dans les deux hypothèses nous avons toujours la possibilité d’une guerre chaude entre l’Ouest et la Russie par accident donné la présence des forces des deux camps dans proximité, comme en Syrie ou dans l’Ukraine. et l’absence des bons liens de communication entre eux, plus encore la manque de grande confiance ni dans la bonne volonté ni dans le bon sens de l’autre côté. Je vois un dédain marqué chez les uns comme chez les autres.

Tout ce que je vais raconter maintenant est selectionné pour informer notre discussion après mon discours sur le dénouement plus probable.

Alors commençons avec le fil rouge depuis le mois de mars qui déterminait l’analyse de mon texte du 23 avril:.

Les dates remarquables, les noeuds sur le fil, sont

Le 1 mars, quand le Président Poutine a livré son discours – Manifeste Electorale

Le 4 mars, date d’empoisonnement des Skripals à Salisbury, Royaume Unis.

Le 14 mars – l’expulsion de 23 diplomates russe d’Angleterre pour raison de l’attaque supposé avec Novichok sur les Skripals

Le 18 mars – le scrutin présidential en Russie – très important parce que le taux de participation était élevé et le pourcentage de bulletins pour Poutine – quelque 77% – montre que la population russe est solidement en support de la politique de défense de souveraineté nationale défini par Vladimir Vladimirovitch.

Le 27 mars – annonce de l’expulsion de plus de 100 diplomates russes par les Etats-Unis, les Etats-Membres de l’Union Européen et des autres pays tiers faisant référence à l’empoisonnement des Skripals

Le 7 avril, l’attaque chimique prétendu par chlore ou sarin à Douma, Goutha orientale, au moment quand les forces syriens étaient en train d’achever une grande victoire contre les terroristes qui contrôle le territoire depuis 4 ans. Le “régime” de Bashar Assad est accusé d’une frappe mortelle contre la population civile, et la Russie est impliquée.

Le 14 avril, la frappe contre Syrie par les Etats-Unis, la France et Grande Bretagne en utilisant des missiles de croisières lancées des avions et des navires de l’alliance.

J’insiste que tous ces événements sont étroitement liés. 

Je fais l’accent sur le discours de Vladimir Poutine le 1 mars, comme point de départ.

L’allocution de Vladimir Poutine devant les deux chambres du parlement bicaméral de Russie le 1er mars a attiré l’attention du monde entier par la dernière partie, dans laquelle le Président russe a évoqué les principaux vecteurs d’armes nucléaires qui se distinguaient par des technologies sans précédent susceptibles de modifier l’équilibre du pouvoir mondial.

Poutine a affirmé que la pleine parité de la Russie avec les États-Unis en matière d’armement stratégique a été restaurée. Le message brutal qu’il a adressé aux États-Unis, à savoir qu’ils doivent abandonner leur tentative d’atteindre une capacité de première frappe pendant 16 ans et s’asseoir pour discuter de la maîtrise des armements.

À tous les égards, le discours a été une réponse directe à toutes les critiques que Poutine a reçues lors de sa présidence de ses sept adversaires dans la course présidentielle venant de tous les partis politiques, des nationalistes et des libéraux de droite et communistes de divers labels de gauche.

La position commune de cinq des sept opposants était qu’une bonne politique étrangère n’est possible que pour un État puissant, et qu’un État puissant est le produit d’une économie forte et de personnes prospères. L’un des candidats, Grigory Yavlinsky du parti libéral Yabloko, a résumé le plus efficacement le problème : un pays comme la Russie qui ne représente que 2% du PIB mondial, un pays qui a un PIB et un budget militaire qui ne représente que 10% de ceux des Etats-Unis, ne peut pas être compétitif sur la scène mondiale.

Dans son allocution à l’Assemblée fédérale, Vladimir Poutine a consacré les deux premiers tiers de son temps sur scène à la politique intérieure, exposant en détail les objectifs spécifiques à atteindre d’ici 2024 dans de nombreux domaines clés de l’activité et du financement du gouvernement fédéral en vue de créer une société prospère, juste et attrayante pour ses membres, qui jouit d’une croissance économique robuste et valorise avant tout le potentiel humain de ses citoyens.

Toutefois, dans le dernier tiers de son discours consacré aux questions militaires, il a fait remarquer que, malgré son PIB encore modeste et en dépit des problèmes démographiques et autres auxquels elle est confrontée, la Russie a réussi à contrer les efforts des États-Unis pour rendre inutile la force nucléaire russe. Depuis que les États-Unis ont abrogé le Traité ABM en 2002, ils s’efforcent d’encercler la Fédération de Russie avec des bases de défense antimissile à double objectif qui, à un moment donné, confréreront aux États-Unis une capacité de première frappe.

Parité restaurée

Dans son discours, M. Poutine a déclaré que la parité nucléaire avec les États-Unis a été rétablie et qu’elle sera indéfiniment viable, compte tenu de l’avance technologique de dix ans que son pays détient maintenant dans le domaine des systèmes d’armes stratégiques tout à fait nouveaux et redoutables qui peuvent vaincre n’importe quel réseau des américains .  La Russie est et sera un État puissant parce qu’elle dispose d’une capacité de défense inégalée qui assure la sécurité physique de ses citoyens, c’est certainement la première responsabilité de tout gouvernement. Une fois que la sécurité physique est assurée, le gouvernement peut créer les infrastructures nécessaires à la réussite de l’économie et de la société civile.  Dans tout cela, Poutine renverse la logique de ses opposants politiques.

La puissance dure de la Russie justifie ses aspirations à une politique étrangère forte. Le parapluie nucléaire russe, qui couvre non seulement la Fédération de Russie mais aussi ses “alliés”, sera l’élément d’attraction le plus fort.

En outre, la puissance dure peut être utilisée pour alimenter l’économie russe comme une source d’innovation qui est la clé de son programme d’accélération du taux de croissance.

Il ne fait aucun doute que des considérations électorales ont motivé la décision de présenter juste avant le scrutin le nouveau matériel de la Russie.

Mais l’allocution était beaucoup plus importante que ça. À sa manière, ce discours était aussi important, peut-être plus important que le discours de Poutine à la conférence de Munich sur la sécurité en février 2007, dans lequel il exposait longuement les griefs de la Russie à l’encontre de l’hégémonie mondiale des Etats-Unis établie dans les années1990 aux dépens des intérêts nationaux russes. Ce discours (de 2007) avait marqué un tournant dans les relations américano-russes, nous conduisant à la confrontation extrème d’aujourd’hui. Le discours du 1 mars ne suggère pas le début d’une nouvelle course aux armements, mais sa conclusion avec la victoire russe et la défaite américaine.

Les implications de l’intervention de Vladimir Poutine  nous disent que les agences renseignement américains ont paisiblement sommeillé durant les 14 dernières années sinon plus. C’est un scandale national pour le pays de perdre une course aux armements dont il n’était même pas conscient. Des têtes devraient rouler, et le processus devrait commencer par des audiences appropriées au Congrès..

.De plus, l’annonce dans le discours du 1 mars du déploiement en marche et sur le point de l’être de nouveaux armements russes qui modifient l’équilibre des forces mondiales n’est qu’un cas parmi une série d’autres réalisations remarquables de la Russie au cours des quatre dernières années qui ont toutes surpris les dirigeants américains…

La prise en main de la Crimée par la Russie en février-mars 2014 effectuée sans coup férir a été une “surprise” pour les USA et pour l’OTAN…

Puis le Pentagone a été complètement pris par surprise en septembre 2015, lorsque Poutine déclara à l’Assemblée générale des Nations Unies l’envoi d’avions russes en Syrie dès le lendemain pour mettre en place et débuter aussitôt une campagne contre Daesh et en soutien d’Assad.   Je pouvais continuer avec ma liste des actions russes surprenantes, mais mon argument est établi et nous devrons passer aux autres questions.

Alors quel était l’effet de l’allocution de Poutine le 1 mars sur les médias en Amérique?  La première rèaction était de nier complètement la vérité des propos russes, l’existence des armes techologiquement si avancés. C’est un bluff.

Mais des autres personnes de la classe politique mieux informées sur les manquements des services de renseignements américaines ont réagi plus sagement, dans le sens voulu par Poutine. Le 9 mars 4 Senateurs ont publie sur ses websites du Sénat, une lettre ouverte à Rex Tillerson, à ce moment encore le Sécrétaire d’Etat dans lequel ils lui demandent de rouvrir les pourparlers avec les russes sur limitations des armements le plutot possible.

Vous probablement n’avez pas entendu quelque chose de cette lettre, parce que dans la presse européenne comme dans la presse américaine pas de mention de ce sujet. C’est comme si la nouvelle est tombé dans un trou noir.

Même le Président des Etats-Unis a finalement entendu ce que disait Poutine sur la parité nucléaire et dans son appel téléphonique au Kremlin juste après les élections pour féliciter Vladimir Vladimirovitch de sa victoire il disait: “j’espère que nous nous rencontrons dans l’avenir court pour parler des armements. La situation est devenu hors de contrôle.”

Lors de cette évolution de pensée envers la Russie pars le Président américain et des autres personnes politiques de haute visibilité que je juge positive, un Plan B très négatif était mis en oeuvre par les services qui vraiement dirige les affaires aux Etats-Unis et en Angleterre.  Ici l’attaque sur les Skripals à Salisbury, prétexte pour l’expulsion coordinée des diplomates russes juste avant les élections présidentielles et les préparations pour l’attaque chimique fictive à Douma, en Syrie, prétexte pour les missiles de croisière lancées par les alliés le 14 avril.

Les deux événements ont exactement le même objectif:  de persuader tout le monde que la Russie est un pays paria, avec un programme illicite des armes chimiques pour effectuer des assassinats et que la Russie supporte un régime syrien qui tue ces citoyens en utilisant des armes chimiques bannis.  Discréditer, délegitimation de la Russie par tous moyens possibles pour lui punir et créer des conflits entre le régime Poutine et le peuple russe, voilà les cibles.

Avec le lancement américain, français et brittanique des missiles de croisière contre Syrie la nuit de 13 – 14 avril nous avons franchi un nouvel étape de risque dans la confrontation Est-Ouest. On peut très legerement passer d’une guerre froide en guerre chaude, voir tres vite nucléaire par malentendu des partis qui ont limité strictement les liens de communications entre eux et qui n’ont pas grande confiance ni dans la bonne volonté ni dans le bon sens de l’autre côté. Je vois un dédain marqué chez les uns comme chez les autres.

Voilà l’histoire de notre situation présente du coté actions et paroles russes, et réactions militaires, diplomatiques et économique (sanctions) du coté USA et l’Europe.  Les lignes que j’ai exposé déjà le 23 avril continue tout droit jusqu’aujourd’hui:

  1. l’évolution de la scandale Skripal avec des révélations juste avant l’ouverture du Mondial en Russie et dernièrement avant la réunion du Far East Forum à Vladivostok le 11-12 septembre – c.à.d. les accusations contre deux russes spoupçonnés d’avoir executé l’empoisonnement des Skripals
  2. Les préparations de flotte et aviation américaine, française, britannique, canadienne, etc. pour nouvelle attaque sur Syrie – pûnition du régime de Bashar Assad, accusé d’usage des armaments chimiques dans le province d’Idlib – un événement futur duquel les casques blanches seront les auteurs avec l’assistance des services de renseignement américain, selon le porte-parole du ministère de défense russe
  3. La promulgation des nouvelles sanctions économiques contre la Russie par les Etats-Unis

Mais en parallele depuis le mois d’avril je vois des developpements qui nous présentent finalement la pensée de Donald Trump, ce qu’il est en train de faire pour exploser les alliances et libérer les Etats-Unis du fardeau de défense de ses alliés, de la rôle du gendarme mondial. La conséquence directe serait de dégager la voie d’une nouvel arrangement de sécurité sur le Vieux Continent en contradiction directe avec les actions et les voeux de l’establishment américain.

Nos médias pour la plupart ridiculisent Trump. On parle de son narcissisme, niveau bas culturel, ignorance. Il est un rustre. Il semble très changeable dans ses opinions et directives. On dit qu’il est enfant terrible entourés des vrais “adultes” à Washington qui s’occupent de lui contraindre.  Dernièrement avec publication du livre de Bob Woodward “Fear” – “Peur” nous voyons que même des gens  dans l’administration Trump contrecarrent les initiatives du Président pour protéger le people, le monde de ses stupidités.

Mais il existe aussi des obserateurs américains qui ont trouvé un logique dans le comportement du Président Trump.

Un article de David Leonhardt publié le 10 juin dans le New York Times porte le titre: “Trump essaie de détruire le Ouest.”  Je cite le raisonnement:

“C’est impossible de pénétrer sa tête pour comprendre ses objectifs à long-terme. Mais on peut dire, que si un président des Etats-Unis esquissait un plan secret et détaillé pour briser l’alliance Atlantique, ce plan serait très similaire au comportement de Trump. Le plan impliquerait hostilité externe envers les dirigeants de Canada, Grande Bretagne, la France, l’Allemagne et Japon.  Spécifiquement il impliquerait querelles, prompts à la bagarre autour de differences artificielles – pas pour gagner des grandes concessions en faveur des Etats-Unis, mais pour créer des conflits pour une fin en soi.”

Cette pointe de vue était mieux développé dans un recueil des nouvelles envoyé aux abonnés par le Washington Post, “Today’s WorldView”, l’édition du 18 juillet.  L’auteur, Ishaan Tharoor, pose la question:  “Is Trump at war with the West?” – “Est-ce que Trump fait la guerre avec le Ouest?” Il rappelle le sommet de Trump avec Poutine à Helsinki, et encore les propos scandaleux et injurieux à l’adresse d’Angela Merkel et Justin Trudeau à Bruxelles lors de la réunion de l’OTAN,

Le reportage de la visite de Trump à l’OTAN par le Washington Post dans l’édition du 11 juillet était intitulé: “Amérique d’abord” veut dire “Amérique seul.” On parle de la demande de Trump que les partenaires européens paient pleinement  2% de PIB pour la défense maintenant, pas dans l’avenir lointain, et qu’ils doublent la contribution a 4% très vite, une chose politiquement impossible.  Une telle abrasivité intentionnelle fait rupture avec l’ordre post Deuxième Guerre Mondiale.

En parallèle nous remarquons la promotion ce printemps des sanctions et l’imposition des tariffs contre les amis, les européens, Canada, la Corée du Sud dans le même esprit comme Trump applique sanctions contre les rivaux de l’Amérique la Chine et la Russie.

 

Je suis totalement d’accord avec les analystes dans le mainstream qui accusent Trump de hostilité envers les partenaires.  Mais l’élément qui manque dans tous les écrits de ce genre c’est une réponse à la question: pourquoi?

Donald Trump n’est pas un intéllectuel. Il n’est pas grand communicateur, comme Reagan était.  Il nous ne donne pas une “doctrine Trump”.  Donald maitrise seulement les messages Twitter. Et regardons, ils montrent des erreurs de grammaire, de vocabulaire.

Néanmoins, dans ses Tweets, dans ses rémarques spontannées on trouve la réponse:   Pour Trump les nations n’ont pas des amis, seulement des intérêts.  Nous sommes tous des compétiteurs. Le plus grand compliment qu’il paie à Poutine, c’est que les russes sont des compétiteurs forts.  On note aussi que Trump parle de souveraineté des nations comme une valeur absolu.  Et il question la valeur des alliances.

Ici nous avons les composants plus importants de l’école Réaliste des relations internationales. Il faut ajouter le principe de “l’équilibre de pouvoir” dans lequel les nations sont en flux permanent pour se grouper contre l’une entre eux qui veut établir hégémonie.  Ou enore les “sphères d’influence” des grandes puissances.

Trump le Réaliste continue une tradition des présidents américains Theodore Roosevelt, d’avant la Première Guerre Mondiale, et Richard Nixon. Son réalisme est pur et dur.  Il n’accepte pas le mantra des Libéraux à Washington et à Bruxelles qui parlent de l’impérative  d’une politique étrangère basée sur valeurs.

S’il impose des sanctions, des tariffs sur les allies, c’est parce que ils sont les moyens uniques et adéquats dont il dispose pour exploser les alliances. Il a les compétences seul les imposer, indépendemment du Congrès. Au même temps, ils sont des outils bien respectés par les classes politiques américaines,  “as American as apple pie” – aussi américain comme la tarte aux pommes.

La question de relations avec la Russie n’est pas la chose clé dans la politique de Trump.  On parle beaucoup de tout ça parce que le Parti démocrat a instrumentalisé la question dans sa campagne éléctorale et faisait la question de collusion de Trump avec le Kremlin le dada de nos jours. Mais effectivement la pensée stratégique de Trump va beaucoup plus loin dans la restructuration des relations globales autour des principes de Réalisme.  Bien sûr un bénéficiaire de la réalisation de cette politique sera relations avec la deuxième super-puissance militaire du monde, la Russie.

 

Maintenant je vous donne la parole pour poser des questions.  J’espère entendre vos avis sur le dénouement de la confrontation actuelle entre la Russie et les Etats-Unis –  l’Ouest.

Je dis ce soir qu’il ne faut pas essayer d’attribuer responsabilité pour la confrontation même, parce que si l’échange nucléaire commence par accidente ou par intention nous sommes tous morts, les innocents avec les culpables.

©Gilbert Doctorow, 2018