Translations of “Sometimes democracy allows the will of the people…”

Translations into French (Your) and German (Andreas Mylaeusi)

Parfois, la démocratie permet à la volonté du peuple de devenir la politique de l’État : week-end mouvementé au Capitole de Washington et en Slovaquie.

Il est peut-être prématuré de parler de la fin de la guerre en Ukraine grâce au retrait du soutien des gouvernements occidentaux au régime corrompu et autocratique de Kiev, de sorte que son armée s’effondre en l’espace de quelques semaines. Toutefois, deux événements politiques majeurs survenus hier, deux exercices de démocratie représentative par lesquels les opinions majoritaires de l’électorat ont pris le contrôle de la principale question d’affaires étrangères, suggèrent que la fin des politiques ignorantes, cyniques et autodestructrices élaborées par nos élites dirigeantes pourrait arriver plus vite que beaucoup d’entre nous n’avaient osé l’espérer.

Je commence par les élections législatives en Slovaquie qui ont vu la victoire nuancée de Robert Fico, ancien premier ministre, qui s’est engagé à s’opposer au soutien de l’OTAN à l’Ukraine et, en utilisant des mots qui ont attiré l’attention du public, « à ne plus envoyer une seule balle en Ukraine ». Il a également critiqué avec force les sanctions imposées à la Russie par l’Union européenne et souhaité un retour à des relations normales d’État à État. Son principal adversaire dans la course, Michal Šimečka, dirige le parti Progressive Slovakia et est membre du Parlement européen, où il siège au sein du bloc Renew Europe. Pour ceux qui ne suivent pas de près la politique du PE, Renew Europe est un regroupement des eurodéputés français qui avaient été portés au pouvoir par la première victoire présidentielle d’Emanuel Macron avec des eurodéputés vicieusement anti-russes connus sous le nom d’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), dirigée par l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt. La plateforme politique de Šimečka était fortement pro-UE, pro-sanctions et pro-OTAN, c’est-à-dire exigeant plus de soutien militaire et financier à Kiev.

Je dis que M. Fico a remporté une victoire « nuancée », car son parti, le Smer, a obtenu un peu moins de 23 % des voix. Le parti de M. Šimečka a obtenu 18 % des voix. Le reste des voix est allé à un ensemble de partis encore plus petits. Ce résultat donne à Fico la possibilité, en tant que tête de liste, de conclure des accords avec un certain nombre de petits partis et de former une coalition gouvernementale.

Si la formation d’un gouvernement Fico et la mise en œuvre des politiques qui lui ont valu le soutien des électeurs ne sont pas acquises, sa première place à l’issue du scrutin a ébranlé les grands médias défenseurs de l’ordre mondial actuel. Raphael Minder, correspondant pour l’Europe centrale du Financial Times, nous dit dans un article publié ce matin :

« L’élection anticipée en Slovaquie a sonné l’alarme à Washington et à Bruxelles, qui craignaient que le retour au pouvoir de M. Fico ne fasse entrer dans l’UE une autre voix anti-Ukraine, aux côtés du premier ministre hongrois Viktor Orban. M. Fico s’est opposé aux sanctions contre la Russie et affirme également que le soutien de l’OTAN à l’Ukraine porte atteinte à la souveraineté nationale ».

Ces sonnettes d’alarme ont certainement retenti dans les bureaux de la rédaction de son journal à des décibels encore plus élevés si l’on en juge par la série d’articles publiés quelques jours avant le scrutin, espérant contre toute attente que Fico perdrait.

Jusqu’à présent, le New York Times n’a pas dit un mot sur les élections slovaques. Les éditorialistes sont probablement encore en train de réfléchir à la manière de présenter cette mauvaise nouvelle.

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L’autre fait marquant de la journée d’hier en ce qui concerne l’Ukraine a été l’adoption et la promulgation d’un projet de loi sur le financement temporaire du gouvernement fédéral américain, qui a supprimé les dispositions relatives à une aide supplémentaire à l’Ukraine. Au moment où l’accord a été conclu sur cette rédaction finale du projet de loi, il ne restait plus que quelques heures avant qu’une fermeture du gouvernement fédéral ne soit déclarée, ce qui pourrait sérieusement compromettre la réputation des États-Unis en tant que démocratie stable qui honore ses obligations financières. Une telle atteinte a des conséquences matérielles en termes de négociabilité de la dette publique et des intérêts à payer.

En conséquence, la pression pour parvenir à un compromis entre les positions apparemment irréconciliables des partis des deux chambres du Congrès était énorme. D’un côté, il y avait les Républicains qui cherchaient à opérer des coupes sombres dans les programmes gouvernementaux afin de mieux contrôler le déficit, et qui refusaient toute nouvelle aide à l’Ukraine. De l’autre côté, les Démocrates, grands dépensiers, suivaient la ligne de conduite de Joe Biden, qui voulait aider l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudrait ». L’accord de dernière minute auquel ils sont parvenus prévoit une prolongation de 45 jours du fonctionnement du gouvernement aux niveaux budgétaires actuels, mais supprime l’aide à l’Ukraine.

Il convient de mentionner que le refus de l’aide à l’Ukraine est allé directement à l’encontre des souhaits du chef de la majorité sénatoriale Mitch McConnell, favorable à la guerre. En d’autres termes, les dirigeants du parti républicain sont des partisans déterminés de Zelensky. La suppression de l’aide à l’Ukraine a été une victoire ascendante des sénateurs républicains qui écoutent leurs électeurs.

Nous avons assisté à ce moment rare où le peuple influence l’action de ses hommes politiques. Les résultats des sondages concernant la poursuite de l’aide militaire et financière à l’Ukraine sont connus depuis des semaines. Cinquante-cinq pour cent des Américains en âge de voter s’opposent à la poursuite de l’aide.  Mais plus de 70 % des Républicains inscrits s’opposent à l’aide à l’Ukraine. En fin de compte, leur voix a été entendue.

Pourquoi s’agit-il d’un événement rare ? Parce que la politique étrangère est traditionnellement une prérogative de l’exécutif et que l’obligation constitutionnelle du Sénat de donner son avis et son consentement est restée lettre morte depuis des décennies.

Bien entendu, il ne serait pas judicieux de célébrer cette victoire tout de suite.  Les partisans de l’Ukraine au Congrès, qui constituent une majorité dans les deux chambres, vont certainement essayer à nouveau dans les prochains jours d’adopter un projet de loi séparé pour les quelques milliards de dollars d’aide qui ont été supprimés du budget hier. Toutefois, il pourrait être moins facile qu’il n’y paraît d’écraser les Républicains de l’opposition. Après tout, la prolongation du financement des opérations fédérales n’était que de 45 jours et la minorité obstinée qui a remporté l’épreuve de force d’hier pourrait menacer de faire la même chose ou pire à l’expiration de cette période de sursis. En outre, au cours de l’année écoulée, l’administration a dû recourir à des subterfuges pour continuer à financer l’Ukraine. Cela s’est fait en partie en évoquant des « erreurs comptables » au Pentagone qui ont ouvert de nouvelles enveloppes d’argent et d’armes pour Kiev. Cela a été fait en partie en enterrant la question dans une loi omnibus, de sorte que la question de l’Ukraine en elle-même ne soit pas soumise au vote. Ce jeu du chat et de la souris touche à sa fin.

PS : les questions des élections slovaques et du compromis du Congrès sur le budget ont fait l’objet aujourd’hui d’une discussion sur Press TV (Iran) à laquelle j’ai participé.

Voir ici : http://urmedium.net/c/presstv/126462

Selon l’endroit où vous vous trouvez, ce programme peut être inaccessible.

Manchmal erlaubt die Demokratie, dass der Wille des Volkes Staatspolitik wird: dieses ereignisreiche Wochenende auf dem Capitol Hill in Washington und in der Slowakei

Es mag verfrüht sein, von einem Ende des Krieges in der Ukraine zu sprechen, wenn die westlichen Regierungen dem korrupten, autokratischen Regime in Kiew die Unterstützung entziehen, so dass das Militär innerhalb weniger Wochen zusammenbricht. Zwei wichtige politische Entwicklungen von gestern, zwei Übungen in repräsentativer Demokratie, bei denen die Mehrheitsmeinung der breiten Wählerschaft die Kontrolle über das wichtigste außenpolitische Thema übernommen hat, deuten jedoch darauf hin, dass das Ende der ignoranten, zynischen und selbstzerstörerischen Politik unserer Regierungseliten schneller kommen könnte, als viele von uns zu hoffen gewagt hatten.

Ich beginne mit den Parlamentswahlen in der Slowakei, aus denen der ehemalige Ministerpräsident Robert Fico als Sieger hervorging. Er hat sich gegen die Unterstützung der NATO für die Ukraine ausgesprochen und mit öffentlichkeitswirksamen Worten erklärt, dass er “keine einzige Kugel mehr in die Ukraine schicken wird”. Er war auch ein lautstarker Kritiker der von der EU gegen Russland verhängten Sanktionen und strebte eine Rückkehr zu normalen Beziehungen zwischen den Staaten an. Sein Hauptgegner im Rennen, Michal Šimečka, ist Vorsitzender der slowakischen Fortschrittspartei und Abgeordneter im Europäischen Parlament, wo er im Block “Erneuerbares Europa” sitzt. Für diejenigen, die die Politik des Europäischen Parlaments nicht so genau verfolgen: Renew Europe ist eine Gruppierung von Europaabgeordneten aus Frankreich, die durch Emanuel Macrons ersten Präsidentschaftssieg an die Macht gekommen sind, zusammen mit bösartig antirussischen Europaabgeordneten, die als Allianz der Liberalen und Demokraten für Europa (ALDE) bekannt sind und vom ehemaligen belgischen Premierminister Guy Verhofstadt angeführt werden. Šimečkas politisches Programm war stark pro-EU, pro-Sanktionen und pro-NATO, d.h. er forderte mehr militärische und finanzielle Unterstützung für Kiew.

Ich sage, dass Herr Fico einen “qualifizierten” Sieg errungen hat, denn seine Partei, Smer, hat knapp 23 % der Stimmen erhalten. Šimečkas Partei kam auf 18 % der Stimmen. Die restlichen Stimmen gingen an eine Reihe von noch kleineren Parteien. Dieses Ergebnis gibt Fico als Spitzenkandidat die Möglichkeit, sich mit einigen der kleineren Parteien zu einigen und eine Regierungskoalition zu bilden.

Auch wenn die Bildung einer Regierung Fico und die Umsetzung der Politik, die ihm die Unterstützung der Wähler eingebracht hat, nicht selbstverständlich sind, hat sein erster Platz nach der Wahl die wichtigsten Medien, die die gegenwärtige Weltordnung verteidigen, erschüttert. Raphael Minder, Mitteleuropa-Korrespondent der Financial Times, berichtet in einem heute Morgen veröffentlichten Artikel:

“Die vorgezogenen Neuwahlen in der Slowakei hatten in Washington und Brüssel die Alarmglocken schrillen lassen, da man befürchtete, dass Ficos Rückkehr an die Macht neben Ungarns Ministerpräsident Viktor Orban eine weitere ukrainefeindliche Stimme in die EU bringen würde. Fico hat sich gegen Sanktionen gegen Russland ausgesprochen und behauptet außerdem, dass die Unterstützung der Ukraine durch die Nato die nationale Souveränität untergräbt.”

Diese Alarmglocken läuteten in den Redaktionsräumen seiner Zeitung sicherlich noch lauter, wenn man bedenkt, dass sie in den Tagen vor der Abstimmung eine Reihe von Artikeln veröffentlichten, in denen sie hoffnungslos auf eine Niederlage Ficos hofften.

In der New York Times findet sich bisher kein Wort über die slowakische Wahl. Wahrscheinlich überlegen die Redakteure dort immer noch, was sie aus dieser schlechten Nachricht machen sollen.

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Die andere wichtige Entwicklung in Bezug auf die Ukraine war gestern die Verabschiedung und Unterzeichnung eines Gesetzentwurfs zur vorübergehenden Finanzierung der US-Bundesregierung, in dem die Bestimmungen für weitere Hilfen für die Ukraine gestrichen wurden. Als die Einigung über diese letzte Änderung des Gesetzentwurfs erzielt wurde, waren es nur noch wenige Stunden, bis die US-Bundesregierung zum Stillstand kommen würde, was zu einer ernsthaften Beeinträchtigung des Ansehens der USA als stabile Demokratie, die ihren finanziellen Verpflichtungen nachkommt, führen könnte. Und eine solche Beeinträchtigung hat wesentliche Folgen für die Marktfähigkeit der Staatsschulden und die zu zahlenden Zinsen.

Dementsprechend groß war der Druck, einen Kompromiss zwischen den scheinbar unvereinbaren Positionen der Parteien in beiden Häusern des Kongresses zu finden. Auf der einen Seite standen die Republikaner, die schwungvolle Kürzungen bei den Regierungsprogrammen anstrebten, um das Defizit unter Kontrolle zu halten, wobei die Ablehnung weiterer Hilfen für die Ukraine ein Teilaspekt war. Auf der anderen Seite standen die ausgabefreudigen Demokraten, die der Linie Bidens folgten, der Ukraine so lange zu helfen, wie es nötig ist. Die Einigung, auf die sie sich in der zwölften Stunde geeinigt haben, sieht eine 45-tägige Verlängerung des Regierungsbetriebs auf dem derzeitigen Haushaltsniveau, aber keine Hilfe für die Ukraine vor.

Erwähnenswert ist, dass die Verweigerung der Hilfe für die Ukraine direkt gegen die Wünsche des Mehrheitsführers im Senat, Mitch McConnell, ging, der für den Krieg ist. Das heißt, dass die republikanischen Parteiführer entschlossene Unterstützer von Zelensky sind. Die Streichung der Ukraine-Hilfe war ein Sieg der anderen republikanischen Senatoren, die auf ihre Wähler hören.

Wir haben diesen seltenen Moment erlebt, in dem das Volk Einfluss auf das Handeln seiner Politiker nimmt. Die Umfragewerte in Bezug auf weitere militärische und finanzielle Hilfe für die Ukraine sind seit Wochen bekannt. Fünfundfünfzig Prozent der wahlberechtigten Amerikaner lehnen weitere Hilfen ab. Aber mehr als 70 % der registrierten Republikaner lehnen die Hilfe für die Ukraine ab. Am Ende wurden ihre Stimmen gehört.

Warum ist dies ein seltenes Ereignis? Weil die Außenpolitik traditionell das Vorrecht der Exekutive ist und die verfassungsmäßige Verpflichtung des Senats, Rat und Zustimmung zu erteilen, seit Jahrzehnten nur noch auf dem Papier stand.

Natürlich wäre es unklug, diesen Sieg jetzt schon zu feiern. Die Befürworter der Ukraine im Kongress, die in beiden Häusern Kongresses die Mehrheit stellen, werden in den kommenden Tagen sicherlich erneut versuchen, einen separaten Gesetzentwurf für die gestern aus dem Haushalt gestrichene Hilfe in Höhe von mehreren Milliarden Dollar zu verabschieden. Es könnte jedoch weniger einfach sein, die oppositionellen Republikaner zu überrollen, als es scheint. Schließlich war die Verlängerung der Finanzierung von Bundesmaßnahmen nur für 45 Tage vorgesehen, und die hartnäckige Minderheit, die den gestrigen Showdown gewonnen hat, könnte nach Ablauf dieser Gnadenfrist mit dem Gleichen oder Schlimmerem drohen. Darüber hinaus musste die Regierung im vergangenen Jahr auf Tricks zurückgreifen, um die Finanzierung der Ukraine aufrechtzuerhalten. Zum Teil geschah dies unter Verweis auf “Buchungsfehler” im Pentagon, die neue Geld- und Waffentöpfe für Kiew eröffneten. Zum Teil wurde das Thema in einem Sammelgesetz vergraben, damit die Ukraine-Frage als solche nicht zur Abstimmung kam. Dieses Katz- und Mausspiel hat nun ein Ende.

©Gilbert Doctorow, 2023

Nachtrag: Die slowakischen Wahlen und der Haushaltskompromiss des Kongresses waren heute Gegenstand einer Diskussion auf Press TV (Iran), an der ich teilgenommen habe.

Siehe http://urmedium.net/c/presstv/126462 Je nach ihrem Standort könnte diese Sendung nicht verfügbar sein

Sometimes democracy allows the will of the people to become state policy: this eventful weekend on Capitol Hill in Washington and in Slovakia

It may be premature to speak of the end of the Ukraine war coming thanks to Western governments withdrawing support from the corrupt, autocratic regime in Kiev, so that its military collapses in the space of weeks. However, two key political developments yesterday, two exercises in representative democracy by which majority views in the broad electorate took control of the number one foreign affairs issue, suggest that the end of the ignorant, cynical and self-destructive policies crafted by our governing elites may be coming sooner than many of us had dared to hope.

I begin with the parliamentary elections in Slovakia which saw the qualified victory of Robert Fico, former prime minister, who has vowed to oppose NATO support for Ukraine and, using words that caught public attention, “not to send one bullet more to Ukraine.” He also has been a vocal critic of the sanctions imposed on Russia by the EU, seeking a return to normal state to state relations. His key opponent in the race, Michal Šimečka, heads the Progressive Slovakia party and is a Member of the European Parliament, where he sits in the Renew Europe bloc. For those who do not follow EP politics closely, Renew Europe is a grouping of the MEPs from France who had been swept to power by Emanuel Macron’s first presidential victory together with viciously anti-Russian MEPs known as the Alliance of Liberals and Democrats for Europe (ALDE),  headed by former Belgian prime minister Guy Verhofstadt.  . Šimečka’s political platform was strongly pro-EU, pro-sanctions, and pro NATO, that is to say demanding more military and financial support to Kiev.

I say that Mr. Fico has made a “qualified” victory, because his party, Smer, won just under 23% of the vote. Šimečka’s party captured 18% of the vote. The remaining votes went to an array of still smaller parties. This result gives Fico the opportunity as front runner to forge deals with a number of the smaller parties and form a governing coalition.

While the formation of a Fico government and its implementation of the policies that won him voter support cannot be taken for granted, his first place position following the vote has shaken the major media defenders of the present world order. Raphael Minder, Central Europe correspondent of The Financial Times, tells us in an article published this morning:

“Slovakia’s snap election had raised alarm bells in Washington and Brussels, which feared that Fico’s return to power would bring another anti-Ukraine voice into the EU alongside Hungary’s prime minister Viktor Orban. Fico has opposed sanctions against Russia and also claims that Nato-led support for Ukraine undermines national sovereignty.”

Those alarm bells were surely ringing in the editorial offices of his newspaper at still higher decibels judging by their string of articles in days before the balloting hoping against hope that Fico would lose.

So far there is not a word about the Slovak election in The New York Times. Editors there are probably still considering what spin to put on this bad news.

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The other key development yesterday with respect to Ukraine was the passage and signing into law of a bill on temporary funding for the U.S. federal government that jettisoned provisions for further aid to Ukraine. By the time the agreement was reached on this final redaction of the bill, just hours remained before a federal shutdown would be declared, leading to possible serious impairment of U.S. standing as a stable democracy that honors its financial obligations. And such impairment has material consequences in terms of the marketability of government debt and interest to be paid.

Accordingly, the pressure to achieve a compromise between seemingly irreconcilable positions of the parties in both houses of Congress was enormous.  On the one side, there were the Republicans who sought swinging cutbacks in government programs generally to keep the deficit under tighter control, with rejection of further aid to Ukraine as a sub-issue. On the other side were the big-spending Democrats who follow Biden’s line on giving aid to Ukraine ‘for as long as it takes.’  The 12th hour settlement they reached provides for a 45 day extension of government operations at the current  budgetary levels but removes aid to Ukraine.

It bears mention that the denial of aid to Ukraine went directly against the wishes of the pro-war Senate Majority leader Mitch McConnell. That is to say, Republican party leaders are determined supporters of Zelensky. The removal of Ukraine aid was a bottom-up victory of the Republican Senators who listen to their voters.

We have witnessed that rare moment when the people influence what their politicians do. The poll figures with respect to further military and financial aid to Ukraine have been known for weeks. Fifty-five percent of voter-age Americans opposes further aid.  But more than 70% of registered Republicans oppose aid to Ukraine. In the end, their voices were heard.

Why is this a rare event? Because foreign policy is traditionally the prerogative of the Executive and the Senate’s constitutional obligation to give its advice and consent has been dead letter for decades.

Of course, it would be unwise to celebrate this victory just yet.  The backers of Ukraine in Congress, who constitute a majority in both houses, will definitely try again in coming days to pass a separate bill for the several billion dollars in assistance was deleted from the budget yesterday.  However, it may be less easy to steamroll the oppositional Republicans than it appears. After all, the extension of financing for federal operations was only for 45 days and the stubborn minority that won yesterday’s showdown may threaten the same or worse at the expiry of this period of reprieve. Moreover, over the past year the Administration has had to resort to subterfuge to keep on funding Ukraine. Partly this has been done by reference to “accounting errors” at the Pentagon which opened up new envelopes of money and weapons for Kiev. Partly this has been done by burying the issue within omnibus legislation so that the Ukraine issue by itself does not come to a vote. That cat and mouse game is coming to an end.

©Gilbert Doctorow, 2023

Postscript: the issues of the Slovak elections and the Congressional compromise on the budget were the subject of a discussion on Press TV (Iran) today in which I participated.

See http://urmedium.net/c/presstv/126462

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Translations of “A two-part essay…”

Translations below into French (Youri)

Un essai en deux parties sur la réalité que l’on découvre lorsqu’on ouvre       les yeux et que l’on pense par soi-même.

Ces derniers jours, j’ai lu dans l’une des plateformes médiatiques de l’opposition que la plupart des régimes politiques découragent activement la réflexion personnelle parce qu’elle rend les gens difficiles à gouverner. Cette généralisation repose sur l’hypothèse, fausse selon moi, que les gens voudraient penser par eux-mêmes s’ils le pouvaient. Malheureusement, d’après mon expérience de la vie, la plupart des gens que je connais, y compris tous les membres de ma famille, à l’exception de mon épouse et de ma progéniture (ce qui est une fierté), préfèrent « suivre le courant » et ne pas entrer en conflit avec les personnes qui les entourent et qui se contentent de la propagande de l’État.

Quoi qu’il en soit, pour les âmes courageuses qui ignorent la pensée conventionnelle, je propose aujourd’hui un essai en deux parties qu’ils devraient trouver agréable à lire.

La guerre en Ukraine est une tragédie particulière, car de jeunes hommes y meurent.

Cette question est mon commentaire sur ce que vous entendez sans cesse de la part de ceux qui se voudraient des humanistes, des personnes avec une conscience pour qui la guerre représente des vieillards qui envoient des jeunes à la mort.  Leur cœur est à la bonne place, leur esprit ne l’est pas.  Le doyen de l’école américaine des réalistes, le professeur John Mearsheimer de l’université de Chicago, a mentionné en passant que des jeunes gens mouraient en combattant en Ukraine.

Ceux qui disent cela n’ont manifestement jamais regardé de près les vidéos russes ou ukrainiennes du front. Si vous le faites, vous arrivez à une conclusion tout à fait différente : cette guerre est menée par des hommes âgés de 30 ans et plus, avec un très grand contingent de plus de 50 ans.

En ce qui concerne les hommes ukrainiens, la jeunesse a fui la guerre pour se réfugier en Europe occidentale. Je les vois, je les entends avec leurs amies ou leurs épouses faire du shopping près de chez moi à Bruxelles. Les forces armées ukrainiennes comptent aujourd’hui un très grand contingent d’hommes qui sont arrachés aux rues de Kiev et d’autres villes et envoyés de force sur le champ de bataille. Ce sont les visages décharnés et usés que je vois parmi les prisonniers de guerre à la télévision russe. La mobilisation en cours est chaotique et motivée uniquement par le besoin de chair à canon.

En ce qui concerne les hommes russes, les images vidéo de ceux qui font la queue pour s’enrôler dans le service militaire, volontairement je le note, ne sont pas des enfants et comprennent un grand nombre de personnes à la limite de la retraite. Pourquoi ? Parce que plus ils sont âgés, plus les hommes russes ont une mémoire et un respect pour le passé soviétique, pour l’héroïsme de leur propre famille pendant la Seconde Guerre mondiale, et donc plus ils sont patriotes aujourd’hui.  En Russie, les skinheads ne partent pas à la guerre. Je suppose qu’ils vivent dans la clandestinité.

Ce que je dis n’est qu’une supposition. Je n’ai vu aucun chiffre officiel sur l’âge des forces armées russes actuelles. Mais je fais une supposition éclairée, par opposition à une « supposition sauvage », sur la base de ce que j’ai vu.

Je suis d’autant plus disposé à croire ce que le journalisme russe présente à la télévision en raison de la véracité des propos tenus par ces soldats à l’intention du grand public. Oubliez le « brouillard de la guerre ». Il s’agit surtout des machinations de Washington, Londres, Berlin et Kiev. Les Russes laissent remarquablement leurs soldats dire qu’il s’agit d’une guerre difficile, qu’ils ont peur de sortir chaque jour, mais qu’ils le font néanmoins par respect pour le serment qu’ils ont prêté lorsqu’ils sont entrés dans l’armée et par respect pour leurs ancêtres. Aucun d’entre eux n’est un jeune homme insouciant. Aucun d’entre eux ne correspondrait aux jeunes d’Oxbridge qui sont partis à la guerre en Angleterre en 1914. En observant les visages de leurs sous-officiers, je ne vois que des hommes d’une trentaine ou d’une quarantaine d’années.

Ce que l’on apprend en parlant au propriétaire d’un magasin d’alimentation polonaise dans le centre de Bruxelles

Par le passé, j’ai expliqué que les chauffeurs de taxi et les coiffeurs constituaient pour moi une source vitale d’informations sur le marché lors de mes visites périodiques en Russie. Nos relations sont anonymes. Il est peu probable que nous nous rencontrions à nouveau et, dans ces circonstances, les gens parlent.

Mais la règle selon laquelle on apprend plus en discutant avec des gens ordinaires qu’en lisant les grands médias s’applique presque partout, et pas seulement dans l’agglomération de Saint-Pétersbourg. L’échange que j’ai eu ce matin avec le propriétaire du magasin lorsque je suis allé chercher des provisions dans un magasin d’alimentation polonais situé non loin de chez moi, dans le centre de Bruxelles, en est un bon exemple.

Depuis plusieurs années, j’achète régulièrement des produits polonais dans ce magasin. Pourquoi ? Parce que si vous mettez de côté la politique et les ambitions des élites dans l’histoire et aujourd’hui, et que vous regardez plutôt ce qui se trouve sur la table du repas, les Polonais sont vraiment très proches des Russes. Si vous avez l’habitude de prendre du vrai kéfir au petit-déjeuner, de la vraie crème  épaisse pour votre soupe aux champignons sauvages et de vrais cornichons de barrique pour accompagner votre verre de vodka, alors un magasin polonais est un must pour le Russe moyen de la diaspora.

Ce qui m’a frappé ces derniers mois, c’est la forte augmentation des prix dans ce magasin. Le résultat a été le déréférencement de certains produits dont le prix était devenu totalement déraisonnable. Je pense par exemple à l’un de mes produits préférés, les choux farcis polonais « faits à la main » (goląbki) qui sont vendus par quatre dans un récipient en plastique, pesant environ une livre et convenant comme plat principal pour une famille de trois personnes. Le prix est passé d’environ 4 euros à environ 6 euros. Le prix de ce produit dépasse désormais le budget du Belge polonais moyen et il n’est plus distribué.

J’ai engagé la conversation avec la propriétaire du magasin, en français, je précise, car mon polonais n’est pas à la hauteur des discussions sur l’inflation des prix. Elle a reconnu que les hausses de prix en Pologne et dans les produits que la Pologne expédie en Belgique ont été spectaculaires. En effet, elle a déclaré qu’elle envisageait de fermer son magasin à la fin de l’année parce que les marchandises sont désormais trop chères pour ses clients par rapport aux produits locaux et d’Europe de l’Ouest dans les supermarchés belges ordinaires.

Je lui ai suggéré de faire ce qu’un autre magasin polonais voisin a fait : mettre dans ses rayons des produits destinés aux Ukrainiens parmi nous, qui semblent être assez riches. Elle s’est montrée intéressée. En effet, cet autre magasin polonais a beaucoup de nouveaux produits avec des étiquettes en cyrillique importés d’Ukraine ou fabriqués en Allemagne pour les « réfugiés » ukrainiens qui y vivent.

Ces observations ont-elles une dimension politique ? Elles soulèvent en effet la question de savoir comment le parti Droit et Justice (PiS), en tant que parti au pouvoir, peut remporter les prochaines élections nationales de la mi-octobre. Ces dernières semaines, nous avons appris que le PiS avait interdit l’importation de céréales ukrainiennes afin de protéger ses agriculteurs, dont les votes sont indispensables pour que le PiS puisse réunir suffisamment de députés au sein du nouveau parlement pour former un gouvernement (de coalition). Mais je me demande comment un gouvernement peut espérer être réélu alors qu’il a connu une inflation annuelle de plus de 20 %, avec des chiffres encore pires dans le secteur alimentaire.

Translations of “All honors to a brave Dutch woman…”

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

Tous les honneurs sont rendus à une Néerlandaise courageuse qui défend des valeurs humaines et des échanges entre personnes avec la Russie en ces temps d’intolérance.

Il y a environ sept ans, j’ai été invité par la Rusland & Oost-Europa Academie à Arnhem, aux Pays-Bas, à rejoindre le célèbre journaliste néerlandais Karel van Wolferen sur la scène d’un centre communautaire pour parler de la confrontation frontale entre la Russie et l’Occident qui se dessinait déjà à l’époque. Le public était composé d’une centaine de personnes. Il s’agissait de laïcs à la recherche de points de vue d’experts et de sages du monde qui contrebalanceraient ce qu’ils lisaient et entendaient dans les médias néerlandais. Ce fut une soirée très agréable. Notre hôtesse, la directrice de l’Académie, Marie-Thérèse ter Haar, s’est montrée très aimable.

Ma deuxième rencontre avec l’Académie a eu lieu en avril 2019, lorsqu’elle a envoyé un caméraman chez moi, à Bruxelles, pour enregistrer mes réflexions sur la signification du 9 mai, jour de la Victoire, pour les Russes. Mon petit entretien était de nature personnelle, remontant le temps jusqu’aux célébrations du 9 mai avec la famille de ma femme à Pétersbourg en 1995 et l’actualisant avec mon expérience depuis 2016 en participant à la Marche annuelle des Immortels qui est la nouvelle célébration du 9 mai dirigée par les citoyens, par opposition à la célébration officielle, organisée dans les villes et les villages à travers la Russie.

Pour ceux que cela pourrait intéresser, le lien est ici :

https://m.facebook.com/RuslandAcademie/videos/vredesdag-9-mei-prof-gilbert-doctorow/1383995488407012/

C’est pourquoi, lorsque cette année, au milieu de l’été, l’équipe de Marie-Thérèse m’a de nouveau contacté pour me proposer de réaliser une longue interview sur la guerre en Ukraine et plus généralement sur les relations entre l’Est et l’Ouest, j’ai rapidement accepté. L’enregistrement a eu lieu à Arnhem, dans les bureaux de l’Académie, et a été précédé et suivi d’une longue conversation avec Marie-Thérèse sur ses activités actuelles, alors qu’elle s’efforce de maintenir vivante sa mission d’organiser des voyages de groupe en Russie et dans les États baltes dans le but de favoriser les échanges interpersonnels et une meilleure compréhension mutuelle.

Comme les lecteurs le savent certainement, le gouvernement du Premier ministre Mark Rutte est farouchement anti-russe, de sorte que toute personne promouvant de bonnes relations avec le grand voisin de l’Est est confrontée à de sérieux vents contraires.

L’entretien d’une heure que j’ai eu à l’Académie a été mené en anglais par Elmer van Leeuwen. Il s’ouvre sur une introduction de quatre minutes en néerlandais par Marie-Thérèse. L’interview vient d’être publiée sur le compte YouTube de l’Académie et le lien est ici :

La préparation de l’entretien a été minutieuse.  L’entretien devait comporter quatre parties :  La politique étrangère russe, la politique étrangère américaine, la politique étrangère européenne et le conflit ukrainien. Chacune de ces parties a été divisée en sous-questions, présentées sur deux pages à simple interligne. Avec une telle préparation, l’interview elle-même est étroitement ciblée et le téléspectateur dispose d’un maximum de faits et d’opinions dans le temps imparti.

Alle Achtung vor einer mutigen Niederländerin, die sich in unserer intoleranten Zeit für menschliche Werte und den Austausch zwischen den Menschen mit Russland einsetzt

Vor etwa sieben Jahren wurde ich von der Rusland & Oost-Europa Academie in Arnheim (Niederlande) eingeladen, gemeinsam mit dem bekannten niederländischen Journalisten Karel van Wolferen auf der Bühne eines dortigen Gemeindezentrums über die sich schon damals abzeichnende totale Konfrontation zwischen Russland und dem Westen zu sprechen. Die Zuhörerschaft bestand aus etwa einhundert Personen. Es waren Laien, die auf der Suche nach sachkundigen und weltklugen Ansichten waren, die ein Gegengewicht zu dem bilden sollten, was sie in den niederländischen Massenmedien lesen und hören. Es war ein sehr angenehmer Abend. Unsere Gastgeberin, die Direktorin der Academie, Marie-Thérèse ter Haar, war sehr freundlich.

Meine zweite Begegnung mit der Akademie fand im April 2019 statt, als sie einen Kameramann zu mir nach Brüssel schickte, um meine Gedanken über die Bedeutung des 9. Mai, des Tags des Sieges, für die Russen aufzuzeichnen. Mein kleiner Vortrag war persönlicher Natur und ging zurück auf die Feierlichkeiten zum 9. Mai mit der Familie meiner Frau in Petersburg im Jahr 1995 und brachte sie auf den neuesten Stand mit meinen Erfahrungen seit 2016, als ich am jährlichen Marsch der Unsterblichen teilnahm, der die neue, von den Bürgern geleitete, im Gegensatz zur offiziellen Feier des 9. Mai ist, die in Städten in ganz Russland stattfindet.

Für diejenigen, die sich dafür interessieren, ist der Link hier:

https://m.facebook.com/RuslandAcademie/videos/vredesdag-9-mei-prof-gilbert-doctorow/1383995488407012/

Als sich Marie-Thérèses Mitarbeiter im Hochsommer dieses Jahres erneut an mich wandten und mir anboten, ein längeres Interview über den Krieg in der Ukraine und die Ost-West-Beziehungen im Allgemeinen zu führen, sagte ich daher schnell zu. Die Aufzeichnung fand in Arnheim in den Räumen der Academie statt. Davor und danach unterhielt ich mich lange mit Marie-Thérèse über ihre aktuellen Aktivitäten, denn sie bemüht sich, ihre Mission, Gruppenreisen nach Russland und in die baltischen Staaten zu leiten, um den Austausch zwischen den Menschen und ein besseres gegenseitiges Verständnis zu fördern, am Leben zu erhalten.

Wie die Leser sicherlich wissen, ist die Regierung von Ministerpräsident Mark Rutte stark antirussisch eingestellt, so dass jeder, der sich für gute Beziehungen mit dem großen Nachbarn im Osten einsetzt, mit heftigem Gegenwind rechnen muss.

Mein einstündiges Interview in der Academie wurde von Elmer van Leeuwen in englischer Sprache geführt. Es beginnt mit einer vierminütigen Einleitung auf Niederländisch von Marie-Thérèse. Das Interview wurde soeben auf dem YouTube-Account der Akademie veröffentlicht, den Link finden Sie hier:

[Anmerkung des Übersetzers: in der Schweiz und in Deutschland hat Youtube dieses Video gesperrt. Anbei der Screenshot…; Der Link direkt vom account von Doctorow scheint aber zu funktionieren.]

All honors to a brave Dutch woman who stands for humane values and people to people exchanges with Russia in our intolerant times

About seven years ago, I was invited by the Rusland & Oost-Europa Academie in Arnhem, The Netherlands to join the well-known Dutch journalist Karel van Wolferen on the stage of a community center there to talk about the full frontal confrontation between Russia and the West that was already taking shape even then. The audience numbered about one hundred. They were laymen who were looking for expert and worldly wise views that would offset what they were reading and hearing in Dutch mass media. It was a very pleasant evening. Our hostess, the director of the Academie, Marie-Thérèse ter Haar, was most gracious.

My second encounter with the Academie was in April 2019, when they sent a cameraman to my home in Brussels to record my thoughts on the meaning of 9 May, Victory Day, to Russians. My little talk was personal in nature, going back in time to celebrations of 9 May with my wife’s family in Petersburg in 1995 and bringing it up to date with my experience since 2016 participating in the annual March of the Immortals that is the new citizen-led, as opposed to official celebration of 9 May held in towns and cities across Russia.

For those who could find that of interest, the link is here:

https://m.facebook.com/RuslandAcademie/videos/vredesdag-9-mei-prof-gilbert-doctorow/1383995488407012/

For these reasons, when this year, in mid-summer, Marie-Thérèse’s staff reached out to me again with an offer to conduct a lengthy interview covering the war in Ukraine and more generally East-West relations, I was quick to agree.  The recording took place in Arnhem, in the Academie offices, and was preceded and followed by a long chat with Marie-Thérèse about her current activities as she strives to keep alive her mission of leading group travel to Russia and also to the Baltic States for the purpose of people-to-people exchanges and better mutual understanding.

As readers are surely aware, the government of Prime Minister Mark Rutte is fiercely anti-Russian, so that anyone promoting good relations with the big neighbor to the east faces severe head winds.

My one hour interview at the Academie was conducted by Elmer van Leeuwen in English. It opens with a four minute introduction in Dutch by Marie-Thérèse. The interview has just been posted on the Academie’s youtube account and the link is here:

Preparations for the interview were meticulous.  It would consist of four parts:  Russian foreign policy, American foreign policy, European foreign policy and the Ukraine conflict. Each of these parts was broken down into sub-questions, set out in two single-spaced pages. With such preparation, the interview itself is tightly focused and a maximum of fact and opinion is available to the viewer in the given time.

©Gilbert Doctorow, 2023

A two-part essay on the reality you discover when you just open your eyes and think for yourself

In recent days I have read in one of the Opposition media platforms that thinking for yourself is actively discouraged by most all political regimes because it makes people hard to govern.  Built into that generalization is the assumption, I believe false, that people would want to think for themselves if they could. Regrettably from my experience in life, most people I know, including all of my relatives save my spouse and my progeny (a point of pride)  prefer to “go with the flow” and not enter into conflict with people around them who are content with state propaganda.

Be that as it may, for those brave souls who ignore conventional thinking, I offer today a two-part essay that they should find agreeable reading.

The war in Ukraine is a typical tragedy because young men are dying

The question mark is my commentary on what you hear time and again from those who would be humanists, people with a conscience for whom war represents old men sending young men to their deaths.  Their hearts are in the right place; their minds are not.  None other than the doyen of the American school of Realists, Professor John Mearsheimer of the University of Chicago, has mentioned in passing how young men are dying fighting in Ukraine.

Those who say this have obviously never looked closely at Russian or Ukrainian videos from the front. If you do so, you reach an entirely different conclusion: that this war is being fought by males aged 30 and over, with a very large contingent over 50.

 As regards Ukrainian males, youth has fled the war to seek refuge in Western Europe. I see them, hear them with their girl friends or wives shopping near me in Brussels. The Ukrainian armed forces today have a very large contingent of males who are dragooned off the streets of Kiev and other cities and force marched onto the field of battle. These are the gaunt and worn faces I see among prisoners of war on Russian television. The ongoing mobilization is chaotic and driven only by the need for cannon fodder.

 As regards Russian males, the video images of those standing in line to sign up for military service, voluntarily I note, are not kids and include a lot of folks bordering on retirees. Why? Because the older they are, the more Russian men have a memory and respect for the Soviet past, for their own family’s heroism in WWII, and so the more patriotic they are today.  Skinheads in Russia do not go off to war. I suppose they go underground.

What I am saying is guesswork.  I have seen no official figures whatsoever on the age complexion of the present Russian armed forces. But I am making an educated, as opposed to a “wild guess,” based on what I have seen.  

My willingness to believe what Russian journalism is presenting on television is heightened by the fact that the words these soldiers are saying to the broad public rings true.  Forget the “fog of war.”  That pertains most to machinations of Washington, London, Berlin and Kiev.  The Russians are, remarkably, letting their soldiers say that this is a tough war, that they are frightened going out each day, but they do it nonetheless out of respect for their oath when they entered the service and out of respect for their forebears. Not one of them is a callow youth. None of them would correspond to the Oxbridge youth who went off to war in England in 1914.  Looking at the faces of their non-commissioned officers, l see only men in their mid-30s and 40s

What you learn speaking to the owner of a neighborhood Polish food store in central Brussels

In the past, I have commented on how I use taxi drivers and barbers as a vital source of market information when I make my periodic visits to Russia. Our relations are anonymous. It is unlikely we will ever meet again and in these circumstances, people talk.

But the rule of learning more from talking to ordinary people than from reading mainstream media applies most anywhere, not just in the Greater St Petersburg.  This morning’s interchange with the shop owner when I picked up some groceries at a nearby Polish food store in central Brussels was a case in point.

Over the course of several years, I have been regularly buying Polish delicacies from this store. Why? Because if you put aside politics and the ambitions of elites in history and today, and instead look at what is on the dining table, Poles really are very close to Russians. If you are used to having real kefir for breakfast and real sour cream for your mushroom soup, and real barrel-style deli pickles to go with your shot of vodka, then a Polish store is a must for your average Russian in the diaspora.

What has struck me in recent months has been the sharp increase in prices in this store. The result has been the de-listing of some products that have become totally unreasonable in price. I think for example of one of my favorites, Polish ‘hand made’ stuffed cabbages (goląbki) that are sold four to a plastic container, weighing perhaps one pound and suitable as a main course for a family of three. The price has risen from about 4 euros to about 6 euros. The product is priced now beyond the budget of your average Polish Belgian and no longer is being carried.

I struck up a conversation with the store owner, in French, I add, because my conversational Polish is not up to discussions of price inflation. She agreed that the price rises in Poland and in what Poland ships to Belgium have been dramatic. Indeed, she said that she is considering closing her store at year’s end because the goods are now too expensive for her clients compared to local and West European products in ordinary Belgian supermarkets. 

I suggested that she do what another Polish store nearby has done: put on her shelves products targeting the Ukrainians among us, who seem to be fairly wealthy.  She showed some interest.   In fact, that other Polish store has a lot of new goods with Cyrillic labels imported either from Ukraine or made in Germany for the Ukrainian “refugees” living there.

Is there a political dimension to these observations? They do raise the question of how the Law and Justice Party (PiS), as the party in power, can win the forthcoming national elections of mid-October. In the past couple of weeks we have heard how PiS implemented a ban on importing Ukrainian grain in order to protect their farmers, whose votes are badly needed if the PiS can assemble enough deputies in the incoming parliament to form a (coalition) government.  But I do wonder where a government can expect re-election when it has been running annual inflation of over 20%, with still worse figures in the food sector.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “Russia raises military budget”

Translations below into French (Youri), German (Andreas Mylaeus) and Italian (Weber Potsie)

La Russie augmente de 70 % son budget militaire pour 2024 :    qu’est-ce que cela signifie ?

C’est toujours un plaisir de discuter à l’antenne avec WION, le premier radiodiffuseur mondial de langue anglaise de l’Inde. Hier, ce fut particulièrement le cas lorsque l’animateur de l’émission a posé une série de questions très pertinentes sur le budget militaire russe de 2024 qui vient d’être annoncé et qui fait état d’une augmentation de 70 % des dépenses par rapport à l’année en cours. Naturellement, on s’interroge sur les intentions de la Russie : comment ces nouveaux fonds seront-ils dépensés ? Sur quels systèmes d’armes ? Quel message la Russie envoie-t-elle à l’Occident par cette augmentation ? Quel sera l’impact de l’augmentation des dépenses militaires sur les dépenses sociales en Russie ou, en d’autres termes, les armes et le beurre constituent-ils une voie politique durable ?

Dans cette introduction, je ne vais pas développer mes réponses. J’espère que les lecteurs ouvriront le lien ci-dessous et suivront la logique qui y est exposée.

Cependant, je peux dire ici que j’ai présenté les principaux moteurs de l’augmentation des dépenses. Le premier concerne les dernières hypothèses russes sur la fin de la guerre en Ukraine, sur la façon dont elle pourrait dégénérer en une guerre générale entre la Russie et l’OTAN, l’administration Biden refusant d’admettre la défaite en Ukraine, qui est peut-être imminente, en élargissant le conflit et en introduisant des forces de l’OTAN sur le terrain. La deuxième concerne les dépenses liées à la taille de l’armée russe, qui a presque doublé après l’incorporation de 300 000 hommes il y a un an par la mobilisation des réserves et l’inscription de plus de 400 000 volontaires depuis le début de l’année.

En ce qui concerne les autres questions, telles que les 6 % du PIB que représente le nouveau budget militaire ou les 2 % de déficit budgétaire global que la Russie encourt actuellement, j’explique dans cette interview pourquoi ces chiffres ne peuvent être commentés comme s’ils étaient isolés, mais doivent être comparés à ce que vivent actuellement les pays occidentaux, ainsi qu’au propre passé soviétique de la Russie.

https://www.youtube.com/watch?v=Th2POH8bQgA

Russland erhöht Militärbudget für 2024 um 70%: Was bedeutet das?

Es ist immer ein Vergnügen, mit WION, dem führenden englischsprachigen globalen Sender Indiens, zu plaudern. Gestern war das besonders der Fall, als der Moderator des Programms eine Reihe sehr wichtiger Fragen zum gerade bekannt gegebenen russischen Militärhaushalt für 2024 stellte, der einen Anstieg der Ausgaben um 70 % gegenüber dem laufenden Jahr aufweist. Natürlich stellt sich die Frage nach den Absichten Russlands: Wie sollen diese neuen Mittel ausgegeben werden? Für welche Waffensysteme? Was für eine Botschaft sendet Russland mit dieser Erhöhung an den Westen? Wie werden sich die erhöhten Militärausgaben auf die Sozialausgaben innerhalb Russlands auswirken, oder anders ausgedrückt: Sind Waffen und Butter ein nachhaltiger politischer Kurs?

In dieser Einleitung werde ich meine Antworten nicht in die Länge ziehen. Ich hoffe, dass die Leser den unten stehenden Link öffnen und der dort dargelegten Logik folgen werden.

Ich kann jedoch sagen, dass ich hier die wichtigsten Gründe für die erhöhten Ausgaben dargelegt habe. Einer davon sind die jüngsten russischen Annahmen darüber, wann der Krieg in der Ukraine enden wird und wie er zu einem allgemeinen Krieg zwischen Russland und der NATO eskalieren könnte, da sich die Regierung Biden dagegen sträubt, die möglicherweise unmittelbar bevorstehende Niederlage in der Ukraine einzugestehen, indem sie den Konflikt ausweitet und NATO-Truppen vor Ort einsetzt. Zum anderen geht es um die Kosten im Zusammenhang mit der annähernden Verdoppelung der Größe der russischen Armee, die jetzt im Gange ist, nachdem vor einem Jahr 300.000 Mann durch die Mobilisierung von Reserven hinzugekommen sind und sich seit Anfang dieses Jahres mehr als 400.000 Freiwillige gemeldet haben.

Was die anderen Themen betrifft, wie die 6 % des BIP, die der neue Militärhaushalt ausmacht, oder das 2 %ige Gesamtdefizit des russischen Haushalts, so erkläre ich in diesem Interview, warum solche Zahlen nicht im luftleeren Raum kommentiert werden können, sondern mit dem verglichen werden müssen, was die Länder im Westen jetzt erleben, sowie mit Russlands eigener sowjetischer Vergangenheit.

 La Russia aumenta del 70% il budget militare per il 2024: cosa significa?

È sempre un piacere fare una chiacchierata in onda con WION, la principale emittente globale indiana in lingua inglese. Ieri è stato particolarmente interessante quando il conduttore del programma ha posto una serie di domande molto pertinenti sul bilancio militare russo appena annunciato per il 2024, in aumento del 70% della spesa rispetto all’anno in corso. Naturalmente ci si chiede quali siano le intenzioni della Russia: come verranno spesi questi nuovi fondi? Per quali sistemi d’arma? Che tipo di messaggio sta inviando la Russia all’Occidente con questo aumento? Che impatto avrà l’aumento della spesa militare sulla spesa sociale all’interno della Russia o, per dirla in altri termini, armi e burro sono un percorso politico sostenibile?

In questa introduzione non intendo fornire le mie risposte in maniera telegrafica. Spero che i lettori aprano il link sottostante e seguano la logica in esso esposta.

Ma posso dire che in questa sede ho illustrato i fattori chiave dell’aumento della spesa. Uno è rappresentato dalle ultime ipotesi russe su quando finirà la guerra in Ucraina, su come potrebbe degenerare in una guerra generale Russia-NATO, dato che l’amministrazione Biden si ostina a non volere ammettere la sconfitta in Ucraina, forse imminente, ampliando il conflitto e mettendo addirittura forze NATO sul terreno. La seconda riguarda le spese relative al quasi raddoppio delle dimensioni dell’esercito russo, ora in corso, dopo l’introduzione di 300.000 uomini un anno fa attraverso la mobilitazione delle riserve e l’arruolamento di più di 400.000 volontari che abbiamo visto dall’inizio di quest’anno.

Per quanto riguarda le altre questioni, come il 6% del PIL che rappresenta il nuovo bilancio militare, o il deficit di bilancio complessivo del 2% che la Russia sta ora sostenendo, spiego in questa intervista perché tali cifre non possono essere commentate come se fossero nel vuoto, ma devono essere confrontate con ciò che i Paesi dell’Occidente stanno ora vivendo, così come con il passato sovietico della Russia stessa.

Russia raises military budget for 2024 by 70%: what does this mean?

It is always a pleasure to have an on-air chat with WION, the premier English-language global broadcaster of India. Yesterday was especially so when their program host posed a series of very relevant questions about the just announced Russian military budget for 2024 showing a 70% increase in spending over the current year. Naturally, one wonders about Russia’s intentions: how will these new funds be spent? On which weapons systems? What kind of message is Russia sending to the West by this increase? How will the increased military spending impact on social spending within Russia or, put another way, are guns and butter a sustainable political course?

In this introduction, I will not telescope my answers. I am hopeful that readers will open the link below and follow the logic set out therein.

However, I can say here that I set out the key drivers for the increased spending. One is the latest Russian assumptions on when the war in Ukraine will end, on how it may escalate into a general Russia-NATO war as the Biden administration resists admitting defeat in Ukraine, which is possibly imminent, by expanding the conflict and introducing NATO forces on the ground. The second is the expenses related to the near doubling of the size of the Russian army now underway following the induction of 300,000 men one year ago by mobilization of reserves and the sign-up of more than 400,000 volunteers that we have seen since the start of this year.

As regards the other issues, such as the 6% of GDP that the new military budget represents, or the 2% overall budget deficit that Russia is now incurring, I explain in this interview why such figures cannot be commented upon as if in a vacuum but must be compared to what countries in the West are now experiencing, as well as to Russia’s own Soviet past.

©Gilbert Doctorow, 2023

https://www.youtube.com/watch?v=Th2POH8bQgA

Translations of “‘Sixty Minutes’ holds up a mirror…”

Translations below into German (Andreas Mylaeus) and French (Youri)

‘Sechzig Minuten’ hält dem Westen den Spiegel vor: und das Bild ist hässlich

Die Leser werden bemerken, dass ich sehr oft darauf hingewiesen habe, was ich in den Talkshows des russischen Staatsfernsehens Rossiya 1 lerne, die sich an das einheimische Publikum richten, nämlich Sechzig Minuten und Der Abend mit Vladimir Solovyov. Sehr oft bieten die Experten in den Talkrunden, seien es die Vorsitzenden der Duma-Parteien und der Duma-Ausschüsse oder pensionierte Militäroffiziere, aufschlussreiche und neuartige Kommentare.

Ein anderer Aspekt dieser Sendungen ist jedoch für meine berufliche Arbeit vielleicht noch nützlicher, nämlich die tägliche Ausstrahlung von Zusammenfassungen westlicher Fernsehsendungen und insbesondere von Interviews oder öffentlichen Reden bekannter amerikanischer und europäischer Politiker. Zu den westlichen Sendern, die am häufigsten in diesen russischen Programmen zu sehen sind, gehören CNN, ABC News, Fox News, die BBC und das ZDF (Deutschland). Bei den eingespielten Videos handelt es sich nicht um kurze Ausschnitte. Im Gegenteil, sie können jeweils mehrere Minuten lang sein und sind oft so zusammengestellt, dass sie die westliche Berichterstattung über ein bestimmtes Thema zeigen.

Sicherlich sind einige der Themen, über die Tag für Tag berichtet wird, nebensächlich. Ich denke dabei an Transgender-Ereignisse und Skandale wie den Kampf um die Einführung von Toiletten für mehrere Geschlechter in verschiedenen amerikanischen Schulsystemen oder den Streit um Drag-Shows, die den Kindern von Soldaten auf US-Militärstützpunkten vorgeführt werden. Die Absicht der russischen Nachrichtensprecher ist es, die Entartung aufzuzeigen, die im Westen als fortschrittliche Kultur gilt. Aber die Geschichten sprechen für sich selbst, und die russischen Nachrichtenmoderatoren tragen nicht dick auf. Wie sie in einem häufig wiederholten Euronews-Beitrag zu sagen pflegen: “Kein Kommentar.”

Aber andere Themen sind ernsthaft, geopolitisch und für die militärische Konfrontation mit dem Westen, die Washington und Brüssel heraufbeschworen haben, sehr erheblich. Diese russischen Sendungen schaffen es, dass sich westliche Politiker vor jedem rechtschaffenen Menschen mit einem moralischen Kompass für das Gewissen völlig zu diskreditieren.

In den vergangenen zwei Tagen sind mehrere solcher Fälle bekannt geworden. Einer davon war ein Interview des Mehrheitsführers im Senat, Mitch McConnell, in dem er fast wortwörtlich wiederholt, was sein republikanischer Kollege und bisher nicht angeklagter Kriegsverbrecher, der ranghöchste Senator des Bundesstaates South Carolina, Lindsey Graham, während und nach seinem letzten Besuch in Kiew zu Reportern gesagt hat: dass der Krieg in der Ukraine den amerikanischen Zielen perfekt diene, weil er die russische Armee hart treffe, während er die Vereinigten Staaten nicht ein einziges Leben ihrer Männer in Uniform koste.

Natürlich ist die Behauptung, dass keine amerikanischen Soldaten in der Ukraine getötet worden sind, eine Lüge. Allerdings haben die Polen das größte Kontingent an NATO-Offizieren und -Soldaten gestellt, die in der Ukraine von den Russen getötet wurden. Die Polen stehen den Ukrainern in ihrer Todessehnsucht nahe, indem sie sich gegen den Bären stellen. Aber amerikanische Soldaten und Offiziere sind in der Ukraine in ihrer Eigenschaft als Ausbilder und Geheimdienstmitarbeiter vor Ort, und die russischen Raketenangriffe auf Konzentrationen “ausländischer Söldner” haben mit ziemlicher Sicherheit das Leben von GIs gefordert.

Aber diese eine Lüge ist das geringste von McConnells Vergehen gegen die Menschenwürde. Er hat die zynischste Logik offen ausgesprochen, um den Tod von mindestens 400.000 ukrainischen Soldaten und Offizieren sowie die dauerhafte Verstümmelung unzähliger anderer zu rechtfertigen. Alles nur, um Russland militärisch zu schwächen und sicherzustellen, dass kein einziger Amerikaner den Preis dafür zahlt? Ich lasse die Frage beiseite, ob die russischen Streitkräfte tatsächlich geschwächt worden sind. Ich glaube, das Gegenteil ist der Fall. Natürlich ist Lindsey Graham mit dieser Darstellung noch einen Schritt weiter gegangen als McConnell, indem er der Hoffnung Ausdruck verlieh, dass so viele Russen wie möglich sterben werden. Sechzig Minuten lässt das niemanden vergessen und zeigt alle paar Tage, wie Graham diese Obszönitäten von sich gibt.

Betreibt Russland mit seinen öffentlichen Erklärungen, die von amerikanischen Rundfunkanstalten ordnungsgemäß aufgezeichnet wurden, Propaganda? Ganz und gar nicht. Es erfüllt die Aufgabe des normalen Journalismus, sein Publikum zu informieren.

In Sechzig Minuten wurden heute auch die jüngsten Äußerungen von Donald Trump darüber gezeigt, wie er die russische Invasion in der Ukraine verhindert hätte: indem er den Marktpreis für Öl auf 40 Dollar gesenkt und damit die Einnahmen, die Russland für seinen Angriff auf Kiew zur Verfügung stehen, drastisch reduziert hätte. Die Moderatoren und Podiumsteilnehmer kommentierten dies mit der klaren Aussage, dass Russland Trumps nächste Kandidatur für das Weiße Haus sicher nicht unterstützen wird, wenn diese idiotischen Äußerungen von “The Donald” sein viel gepriesener, aber bis jetzt streng geheim gehaltener “Friedensplan” sind.

Auch der kanadische Premierminister Justin Trudeau erhielt heute viel Sendezeit im russischen Staatsfernsehen. In einem Video war zu sehen, wie er vor einigen Tagen im kanadischen Parlament neben dem ukrainischen Präsidenten Zelensky stand und die Ehrung eines ukrainischen Freiheitskämpfers, der sich nach dem Ende des Zweiten Weltkriegs in Kanada niedergelassen hatte, durch den Parlamentspräsidenten beklatschte. Die Tatsache, dass dieser Freiheitskämpfer die Russen aus den Reihen einer Waffen-SS-Einheit der Nazis bekämpfte, die in Galizien Zivilisten ermordete, wurde nach dieser Zeremonie bekannt und führte zum Rücktritt des Parlamentspräsidenten, zur Verabschiedung einer Entschließung des Parlaments, in der die Nazis verurteilt wurden, und zu einer öffentlichen Entschuldigung Trudeaus für diesen Skandal. Wie Sechzig Minuten in seiner Berichterstattung über Trudeaus Äußerungen zu diesem Thema hervorhob, ließ er jedoch in seiner Aufzählung der Opfer der Waffen-SS und der Nazi-Truppen im Allgemeinen jegliche Erwähnung der Todesopfer, die Russen zugefügt wurden, aus.

Für den Fall, dass die Zuschauer das moralische Monster, das heute den Namen der Familie Trudeau beschmutzt, nicht ganz verstanden haben, hat Sechzig Minuten auch eine lange Anprangerung von Trudeau im indischen Fernsehen ausgestrahlt, in der er unter anderem als Kokainabhängiger bezeichnet wurde, in dessen Flugzeug bei der Ankunft in Indien zum G-20-Treffen vor einigen Wochen illegale Drogen gefunden wurden, der aber unantastbar war. In derselben indischen Sendung hieß es, Trudeau habe den ersten Tag des G-20-Gipfels verpasst, weil er in seinem Hotelzimmer mit Drogenkonsum beschäftigt war. Ist das russische Propaganda? Oder handelt es sich nur um die Wiedergabe schmutziger Wäsche, die andere in der “freien Welt” lebende Menschen für ihr Publikum ausgelegt haben? In jedem Fall geht es darum, dass Justin Trudeau und der ebenfalls drogenabhängige Zelensky mehr gemeinsam haben als die Bewunderung für alte Nazis.

Schließlich hat Sechzig Minuten heute auch die ehemalige Außenministerin und Präsidentschaftskandidatin von 2016, Hilary Clinton, nicht ignoriert. Sie zeigten einen Ausschnitt aus Clintons gestrigem Interview mit der CNN-Chef-Korrespondentin Christiane Amanpour, in dem sie behauptete, Wladimir Putin sei selbst für die Erweiterung der NATO verantwortlich. Hier war die Versuchung zu groß, und die Diskussionsteilnehmer ließen ihrer Abscheu vor der Dame freien Lauf, die hinter der ganzen gefälschten Russia-Gate-Geschichte stand, die uns so sehr an den Rand des Dritten Weltkriegs gebracht hat. War sie Freiwild für die spöttischen und verächtlichen Worte über sie? Natürlich war sie das.

« Sixty Minutes » tend un miroir à l’Occident, et l’image qui apparaît est hideuse

Les lecteurs noteront que j’ai très souvent fait référence à ce que j’ai appris en regardant les talk-shows de la télévision d’État russe Rossiya 1 destinés à leur public national, à savoir Sixty Minutes et Evening with Vladimir Solovyov.  Très souvent, les experts, qu’il s’agisse de dirigeants des partis de la Douma, de présidents de commissions de la Douma ou d’officiers militaires à la retraite, font des commentaires perspicaces et inédits.

Cependant, un autre aspect de ces programmes est peut-être encore plus utile à mon travail professionnel, et c’est leur mise à l’antenne quotidienne de résumés d’émissions de télévision occidentales, et en particulier d’interviews ou de discours publics prononcés par des hommes politiques américains et européens de renom. Les chaînes occidentales les plus présentes dans ces programmes russes sont CNN, ABC News, Fox News, la BBC et ZDF (Allemagne). Les vidéos postées ne sont pas des extraits sonores. Au contraire, elles peuvent durer plusieurs minutes chacune et sont très souvent regroupées pour montrer la couverture occidentale d’un sujet donné.

Certes, certains des sujets traités jour après jour sont marginaux. Je pense aux événements et aux scandales liés aux transgenres, tels que la lutte pour l’introduction de toilettes mixtes dans divers systèmes scolaires américains ou la lutte contre les spectacles de travestis présentés aux enfants des soldats sur les bases militaires américaines. L’intention des présentateurs russes est de mettre en évidence la dégénérescence qui passe aujourd’hui pour une culture progressiste en Occident. Mais les histoires parlent d’elles-mêmes et les présentateurs russes sont loin de grossir le trait. Comme ils aiment à le dire dans une séquence fréquemment répétée d’Euronews : « No comment ».

Mais d’autres questions sont sérieuses, géopolitiques et tout à fait liées à la confrontation militaire avec l’Occident que Washington et Bruxelles ont provoquée. Ces émissions russes permettent aux hommes politiques occidentaux de se discréditer totalement auprès de toute personne bien-pensante ayant un sens moral et une conscience.

Plusieurs cas de ce type se sont présentés ces deux derniers jours.  L’un d’eux est une interview donnée par le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, dans laquelle il répète presque mot pour mot ce que son collègue républicain et criminel de guerre non encore inculpé, le sénateur principal de l’État de Caroline du Sud, Lindsey Graham, a dit aux journalistes pendant et après sa dernière visite à Kiev : la guerre en Ukraine sert parfaitement les objectifs américains parce qu’elle frappe durement l’armée russe tout en ne coûtant pas aux États-Unis une seule vie de ses hommes en uniforme.

Bien entendu, l’affirmation selon laquelle aucun militaire américain n’a été tué en Ukraine est un mensonge. Certes, les Polonais ont fourni le plus grand contingent d’officiers et de soldats de l’OTAN à avoir été tués par les Russes en Ukraine. Les Polonais sont proches des Ukrainiens dans leur volonté de mourir en affrontant l’Ours. Mais des soldats et des officiers américains sont sur le terrain en Ukraine en tant qu’instructeurs et agents de renseignement, et les frappes de missiles russes sur les concentrations de « mercenaires étrangers » ont presque certainement coûté la vie à des GI.

Mais ce mensonge est la moindre des offenses de McConnell à la décence humaine. Il a ouvertement énoncé la logique la plus cynique pour justifier la mort d’au moins 400 000 soldats et officiers ukrainiens, ainsi que la mutilation permanente d’un nombre incalculable d’autres individus. Tout cela dans le but d’affaiblir militairement la Russie et de s’assurer que pas un seul Américain n’en paie le prix ? Je laisse de côté la question de savoir si les forces armées russes ont réellement été affaiblies. Je pense que le contraire est vrai. Bien sûr, Lindsey Graham a poussé ce récit un peu plus loin que McConnell en exprimant l’espoir que le plus grand nombre possible de Russes meurent. Sixty Minutes ne laisse personne l’oublier, montrant tous les jours Graham en train de proférer ces obscénités.

En présentant ses déclarations publiques dûment enregistrées par les sociétés de radiodiffusion américaines, la Russie fait-elle de la propagande ? Absolument pas. Elle fait du journalisme normal, en informant son public.

Aujourd’hui, Sixty Minutes a également présenté à l’écran les dernières remarques de Donald Trump sur la manière dont il aurait empêché l’invasion russe de l’Ukraine : en ramenant le prix du marché du pétrole à 40 dollars et en réduisant ainsi drastiquement les revenus dont disposait la Russie pour organiser son assaut contre Kiev. Les présentateurs et les panélistes ont commenté cette question, en disant carrément que la Russie ne soutiendra certainement pas la prochaine candidature de Trump à la Maison Blanche si ces remarques idiotes du Donald constituent son « plan de paix » tant vanté, mais jusqu’à présent tenu secret.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a également bénéficié d’un temps d’antenne important sur la télévision d’État russe aujourd’hui. Une vidéo le montre aux côtés du président ukrainien Zelensky, en visite au Parlement canadien il y a quelques jours, en train d’applaudir les honneurs accordés par le président du Parlement à un combattant ukrainien pour la liberté qui s’est installé au Canada après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le fait que ce combattant de la liberté ait combattu les Russes au sein d’une unité nazie de la Waffen SS qui a assassiné des civils en Galicie a été rendu public après cette cérémonie et a entraîné la démission du président du Parlement, l’adoption par le Parlement d’une résolution condamnant les nazis et des excuses publiques de la part de M. Trudeau pour ce scandale.  Cependant, comme l’a souligné Sixty Minutes dans sa couverture des remarques de Trudeau sur le sujet, il a omis de mentionner dans sa liste de victimes de la SS Waffen et des forces nazies en général les morts infligées aux Russes.

Au cas où le public n’aurait pas tout à fait compris le monstre moral qui salit aujourd’hui le nom de famille de Trudeau, Sixty Minutes a également diffusé une longue dénonciation de Trudeau parue à la télévision indienne, dans laquelle il est notamment qualifié de cocaïnomane dont l’avion, à son arrivée en Inde pour le sommet du G-20 il y a plusieurs semaines, transportait des stupéfiants illicites, mais qui était intouchable. La même émission indienne a déclaré que Trudeau avait manqué le premier jour du G-20 parce qu’il était occupé à se droguer dans sa chambre d’hôtel. S’agit-il de propagande russe ? Ou s’agit-il simplement de diffuser le linge sale que d’autres personnes vivant dans le « monde libre » ont étalé devant leur public ? Quoi qu’il en soit, l’idée est que Justin Trudeau et son collègue toxicomane Zelensky ont plus en commun que leur admiration pour les vieux nazis.

Enfin, Sixty Minutes n’a pas ignoré l’ancienne secrétaire d’État et candidate à l’élection présidentielle de 2016, Hillary Clinton. Ils ont proposé un extrait de l’interview qu’elle a accordée hier à Christiane Amanpour, présentatrice en chef de CNN, dans laquelle elle affirme que Vladimir Poutine est lui-même responsable de l’expansion de l’OTAN. La tentation était trop grande et les panélistes se sont laissés aller à leur dégoût pour la dame qui était à l’origine de la fausse histoire du « Russia-gate » qui a tant fait pour nous amener au bord de la Troisième Guerre mondiale. Était-elle la cible de leurs moqueries et de leurs propos méprisants à son égard ? Bien sûr qu’elle l’était.

‘Sixty Minutes’ holds up the mirror to the West: and the picture in the frame is ugly

Readers will note that I have very often made reference to what I learn watching talk shows on Russian state television Rossiya 1 directed at their domestic audience, namely Sixty Minutes and Evening with Vladimir Solovyov.  Very often the expert panelists, whether leaders of the Duma parties and Duma committee chairmen or retired military officers, offer commentaries that are insightful and novel.

However, another aspect of these programs is perhaps still more useful to my professional work, and that is their putting on air each day digests of Western television broadcasting, and especially  interviews or public speeches by well-known American and European politicians. The Western broadcasters which are featured most often on these Russian programs include CNN, ABC News, Fox News, the BBC and ZDF (Germany). The videos posted are not sound bites. On the contrary, they can be several minutes long each, and very often are clustered to show Western coverage of a given issue.

To be sure, some of the issues covered day after day are marginal. I have in mind transgender events and scandals such as the fight over multi-gender toilets being introduced in various American school systems or the fight over drag shows presented to the children of soldiers on U.S. military bases. The intent of the Russian newscasters is to highlight the degeneracy that now passes for progressive culture in the West. But the stories speak for themselves and the Russian news hosts are not thickening the paint. As they like to say on a frequently repeated Euronews segment: “No comment.”

But other issues are serious, geopolitical and entirely germane to the military confrontation with the West that Washington and Brussels have brought on. These Russian broadcasts allow Western politicians to utterly discredit themselves before any right-thinking person with a moral compass for a conscience.

Several such cases have come up in the past two days.  One was an interview given by Senate Majority leader Mitch McConnell in which he repeats nearly word for word what fellow Republican and the as yet unindicted war criminal, the senior Senator from the state of South Carolina, Lindsey Graham, has been saying to reporters during and following his last visit to Kiev: that the war in Ukraine serves American objectives perfectly because it is hitting the Russian army hard while costing the United States not a single life of its men in uniform.

Of course, the assertion that no American servicemen have been killed in Ukraine is a lie. To be sure, the Poles have provided the largest contingent of NATO officers and soldiers to have been killed by the Russians in Ukraine. The Poles are close to Ukrainians in having a death wish by going up against The Bear. But American soldiers and officers are on the ground in Ukraine in their capacity as instructors and intelligence operatives, and the Russian missile strikes on concentrations of “foreign mercenaries” almost certainly have taken the lives of GIs.

But that one lie is the least of McConnell’s offenses against human decency. He has openly stated  the most cynical logic to justify the deaths of at least 400,000 Ukrainian soldiers and officers as well as the permanent maiming of countless others.  All for the sake of weakening Russia militarily and ensuring that not a single American pays the price? I put aside the question of whether the Russian armed forces have actually been weakened. I believe the contrary is true. Of course, Lindsey Graham took this narrative one step further than McConnell by expressing the hope that as many Russians will die as is possible. Sixty Minutes does not let anyone forget that, every few days showing Graham delivering these obscenities.

In presenting to their public statements that were duly recorded by American broadcasting companies, is Russia engaging in propaganda?  Absolutely not. It is doing the job of normal journalism, informing its audience.

Sixty Minutes today also put on the screen the latest remarks by Donald Trump on how he would have prevented the Russian invasion of Ukraine: by bringing the market price of oil down to $40 and so drastically cutting the revenues available for Russia to stage its assault on Kiev.  The presenters and panelists did comment on this one, saying flatly that Russia will be sure not to support Trump’s next bid for the White House if these idiotic remarks by The Donald are his much touted but till now closely held “peace plan.”

Canadian Prime Minister Justin Trudeau also was given plenty of air time on Russian state television today. One video showed him standing by visiting Ukrainian President Zelensky in the Canadian parliament several days ago applauding the honors bestowed by the Speaker on a Ukrainian freedom fighter who settled in Canada after the end of the Second World War. The fact that this freedom fighter fought the Russians from within a Nazi SS Waffen unit that murdered civilians in Galicia became public after this ceremony and resulted in the Speaker’s resignation, in the Parliament adopting a resolution condemning the Nazis and in a public apology by Trudeau for the scandal.  However, as Sixty Minutes highlighted in its coverage of Trudeau’s remarks on the subject, he left out of his list of victims of the SS Waffen and Nazi forces in general any mention of the deaths inflicted on Russians.

In case the audience did not quite understand the moral monster who today sullies the family name of Trudeau, Sixty Minutes also put on air a lengthy denunciation of Trudeau that appeared on Indian television in which inter alia he was called out as a cocaine addict whose plane on arrival in India for the G-20 gathering several weeks ago was found to be carrying illicit narcotics but was untouchable. The same Indian broadcast said that Trudeau missed the first day of the G-20 because he was busy taking drugs in his hotel room. Is this Russian propaganda? Or is it just airing dirty linen that others living in the “free world” have put out for their audiences?  In any case, the point being made is that Justin Trudeau and fellow addict Zelensky have more in common than admiration for old Nazis.

Lastly, Sixty Minutes today did not ignore the former Secretary of State and presidential candidate of 2016, Hilary Clinton. They offered a clip from Clinton’s interview yesterday with CNN’s Chief International Anchor Christiane Amanpour in which she asserted that Vladimir Putin was himself responsible for the expansion of NATO. Here the temptation was too great and the panelists indulged their revulsion for the lady who was behind the whole fake Russia-gate story that did so much to bring us to the brink of WWIII.  Was she fair game for their mocking and contemptuous words about her?  Of course she was.

©Gilbert Doctorow, 2023