Translations of “Who killed Yevgeny Prigozhin?”

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

Qui a tué Evgueni Prigojine ?

Hier, j’ai fait partie d’une demi-douzaine d’experts de la Russie et des affaires internationales qui ont été interviewés en direct sur la chaîne de télévision indienne WION, dans le cadre de la vaste couverture par la chaîne de la mort dans un accident d’avion du propriétaire du groupe Wagner, Evgueni Prigojine. Un grand nombre de ces entretiens ont été publiés sur Internet. On m’informe maintenant que cette interview sera diffusée plus tard dans la journée et sera disponible sur Internet demain. Lorsqu’elle sera diffusée, je joindrai le lien ci-dessous.

Si j’écris aujourd’hui, c’est pour attirer l’attention sur le raisonnement qui a guidé le reportage de WION sur Prigojine, à savoir l’hypothèse selon laquelle le président russe Vladimir Poutine était derrière l’assassinat de Prigojine. Cela découle de la logique (?) exprimée brièvement par le président américain Joe Biden lorsque des journalistes lui ont demandé sa réaction à la mort de Prigojine. Joe a déclaré : « Il ne se passe pas grand-chose en Russie sans que Vladimir Poutine n’y soit impliqué ». Il ressort également de la logique du présentateur de WION que tous ceux qui ont croisé Poutine ont connu une fin malheureuse.

En attribuant à Poutine la responsabilité de l’assassinat, WION s’est aligné sur l’écrasante majorité des grands médias occidentaux. Les tabloïds du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’ailleurs ont publié en première page des titres racoleurs attribuant l’assassinat à Poutine.

Les médias russes, quant à eux, ont une tout autre histoire à raconter. L’enquête ouverte par la justice pénale russe est prise au sérieux. Les condoléances présentées par Poutine aux familles des victimes de l’avion sont considérées comme sincères. Et comme je l’ai vu dans le talk-show de Vladimir Solovyov il y a deux jours, le doigt accusateur est dirigé vers l’Occident, c’est-à-dire en fait vers les États-Unis, qui sont supposés avoir comploté l’assassinat et l’avoir exécuté soit directement, soit par l’intermédiaire de mandataires.

Qui a donc raison quant aux auteurs de l’assassinat ?

Le principe romain du cui bono qui guide les enquêteurs, n’est pas particulièrement utile dans l’affaire Prigojine. L’homme était un auto-promoteur téméraire qui s’est fait des ennemis partout où il est intervenu. Il a dénoncé publiquement la direction de l’armée russe et l’a ridiculisée. Sa mutinerie d’il y a deux mois et sa marche sur Moscou n’ont pas été une parade : elles ont coûté la vie à 13 militaires russes dont les avions et les hélicoptères ont été abattus par les troupes de Prigojine. Quelles que soient les dispositions du président russe, ces faits assureront l’émergence de patriotes russes décidés à éliminer le chef Wagner de leur propre initiative et à régler leurs comptes personnels avec lui.

Et que dire des ennemis que Prigojine s’est fait à l’étranger ? Il a amassé une immense fortune dans les opérations du groupe Wagner en Afrique, où il a déplacé la présence française au Mali, au grand dam des anciens maîtres coloniaux de Paris, et il devait maintenant profiter de l’expulsion des Français du Niger, et peut-être aussi de celle des Américains. Rappelons que les États-Unis ont investi un demi-milliard de dollars dans des installations militaires et des formations au Niger, et que ces investissements peuvent être annulés à tout moment par les nouveaux dirigeants anticoloniaux du pays.

Pour compléter ces considérations, j’ajoute ici ce que j’ai dit à l’antenne à l’animateur de l’interview de WION en réponse à sa liste des nombreuses figures de l’opposition en Russie qui ont connu une mauvaise fin, y compris bien sûr la journaliste Anna Politkovskaïa, l’homme politique Boris Nemtsov, l’ancien agent du FSB Alexander Litvinenko et bien d’autres encore. Premièrement, il est simpliste de penser qu’un seul homme, Vladimir Poutine, contrôle tout ce qui se passe dans un pays de 145 millions d’habitants qui ont leurs propres intérêts, rancunes, ambitions, etc. Deuxièmement, la liste des « victimes » de la vengeance imaginée par Poutine pour l’avoir croisé ne tient pas compte du sort des nombreux ennemis de Poutine, très visibles et actifs, qu’il n’a touchés en aucune façon, en raison de la parole d’honneur qu’il a donnée à Boris Eltsine lorsqu’il a été nommé comme successeur de ne faire aucun mal à l’entourage d’Eltsine. À titre d’exemple, je peux citer Naina, la veuve d’Eltsine, et le Centre Eltsine d’Ekaterinbourg foncièrement anti-Poutine qu’elle dirige. Il y a aussi la fille de l’ancien maire de Pétersbourg, Sobchak, et la veuve de Sobchak, Ludmilla Narusova, qui sont farouchement anti-Poutine ; toutes deux ont été accusées d’activités criminelles pour lesquelles elles devraient à juste titre purger des peines de prison, mais aucune n’a souffert de quelque manière que ce soit grâce à la protection de Poutine. Il existe de nombreux autres saboteurs notoires, comme Anatoly Chubais, aujourd’hui en exil, qui n’ont été épargnés que parce que Poutine a honoré les promesses faites à son ancien patron. Pourquoi Vladimir Poutine violerait-il aujourd’hui l’engagement qu’il a pris envers le président biélorusse Loukachenko de ne pas toucher à Prigojine lorsqu’ils ont conclu un accord de paix pour mettre fin à la mutinerie ?

Par ailleurs, la liste des « victimes » de la prétendue vengeance de Poutine fournie par l’animateur de WION mérite également d’être remise en question. Je pense en particulier à l’oligarque Boris Berezovsky, une « victime » qui a été retrouvé pendu dans son manoir londonien il y a quelques années. La presse occidentale a accusé Poutine d’avoir ordonné ce « suicide ».  Cependant, il est beaucoup plus probable que le crime ait été commis par le MI6 puisque Berezovsky était connu pour négocier un retour en toute sécurité en Russie avec le FSB lorsqu’il s’est « suicidé ».

Je conclurai en mentionnant un détail qui a été repris par les médias occidentaux sans en explorer la signification au-delà de la valeur apparente qu’ils lui accordent, à savoir le fait que la seule source à ce jour pour expliquer comment l’avion de Prigojine s’est écrasé est… les agences de renseignement américaines dans des divulgations anonymes à la presse. Elles nous disent que l’avion n’a pas été abattu par des missiles sol-air et qu’il a très probablement été détruit par une bombe à bord ou par un autre acte de sabotage. Curieusement, personne n’a pris la peine de demander pourquoi les États-Unis s’intéressaient tant aux détails de l’assassinat.

Wer hat Jewgeni Prigoschin getötet?

Gestern war ich einer von einem halben Dutzend Experten für Russland und internationale Angelegenheiten, die in Live-Übertragungen des indischen Fernsehens WION im Rahmen der ausführlichen Berichterstattung des Senders über den Tod des Eigentümers der Wagner-Gruppe Jewgeni Prigoschin bei einem Flugzeugabsturz interviewt wurden. Viele dieser Interviews sind im Internet veröffentlicht worden. Meines ist hier verfügbar: https://www.youtube.com/watch?v=1xhkw9m2zvc

Ich schreibe jetzt, um auf die Argumentation aufmerksam zu machen, die der WION-Reportage über Prigoschin zugrunde liegt, nämlich die Annahme, dass der russische Präsident Wladimir Putin hinter der Ermordung Prigoschins steckt. Dies ergibt sich aus der Logik (?), die US-Präsident Joe Biden kurz zum Ausdruck brachte, als er von Reportern nach seiner Reaktion auf das Ableben von Prigoschin gefragt wurde. Er sagte: “Es gibt nicht viel, was in Russland ohne die Beteiligung von Wladimir Putin vor sich geht.” Aus der Logik des WION-Nachrichtensprechers ergibt sich auch, dass alle, die Putin über den Weg gelaufen sind, ein jämmerliches Ende gefunden haben.

Mit dieser Annahme, dass Putin für die Ermordung verantwortlich sei, lag WION ganz auf der Linie der überwältigenden Mehrheit der westlichen Mainstream-Medien. Boulevardzeitungen in Großbritannien, Deutschland und anderswo haben mit reißerischen Schlagzeilen den Mord Putin in die Schuhe geschoben.

Die russischen Medien berichten jedoch eine ganz andere Geschichte. Die Ermittlungen, die die russischen Strafverfolgungsbehörden in diesem Fall eingeleitet haben, werden ernst genommen. Die Beileidsbekundungen Putins gegenüber den Familien der Todesopfer im Flugzeug werden als aufrichtig empfunden. Und wie ich vor zwei Tagen in der Talkshow von Wladimir Solowjow gesehen habe, richtet sich der anklagende Finger auf den Westen, d.h. auf die Vereinigten Staaten, von denen man annimmt, dass sie das Attentat geplant und entweder direkt oder über Mittelsmänner ausgeführt haben.

Wer hat also Recht mit den Urhebern des Attentats?

Der römische Grundsatz cui bono, von dem sich die Ermittler leiten lassen, ist im Fall Prigoschin nicht besonders hilfreich. Der Mann war ein aufbrausender Selbstdarsteller, der sich überall, wo er auftrat, Feinde machte. Er prangerte die russische Armeeführung öffentlich an und machte sie lächerlich. Seine Meuterei vor zwei Monaten und sein Marsch auf Moskau waren keine Parade: Sie kosteten 13 russischen Soldaten das Leben, deren Flugzeuge und Hubschrauber Prigoschins Truppen abgeschossen hatten. Wie auch immer der russische Präsident dazu stehen mag, diese Tatsachen würden dafür sorgen, dass russische Patrioten auftauchen, die den Wagner-Chef aus eigenem Antrieb beseitigen und ihre persönliche Rechnung mit ihm begleichen wollen.

Und was ist mit den Feinden, die sich Prigoschin im Ausland gemacht hat? Er hat ein riesiges Vermögen bei den Operationen der Wagner-Gruppe in Afrika angehäuft, wo er zum Leidwesen der alten Kolonialherren in Paris die französische Präsenz in Mali verdrängt hat, und nun sollte er von der Vertreibung der Franzosen aus Niger profitieren, und möglicherweise auch von der Vertreibung der Amerikaner. Es sei daran erinnert, dass die Vereinigten Staaten eine halbe Milliarde Dollar in Militäreinrichtungen und Ausbildungsmaßnahmen in Niger investiert haben, die nun jeden Moment von den neuen antikolonialen Herren des Landes gekippt werden können.

Zu diesen Überlegungen füge ich hier hinzu, was ich dem Moderator des WION-Interviews in der Sendung als Antwort auf seine Aufzählung der vielen Oppositionellen in Russland gesagt habe, die ein böses Ende genommen haben, darunter natürlich die Journalistin Anna Politkowskaja, der Politiker Boris Nemzow, der ehemalige FSB-Agent Alexander Litwinenko und andere. Erstens ist es zu einfach zu glauben, dass ein einziger Mann, Wladimir Putin, die volle Kontrolle über alles hat, was in einem Land mit 145 Millionen Einwohnern passiert, die ihre eigenen Interessen, ihren eigenen Groll, ihre eigenen Ambitionen usw. haben. Zweitens berücksichtigt die Liste der “Opfer” von Putins imaginärer Rache dafür, dass sie sich quer gestellt haben, nicht das Schicksal der vielen sehr sichtbaren und aktiven Putin-Hasser, die er in keiner Weise angetastet hat, weil er Boris Jelzin bei seiner Ernennung zum Nachfolger das Ehrenwort gegeben hat, der Jelzin-Entourage keinen Schaden zuzufügen. Als Beispiel kann ich Jelzins Witwe Naina und das von ihr geleitete, bösartig gegen Putin gerichtete Jelzin-Zentrum in Jekaterinburg nennen. Dann gibt es noch die bösartige Anti-Putin-Tochter des ehemaligen Petersburger Bürgermeisters Sobtschak und Sobtschaks Witwe, Ljudmila Narusowa; beide wurden krimineller Handlungen beschuldigt, für die sie eigentlich Gefängnisstrafen verbüßen müssten, aber dank Putins Schutz hat keine von ihnen in irgendeiner Weise gelitten. Es gibt viele andere auffällige Saboteure, wie den inzwischen ins Exil gegangenen Anatoli Tschubais, die nur dank Putins Einhalten seiner Versprechen gegenüber seinem früheren Chef verschont wurden. Warum sollte Wladimir Putin jetzt das Versprechen brechen, das er dem belarussischen Präsidenten Lukaschenko gegeben hatte, Prigoschin nicht anzurühren, als sie ein Friedensabkommen zur Beendigung der Meuterei schlossen?

Aber auch die Liste der “Opfer” von Putins angeblichen Rachegelüsten, die der WION-Moderator aufzählt, muss in Frage gestellt werden. Ich denke dabei insbesondere an das “Opfer”, den Oligarchen Boris Beresowski, der vor einigen Jahren erhängt in seiner Londoner Villa aufgefunden wurde. Die westliche Presse wies und weist auf Putin als Auftraggeber des “Selbstmords” hin. Es ist jedoch viel wahrscheinlicher, dass das Verbrechen vom MI6 begangen wurde, da bekannt war, dass Beresowski mit dem FSB über eine sichere Rückkehr nach Russland verhandelte, als er “Selbstmord” beging.

Ich schließe mit der Erwähnung eines Details, das von den westlichen Medien übernommen wurde, ohne zu untersuchen, was es über den Nennwert hinaus bedeutet, den sie ihm geben: nämlich die Tatsache, dass die einzige Quelle für die Erklärung des Absturzes von Prigoschins Flugzeug bisher … US-Geheimdienste in anonymen Mitteilungen an die Presse sind. Sie sagen uns, dass das Flugzeug nicht durch Boden-Luft-Raketen abgeschossen wurde und dass es sehr wahrscheinlich durch eine Bombe an Bord oder andere Sabotageakte zerstört wurde. Seltsamerweise hat sich niemand die Mühe gemacht zu fragen, warum die Vereinigten Staaten so sehr an den Details des Attentats interessiert waren.

Who killed Yevgeny Prigozhin?

Yesterday I was one of a half dozen Russia and international affairs experts who were interviewed in live broadcasts of WION Indian television as part of the station’s extensive coverage of the death in a plane crash of Wagner Group owner Yevgeny Prigozhin. Many of those interviews have been posted on the internet. Mine is accessible here: https://www.youtube.com/watch?v=1xhkw9m2zvc

My point in writing is to call attention to the line of reasoning that guided the WION reportage on Prigozhin, namely the assumption that Russian President Vladimir Putin was behind the assassination of Prigozhin. This follows from the logic (?) expressed briefly by U.S. President Joe Biden when he was asked by reporters for his response to the demise of Prigozhin. Said Joe, “There is not much that goes on in Russia without the involvement of Vladimir Putin.” It also follows from the logic of the WION news presenter that all those who have crossed Putin have come to miserable ends.

In this assumption of Putin’s responsibility for the assassination, WION was entirely in line with the overwhelming majority of mainstream media outlets in the West. Tabloids in the U.K., in Germany and elsewhere have carried lurid front page headlines pinning the murder on Putin.

Meanwhile, Russian media have a very different story to tell. The investigation which Russian criminal justice authorities have opened in the case is being taken seriously. The expressions of condolences offered by Putin to the families of those who died on the plane are taken as sincere. And as I saw on the Vladimir Solovyov talk show two days ago, the accusatory finger is being directed at the West, meaning in fact the United States, which is assumed to have plotted the assassination and carried it out either directly or via proxies.

So who is right about the authors of the assassination?

The Roman principle of cui bono to guide investigators is not particularly helpful in the Prigozhin case. The man was a swashbuckling self-promoter who made enemies wherever he operated. He publicly denounced Russia’s army leadership and held it up to ridicule. His mutiny two months ago and march on Moscow was not a parade: it cost the lives of 13 Russian servicemen whose planes and helicopters Prigozhin’s troops shot down. Whatever the disposition of the Russian President, these facts would ensure the emergence of Russian patriots set on eliminating the Wagner chief on their own initiative and to settle their personal scores with him.

And what about the enemies Prigozhin made abroad? He amassed a vast fortune in the Wagner Group operations in Africa, where he displaced the French presence in Mali, to the chagrin of the old colonial masters in Paris, and now he was expected to profit from the eviction of the French from Niger, and the expulsion possibly of the Americans as well. Remember that the United States has invested half a billion dollars in military installations and training in Niger, which may now be overturned at any moment by the anti-colonial new masters of the country.

To these considerations, I add here what I said on air to the WION interview host in answer to his listing the many Opposition figures in Russia who have come to nasty ends, including of course the journalist Anna Politkovskaya, the politician Boris Nemtsov, the former FSB operative Alexander Litvinenko and more.  Firstly, it is simplistic to think that one man, Vladimir Putin, is in full control of everything happening in a country of 145 million inhabitants who have their own interests, grudges, ambitions, etc. Secondly, the list of “victims” of Putin’s imagined revenge for crossing him does not take into account the fate of the many highly visible and active Putin-haters whom he has not touched in any way, because of the word of honor he gave to Boris Yeltsin when he was named as successor not to do any harm to the Yeltsin entourage.  By way of example, I can name Yeltsin’s widow Naina and the viciously anti-Putin Yeltsin Center in Yekaterinburg, which she heads. Then there are the viciously anti-Putin daughter of former Petersburg mayor Sobchak and Sobchak’s widow, Lyudmila Narusova; both have been accused of criminal activities for which they should properly be serving prison terms, but neither has suffered in any way thanks to Putin’s protection.  There are many other conspicuous wreckers, like the now self-exiled Anatoly Chubais, who were spared only thanks to Putin’s honoring his promises to his former boss.  Why would Vladimir Putin now violate the pledge he gave to Belarus President Lukashenko not to touch Prigozhin when they concluded a peace deal to end the mutiny?

Then again, the list of “victims” of Putin’s alleged vengeful ways given by the WION host also demands to be challenged. I think in particular of the “victim,” oligarch Boris Berezovsky who was found hanged in his London mansion some years ago. The Western press pointed and points to Putin as ordering the “suicide.”  However, it is far more likely that the crime was committed by MI6 since Berezovsky was known to be negotiating a safe return to Russia with the FSB when he was “suicided.”

I conclude with mention of one detail that has been carried by Western media without exploring what it means beyond the face value they give it: namely the fact that the only source so far for the explanation of how Prigozhin’s plane went down is…U.S. intelligence agencies in anonymous disclosures to the press. They tell us that the plane was not shot down by ground to air missiles and that very likely it was destroyed by a bomb on board or other sabotage.  Curiously, no one has bothered to ask why the United States was so interested in the details of the assassination.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “Reshuffling World Order”

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

« Le remaniement de l’ordre mondial » sur Press TV (Iran)

J’ai eu le plaisir de me joindre à Yousof Azizi, analyste des affaires internationales basé à Washington, pour une discussion organisée par Press TV sur les résultats du 15e sommet des BRICS qui s’est tenu à Johannesburg la semaine dernière.

J’ai utilisé cette plateforme pour développer mes observations concernant les priorités politiques des BRICS qui sont mises en évidence par le choix de nouveaux pays membres dans le cadre de sa première expansion majeure depuis que l’Afrique du Sud a rejoint les membres fondateurs en 2010. Ces priorités sont clairement de faciliter les relations pacifiques dans ce qui a été la partie du monde la plus déchirée par la guerre depuis des décennies (le Grand Moyen-Orient) et d’assurer le financement continu et élargi des projets d’infrastructure que la Banque des BRICS entreprend à l’échelle mondiale pour soutenir le développement là où il est le plus nécessaire.

J’insiste sur le fait que la mission des BRICS, telle que définie dans leur déclaration, n’est pas de renverser les institutions de gouvernance mondiale mises en place après la Seconde Guerre mondiale, à savoir les Nations unies et les institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et FMI), mais de réformer ces institutions en les rendant plus représentatives de la répartition mondiale du pouvoir économique et politique d’aujourd’hui. Alors qu’une telle réforme est réclamée depuis longtemps par les pays du Sud, les BRICS représentent un instrument collectif de réforme, à la fois par la force morale de leurs arguments au nom de 40 % de l’humanité et de 32 % du PIB mondial, et par l’exemple de leurs propres activités géopolitiques et de prêt.

Avec l’inclusion de l’Arabie saoudite, les BRICS deviennent l’unique lieu de rencontre mondial entre les plus grands producteurs d’hydrocarbures du monde et les plus grands importateurs d’hydrocarbures du monde (la Chine et l’Inde). Il s’agit donc du vecteur idéal pour la dédollarisation, puisque le commerce des hydrocarbures a consacré la position hégémonique du dollar dans les années 1970 et que le commerce des hydrocarbures au sein des BRICS se déplace aujourd’hui vers le yuan, le dirham des Émirats arabes unis et d’autres monnaies. Le détrônement de l’hégémonie du dollar signifie le détrônement de l’hégémonie géopolitique des États-Unis et le passage à un monde multipolaire.

Voir ici : http://www.urmedium.net/media/video/2023/08/26/638286079056470582video.mp4

“Die Welt neu ordnen” auf Press TV (Iran)

Es war mir ein Vergnügen, mit dem in Washington ansässigen Analysten für internationale Angelegenheiten Yousof Azizi in einer von Press TV moderierten Diskussion über die Ergebnisse des 15. BRICS-Gipfels zu sprechen, der vergangene Woche in Johannesburg stattfand.

Ich habe diese Plattform genutzt, um meine Punkte bezüglich der politischen Prioritäten der BRICS zu erläutern, die sich in der Wahl der neuen Mitgliedsländer in ihrer ersten großen Erweiterung seit dem Beitritt Südafrikas zu den Gründungsmitgliedern im Jahr 2010 widerspiegeln. Diese Prioritäten bestehen eindeutig darin, friedliche Beziehungen in dem seit Jahrzehnten am stärksten vom Krieg gezeichneten Teil der Welt (dem Nahen und Mittleren Osten) zu fördern und die fortgesetzte und erweiterte Finanzierung von Infrastrukturprojekten sicherzustellen, die die BRICS-Bank weltweit durchführt, um die Entwicklung dort zu unterstützen, wo sie am dringendsten benötigt wird.

Ich betone, dass die Mission der BRICS, wie in ihrer Erklärung dargelegt, nicht darin besteht, die nach dem Zweiten Weltkrieg geschaffenen Institutionen der Weltordnungspolitik, d.h. die Vereinten Nationen und die Bretton-Woods-Institutionen (Weltbank und IWF), zu stürzen, sondern diese Institutionen zu reformieren, indem sie repräsentativer für die heutige globale Verteilung der wirtschaftlichen und politischen Macht werden. Während eine solche Reform seit langem von einzelnen Ländern des Globalen Südens gefordert wird, stellen die BRICS ein kollektives Reforminstrument dar, sowohl durch die moralische Stärke ihrer Argumente im Namen von 40 % der Menschheit und 32 % des globalen BIP als auch durch das Beispiel ihrer eigenen geopolitischen und kreditpolitischen Aktivitäten.

Mit der Aufnahme von Saudi-Arabien werden die BRICS zu einem einzigartigen globalen Treffpunkt der größten Kohlenwasserstoffproduzenten der Welt und der größten Kohlenwasserstoffimporteure der Welt (China und Indien). Sie sind somit der perfekte Vektor für die De-Dollarisierung, da der Handel mit Kohlenwasserstoffen die hegemoniale Stellung des Dollars in den 1970er Jahren festigte und sich der Handel mit Kohlenwasserstoffen innerhalb der BRICS nun auf Yuan, VAE-Dirhams und andere Währungen verlagert. Die Entthronung der Dollar-Hegemonie bedeutet die Entthronung der geopolitischen Hegemonie der USA und den Übergang zu einer multipolaren Welt.

Siehe:

http://www.urmedium.net/media/video//2023/08/26/638286079056470582video.mp4

“Reshuffling World Order” on Press TV (Iran)

It was my pleasure to join international affairs analyst Yousof Azizi based in Washington on a Press TV hosted discussion of the results of the 15th BRICS summit held in Johannesburg this past week.

I used this platform to expand on my points regarding the policy priorities of the BRICS that are evidenced by its choice of new member countries in its first major expansion since South Africa joined the founding members in 2010. These priorities are clearly to facilitate peaceful relations in what has been the most war-torn part of the world for decades (the Greater Middle East) and to assure the continued and expanded financing of the infrastructure projects which the BRICS Bank is undertaking globally to support development where it is most needed.

I emphasize that the mission of BRICS, as set out in its Declaration, is not to overthrow the institutions of global governance that were set up following WWII, namely the United Nations and the Bretton Woods institutions (World Bank and IMF) but to reform these institutions by making them more representative of today’s global distribution of economic and political power. Whereas such reform has long been demanded by individual countries of the Global South, BRICS represents a collective instrument of reform both by the moral strength of its arguments on behalf of 40% of humanity and 32% of global GDP and by way of example in its own geopolitical and lending activities.

With the inclusion of Saudi Arabia, BRICS becomes the unique global meeting place of the world’s biggest producers of hydrocarbons and the world’s biggest importers of hydrocarbons (China and India). It is thus the perfect vector for de-dollarization, since trade in hydrocarbons enthroned the dollar’s hegemonic position in the 1970s and now trade in hydrocarbons within BRICS is shifting to Yuan, UAE dirhams and other currencies. Dethroning dollar hegemony means dethroning U.S. geopolitical hegemony and shifting to a multipolar world.

See:

http://www.urmedium.net/media/video//2023/08/26/638286079056470582video.mp4

and

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “What did the BRICS Summit in Johannesburg accomplish?”

Translations below into German (Andreas Mylaeus, French (Youri) and Italian (Weber Potsi)

Was wurde beim BRICS-Gipfel in Johannesburg erreicht?

Mit einer bemerkenswerten Ausnahme, dem russischen Präsidenten Wladimir Putin, waren in den vergangenen drei Tagen die Großen und die Guten des globalen Südens beim 15. Gipfeltreffen der BRICS-Staats- und Regierungschefs in Johannesburg anwesend. Ein großer Teil der öffentlichen Veranstaltungen, d.h. die Ansprachen vor dem Wirtschaftsforum und die Abschlussansprachen vor den globalen Medien, wurden live von großen Fernsehsendern übertragen, insbesondere vom chinesischen CGTN.

Viele Worte wurden in die Mikrofone gesprochen. Noch mehr wurden in der 26-seitigen Abschlusserklärung niedergeschrieben, die in der Regel fromme Wünsche für eine bessere Welt enthielt. Die wichtigste Forderung war die Unterstützung der traditionellen internationalen Institutionen der Weltordnungspolitik, darunter die Vereinten Nationen und der IWF. Es wurde jedoch zu ihrer Reform aufgerufen, um den Nationen der Dritten Welt, für die die BRICS heute stehen, mehr Gehör zu verschaffen. Selbst UN-Generalsekretär Antonio Gutterez sprach sich für eine Reform der Bretton-Woods-Institutionen und eine Demokratisierung des UN-Sicherheitsrats aus, die seiner Meinung nach die Machtverhältnisse in der Welt am Ende des Zweiten Weltkriegs widerspiegeln, als viele der auf dem BRICS-Gipfel anwesenden Staaten noch Kolonien waren und keinen Platz am Tisch hatten. Gutterez vermied es diplomatisch zu sagen, wie und wann diese Reformen durchgeführt werden könnten.

Man könnte sagen, dass die BRICS in Erwartung eines Konsenses darüber, wie die Vereinten Nationen, die Bretton-Woods-Institutionen und die WTO reformiert werden können, damit sie ihre Aufgaben zur Förderung von Frieden, Sicherheit und nachhaltiger Entwicklung erfüllen können, praktikable Pläne zur Erreichung dieser Ziele ad hoc durch neue, von ihnen selbst geschaffene parallele Institutionen aufgestellt haben.

Dies sind, kurz gesagt, die Überlegungen, von denen sich die derzeitigen fünf Mitglieder bei ihrer Entscheidung leiten ließen, sechs weitere Mitglieder einzuladen, dem Club im Januar 2024 beizutreten: Iran, Argentinien, Saudi-Arabien, die Vereinigten Arabischen Emirate, Ägypten und Äthiopien. Ich sehe in dieser Entscheidung die Priorität, die der Verbesserung der globalen Sicherheit und der Finanzierung der Infrastrukturentwicklung eingeräumt wird.

Die Welt ist groß, und die Liste der Kandidatenländer für die Aufnahme in die BRICS, die vor dem Gipfeltreffen verteilt wurde, enthielt viele Länder, die in Bezug auf die Bevölkerung, das BIP und ähnliche neutrale Dinge von Bedeutung sind. In diesem Zusammenhang möchte ich hier Algerien, Venezuela, Nigeria, Mexiko, Indonesien und Thailand erwähnen. Sie wurden jedoch in dieser ersten Runde der Neuaufnahmen übersehen. Bisher habe ich in den Mainstream-Medien noch keinen Kommentar zu diesem Thema gesehen, daher möchte ich mit meinem Beitrag diese Lücke schließen.

Sicherlich war die Aufnahme Argentiniens ein notwendiges Zugeständnis an Brasilien, das im Allgemeinen kein starker Befürworter der Erweiterung war und es wie Indien vorzog, den Club klein zu halten, um seine eigene privilegiertere Sichtbarkeit zu wahren, und das die Beziehungen zu den Vereinigten Staaten nicht durch die Aufnahme von Ländern, die Washington offen feindlich gegenüberstehen, verschärfen wollte. Ansonsten sind alle anderen neuen Mitglieder in Westasien (bis vor kurzem Nahost genannt) und Nordostafrika angesiedelt. Dieser gesamte geografische Raum ist und bleibt eine der turbulentesten und kriegsgeprägtesten Regionen der Welt. Auch wenn in Äthiopien derzeit Frieden herrscht, ist dies bei seinen unmittelbaren Nachbarn am Horn von Afrika nicht der Fall. In jedem Fall ist Äthiopien nach Nigeria das zweitbevölkerungsreichste Land Afrikas und eines der ärmsten, das dringend Entwicklungshilfe benötigt.

Der gleichzeitigen Aufnahme von Iran und Saudi-Arabien liegt sicherlich die Absicht zugrunde, auf den im vergangenen Frühjahr von China ausgehandelten Friedensverträgen zwischen den beiden Ländern aufzubauen. Wie Indien und China werden auch diese beiden neuen BRICS-Mitglieder sicherlich von den regelmäßigen Kontakten innerhalb des Clubs profitieren.

Was Saudi-Arabien betrifft, so ist sein wahrscheinlicher Beitritt zur BRICS-Bank als wichtiger Kapitalgeber ein offensichtliches Argument für seine Aufnahme, neben den Vereinigten Arabischen Emiraten und Ägypten, die bereits Mitglieder der Bank sind.

Die BRICS-Bank ist in der Tat von zentraler Bedeutung für die gesamte Aufgabe des Clubs. Sie finanziert derzeit 100 große Infrastrukturprojekte in den Entwicklungsländern und wird in der Lage sein, noch viel mehr zu finanzieren, wenn ihr Gründungskapital durch neue Mitglieder aufgestockt wird. Sie tut dies, ohne den Empfängerländern die neoliberale wirtschaftliche Zwangsjacke aufzuerlegen, wie es die Weltbank und der IWF tun. Dies ist ein Ausweg aus der Versklavung durch das westliche Kapital. Es ist auch ein Ausweg aus der Dollar-Hegemonie, da die Bank Kredite in der brasilianischen, der südafrikanischen und anderen Landeswährungen vergeben wird.

So viel zu den inhaltlichen Aspekten des BRICS-Gipfels. Ich kehre nun zum Blabla-Teil der Veranstaltung zurück, der auf seine Weise interessant war, insbesondere die Reden des chinesischen Präsidenten Xi und von Wladimir Putin auf dem Wirtschaftsforum und der Abschlussveranstaltung.

Xi griff die Vereinigten Staaten mit kaum verhüllten Worten wegen ihrer Versuche an, ihre globale Hegemonie durchzusetzen. Er prangerte ihre Versuche an, die Welt zu fragmentieren, die globale Gemeinschaft in Demokratien und Autokratien zu spalten und einen Kampf der Kulturen zu schüren. Als er die “Mentalität des Kalten Krieges” anprangerte, sprach er unmissverständlich über Joe Bidens Amerika.

Während die Mainstream-Berichterstattung im Vorfeld des Gipfels China richtigerweise als das Land identifiziert hatte, das am stärksten auf die Erweiterung der BRICS drängt, verdarb sie ihre Berichterstattung, indem sie Xi so darstellte, als strebe er die globale Hegemonie für sein eigenes Land an. Dies war genau die redaktionelle Linie, die in den Artikeln der Financial Times vom 21. und 22. August vertreten wurde. Xi nutzte seine Rede, um diese Anschuldigungen zu widerlegen und zu behaupten, dass China nur eine offene, integrative und repräsentative Weltordnung anstrebe. Er sprach sich gegen Bündnisse aus, da sie die Welt in gegnerische Lager spalten würden.

Es ist merkwürdig, dass Wladimir Putin seine Zeit am Mikrofon nutzte, um sehr unterschiedliche Inhalte zu präsentieren. Er sprach über die Hintergründe des Ukraine-Krieges; er erläuterte die Entscheidung Russlands, aus dem “Getreide-Deal” zur Sicherung der ukrainischen Getreideexporte auszusteigen, und bekräftigte Russlands Bereitschaft, Afrika und dem Rest der Welt Ernährungssicherheit zu bieten, unter anderem durch die kostenlose Lieferung von Getreide an die bedürftigsten afrikanischen Länder. Er widmete jedoch auch der Frage der De-Dollarisierung mehr Aufmerksamkeit und wies darauf hin, dass der Handel Russlands mit den BRICS-Ländern zu 70 % in nationalen Währungen abgewickelt wird. Er wies auch auf den wachsenden Anteil der BRICS-Fünf am globalen BIP hin, der vom IWF mit 27 % angegeben wird und in Preisparität 32 % betragen könnte, was bedeutet, dass er derzeit größer ist als der der G7. Mit der Aufnahme der neuen Mitglieder wird der Anteil der BRICS noch größer sein.

Putin mag nicht persönlich anwesend gewesen sein. Aber Russland war es nicht. Außerdem wird Russland 2024 den Vorsitz der BRICS übernehmen, und der Gipfel wird in Kasan stattfinden. Der Tagungsort wurde sicherlich gewählt, um die Position Russlands als “muslimisches Land” zu unterstreichen, das sich strategisch dem Iran, Saudi-Arabien und den Vereinigten Arabischen Emiraten annähert.

Quels ont été les résultats du sommet des BRICS à Johannesburg ?

À une exception majeure près, le président russe Vladimir Poutine, tous les grands du Sud global étaient présents au 15e sommet des dirigeants des BRICS, qui s’est tenu à Johannesburg ces trois derniers jours. Une grande partie des débats publics, c’est-à-dire les discours au Forum des affaires et les discours de clôture aux médias internationaux, ont été retransmis en direct par les grandes chaînes de télévision, en particulier la chaîne chinoise CGTN.

Beaucoup de mots ont été prononcés au micro. D’autres encore ont été consignés dans la déclaration finale de 26 pages, qui contient généralement des vœux pieux en faveur d’un monde meilleur. L’appel le plus important soutient les institutions internationales traditionnelles de la gouvernance mondiale, y compris les Nations unies et le FMI. Mais l’appel portait sur leur réforme afin de donner une plus grande voix aux nations du monde en développement pour lesquelles les BRICS sont le point de ralliement d’aujourd’hui. Même le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est prononcé en faveur de la réforme des institutions de Bretton Woods et de la démocratisation du Conseil de sécurité des Nations unies, qui, selon lui, reflètent l’équilibre des forces mondiales à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que de nombreux États présents au sommet des BRICS étaient encore des colonies et n’avaient pas leur place à la table des négociations. Guterres a diplomatiquement évité de dire comment ces réformes pourraient être mises en œuvre et quand.

On pourrait dire que, dans l’attente d’un consensus sur la manière dont les Nations unies, les institutions de Bretton Woods et l’OMC peuvent être réformées pour remplir leurs fonctions de promotion de la paix, de la sécurité et du développement durable, les BRICS ont élaboré des plans réalisables pour atteindre ces objectifs de manière ad hoc par le biais de nouvelles institutions parallèles qu’ils ont eux-mêmes créées.

En clair, ce sont ces considérations qui ont clairement guidé les cinq membres actuels dans leur décision d’inviter six autres membres à rejoindre le club en janvier 2024 : l’Iran, l’Argentine, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et l’Éthiopie. Je vois dans ce choix la priorité donnée au renforcement de la sécurité mondiale et au financement du développement des infrastructures.

Le monde est grand et la liste des pays candidats à l’inclusion dans les BRICS qui a été diffusée avant le sommet comprenait de nombreux pays importants en termes de population, de PIB et d’autres mesures neutres similaires. À cet égard, je voudrais mentionner l’Algérie, le Venezuela, le Nigeria, le Mexique, l’Indonésie et la Thaïlande. Toutefois, ces pays ont été oubliés dans cette première série de nouvelles admissions. Jusqu’à présent, je n’ai vu aucun commentaire sur cette question dans les médias grand public, je vais donc proposer le mien pour combler cette lacune.

Il est vrai que l’inclusion de l’Argentine était une faveur nécessaire pour le Brésil, qui n’a généralement pas été un fervent défenseur de l’expansion, préférant, comme l’Inde, garder le club petit afin de préserver sa propre visibilité plus privilégiée et ne souhaitant pas exacerber les relations avec les États-Unis en admettant des pays ouvertement hostiles à Washington. Par ailleurs, tous les autres nouveaux membres sont regroupés en Asie occidentale (jusqu’à récemment appelée Moyen-Orient) et en Afrique du Nord-Est. Toute cette zone géographique a été et reste l’une des parties du monde les plus turbulentes et les plus marquées par la guerre. Si l’Éthiopie est actuellement en paix, ce n’est pas le cas de ses voisins immédiats de la Corne de l’Afrique. Quoi qu’il en soit, l’Éthiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique après le Nigeria, et l’un des plus pauvres, qui a grand besoin d’aide au développement.

L’inclusion simultanée de l’Iran et de l’Arabie saoudite a certainement pour but de s’appuyer sur les accords de paix entre ces deux pays, négociés au printemps dernier par la Chine. Comme l’Inde et la Chine, ces deux nouveaux membres des BRICS bénéficieront certainement des contacts réguliers au sein du club.

Quant à l’Arabie saoudite, son entrée probable dans la Banque des BRICS en tant qu’important pourvoyeur de capitaux est un argument évident en faveur de son inclusion, aux côtés des Émirats arabes unis et de l’Égypte, qui sont déjà membres de la Banque.

En effet, la banque des BRICS est au cœur de la mission du club. Elle finance actuellement 100 grands projets d’infrastructure dans les pays en développement et sera en mesure d’en financer beaucoup plus lorsque son capital de base sera augmenté par l’arrivée de nouveaux membres. Il le fait sans imposer le carcan économique néolibéral aux pays bénéficiaires, comme le font la Banque mondiale et le FMI. Il s’agit d’un moyen d’échapper à l’asservissement par le capital occidental. C’est aussi un moyen d’échapper à l’hégémonie du dollar, puisque la Banque accordera des prêts dans les monnaies brésiliennes, sud-africaines et autres monnaies nationales.

Voilà pour le contenu substantiel du sommet des BRICS. J’en viens maintenant à la partie « bla-bla » de l’exercice, qui était intéressante à sa manière, en particulier les discours du président chinois Xi et de Vladimir Poutine au forum d’affaires et à la séance de clôture.

Xi a lancé des attaques à peine voilées contre les États-Unis pour leurs tentatives d’imposer leur hégémonie mondiale. Il a dénoncé leurs tentatives de fragmenter le monde, de diviser la communauté mondiale entre démocraties et autocraties, de fomenter un choc des civilisations. En dénonçant la « mentalité de la guerre froide », il parlait sans équivoque de l’Amérique de Joe Biden.

Alors que les articles des grands médias précédant le sommet avaient correctement identifié la Chine comme le pays poussant le plus à l’expansion des BRICS, ils ont gâché leur couverture en dépeignant Xi comme recherchant l’hégémonie mondiale pour son propre pays. C’est précisément la ligne éditoriale présentée dans les articles du Financial Times des 21 et 22 août. Xi a utilisé son discours pour réfuter ces accusations et pour affirmer que la Chine ne recherche qu’un ordre mondial ouvert, inclusif et représentatif. Il s’est élevé contre les alliances, qui divisent le monde en camps opposés.

Il est curieux que Vladimir Poutine ait utilisé son temps de parole pour présenter des éléments très différents. Il a parlé du contexte de la guerre en Ukraine ; il a expliqué la décision de la Russie de se retirer de l’« accord sur les céréales » garantissant les exportations de céréales ukrainiennes et a réitéré la volonté de la Russie d’assurer la sécurité alimentaire de l’Afrique et du reste du monde, notamment en livrant gratuitement des céréales aux nations africaines les plus démunies. Toutefois, il a également accordé plus d’attention à la question de la dédollarisation, soulignant que les échanges commerciaux de la Russie avec les pays des BRICS étaient réalisés à hauteur de 70 % dans les monnaies nationales. Il a également fait remarquer la part croissante du PIB mondial détenue par les cinq BRICS, qui est aujourd’hui mesurée à 27 % par le FMI et peut être qualifiée de 32 % en équivalence de parité des prix, ce qui signifie qu’elle est actuellement supérieure à celle du G7. Avec l’inclusion des nouveaux membres, la part des BRICS sera encore plus importante.

Poutine était peut-être absent. Mais la Russie ne l’était pas. De plus, en 2024, la Russie prendra la présidence des BRICS et le sommet se tiendra à Kazan. Le lieu a certainement été choisi pour souligner la position de la Russie en tant que « pays musulman », alors qu’elle se rapproche stratégiquement de l’Iran, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

A cosa è servito il vertice dei BRICS a Johannesburg?

Con una sola eccezione, il presidente russo Vladimir Putin, i grandi del Sud globale erano tutti presenti al 15° vertice dei leader dei BRICS, tenutosi a Johannesburg negli ultimi tre giorni.  Gran parte dei lavori pubblici, ovvero i discorsi al Business Forum e i discorsi di chiusura ai media globali, sono stati trasmessi in diretta dalle major televisive degli stessi paesi partecipanti, in particolare dalla cinese CGTN.

Molte parole sono state dette ai microfoni. Molte altre ancora sono state scritte nella Dichiarazione di chiusura di 26 pagine, che in genere esprimeva pie speranze per un mondo migliore. Il messaggio principale del vertice è stato uno di sostegno delle tradizionali istituzioni internazionali di governance globale, tra cui le Nazioni Unite e il Fondo Monetario Internazionale. Ma a questo si è aggiunta una richiesta di riforma per dare più voce alle nazioni del mondo in via di sviluppo, per le quali il BRICS è oggi il punto di riferimento. Anche il Segretario Generale delle Nazioni Unite Antonio Gutterez si è espresso a favore della riforma delle istituzioni di Bretton Woods e della democratizzazione del Consiglio di Sicurezza dell’ONU, che secondo lui rispecchiano l’equilibrio di potere mondiale alla fine della Seconda Guerra Mondiale, quando molti degli Stati presenti al vertice dei BRICS erano ancora colonie e non avevano posto al tavolo. Gutterez ha diplomaticamente evitato di dire come e quando queste riforme potrebbero essere attuate.

In attesa di un consenso su come le Nazioni Unite, le istituzioni di Bretton Woods e l’OMC possano essere riformate per svolgere le loro funzioni di promozione della pace, della sicurezza e dello sviluppo sostenibile, il BRICS ha in effetti proposto la creazione di istituzioni parallele ad hoc.

Sono state 

 chiaramente queste le considerazioni che hanno ispirato gli attuali cinque membri del gruppo ad invitare altri sei paesi ad entrare nel club nel gennaio 2024: Iran, Argentina, Arabia Saudita, Emirati Arabi Uniti, Egitto ed Etiopia. Vedo in questa scelta la priorità data al rafforzamento della sicurezza globale e al finanziamento dello sviluppo delle infrastrutture.

Il mondo è grande e l’elenco dei Paesi candidati all’inclusione nei BRICS, diffuso prima del Vertice, comprendeva molti Paesi importanti in termini di popolazione, PIL e altri criteri simili, tra cui Algeria, Venezuela, Nigeria, Messico, Indonesia e Thailandia. Ma in questa prima tornata di nuove ammissioni questi ultimi sono stati messi da parte.  

Finora non ho visto nei media tradizionali alcun commento a questo proposito, quindi offrirò il mio per colmare la lacuna.

Chiaramente, l’inclusione dell’Argentina è stata una cortesia necessaria al Brasile, che in generale non è un forte sostenitore dell’espansione, preferendo, come l’India, mantenere il club piccolo per preservare la propria posizione privilegiata e non volendo inasprire i rapporti con gli Stati Uniti ammettendo paesi apertamente ostili a Washington. Argentina a parte, gli altri quattro fanno parte di un’area geografica che è stata e rimane una delle parti del mondo più turbolente e ancora in preda a guerre. Anche se l’Etiopia al momento è in un periodo di pace, i suoi vicini nel Corno d’Africa non lo sono. Non dimentichiamoci anche che l’Etiopia è il secondo Paese più popoloso dell’Africa dopo la Nigeria e uno dei più poveri, con un grande bisogno di assistenza allo sviluppo.

L’inclusione simultanea di Iran e Arabia Saudita ha sicuramente l’intento di continuare il lavoro iniziato con gli accordi di pace tra i due paesi raggiunti la scorsa primavera grazie alla mediazione cinese. Come l’India e la Cina, questi due nuovi membri dei BRICS trarranno sicuramente beneficio dai contatti regolari all’interno del club.

Per quanto riguarda l’Arabia Saudita, la sua probabile adesione alla Banca dei BRICS come principale apportatore di capitali è un ovvio argomento a favore della sua inclusione, accanto agli Emirati Arabi Uniti e all’Egitto, che sono già membri della Banca.

E la Banca BRICS è il perno del progetto del club. Attualmente finanzia 100 grandi progetti infrastrutturali nei Paesi in via di sviluppo e sarà in grado di finanziarne molti altri quando il suo capitale di fondazione sarà aumentato dai nuovi membri.  Lo fa senza imporre ai Paesi beneficiari la camicia di forza economica neoliberista, come fanno la Banca Mondiale e il Fondo Monetario Internazionale. In alte parole, rappresenta un’alternativa alla “schiavitù” che comporta ricevere capitale dall’Occidente. È anche un modo per sfuggire all’egemonia del dollaro, visto che la Banca si propone di concedere prestiti nelle valute degli stessi paesi membri, a partire da quella brasiliana, sudafricana ma anche di altri Paesi.

Questo per quanto riguarda i contenuti sostanziali del vertice dei BRICS.  

Tornando invece alle dichiarazioni fatte durante il vertice, interessanti quelle contenute nei discorsi del presidente cinese Xi e di Vladimir Putin al Business Forum e alla sessione di chiusura. Xi ha sferrato attacchi appena velati agli Stati Uniti per i loro tentativi di imporre la loro egemonia al resto del mondo. Ha denunciato i tentativi americani di frammentarlo, e di dividere la comunità globale in democrazie e autocrazie, quindi di fomentare uno “scontro tra le civiltà”. Nel denunciare la “mentalità da guerra fredda” dell’America di oggi, XI non ha avuto remore nel citare

il suo presidente, Joe Biden.

Anche se i reportage dei media occidentali allineati alle direttive di Washington  prima del Vertice identificavano nella Cina  come la forza trainante dell’espansione del gruppo dei paesi membri dei BRICS, hanno poi fatto presto a liquidare le parole del presidente cinese come riprova delle tendenze egemoniche mondiali del suo Paese. Questa quantomeno è stata la linea editoriale chiaramente percepibile negli articoli pubblicati dal

Financial Times il 21 e 22 agosto scorsi.

Nel suo intervento, Xi ha respinto queste accuse al mittente e affermato che la Cina cerca solo un ordine mondiale aperto, inclusivo e rappresentativo. Si è quindi schierato contro la logica delle alleanze che sta prendendo forma, in quanto queste dividono il mondo in campi contrapposti.

Tornando a Putin, il presidente russo non si è limitato a parlare dei temi più strettamente attinenti al vertice ma ha anche parlato diffusamente del retroscena della guerra in Ucraina, della decisione della Russia di ritirarsi dall’accordo sul grano che garantiva le esportazioni ucraine. E ha ribadito la disponibilità della Russia a garantire all’Africa e al resto del mondo la sicurezza alimentare anche attraverso la consegna gratuita di grano alle nazioni africane più bisognose. 

Ma ha anche parlato della questione della de-dollarizzazione. Secondo Putin, il 70% degli scambi commerciali tra Russia e altri paesi BRICS dovrebbe e potrebbe essere condotto in valute nazionali, anche in considerazione della crescente quota del PIL globale prodotta dai cinque Paesi BRICS, stimata al 27% dal FMI e forse al 32% in termini di parità del potere di acquisto, ovvero superiore a quella dei G7. E che sarebbe ancora maggiore includendo  i nuovi membri.

Mentre Putin era fisicamente assente, la Russia era ovviamente presente al vertice con una propria delegazione. E nel 2024 questa assumerà la presidenza di turno dei BRICS, il cui vertice si terrà a Kazan. La sede è stata sicuramente scelta per sottolineare la posizione della Russia come “Paese musulmano”, in un contesto che la farà avvicinare strategicamente all’Iran, all’Arabia Saudita e agli Emirati Arabi Uniti.


What did the BRICS Summit in Johannesburg accomplish?

With one notable exception, Russian President Vladimir Putin, the great and the good of the Global South were all in attendance at the 15th Summit of the BRICS leaders in Johannesburg these past three days.  A large part of the public proceedings, meaning the addresses to the Business Forum and the closing addresses to global media, were carried live on television majors, in particular on the Chinese CGTN.

 A lot of words were delivered over the microphones. Still more were set down in the 26 page closing Declaration, which typically delivered pious hopes for a better world. The overriding call was supportive of the traditional international institutions of global governance including the United Nations and the IMF. But the call was for their reform to give a greater voice to nations of the developing world for whom BRICS is today’s rallying point. Even UN Secretary General Antonio Gutterez spoke in favor of reform of the Bretton Woods institutions and democratization of the UN Security Council, which he said reflect the world power balance at the end of WWII when many of the states present at the BRICS summit were still colonies and had no place at the table. Gutterez diplomatically avoided saying how these reforms might be effected and when.

One might say that pending the arrival of a consensus on how the United Nations, the Bretton Woods institutions and the WTO can be reformed to perform their functions of promoting peace, security and sustainable development, BRICS has set out workable plans for achieving these objectives in an ad hoc manner through new parallel institutions of its own making.

Put bluntly, these are the considerations which clearly guided the existing five members in their decision to invite six further members to join the club in January 2024: Iran, Argentina, Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Egypt and Ethiopia. I see in this choice the priority given to enhancing global security and to financing infrastructure development.

The world is big and the list of candidate countries for inclusion in BRICS that was circulated before the Summit included many that are important in terms of population, GDP and similar neutral measures. In this connection, I would mention here Algeria, Venezuela, Nigeria, Mexico, Indonesia and Thailand. However they were overlooked in this first round of new admissions.  So far I have not seen in mainstream media any commentary on this issue, so I will offer mine to fill the gap.

To be sure, Argentina’s inclusion was a necessary sop to Brazil, which had in general not been a strong advocate of expansion, preferring, like India, to keep the club small so as to preserve its own more privileged visibility and not wishing to exacerbate with the United States by admitting countries openly hostile to Washington. Otherwise, all the other new members are clustered in West Asia (till recently called the Middle East) and northeast Africa.  This whole geographic area has been and remains one of the most turbulent and war-riven parts of the world. Although Ethiopia may be at peace presently, its immediate neighbors in the Horn of Africa have not been. In any case, Ethiopia counts as the second most populous country in Africa after Nigeria, and one of the poorest, in great need of development assistance.

The simultaneous inclusion of Iran and Saudi Arabia surely has the intent to build upon the peace accords between them negotiated this past spring by China. Like India and China, these two new BRICS members will surely benefit from the regular contacts within the club.

As for Saudi Arabia, its likely joining the BRICS Bank as a major contributor of capital is an obvious argument for its inclusion, alongside the United Arab Emirates and Egypt, which are already members of the Bank. 

Indeed the BRICS Bank is central to the whole mission of the club. It presently is funding 100 major infrastructure projects in the developing world, and will be in a position to finance many more when its foundation capital is increased by new incoming members.  It does this without imposing the Neoliberal economic straitjacket on recipient countries as do the World Bank and IMF. This is an escape route from enslavement by Western capital. It is also an escape route from dollar hegemony since the Bank will be opening loans in Brazilian, South African and other national currencies.

So much for substantive content of the BRICS summit.  I now return to the blah-blah part of the exercise, which was interesting in its own way, especially the speeches by Chinese President Xi and by Vladimir Putin to the Business Forum and Closing Session.

Xi delivered barely veiled attacks on the United States for its attempts to enforce its global hegemony. He denounced its attempts to fragment the world, to divide the global community into democracies and autocracies, to foment a clash of civilizations. In denouncing “Cold War mentality,” he was speaking unequivocally about Joe Biden’s America.

While reporting of mainstream ahead of the Summit had correctly identified China as the country pushing hardest for expansion of BRICS, it spoiled its coverage by portraying Xi as seeking global hegemony for his own country. This was precisely the editorial line presented in the articles of the Financial Times dated 21st and 22nd August. Xi used his speech to refute these accusations and to claim that China seeks only an open, inclusive and representative world order. He argued against alliances as being divisive of the world into opposing camps.

It is curious that Vladimir Putin used his time at the microphone to present very different material. He spoke about the background to the Ukraine War; he explained the decision by Russia to pull out of the ‘grain deal’ securing Ukrainian grain exports and reiterated Russia’s readiness to provide Africa and the rest of the world with food security, including by delivery of grain free of charge to the neediest African nations. However, he also devoted more attention to the issue of de-dollarization, pointing to the achievement of 70% denomination in national currencies in Russia’s trade with BRICS countries. He also remarked on the growing share of global GDP enjoyed by the BRICS Five, which now is measured at 27% by the IMF, and may be called 32% in Price Parity Equivalency, meaning that it is presently greater than that of the G7. With the inclusion of the new members, the share of BRICS will be still bigger.

Putin may have been absent. But Russia was not. Moreover, in 2024 Russia takes over the chairmanship of BRICS and the Summit will be held in Kazan. The venue was surely chosen to highlight Russia’s position as a fellow “Muslim country” as it draws strategically closer to Iran, Saudi Arabia and the UAE.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “What are they saying about the war in Italy this summer?”

Translations below into German (Andreas Mylaeus), Italian (Weber Potsie) and French (Youri)

Was wird in diesem August über den Krieg in Italien gesagt?

Wie einige Leser dieser Seiten und das Interviewteam von Press TV (Iran) wissen, bin ich in den zehn Tagen bis zum 26. August in Italien “im Urlaub” und meine Online-Aktivitäten sind entsprechend eingeschränkt.

Nichtsdestotrotz halte ich ein Auge auf die Entwicklungen im russisch-ukrainischen Krieg. Natürlich besteht das Hotelfernsehen in Italien zu 99 % aus Ausstrahlungen alter italienischer Filme oder aus dem Verkauf von Kleidung und billigem Schmuck im Fernsehen. Vergessen Sie Euronews oder die BBC. Aber smotrim.ru reist mit mir überall hin. Daraus schließe ich, dass es im Moment nicht viel vom Schlachtfeld zu berichten gibt.

Die westlichen Medien, darunter auch die italienischen Printmedien, berichten über die Zerstörung eines Musiktheaters in der ukrainischen Stadt Tschernigow durch eine russische Rakete vor einem Tag. Es wird von mindestens sieben zivilen Todesopfern gesprochen, und mindestens dreißig Personen wurden ins Krankenhaus eingeliefert. Diese aus offiziellen ukrainischen Quellen stammenden Fakten haben es heute auf die Titelseiten der nationalen Tageszeitungen Corriere della sera und Repubblica geschafft. Letztere zeigt ein großes Foto des schwer beschädigten Theaters mit der Überschrift “Theater des Krieges”. In der Bildunterschrift heißt es: “Der Frieden scheint jetzt weiter entfernt denn je.”

Offizielle russische Quellen haben sich zu diesem Angriff weitgehend ausgeschwiegen. Ein Nachrichtenportal in den sozialen Medien liefert jedoch einige sehr wichtige Informationen.

Siehe: https://bloknot.ru/v-mire/v-chernigove-iskander-udaril-po-dramteatru-s-vy-stavkoj-udarny-h-dronov-i-komandirami-1152861.html

Darin heißt es, dass in dem Theater eine öffentlich beworbene Ausstellung über die neuesten Entwicklungen in der ukrainischen Drohnentechnologie stattfand und dass die Kommandeure der ukrainischen Drohnenoperationen bekanntlich im Gebäude anwesend waren. Wenn dies tatsächlich der Fall war, dann würden die Kriegsregeln natürlich den russischen Angriff rechtfertigen, bei dem eine Iskander-Rakete eingesetzt wurde.

Die von mir erwähnten Zeitungen liegen unberührt am Kiosk. Am Strand lesen die Italiener andere Zeitungen, in denen es um lokale Skandale und die sehr umstrittene Frage geht, wie man mit illegalen Einwanderern umgehen soll.

Aber es ist der Höhepunkt der Sommerferien in Italien, und nach dem, was ich vor ein paar Tagen am Lido di Venezia und in diesen Tagen im Strand- und Kulturort Pesaro, wo das Rossini-Festival stattfindet, gesehen habe, sind die Gedanken der Menschen auf die Freuden des Lebens gerichtet, vor allem auf das, was die Franzosen die Kunst der Tafel nennen, für die Italien hervorragende Verdienste hat. Es ist die Jahreszeit der Genießer, nicht die der Grübler.

In meinen Aufzeichnungen über meine Reisen in Russland gebe ich oft das wieder, was ich die vox populi nenne, d.h. die Geschichten, die ich von Taxifahrern und Leuten aus dem Gastgewerbe höre, die ein gutes Sprachrohr für das Denken in der Unter- und Mittelschicht sind. Jetzt werde ich dasselbe mit dem tun, was ich von einem Bekannten in einem 4-Sterne-Lido-Hotel gehört habe, wo er der Rezeptionschef ist. Wir kennen ihn schon seit vielen Jahren, daher ist er ziemlich offen mit seinen Gedanken.

Seine größte Sorge sind derzeit die steigenden Lebenshaltungskosten, insbesondere für Lebensmittel und Benzin, bei stagnierenden Gehältern und hohen Steuern, zu denen derzeit auch eine Einkommenssteuer von 43 % gehört, von einer niedrigen Basis ausgehend. Er besteht darauf, dass die italienische Mittelschicht verschwunden ist und die Kluft zwischen Arm und Reich immens gewachsen ist. Obwohl er zugibt, dass er keine Zuneigung zu rechten Politikern hat, ist er dennoch bereit, Meloni eine Chance zu geben, im Amt etwas zu tun und ihren Wert zu beweisen.

“Große Sorgen über den Zustand der Welt spielen” in seinen Überlegungen keine Rolle. Seine Hauptbeschäftigung ist die Frage, wie er mit dem vollen Haus im Hotel während der etwa zehn Tage umgehen wird, wenn Ende des Monats die Filmfestspiele von Venedig eröffnet werden. Dies wird seine 33. Saison sein, in der er die Beziehungen zwischen dem Hotel und den Gästen des Filmfestivals pflegt, und wie er einräumt, sind sie ein oft seltsames und streitsüchtiges Publikum.

Ich habe diese Gedanken eines Mannes am Lido di Venezia mit Ihnen geteilt, weil er ziemlich scharfsinnig und ausgewogen denkt und weil er aufgrund seiner Arbeit viel sieht und hört. Man beachte, dass der Krieg für ihn in keiner Weise eine Ursache für die Schwierigkeiten ist, mit denen er täglich zu kämpfen hat, um über die Runden zu kommen. Man beachte auch, dass seine Bemerkungen über das Verschwinden der italienischen Mittelschicht durch die stärkere Präsenz italienischer Gäste in seinem Hotel in dieser Saison auf Kosten britischer und amerikanischer Gäste widerlegt werden, die in früheren Jahren, vor Covid und vor dem Brexit, überwogen.

Hier in Pesaro, in einem Vier-Sterne-Hotel am Meer, wo sich die Zimmerpreise während der Dauer des Festivals verdoppelt haben, sind die Gäste fast ausschließlich Italiener, und zwar in allen Altersklassen. Bei den Paaren, die heute Morgen beim Frühstück an einem langen Tisch neben uns saßen, muss es sich um Geschäftsinhaber oder ähnliche angesehene Mitglieder der italienischen Mittelschicht handeln. Sie haben das Geld, das sie für ihre sybaritischen Vorlieben ausgeben können. Aber sie sind nicht superreich, sonst würden sie in ihren eigenen Villen leben und nicht tageweise Zimmer in einem Hotel mieten.

Aus all dem Vorstehenden schließe ich, zumindest als Arbeitshypothese, dass la dolce vita in kleinen Buchstaben immer noch von einem großen Teil der Italiener genossen wird, die nicht viel Zeit damit verbringen, sich über das Leid der NATO in der Ukraine aufzuregen.

Cosa si dice della guerra in Italia in questo mese di agosto?

Come alcuni lettori di queste pagine e come il team di intervistatori di Press TV (Iran) sanno, in questi dieci giorni fino al 26 agosto sono “in vacanza” in Italia e le mie attività online sono di conseguenza limitate.

Ciononostante, tengo d’occhio gli sviluppi della guerra tra Russia e Ucraina. Naturalmente, la televisione negli alberghi italiani è costituita al 99% da trasmissioni di vecchi film italiani o da vendite in diretta di abbigliamento e gioielli a poco prezzo. Scordatevi Euronews o la BBC. Ma smotrim.ru viaggia con me ovunque. E da questo capisco che al momento non c’è molto da raccontare dal campo di battaglia.

Quello che viene riportato dai media occidentali, compresa la stampa italiana, è la distruzione di un teatro musicale-drammatico nella città di Chernigov, in Ucraina, da parte di un missile russo un giorno fa. Si parla di almeno sette morti tra i civili e di trenta o più persone ricoverate in ospedale. Questi fatti, provenienti da fonti ufficiali ucraine, sono finiti oggi sulle prime pagine dei quotidiani nazionali Corriere della sera e Repubblica. Quest’ultimo riporta una grande foto del teatro gravemente danneggiato con il titolo “Teatro di guerra”.  Una didascalia in basso ci dice che “la pace ora sembra più lontana che mai”.

Le fonti ufficiali russe non hanno riportato questo attacco. Ma un portale di notizie sui social media fornisce alcune informazioni interessanti: https://bloknot.ru/v-mire/v-chernigove-iskander-udaril-po-dramteatru-s-vy-stavkoj-udarny-h-dronov-i-komandirami-1152861.html

Ovvero che il teatro stava allestendo una mostra sponsorizzata dalle autorita’ ucraine sui recenti sviluppi tecnologici nell’ambito della ricerca sui droni e che vi fossero presentii i comandanti delle operazioni ucraine effettuate con l’ausilio di droni. Se vero, le regole di guerra giustificherebbero l’attacco russo, portato a termine con un missile Iskander.

I giornali che ho citato sono tutti rimasti nell’edicola in cui li ho visti. In spiaggia, gli italiani leggono ben altri giornali, quelli che riportano scandali locali e la controversa questione di come trattare gli immigrati clandestini. 

Ma siamo nel pieno delle vacanze estive in Italia e da quello che ho visto intorno a me al Lido di Venezia qualche giorno fa e in questi due giorni nella località balneare e culturale di Pesaro, dove è in corso il Rossini Festival, la mente della gente è rivolta ai piaceri della vita, soprattutto a quella che i francesi chiamano l’arte della tavola, per la quale l’Italia ha meriti eccezionali. È la stagione dei sibariti, non delle preoccupazioni.

Nei miei appunti di viaggio in Russia, condivido spesso quella che chiamo la vox populi, ovvero le storie che mi raccontano i tassisti e le persone che lavorano nel settore turistico, che sono una buona cartina al tornasole del pensiero delle classi medie e basse. Ora farò lo stesso con quello che ho sentito da un conoscente in un hotel 4 stelle del Lido, il responsabile della reception. Lo conosciamo da anni e anni, quindi parla con noi senza grandi reticenze.

La sua principale preoccupazione in questi giorni è l’aumento del costo della vita, in particolare del cibo e della benzina, in un contesto di salari stagnanti e di tasse punitive, che attualmente includono un’imposta sul reddito del 43% anche su redditi medicassi [NDT: l’aliquota del43% si applica partire da 50mila euro]. Insiste sul fatto che la classe media italiana è scomparsa, che il divario tra ricchi e poveri è cresciuto a dismisura. E pur ammettendo di non amare affatto i politici di destra, è stato pronto a dare alla Meloni la possibilità di fare qualcosa in ufficio e dimostrare quello che sa fare.

Le preoccupazioni “generali” sullo stato del mondo non rientrano nei suoi pensieri. La sua principale preoccupazione è come gestire il tutto esaurito nell’hotel per i circa dieci giorni in cui si aprirà la Mostra del Cinema di Venezia alla fine del mese. Questa sarà la sua 33esima stagione di gestione dei rapporti dell’hotel con gli ospiti della Mostra del Cinema, che, come lui stesso riconosce, sono una folla spesso strana e litigiosa.

Ho condiviso queste riflessioni di un uomo al Lido di Venezia perché è sempre piuttosto ben informato ed equilibrato nei suoi giudizi, anche grazie al suo lavoro.  Si noti che la guerra non figura in alcun modo nei suoi pensieri come causa delle sue difficoltà quotidiane a sbarcare il lunario. Si noti anche che le sue osservazioni sulla scomparsa di una classe media italiana sono contraddette dalla maggiore presenza di ospiti italiani nel suo hotel in questa stagione, a scapito della presenza britannica e americana, che negli anni passati, prima di Covid e prima della Brexit, erano la maggiornanza.

Qui a Pesaro, in un albergo a quattro stelle sul mare, dove i prezzi delle camere sono doppi rispetto alla norma per tutta la durata del Festival, gli ospiti sono quasi tutti italiani, e di ogni età. Le coppie che hanno condiviso il lungo tavolo vicino a noi a colazione questa mattina devono essere proprietari di negozi o comunque parte rappresentativa della borghesia italiana.  E hanno parecchi soldi da spendere. Ma non sono super ricchi, altrimenti vivrebbero in ville di proprietà e non affitterebbero camere di albergo.

Concludendo, la dolce vita in piccolo è ancora goduta da un’ampia fetta di italiani, che non passano molto tempo a preoccuparsi dei guai della NATO in Ucraina.

Que dit-on de la guerre en Italie en ce mois d’août ?

Comme le savent certains lecteurs de ces pages et l’équipe d’interview de Press TV (Iran), je suis « en vacances » en Italie pendant dix jours, jusqu’au 26 août, et mes activités en ligne sont réduites en conséquence.

Néanmoins, je garde un œil sur l’évolution de la guerre russo-ukrainienne. Bien sûr, la télévision des hôtels en Italie se résume à 99 % de vieux films italiens ou à des ventes de vêtements et de bijoux bon marché. Oubliez Euronews ou la BBC. Mais smotrim.ru m’accompagne partout. J’en déduis qu’il n’y a pas grand-chose à rapporter du champ de bataille pour le moment.

Les médias occidentaux, y compris la presse écrite italienne, font état de la destruction d’un théâtre de musique dans la ville de Tchernigov, en Ukraine, par un missile russe il y a un jour. Il est fait état d’au moins sept morts parmi les civils et d’une trentaine de personnes hospitalisées. Ces faits, de source officielle ukrainienne, font aujourd’hui la Une des quotidiens nationaux Corriere della Sera et Repubblica. Ce dernier présente une grande photo du théâtre gravement endommagé avec le titre « Théâtre de guerre ». Une légende en dessous nous dit que « la paix semble maintenant plus éloignée que jamais ».

Les sources officielles russes sont restées largement muettes sur cette attaque. Toutefois, un portail d’information dans les médias sociaux fournit des informations très pertinentes.

Voir ici : https://bloknot.ru/v-mire/v-chernigove-iskander-udaril-po-dramteatru-s-vy-stavkoj-udarny-h-dronov-i-komandirami-1152861.html

Cela signifie que le théâtre organisait une exposition annoncée publiquement sur les derniers développements de la technologie des drones ukrainiens et que les commandants des opérations de drones ukrainiens étaient censés être présents dans le bâtiment. Si tel était le cas, les règles de la guerre justifieraient l’attaque russe, pour laquelle une roquette Iskander a été utilisée.

Les journaux que j’ai mentionnés sont posés sur le kiosque à journaux, sans avoir été touchés. Sur la plage, les Italiens lisent d’autres journaux qui traitent de scandales locaux et de la question très controversée du traitement des immigrés clandestins.

Mais nous sommes en pleine période de vacances d’été en Italie et d’après ce que j’ai vu autour de moi au Lido de Venise il y a quelques jours, et ces deux derniers jours à la station balnéaire et culturelle de Pesaro où se déroule actuellement le festival Rossini, les esprits sont tournés vers les plaisirs de la vie, en particulier ce que les Français appellent l’art de la table, pour lequel l’Italie a des mérites exceptionnels. C’est la saison des sybarites, pas des alarmistes.

Dans mes notes sur mes voyages en Russie, je partage souvent ce que j’appelle la vox populi, c’est-à-dire les histoires que me racontent les chauffeurs de taxi et les personnes travaillant dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, qui sont de bons vecteurs de la pensée des classes moyennes et inférieures. Je vais maintenant faire de même avec ce que m’a dit une connaissance d’un hôtel 4 étoiles du Lido, où il est responsable de la réception. Nous le connaissons depuis de nombreuses années et il est donc assez ouvert à partager ses opinions.

Sa principale préoccupation aujourd’hui est l’augmentation du coût de la vie, en particulier de la nourriture et de l’essence, dans un contexte de salaires stagnants et d’impôts pénalisants, dont un impôt sur le revenu de 43 % à partir d’une base peu élevée. Il insiste sur le fait que la classe moyenne italienne a disparu et que le fossé entre les riches et les pauvres s’est considérablement creusé. Néanmoins, bien qu’il admette ne pas avoir d’affection pour les politiciens de droite, il est prêt à donner à Meloni une chance de faire quelque chose au sein du gouvernement et de prouver sa valeur.

La situation du monde ne fait pas partie de ses préoccupations. Sa principale préoccupation est de savoir comment il va gérer l’affluence à l’hôtel pendant la dizaine de jours que durera l’ouverture du festival du film de Venise à la fin du mois. Ce sera sa 33e saison à gérer les relations de l’hôtel avec les clients du Festival du film et, comme il le reconnaît, il s’agit d’une foule souvent bizarre et chicanière.

J’ai partagé les pensées d’un homme sur le Lido de Venise parce qu’il est assez perspicace et équilibré dans sa réflexion, et qu’il voit et entend beaucoup de choses en raison de son travail.  Notez que la guerre ne figure en aucun cas dans son esprit comme une cause des difficultés qu’il rencontre dans sa vie quotidienne pour joindre les deux bouts. Notez également que ses remarques sur la disparition d’une classe moyenne italienne sont contredites par la présence accrue de clients italiens dans son hôtel cette saison, au détriment des clients britanniques et américains qui, dans les années passées, avant Covid et avant le Brexit, étaient prépondérants.

Ici, à Pesaro, dans un hôtel quatre étoiles en bord de mer, où le prix des chambres a doublé par rapport à la normale pendant la durée du festival, les clients sont presque tous italiens, et ils appartiennent à toutes les catégories d’âge. Les quelques couples qui ont partagé une longue table près de nous au petit déjeuner ce matin doivent être des propriétaires de magasins ou d’autres membres de la classe moyenne italienne. Ils ont de l’argent à dépenser pour leurs préférences sybaritiques. Mais ils ne sont pas super riches, sinon ils vivraient dans leurs propres villas et ne loueraient pas des chambres d’hôtel à la journée.

De tout ce qui précède, je conclus, au moins à titre d’hypothèse de travail, que la dolce vita en lettres minuscules est toujours appréciée par une grande partie des Italiens, qui ne passent pas beaucoup de temps à se préoccuper des malheurs de l’OTAN en Ukraine.

What are they saying about the war in Italy this August?

As some readers of these pages and as the interview team at Press TV (Iran) are aware, these ten days up to 26 August I am ‘on vacation’ in Italy and my online activities are curtailed accordingly.

Nonetheless, one keeps an eye out for developments in the Russian-Ukraine war. Of course, hotel television in Italy is 99% broadcasts of old Italian movies or on air sales of clothing and cheap jewelry. Forget about Euronews or the BBC. But smotrim.ru travels with me everywhere. From that, I understand that there is not much to report from the field of battle at the moment.

What is being reported by Western media, including the Italian print media, is the destruction of a musical-drama theater in the city of Chernigov, Ukraine by a Russian missile a day ago. At least seven civilian deaths are mentioned and thirty or more persons have been hospitalized. These facts from Ukrainian official sources have made it onto the front pages today of the national dailies Corriere della sera and Repubblica. The latter features a large photo of the badly damaged theater with the heading “Theater of War.”  A caption below tells us that “peace now seems farther away than ever.”

Russian official sources have been largely silent about this attack. However, one social media news portal does give some highly relevant information.

See https://bloknot.ru/v-mire/v-chernigove-iskander-udaril-po-dramteatru-s-vy-stavkoj-udarny-h-dronov-i-komandirami-1152861.html

This relates that the theater was putting on a publicly advertised exhibition of latest developments in Ukrainian drone technology and commanders of the Ukrainian drone operations were known to be present in the building. If this was indeed the case, then, of course the rules of war would justify the Russian attack, for which an Iskander rocket was used.

The newspapers I have mentioned are sitting untouched on the newsstand. On the beach, Italians are reading other papers which feature local scandals and the very controversial issue of how to deal with illegal immigrants. 

But this is the height of the summer vacation time in Italy and from what I saw around me on the Lido di Venezia a few days ago and these couple of days at the beach and culture resort of Pesaro, home to the ongoing Rossini Festival, people’s minds are directed to life’s pleasures, especially, what the French call the art of the table, for which Italy has outstanding merits. It is the season for sybarites, not for worriers.

In my notes on my travels in Russia, I often share what I call the vox populi, by which I mean the stories I hear from taxi drivers and people in the hospitality industry, who are good conduits of thinking in the lower and middle classes. Now I will do the same with what I heard from an acquaintance at a 4 star Lido hotel where he is the front desk manager. We know him for years and years, so he is fairly open with his thoughts.

His main concern these days is the rising cost of living, especially food and petrol, in the context of stagnant salaries and punishing taxes, currently including an income tax of 43% from a low base. He insists that the Italian middle class has disappeared, that the gulf between the rich and the poor has grown immensely. Nonetheless, though he admits to having no affection for Rightist politicians, he is ready to give Meloni a chance to do something in office and prove her worth.

“Big picture” concerns about the state of the world do not figure in his thinking. His main preoccupation is how he will cope with the full house in the hotel for the ten days or so when the Venice Film Festival opens at the end of the month. This will be his 33rd season managing the hotel relations with Film Festival guests, and as he acknowledges they are an often weird and contentious crowd.

I have shared these thoughts of one man on the Lido di Venezia because he is fairly shrewd and well-balanced in his thinking, and he sees and hears a lot by virtue of his job.  Note that the war in no way figures in his mind as a cause of his daily life challenges making ends meet. Note, too, that his remarks about the disappearance of an Italian middle class are contradicted by the greater presence of Italian guests in his hotel this season at the expense of British and American guests, who in years past, before Covid and before Brexit, were preponderant.

Here in Pesaro, in a four star hotel by the sea, where room prices have doubled from normal during the duration of the Festival, the guests are almost all Italian, and they match every age category. The several couples who shared a long table near us at breakfast this morning must be shop owners or similar upstanding members of the Italian middle classes.  They have the money to spend on their sybaritic preferences. But they are not super wealthy, or they would be living in their own villas, not renting rooms in a hotel by the day.

By all of the foregoing, I conclude, at least as a working hypothesis, that la dolce vita in small letters is still enjoyed by a large swathe of Italians, who are not spending much time fretting over NATO’s woes in Ukraine.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “Army 2023: an overview of the exhibits”

Translations below into German (Andreas Mylaeus) and French (Youri)

“Army 2003”: ein Überblick über die Exponate

Ein Leser meines vor einigen Tagen erschienenen Artikels über die Internationale Sicherheitskonferenz und -ausstellung in Moskau mit dem Titel “Armee 2003” meinte, dass es schön wäre, ein Video zu finden, das die von den Russen auf dem Schlachtfeld in der Ukraine erbeuteten und jetzt im Freien auf der Ausstellung gezeigten Trophäen der NATO-Hardware zeigt.

Die heutige online-Ausgabe der maßgebenden russischen Zeitung Rossiiskaya Gazeta erfüllt diesen Wunsch. Siehe Abschnitt “Трофейная техника НАТО” unter diesem Link:

https://rg.ru/2023/08/18/ot-ak-19-do-giperzvukovogo-avangarda-chto-posmotret-na-forume-armiia-2023.html

Derselbe Artikel bietet auch ziemlich detaillierte Informationen und einige Videoclips der interessantesten neuen russischen Ausrüstung, die die lokalen Hersteller ausgestellt haben.

Offensichtlich ist der Artikel in russischer Sprache, aber ich habe keinen Zweifel, dass die Leser angemessene Übersetzungen finden, indem sie die entsprechenden Texte kopieren und Google translate oder Linguee Software online einfügen.

« Army 2003 » : un aperçu des expositions

Un lecteur de mon article d’il y a quelques jours décrivant la conférence et l’exposition de Moscou sur la sécurité internationale intitulée « Army 2003 » a fait remarquer qu’il serait agréable de trouver une vidéo montrant le trophée du matériel de l’OTAN capturé par les Russes sur le champ de bataille en Ukraine et maintenant exposé à l’extérieur dans le cadre de l’exposition.

L’édition en ligne d’aujourd’hui du journal russe Rossiyskaya Gazeta, qui fait autorité en la matière, répond à ce souhait. Voir la section “Трофейная техника НАТО” en suivant le lien.

https://rg.ru/2023/08/18/ot-ak-19-do-giperzvukovogo-avangarda-chto-posmotret-na-forume-armiia-2023.html

Ce même article fournit également des informations assez détaillées et quelques clips vidéo sur les nouveaux équipements russes les plus intéressants que les fabricants locaux ont présentés.

L’article est évidemment en russe, mais je ne doute pas que les lecteurs trouveront des traductions adéquates en coupant et en collant le texte dans Google translate ou dans le logiciel Linguee en ligne.

Jusqu’à présent, les organisateurs de l’exposition n’ont fourni aucune information sur les contrats d’achat qui ont pu être conclus avec les équipes d’approvisionnement des 30 pays qui ont participé à Army 2023.

Bisher haben die Ausstellungsmacher keine Angaben zu Kaufverträgen gemacht, die mit den Beschaffungsteams der 30 Länder, die an der Army 2023 teilgenommen haben, abgeschlossen worden sein könnten.

“Army 2003”:  an overview of the exhibits

One reader of my article several days ago describing this week’s Moscow International Security Conference and exhibition entitled “Army 2003” commented that it would be nice to find a video showing off the trophy NATO hardware captured by the Russians on the field of battle in Ukraine and now displayed outdoors at the exhibition.

Today’s online edition of the authoritative Russian newspaper Rossiiskaya Gazeta satisfies that wish. See the section “Трофейная техника НАТО” by following the link

This same article also provides fairly detailed information and some video clips of the most interesting new Russian produced equipment that the local manufacturers have put on display. 

Obviously the article is in Russian, but I have no doubt that readers will find adequate translations by cutting and pasting text into Google translate or Linguee software online.

So far, the exhibition organizers have provided no information about purchase contracts which may have been concluded with the procurement teams of the 30 countries which participated in Army 2023. 

©Gilbert Doctorow, 2023