Translations of “Russian military experts on the current state of the war”

Translations below into French (Youri), German (Andreas Mylaeus) and Spanish (Hugo Guido)

Des experts militaires russes sur l’état actuel de la guerre

Sur les portails d’information alternatifs occidentaux, les succès militaires russes sont largement applaudis. On trouve également une bonne dose d’encouragement de la part des correspondants de guerre russes en première ligne sur la télévision d’État russe. Mais, comme je l’ai indiqué dans des articles précédents, les programmes d’information russes plus sérieux, tels que Sixty Minutes et Evening with Vladimir Solovyov, donnent également la parole à des experts militaires parmi les présidents des commissions de la Douma et d’autres personnes qui assument réellement la responsabilité de l’effort de guerre et ne sont pas de simples orateurs. Ces intervenants sont beaucoup plus modérés dans leurs remarques sur l’évolution de la guerre et je profite de cette occasion pour partager avec les lecteurs ce que j’entends de ces sources. Je m’appuierai en particulier sur ce qui a été dit dans l’émission de Solovyov il y a deux jours.

La remarque la plus sobre a été que c’est une erreur de se réjouir des rapports selon lesquels les Ukrainiens ont épuisé leurs réserves et que leurs soldats sur le front ne sont plus que des vieillards et des jeunes, qui sont démoralisés et se rendent aux Russes lorsqu’ils le peuvent. Dire cela, c’est diminuer notre respect pour l’héroïsme des soldats russes qui font face, en fait, à des égaux dans les forces ukrainiennes. Il s’agit d’une guerre difficile.

En outre, les réserves ukrainiennes ne sont pas encore épuisées. Sur les quelque 60 000 soldats d’élite formés dans les pays de l’OTAN, seuls 30 à 40 % ont été tués ou blessés lors de la bataille de Bakhmut et de la contre-attaque ukrainienne qui a suivi le 4 juin. Les Russes n’entameront pas leur propre offensive massive pour abattre l’armée ukrainienne tant qu’ils ne seront pas certains que la plupart des réserves ukrainiennes ont été épuisées dans la guerre d’usure en cours.

Par conséquent, nous assistons ces jours-ci à des attaques localisées qui ont une importance tactique et non stratégique. Oui, les Ukrainiens avancent ici et là de quelques mètres, au prix de nombreuses pertes en vies humaines.  Oui, les Russes avancent de trois ou quatre kilomètres ici ou là, à un coût nettement moindre. Les Russes attendent leur heure. Il ne s’agit pas d’une situation bloquée comme les médias occidentaux ne cessent de le répéter à leur public.

Passons maintenant à un autre aspect du conflit qui a occupé l’actualité au cours de la semaine dernière, lorsque les escarmouches terrestres entre les forces hostiles ont été reléguées aux dernières pages de nos journaux. Je pense aux spectaculaires attaques de missiles russes contre les infrastructures portuaires ukrainiennes à Odessa, à Nikolaïev et, hier, dans un port fluvial de l’estuaire du Danube, juste en face de la frontière roumaine. Ces attaques sont décrites par des sources militaires russes officielles comme des « opérations de représailles » pour les dommages infligés à l’une des chaussées du pont de Crimée par des drones de surface ukrainiens qui ont explosé sous les supports du pont.

Bien entendu, il ne s’agit là que d’un discours de relations publiques destiné à satisfaire l’opinion publique russe et à écraser l’indignation locale face à l’échec de la défense d’une infrastructure finalement vulnérable. Non, la raison de la destruction russe des installations portuaires ukrainiennes jour après jour est ailleurs. Les frappes de missiles n’étaient pas tant destinées à infliger des souffrances aux Ukrainiens qu’à éviter ce qui pourrait se transformer en batailles navales sur la mer Noire et un saut quantique dans les risques de guerre totale. Au passage, elles ont démontré que les derniers missiles de croisière russes lancés depuis la mer, d’une portée de 3 000 km et volant à 15 mètres au-dessus de la mer à Mach 3, ne peuvent pas être interceptés par les défenses aériennes ukrainiennes actuelles.

Rappelons que lorsque Vladimir Poutine a annoncé que l’accord sur les céréales conclu avec la Turquie et les Nations unies expirerait le 18 juillet, le ministère de la Défense de la Fédération de Russie a annoncé que tous les navires se dirigeant vers les ports ukrainiens soi-disant pour recevoir des céréales destinées à l’exportation seraient dorénavant considérés comme des transporteurs d’armes vers l’Ukraine et seraient susceptibles d’être détruits par les forces russes.

Immédiatement après, le président ukrainien Zelensky a proposé à la Turquie de poursuivre les exportations de céréales par voie maritime sans la participation de la Russie. La sécurité des navires serait assurée par des convois navals turcs et d’autres pays de l’OTAN. Dans le contexte du dernier virage d’Erdogan vers les États-Unis et l’éloignement de la Russie, il semble qu’Ankara soit prêt à conclure un accord avec Zelensky. Si tel était le cas, les risques de batailles navales entre les navires russes et ceux de l’OTAN en mer Noire auraient augmenté.

Les Russes ont donc décidé de détruire les installations portuaires ukrainiennes actives dans le commerce des céréales et d’écarter ainsi les dangers qui les guettaient. Erdogan a été contraint de renoncer à tout accord avec Zelensky sur la reprise de la mission du corridor céréalier.

Certes, l’exportation de céréales par bateau est la solution la moins coûteuse pour acheminer les céréales ukrainiennes vers les marchés mondiaux. Mais il existe d’autres moyens, à savoir le train et le camion, qui traversent la Bulgarie, la Roumanie ou la Pologne vers le nord et vers l’ouest. Ces moyens logistiques ont été utilisés l’automne dernier pour transporter beaucoup de céréales, mais celles-ci ont eu tendance à disparaître dans les pays de transit où elles ont suscité l’indignation des communautés agricoles de ces pays en raison de la sous-évaluation de leurs propres récoltes de céréales. On peut s’attendre à d’autres troubles politiques en Europe de l’Est et à des manifestations contre l’Ukraine dans les mois à venir, ce qui servira également l’objectif russe de faire payer à l’Europe le soutien qu’elle a apporté à Kiev.

Les représentants du département d’État américain ont crié au désastre humanitaire que les Russes provoquaient d’abord en se retirant de l’accord sur les céréales, puis en détruisant les infrastructures d’exportation de l’Ukraine dans la mer Noire. Une attention particulière a été accordée aux pays d’Afrique qui représenteraient une grande partie des pays pauvres destinataires des céréales ukrainiennes.

Il est intéressant de noter qu’en dépit de la propagande américaine virulente contre le retrait russe de l’accord sur les céréales, les dirigeants africains n’ont pas mordu à l’hameçon. Aujourd’hui, les 47 dirigeants africains se réunissent en Russie pour des discussions stratégiques au plus haut niveau et pour conclure des accords avec leurs homologues russes. Les Russes proposent des céréales gratuites aux pays les plus pauvres et des contrats de fourniture de céréales aux autres pays à des conditions commerciales normales. La certitude de l’approvisionnement est assurée par ce que les Russes disent être leur plus grande récolte de céréales jamais réalisée durant cette saison.

Bien que je dénonce les politiques du Département d’État américain sous Antony Blinken comme une force du mal dans le contexte mondial actuel, je ne veux pas dire que chaque acteur y est une personne malveillante. Je suis amusé de voir à la télévision russe des images des discours prononcés aux Nations unies sur le corridor céréalier par Rosemary Di Carlo, une ancienne diplomate de carrière américaine qui, depuis 2018, sert aux Nations unies en tant que secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix.

Il fut un temps, en 1998, où je me suis entretenu avec Rosemary lorsqu’elle était chargée des affaires culturelles à l’ambassade des États-Unis à Moscou. Nous étions assis ensemble à la table d’honneur lors d’une réunion d’étudiants et de professeurs américains de troisième cycle sur les échanges universitaires avec la Russie, dirigée par une ONG héritée de la guerre froide, l’IREX, pour laquelle j’ai été brièvement directeur national à l’époque. Rosemary parlait de la saison théâtrale à Moscou et nous avons discuté des possibilités d’aider les musées russes et d’autres institutions culturelles à s’adapter aux réalités post-soviétiques, c’est-à-dire à la faiblesse des financements gouvernementaux et à la recherche de sponsors privés. Elle était titulaire d’un doctorat en littérature slave. Elle était l’une des rares diplomates de carrière à comprendre et à parler le russe. Elle avait le cœur à la bonne place et je doute fort qu’elle travaille aujourd’hui à faire du tort aux Russes.

Morale de l’histoire ci-dessus, du début à la fin : très souvent, les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être.

Russische Militärexperten über den aktuellen Stand des Krieges

Auf den westlichen alternativen Nachrichtenportalen werden die militärischen Erfolge Russlands häufig bejubelt. Auch die russischen Kriegskorrespondenten des russischen Staatsfernsehens, die an vorderster Front stehen, jubeln in großem Umfang. Doch wie ich bereits in früheren Beiträgen angedeutet habe, kommen in den seriöseren russischen Nachrichtensendungen wie “Sechzig Minuten” und “Abend mit Wladimir Solowjow” auch Militärexperten aus den Reihen der Duma-Ausschussvorsitzenden und anderer Personen zu Wort, die tatsächlich Verantwortung und Rechenschaft für die Kriegsanstrengungen tragen und nicht einfach nur “talking heads” sind. Diese Redner äußern sich sehr viel zurückhaltender über den Verlauf des Krieges, und ich nutze diese Gelegenheit, um den Lesern mitzuteilen, was ich aus solchen Quellen höre. Ich werde mich insbesondere auf das stützen, was vor zwei Tagen in der Solowjow-Sendung gesagt wurde.

Die nüchternste Bemerkung war, dass es ein Fehler ist, sich über Berichte zu freuen, dass den Ukrainern die Reserven ausgegangen sind und dass ihre Soldaten an der Front nur noch alte Männer und junge Leute sind, die demoralisiert sind und sich den Russen ergeben, wenn sie können. Wenn wir das sagen, schmälert das unseren Respekt vor dem Heldentum der russischen Soldaten, die in den ukrainischen Streitkräften tatsächlich ihresgleichen haben. Dies ist ein harter Krieg.

Außerdem sind die ukrainischen Reserven noch nicht erschöpft. Von den rund 60.000 Elitetruppen, die in NATO-Ländern ausgebildet wurden, sind in der Schlacht um Bakhmut und dem anschließenden ukrainischen Gegenangriff nach dem 4. Juni nur 30 bis 40 % gefallen oder verwundet worden. Die Russen werden ihre eigene massive Offensive zur Ausschaltung des ukrainischen Militärs erst dann beginnen, wenn sie sicher sind, dass die meisten ukrainischen Reserven in dem laufenden Zermürbungskrieg aufgebraucht sind.

Dementsprechend handelt es sich in diesen Tagen um örtlich begrenzte Angriffe, die taktische, nicht strategische Bedeutung haben. Ja, die Ukrainer rücken hier und da ein paar Meter vor, aber das kostet viele Soldaten das Leben. Ja, die Russen rücken hier und da drei oder vier Kilometer vor, zu wesentlich geringeren Kosten. Die Russen warten ihre Zeit ab. Es handelt sich nicht um eine Pattsituation, wie die westlichen Medien ihrem Publikum immer wieder weismachen wollen.

Wenden wir uns nun einem anderen Aspekt des Konflikts zu, der in der vergangenen Woche für Schlagzeilen sorgte, als die Bodenscharmützel zwischen den verfeindeten Kräften auf die hinteren Seiten unserer Zeitungen wanderten. Ich denke dabei an die spektakulären russischen Raketenangriffe auf die ukrainische Hafeninfrastruktur in Odessa, in Nikolajew und gestern in einem Flusshafen an der Donaumündung gleich hinter der rumänischen Grenze. Diese Angriffe werden von offiziellen russischen Militärquellen als “Racheangriffe” für die Schäden beschrieben, die ukrainische Bodendrohnen, die unter Brückenpfeilern explodierten, auf einer der Fahrbahnen der Krimbrücke angerichtet haben.

Das ist natürlich nur PR-Geschwätz, um die russische Öffentlichkeit zu befriedigen und die lokale Empörung über das Versagen bei der Verteidigung einer letztlich verwundbaren Infrastruktur zu übertönen. Nein, der Grund für die russische Zerstörung der ukrainischen Hafenanlagen Tag für Tag liegt woanders. Die Raketenangriffe dienten nicht so sehr dazu, den Ukrainern Schmerzen zuzufügen, sondern vielmehr dazu, eine mögliche Seeschlacht im Schwarzen Meer und einen Quantensprung im Risiko eines totalen Krieges abzuwenden. Und sie haben en passant gezeigt, dass die neuesten russischen Marschflugkörper mit einer Reichweite von 3.000 km, die mit Mach 3 nur 15 Meter über dem Meer fliegen, von der derzeitigen ukrainischen Luftabwehr nicht abgefangen werden können.

Wir erinnern uns: Als Wladimir Putin ankündigte, dass das Getreideabkommen mit der Türkei und den Vereinten Nationen am 18. Juli auslaufen würde, verkündete das Verteidigungsministerium der Russischen Föderation, dass alle Schiffe, die ukrainische Häfen anlaufen, um angeblich Exportgetreide zu empfangen, fortan als Waffentransporter für die Ukraine betrachtet würden und von den russischen Streitkräften vernichtet werden könnten.

Unmittelbar danach ging der ukrainische Präsident Zelensky mit seinem Vorschlag an die Türkei auf Sendung, die Getreideexporte auf dem Seeweg ohne russische Beteiligung fortzusetzen. Die Sicherheit der Schiffe würde durch türkische und andere NATO-Marinekonvois gewährleistet werden. Vor dem Hintergrund von Erdogans jüngster Hinwendung zu den USA und weg von Russland schien es, als sei Ankara bereit, mit Zelensky eine Vereinbarung zu treffen. In diesem Fall wären die Chancen auf Seeschlachten zwischen russischen und NATO-Schiffen im Schwarzen Meer gestiegen.

So beschlossen die Russen, die im Getreidehandel tätigen ukrainischen Hafenanlagen zu zerstören und so den drohenden Gefahren vorzubeugen. Erdogan sah sich gezwungen, von einer Vereinbarung mit Zelensky über die Wiederaufnahme der Getreidekorridormission Abstand zu nehmen.

Sicherlich ist der Getreideexport per Schiff die billigste Lösung, um ukrainisches Getreide auf die Weltmärkte zu bringen. Aber es gibt noch andere Möglichkeiten, nämlich den Transport per Bahn und Lkw über Bulgarien, Rumänien oder Polen nach Norden und Westen. Auf diese Weise wurde im letzten Herbst viel Getreide transportiert, das jedoch in den nominellen Transitländern verschwand, wo es bei den Landwirten dieser Länder für Empörung sorgte, weil ihre eigene Getreideernte zu niedrig bewertet wurde. In den kommenden Monaten ist mit weiteren politischen Unruhen in Osteuropa und Protesten gegen die Ukraine zu rechnen, was auch dem russischen Ziel dienen wird, Europa für seine Unterstützung Kiews bezahlen zu lassen.

Die Vertreter des US-Außenministeriums haben sich über die humanitäre Katastrophe aufgeregt, die die Russen erst durch den Rückzug aus dem Getreidehandel und dann durch die Zerstörung der ukrainischen Exportinfrastruktur im Schwarzen Meer verursacht haben. Besonderes Augenmerk wurde auf die afrikanischen Länder gerichtet, die angeblich einen großen Teil der armen Zielländer für ukrainisches Getreide darstellen.

Es ist interessant festzustellen, dass die afrikanischen Staats- und Regierungschefs trotz der bösartigen amerikanischen Propaganda gegen den russischen Ausstieg aus dem Getreideabkommen nicht auf den Köder hereingefallen sind. Heute versammeln sich alle 47 afrikanischen Staats- und Regierungschefs in Russland zu strategischen Gesprächen und Verhandlungen auf höchster Ebene mit ihren russischen Amtskollegen. Die Russen bieten den ärmsten Ländern kostenloses Getreide an und den anderen Ländern Verträge über Getreidelieferungen zu normalen Handelsbedingungen. Die Versorgungssicherheit wird dadurch gewährleistet, dass die Russen in dieser Saison die größte Getreideernte aller Zeiten einfahren werden.

Obwohl ich die Politik des US-Außenministeriums unter Antony Blinken als eine Kraft des Bösen in der gegenwärtigen Weltlage anprangere, will ich nicht sagen, dass jeder einzelne Akteur dort ein Schurke ist. Es amüsiert mich, im russischen Fernsehen Bilder der Reden zu sehen, die Rosemary Di Carlo, eine ehemalige US-Karrierediplomatin, die seit 2018 bei den Vereinten Nationen als Untergeneralsekretärin für politische und friedensfördernde Angelegenheiten tätig ist, vor den Vereinten Nationen zum Getreidekorridor hält.

Es war vor langer Zeit, 1998, als ich mich mit Rosemary unterhielt, als sie in der US-Botschaft in Moskau für kulturelle Angelegenheiten zuständig war. Wir saßen zusammen am Kopfende eines Treffens amerikanischer Studenten und Professoren im Rahmen des akademischen Austauschs mit Russland, der von einer aus dem Kalten Krieg übrig gebliebenen Nichtregierungsorganisation, IREX, geleitet wurde, für die ich damals kurzzeitig Landesleiter war. Rosemary sprach über die Theatersaison in Moskau, und wir erörterten Möglichkeiten, wie man russische Museen und andere Kultureinrichtungen dabei unterstützen könnte, sich an die postsowjetischen Gegebenheiten anzupassen, die von geringen staatlichen Mitteln und der Suche nach privaten Sponsoren geprägt waren. Sie hat einen Doktortitel in slawischer Literatur. Sie war eine der relativ wenigen Berufsdiplomaten, die tatsächlich Russisch verstanden und sprachen. Sie hatte das Herz am rechten Fleck, und ich bezweifle sehr, dass sie heute daran arbeitet, den Russen einen schlechten Dienst zu erweisen.

Die Moral von der Geschichte: Sehr oft sind die Dinge nicht so, was sie zu sein scheinen.

Expertos militares rusos sobre el estado actual de la guerra

Hay muchas porras por los éxitos militares rusos en los portales de noticias alternativos occidentales. También hay una buena cantidad de porristas provenientes de los corresponsales de guerra rusos que están en el frente en la televisión estatal rusa. Pero, como he indicado en ensayos anteriores, los programas de noticias rusos más serios, como Sixty Minutes yEvening with Vladimir Soloviov, también dan el micrófono a expertos militares de entre los presidentes de los comités de la Duma y otros que realmente tienen responsabilidad y rendición de cuentas por el esfuerzo de guerra y no son solo cabezas parlantes. Estos oradores son mucho más moderados en sus comentarios sobre el progreso de la guerra y aprovecho esta oportunidad para compartir con los lectores lo que escucho de tales fuentes. Me basaré en particular en lo que se dijo en el programa de Solovyov hace dos días.

La observación más sobria fue que es un error regodearse con los informes de que los ucranianos se han quedado sin reservas y que sus soldados en el frente ahora son solo ancianos y jóvenes, que están desmoralizados y se rinden a los rusos cuando pueden. Decir eso es disminuir nuestro respeto por el heroísmo de los soldados rusos que se enfrentan, de hecho, a sus pares en las fuerzas ucranianas. Esta es una guerra dura.

Además, las reservas ucranianas aún no se han agotado. De los aproximadamente 60.000 soldados de élite que recibieron entrenamiento en los países de la OTAN, solo entre el 30 y el 40% murieron o resultaron heridos en la batalla de Bakhmut y el posterior contraataque ucraniano después del 4 de junio. Los rusos no comenzarán su propia ofensiva masiva para noquear al ejército ucraniano hasta que estén seguros de que la mayoría de las reservas ucranianas se han agotado en la guerra de desgaste en curso.

En consecuencia, lo que estamos presenciando en estos días son ataques focalizados que tienen importancia táctica, no estratégica. Sí, los ucranianos hacen avances aquí y allá de unos pocos metros a un gran costo en vidas perdidas de los soldados. Sí, los rusos hacen avances de tres o cuatro kilómetros aquí o allá, a un costo significativamente menor. Los rusos están esperando su momento. Esto no es un punto muerto, como los medios occidentales siguen diciendo a sus audiencias.

Pasemos ahora a otro aspecto del conflicto que se ha apoderado de las noticias durante la semana pasada, cuando las escaramuzas terrestres entre las fuerzas hostiles se relegaron a las últimas páginas de nuestros periódicos. Me refiero a los espectaculares ataques con misiles rusos contra la infraestructura portuaria ucraniana en Odessa, en Nikolaev y ayer en un puerto fluvial del estuario del Danubio, justo enfrente de la frontera rumana. Estos ataques son descritos por fuentes militares oficiales rusas como “ataques de venganza” por el daño infligido en una de las carreteras del puente de Crimea por drones de superficie ucranianos que explotaron bajo los soportes del puente.

Por supuesto, eso es solo Relaciones Públicas para satisfacer al público ruso y desagraviar la indignación local por la falta de defensa de lo que es, finalmente, una infraestructura vulnerable. No, la razón de la destrucción rusa de las instalaciones portuarias ucranianas día tras día está en otra parte. Los ataques con misiles no tenían tanto la intención de infligir dolor a los ucranianos como de evitar lo que podrían ser batallas navales en el Mar Negro y un salto cuántico en los riesgos de una guerra total. Y, de paso, demostraron que los últimos misiles de crucero rusos lanzados desde el mar con un alcance de 3.000 km que vuelan a solo 15 metros sobre el mar a velocidad Mach 3 no pueden ser interceptados por las actuales defensas aéreas ucranianas.

Recordemos que cuando Vladimir Putin anunció que el acuerdo de granos con Turquía y las Naciones Unidas expiraría el 18 de julio, el Ministerio de Defensa de la FR anunció que cualquier barco que se dirigiera a puertos ucranianos aparentemente para recibir granos de exportación sería considerado en adelante como portador de armas a Ucrania y sería un objetivo justificado para ser destruido por parte de las fuerzas rusas.

Inmediatamente después de esto, el presidente ucraniano Zelensky salió al aire con su propuesta a Turquía de que las exportaciones de granos por mar continuasen sin la participación rusa. La seguridad de los buques sería garantizada por convoyes navales turcos y de la OTAN. En el contexto del último giro de Erdogan hacia los Estados Unidos y lejos de Rusia, parecía que Ankara estaba preparada para llegar a un acuerdo con Zelensky. Si eso se hiciera, entonces las probabilidades de batallas navales entre buques rusos y de la OTAN en el Mar Negro se habrían disparado.

Y así, los rusos decidieron destruir las instalaciones portuarias ucranianas activas en el comercio de granos y así adelantarse a los peligros a la vista. Erdogan se vio obligado a retirarse de cualquier acuerdo con Zelensky sobre la reanudación de la misión del corredor de granos.

Sin duda, la exportación de granos por barco es la solución más barata para llevar el grano ucraniano a los mercados mundiales. Pero hay otros medios, a saber, por ferrocarril y camión de carga, viajando hacia el norte y el oeste a través de Bulgaria, Rumania o Polonia. Esta logística se utilizó el otoño pasado para transportar una gran cantidad de grano, pero ese grano tendió a desaparecer en los países de tránsito nominal, donde provocó indignación entre las comunidades agrícolas de estos países por depreciar sus propios cultivos de granos. Podemos esperar más de esta agitación política en Europa del Este y protestas contra Ucrania en los próximos meses, y esto también servirá al objetivo ruso de hacer que Europa pague por su apoyo a Kiev.

Los representantes del Departamento de Estado de los Estados Unidos han vociferado por el desastre humanitario que los rusos estaban causando, primero al retirarse del acuerdo de granos y luego al destruir la infraestructura de exportación de Ucrania en el Mar Negro. Se ha prestado especial atención a las naciones de África que supuestamente representan una gran proporción de los países pobres de destino del grano ucraniano.

Es interesante observar que a pesar de la cruel propaganda estadounidense contra la retirada rusa del acuerdo de granos, los líderes de África no han mordido el anzuelo. Hoy en día, los 47 líderes africanos se reúnen en Rusia para conversaciones estratégicas del más alto nivel para lograr acuerdos con sus homólogos rusos. Los rusos están ofreciendo grano gratuito a los países más pobres y contratos para el suministro de grano a los demás en términos comerciales normales. La certeza del suministro está asegurada por lo que los rusos dicen será su mayor cosecha de granos durante esta temporada.

Aunque denuncio las políticas del Departamento de Estado de los Estados Unidos bajo Antony Blinken como una fuerza para el mal en el contexto mundial actual, no quiero decir que todos y cada uno de los jugadores allí sean villanos. Me divierte ver en la televisión rusa imágenes de los discursos ante las Naciones Unidas sobre el corredor de granos pronunciados por Rosemary Di Carlo, una ex diplomática de carrera estadounidense que desde 2018 ha servido en la ONU como Subsecretaria General de Asuntos Políticos y de Consolidación de la Paz.

Érase una vez, en 1998, que sostuve conversaciones con Rosemary cuando estaba a cargo de asuntos culturales en la Embajada de los Estados Unidos en Moscú. Nos sentamos juntos en la mesa principal de una reunión de estudiantes y profesores graduados estadounidenses en el intercambio académico con Rusia dirigido por una ONG remanente de la Guerra Fría, IREX, para la cual fui brevemente country manager en ese entonces. Rosemary habló sobre la temporada de teatro en Moscú y discutimos las posibilidades de ayudar a los museos rusos y otras instituciones culturales a adaptarse a las realidades postsoviéticas de baja financiación gubernamental y encontrar patrocinadores privados. Ella obtuvo un doctorado en literatura eslava. Fue una de las relativamente pocas diplomáticas de carrera que realmente entendía y hablaba ruso. Su corazón estaba en el lugar correcto y dudo mucho que esté trabajando para hacer un mal a los rusos hoy.

Moraleja de la historia anterior de principio a fin: muy a menudo las cosas no son lo que parecen.

Russian military experts on the current state of the war

There is a lot of cheerleading for Russian military successes on the Western alternative news portals. There is also a fair amount of cheerleading coming from front line Russian war correspondents on Russian state television. But, as I have indicated in past essays, the more serious Russian news programs such as Sixty Minutes and Evening with Vladimir Solovyov also give the microphone to military experts from among Duma committee chairmen and others who actually bear responsibility and accountability for the war effort and are not just talking heads. These speakers are much more restrained in their remarks on the war’s progress and I use this opportunity to share with readers what I hear from such sources. I will be drawing in particular on what was said on the Solovyov show two days ago.

The most sober remark was that it is a mistake to gloat over reports that the Ukrainians have run out of reserves and that their soldiers at the front are now just old men and youths, who are demoralized and surrendering to Russians when they can. Saying that is to diminish our respect for the heroism of Russian soldiers who are facing, in fact, peer equals in the Ukrainian forces. This is a tough war.

Moreover, the Ukrainian reserves are not yet exhausted. Out of the approximately 60,000 elite troops that received training in NATO countries only 30 – 40% were killed or wounded in the battle for Bakhmut and subsequent Ukrainian counter-attack after 4 June. The Russians will not begin their own massive offensive to knock out the Ukrainian military until they are confident that most of the Ukrainian reserves have been depleted in the ongoing war of attrition.

Accordingly, what we are witnessing these days is localized attacks that have tactical, not strategic importance. Yes, the Ukrainians make advances here and there of a few meters at great cost in lost lives of the soldiers.  Yes, the Russians make advances of three or four kilometers here or there, at significantly lower cost.  The Russians are biding their time. This is not a stale-mate as Western media keep telling their audiences.

Now let us turn to another aspect of the conflict that has grabbed the news over the past week when ground skirmishes between the hostile forces moved to the back pages of our newspapers. I have in mind the spectacular Russian missile attacks on Ukrainian port infrastructure in Odessa, in Nikolaev and yesterday in a river port of the Danube estuary just across from the Romanian border.  These attacks are described by official Russian military sources as “revenge attacks” for the damage inflicted on one of the roadways of the Crimean bridge by Ukrainian surface drones that exploded under bridge supports.

Of course, that is just Public Relations talk to satisfy the Russian public and overwhelm local outrage at the failure to defend what is, finally, vulnerable infrastructure. No, the reason for the Russian destruction of the Ukrainian port facilities day after day lies elsewhere. The missile strikes were not so much intended to inflict pain on the Ukrainians as to avert what could be naval battles on the Black Sea and a quantum jump in risks of total war. And, en passant, they demonstrated that the latest sea-launched Russian cruise missiles with 3,000 km range that fly just 15 meters above the sea at Mach 3 cannot be intercepted by present Ukrainian air defenses.

Let us remember that when Vladimir Putin announced that the grain deal with Turkey and the United Nations would expire on 18 July, the RF Ministry of Defense announced that any vessels headed towards Ukrainian ports ostensibly to receive export grain would henceforth be considered as carriers of arms to Ukraine and were fair game for destruction by Russian forces.

Immediately after this Ukrainian President Zelensky went on air with his proposal to Turkey that the grain exports by sea continue without Russian participation. The safety of the vessels would be assured by Turkish and other NATO naval convoys.  In the context of Erdogan’s latest turn to the U.S. and away from Russia, it appeared that Ankara was prepared to strike a deal with Zelensky.  If that were done, then the chances of naval battles between Russian and NATO vessels in the Black Sea would have soared.

And so the Russians decided to destroy the Ukrainian port facilities active in the grain trade and so to preempt the dangers in view.  Erdogan was compelled to draw back from any agreement with Zelensky on resumption of the grain corridor mission.

To be sure, export of grain by ship is the cheapest solution to bringing Ukrainian grain to world markets. But there are other means, namely by rail and truck, traveling north and west across Bulgaria or Romania or Poland. These logistics were used last autumn to move a lot of grain, but that grain tended to disappear into the nominal transit countries where it provoked outrage among the farming communities of these countries for underpricing their own grain crops.  We may expect more of this political turmoil in Eastern Europe and protests against Ukraine in the coming months, and this also will serve the Russian objective of making Europe pay for its support of Kiev.

The U.S. State Department representatives have shrieked over the humanitarian disaster that the Russians were causing first by pulling out of the grain deal and then by destroying Ukraine’s export infrastructure in the Black Sea. Particular attention has been directed at the nations of Africa which purportedly represent a large proportion of the poor destination countries for Ukrainian grain.

It is interesting to note that notwithstanding vicious American propaganda against the Russian pull-out from the grain deal, the leaders of Africa have not gone for the bait.  Today all 47 African leaders are assembling in Russia for highest level strategic talks and deal-making with their Russian counterparts. The Russians are offering free of cost grain to the poorest countries and contracts for grain supply to the others at normal commercial terms. The certainty of supply is assured by what the Russians say will be their biggest grain harvest ever during this season.

Though I denounce the U.S. State Department policies under Antony Blinken as a force for evil in the present world context, I do not mean to say that each and every player there is a villain. I am amused to see on Russian television images of the speeches to the United Nations about the grain corridor delivered by Rosemary Di Carlo, a former U.S. career diplomat who since 2018 has served in the UN as Under-Secretary General for Political and Peace-building Affairs.

Once upon a time, in 1998, I had conversations with Rosemary when she was in charge of cultural affairs at the U.S. Embassy in Moscow. We sat together at the head table of a gathering of American graduate students and professors on the academic exchange with Russia directed by a Cold War holdover NGO, IREX, for which I was briefly country manager back then. Rosemary talked about the theater season in Moscow and we discussed possibilities for assisting Russian museums and other cultural institutions to adapt to the post-Soviet realities of low government funding and finding private sponsors. She held a Ph.D. in Slavic literature. She was one of the relatively few career diplomats who actually understood and spoke Russian. Her heart was in the right place and I very much doubt that she is working to do the Russians a bad turn today.

Moral of the story above from start to finish:  very often things are not what they seem.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “Travels in Russia: Veliky Novgorod and Staraya Russa”

Translations below into German (Andreas Mylaeus), French (Youri) and Spanish (Hugo Guido)

Reisen in Russland: Veliky Novgorod und Staraya Russa

Ich freue mich, aus verschiedenen Kommentaren auf meiner Website und in Kontaktbriefen an meine E-Mail-Adresse zu lesen, dass viele Leser meine Reiseberichte über Besuche in Petersburg und im Nordwesten der Russischen Föderation genießen und davon profitieren. Einige von Ihnen haben den Wunsch geäußert, sich selbst ein Bild davon zu machen, wie das Leben der breiten russischen Bevölkerung während der Ferienzeit hier vor Ort aussieht.

Ich will ganz offen sein. Es gibt keinen Himmel auf Erden, und Reisen bringen überall auf der Welt sowohl Irritationen und Enttäuschungen als auch positive Entdeckungen und Freuden mit sich. So ist es auch hier. In den letzten zehn Tagen habe ich in einem 4-Sterne-Hotel gewohnt, in dem alles hervorragend war, mit Ausnahme der sehr verwöhnten Gäste der “Schönen” (Park Inn, Radisson in Welikij Nowgorod), und in einem Mineralwasser-Kurort (Staraja Russa), der Kuren im sowjetischen Stil für die breite Masse anbietet und in dem es gelegentlich Gäste gibt, die den Brei verderben. Mein Gesamteindruck ist natürlich positiv, und ich hoffe, dass meine Ausführungen viele von Ihnen dazu veranlassen werden, in meine Fußstapfen zu treten, aber seien Sie gewarnt, dass es auch Schattenseiten gibt.

Beide Reiseziele, die ich jetzt beschreibe, wären nicht bei den Pauschalreisen dabei gewesen, die ausländische Besucher in Russland gebucht haben, als es noch große Touristenströme aus Westeuropa und den Vereinigten Staaten gab. Beide sind eigenständige historische Zentren, die erst in den letzten Jahren nach den Zerstörungen des Zweiten Weltkriegs durch die deutschen Besatzer liebevoll restauriert wurden. Das Land ist riesig, die Wunden des Krieges waren allgegenwärtig, und die Wiederherstellung der Hauptstädte und der bekanntesten Reiseziele hatte stets Vorrang. Diese beiden Orte befinden sich heute in einem sehr ansehnlichen Zustand, auch wenn sie noch im Aufbau begriffen sind. Diese Bemerkung gilt insbesondere für Nowgorod Welikij, wo die wichtigste Attraktion, eine Gruppe von Kirchen aus dem 11. und 12. Jahrhundert am Flussufer gegenüber dem Kreml, derzeit einer umfassenden Renovierung unterzogen wird, die erst 2024 abgeschlossen sein wird. Nach ihrer Wiedereröffnung werden die Besucher wieder die Möglichkeit haben, die Fresken von Feofan dem Griechen und anderen Meistern zu bewundern, die die aus Byzanz stammenden Kunstformen weiterentwickelt haben. Nichtsdestotrotz gibt es in Nowgorod genügend Sehenswürdigkeiten, die einen Besuch rechtfertigen. Das Ikonenmuseum im Kreml ist eines der schönsten in Russland. Was die Staraja Russa betrifft, so ist der gesamte Komplex des Kurortes völlig modern und komfortabel, während die historischen Denkmäler in der Nähe in perfektem Zustand sind.

In der Vergangenheit wurden ausländische Besucher Russlands, die das historische und religiöse Erbe des Landes außerhalb von Moskau oder Petersburg besichtigen wollten, zwangsläufig in das Goldene Dreieck der Städte in der Nähe von Moskau und der Wolga, dem Rückgrat des europäischen Russlands, geschickt.

An dieser Lösung ist nichts auszusetzen. Aber um Russlands Vergangenheit und die “nicht eingeschlagenen Wege” zu verstehen, lohnt sich ein Besuch in Weliki Nowgorod, das etwa auf halbem Weg zwischen Moskau und Petersburg im Nordwesten liegt. Warum sage ich ‘nicht begangene Wege’? Weil Welikij Nowgorod die Wiege der Demokratie in Russland war, eine Stadt mit einer athenischen, oder sagen wir, venezianischen Regierungsform, bestehend aus einem Fürsten an der Spitze der Autorität und einer öffentlichen Versammlung (veche), die über wichtige politische Fragen entschied. Die Fürsten stammten aus der gleichen Riurik-Dynastie, die auch andere mittelalterliche russische Städte regierte. Dieses einzigartige Arrangement dauerte vom 12. bis zum 15. Jahrhundert, als Nowgorod von Moskauer Truppen erobert und zu einer weiteren Provinz in einem zentralisierten Reich unter der Führung eines autokratischen Zaren wurde.

Nowgorod war in seiner Blütezeit die russische Einheit, die den Kampf der Rus’ gegen die deutschen Kreuzfahrer aus dem Westen und gegen die Schweden aus dem Norden anführte. Ihr größter Held war Alexander Newski, ein Feldherr, der die Deutschen in einer Winterschlacht auf dem zugefrorenen Tschudskoje-See besiegte, der zu den Nowgoroder Gebieten gehörte. Die deutschen “Panzer” von damals waren schwer gepanzerte Ritter zu Pferd, die wie die Leoparden von heute einfach zu schwer für das Schlachtfeld waren und in den Tod stürzten. Die sterblichen Überreste des Bruders von Alexander Newski gelten als wundertätig und sein Sarg ist in der Sophienkirche im Kreml ausgestellt.

Vor dem Hintergrund des gegenwärtigen Krieges hat Nowgorod Weliki eine besondere Bedeutung für russische Besucher der Stadt. Die Sankt-Sophia-Kathedrale ist übrigens eine der ältesten Steinkirchen in ganz Russland. Ihr Innenraum ist zwar nur spärlich beleuchtet, aber die Ikonostase ist prächtig, und an einigen Stellen kann man Elemente von Fresken aus der Frühzeit der Kirche erkennen. Diese Kirche ist zwar kleiner, aber historisch ebenso bedeutend und steht in engem Zusammenhang mit der Sophienkathedrale in Kiew, die als Mutter aller russisch-orthodoxen Kirchen gilt.

Novgorod Veliky hat etwas mehr als 220.000 Einwohner und ist nicht nur eine Touristenstadt. Die Stadt hat eine besonders starke Lebensmittelindustrie. Ich habe diesen Aspekt der Wirtschaft zum ersten Mal kennengelernt, als ich die Gläser mit konzentrierten traditionellen russischen Suppen (Soljanka, Schtschi) und gedünstetem Fleisch entdeckte, die in dem kleinen Lebensmittelgeschäft in meiner Datscha im 80 km südlich von Petersburg gelegenen Dorf Orlino angeboten wurden. Die Stadt produziert auch hochwertigen Hartkäse und eine große Auswahl an handwerklich geräucherten See- und Flussfischen. Diese sehe ich im Einkaufszentrum des Kurorts Staraya Russa und in einem kleinen Lebensmittelgeschäft in der Nähe, das vom Duft des geräucherten Fischs erfüllt ist.

Das Park Inn Hotel, Novgorod Veliky, das ich oben erwähnt habe, ist ein großartiger Ort zum Übernachten. Es liegt zwar ein paar Kilometer vom Stadtzentrum entfernt. Wenn Sie direkt gegenüber den alten Kirchen wohnen wollen, die jetzt restauriert werden, sollten Sie sich für das elegante Drei-Sterne-Hotel Rachmaninow entscheiden. Was den Komfort angeht, ist das Park Inn in dieser Stadt jedoch unübertroffen. Die Zimmer sind sehr gut ausgestattet. Der Zimmerpreis betrug umgerechnet 100 Euro für ein Doppelzimmer mit skandinavisch-russischem Frühstück.

Der Chefkoch des Restaurants zaubert ausgezeichnete Gourmetgerichte. Der Essbereich ist mit Glaswänden versehen, und von Ihrem Platz aus können Sie die von Büschen gesäumten Flussufer sehen, die nur ein paar hundert Meter entfernt sind. Wenn sich das alles himmlisch anhört, gibt es ein Problem: Wie ich bereits erwähnt habe, ist das Problem die russische Kundschaft der Oberschicht, die ziemlich unausstehlich sein kann. Unser Abendessen wurde durch ihre Gören verdorben, die, anstatt im Kinderzimmer zu bleiben, um die Tische herumliefen und schrien. Immer wieder im Kreis herum. Den Müttern, die für die Côte d’Azur gekleidet waren, konnte das egal sein. Ihre Väter waren wahrscheinlich wieder in Moskau, um Geschäfte zu machen. Die Hotelangestellten schauten weg.

Positiv zu erwähnen ist, dass das Hotel über ein beheiztes Hallenbad verfügt. Auch hier war das Problem die fehlende Aufsicht durch das Management, so dass die vielen randalierenden Schwimmer nicht zur Ordnung gerufen wurden.

Positiv ist aber auch, dass man, wenn man vom Hotel zum Fluss geht, einen schönen Holzweg findet, der zu einer Bootsanlegestelle führt, von der aus mehrere Leute im Fluss schwammen.

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Als ich meinem gut situierten Zahnarzt in Petersburg erzählte, dass ich eine Woche Urlaub in Staraya Russa machen würde, sagte er: “Sie gehen also zurück in die UdSSR!” Das war nicht als Kompliment gemeint.

In der Tat ist Staraya Russa eine moderne, aktualisierte Version der Sanatorien, die in der UdSSR, insbesondere im Süden Russlands, weit verbreitet waren und den Stachanowitern aus der Arbeiterklasse einen kostenlosen Urlaub unter strenger ärztlicher Aufsicht ermöglichten. Das Ziel war eine prophylaktische Medizin, die die physische Kraft derjenigen wiederherstellen sollte, die am meisten zur nationalen Produktion beitrugen.

Staraya Russa ist heute keineswegs kostenlos. Aber der Tagespreis von etwa 120 Euro in Rubel für ein Paar deckt ein schönes und geräumiges Zimmer von 30 Quadratmetern, Vollpension und ein Programm mit Schlammbehandlungen, therapeutischen Massagen, Spezialbädern und die Nutzung eines Aqua Centers mit einem olympischen Schwimmbecken für Erwachsene und einem großen separaten Becken mit Wasserrutschen und ähnlichen Vergnügungen für Kinder. Ihr Behandlungsplan wird am Tag nach Ihrer Ankunft von einem Arzt entsprechend Ihren körperlichen Beschwerden erstellt. Das Computersystem der Einrichtung stellt sicher, dass alle geplanten Behandlungen den Ärzten bereits vor Ihrer Ankunft bekannt sind.

Das Gelände ist sehr weitläufig, und Sie können problemlos 5 km pro Tag wandern, von Ihrem Zimmer zum Restaurant, zur “Wassergalerie”, wo Sie sich vor den Mahlzeiten eine Tasse heißes oder kaltes Wasser aus der Quelle holen, zu den verschiedenen anderen Gebäuden, in denen Behandlungen angeboten werden, und zum Aqua Center. Es gibt auch einen See, der von den unterirdischen Mineralquellen gespeist wird, allerdings ist die Wassertemperatur von nur 17 Grad Celsius nur etwas für die ganz Harten.

Der Kurort Staraya Russa kann jederzeit bis 1.000 Gäste aufnehmen. Da die Einrichtungen über ein großes Gelände verteilt sind, spürt man den Massencharakter des Betriebs nur an einem entscheidenden Ort: dem Restaurant. Für jede Mahlzeit gibt es drei Sitzungen zu je 50 Minuten, um den Druck auf die Einrichtung zu verteilen. Dennoch macht die Anzahl der Gäste und ihre nicht gerade aristokratische Zurückhaltung, wenn sie sich am Buffet bedienen, die Mahlzeiten anstrengend und manchmal sogar unangenehm. Wenn man sieht, wie jemand, der vor einem in der Schlange für die herrlichen reifen Melonen steht, die das begehrteste Dessert des Tages sind, die Scheiben auf seinem Teller so hoch stapelt, dass einige davon auf dem Rückweg zu seinem Tisch sicher herunterfallen werden, während für die Gäste unmittelbar vor einem fast nichts übrig bleibt, dann ist es schwer, keine Flüche zu murmeln. Was das Essen betrifft, so ist ein Teil davon sehr gut zubereitet, während Fleisch und Fisch mitunter zerkocht und trocken sind, was bei einem Catering dieser Größenordnung nicht ungewöhnlich ist.

Damit meine Bemerkung über die unverhohlene Völlerei nicht als Vorwurf an die russische Mittelschicht, die einen großen Teil der Kundschaft von Staraya Russa ausmacht, oder an die Russen als Volk missverstanden wird, möchte ich anmerken, dass ich bei meinen Urlaubsaufenthalten an der Costa del Sol oder auf den Kanaren in den 1980er Jahren genau die gleiche Unhöflichkeit und den gleichen Egoismus von Gästen aus Westeuropa erlebt habe, die sich nicht nur so viel wie möglich vom Buffet direkt vor der Nase weggeschnappt haben, sondern es sogar gewagt haben, Essen mit auf ihr Zimmer zu nehmen. Um die Beziehungen zu einer bestimmten Nationalität unter meinen Lesern nicht zu beeinträchtigen, werde ich hier keine Namen nennen. Ich möchte nur darauf hinweisen, dass in touristischen Massenbetrieben nur Büfetts angeboten werden können und das Ergebnis für Gäste, die eine entspannte Atmosphäre suchen, unangenehm sein kann.

Ein Besucher der Staraya Russa sollte nicht nur das Kurbad besuchen, sondern auch die anderen Attraktionen, die die Stadt aus ihrer vor-sowjetischen Geschichte zu bieten hat. Die Einrichtung geht auf das Jahr 1828 zurück, als “Kuren” ein weit verbreiteter Zeitvertreib unter den europäischen Königen und Aristokraten war. Und wo sie hinführten, folgten andere. Im Fall von Staraya Russa war der berühmteste Besucher und spätere Bewohner des Ortes über einen Zeitraum von mehr als vier Jahren der Schriftsteller Fjodor Dostojewski. Das war in der letzten und produktivsten Periode seines Lebens, als er neben anderen Meisterwerken die Brüder Karamasow schrieb.

Dostojewskis Mietwohnung in der Petersburger Innenstadt, heute ein sehenswertes Museum, ist eine bescheidene Angelegenheit. Zu seinen Lebzeiten gehörte die Nachbarschaft zur Unterschicht, war überfüllt und laut. Im Gegensatz dazu ist das große Holzhaus, das er und seine Frau in Staraja Russa in der Nähe eines langsam fließenden Flusses und mit einem großen Garten erworben haben, ein perfekter Rückzugsort für Schriftsteller. Die Zimmer sind geräumig, und die Familie kann problemlos Freunde empfangen.

Das Dostojewski-Haus ist heute ein staatliches Museum und lohnt einen Besuch. Ich war überrascht, dass diese Holzkonstruktion in einem so perfekten Zustand erhalten ist, wenn man bedenkt, welche Zerstörungen der Zweite Weltkrieg in dieser Region angerichtet hat. Ein Museumsführer erklärte, dass das Gebäude während des Krieges als deutscher Offiziersclub gedient hatte.

Die Stadtverwaltung hat einen Audioguide zur Verfügung gestellt, und es gibt auch organisierte Rundgänge durch das Dostojewski-Viertel. In unmittelbarer Nähe befinden sich die St.-Georgs-Kirche und eine weitere bemerkenswerte Steinkirche aus dem 14. Jahrhundert, in der museumswürdige Ikonen ausgestellt sind.

Voyages en Russie : Veliky Novgorod et Staraya Russa

Je suis ravi de lire dans les divers commentaires postés sur mon site web et dans les lettres de contact envoyées à mon adresse électronique que de nombreux lecteurs apprécient et profitent de mes notes de voyage sur les visites de Pétersbourg et de la grande région du nord-ouest de la Fédération de Russie. Certains d’entre vous ont exprimé le souhait de venir voir par eux-mêmes ce qu’est la vie « sur le terrain » au sein de la population russe pendant la saison des vacances.

Soyons francs. Il n’y a pas de paradis sur terre et voyager partout dans ce monde s’accompagne d’irritations et de déceptions, mais aussi de découvertes positives et de plaisirs. Il en va de même ici. Au cours des dix derniers jours, j’ai séjourné dans un hôtel 4 étoiles où tout était formidable, à l’exception de la clientèle très gâtée du « beau monde » (Park Inn, Radisson à Veliky Novgorod), et dans une station thermale (Staraya Russa) offrant aux masses des traitements de santé de style soviétique, où il y a de temps en temps des clients mal intentionnés qui gâchent tout. Bien sûr, mes impressions générales sont positives et j’espère que mes remarques inciteront beaucoup d’entre vous à suivre mes traces, mais sachez qu’il y a aussi des inconvénients.

Les deux destinations de vacances que je vais décrire n’auraient pas figuré sur les voyages organisés que les visiteurs étrangers de la Russie choisissaient à l’époque où les flux touristiques en provenance d’Europe de l’Ouest et des États-Unis étaient encore nombreux. Toutes deux sont des centres historiques à part entière qui n’ont été restaurés avec amour qu’au cours des dernières années après avoir été dévastés pendant la Seconde Guerre mondiale par les forces d’occupation allemandes.  Ce pays est vaste, les blessures de la guerre étaient omniprésentes et la restauration a toujours été une priorité pour les villes principales et les destinations touristiques les plus connues. Ces deux stations sont aujourd’hui dans un état très présentable, même s’il s’agit d’un travail en cours. Cette remarque vaut tout particulièrement pour Novgorod Veliky, dont l’attraction la plus importante, un ensemble d’églises des XIe et XIIe siècles situées sur la rive du fleuve, en face du Kremlin, fait actuellement l’objet d’une vaste rénovation qui ne s’achèvera qu’en 2024. À leur réouverture, les visiteurs auront à nouveau la possibilité de s’émerveiller devant les fresques de Féofan le Grec et d’autres maîtres qui ont apporté et développé les formes d’art nées à Byzance. Néanmoins, il y a suffisamment de sites ouverts aujourd’hui à Novgorod pour justifier une visite. Le musée des icônes du Kremlin est l’un des plus beaux de Russie. Quant à Staraya Russa, l’ensemble du complexe de la station thermale est tout à fait moderne et confortable, tandis que les monuments historiques situés à proximité sont en parfait état.

Dans le passé, les étrangers qui souhaitaient visiter le patrimoine historique et religieux de la Russie en dehors de Moscou ou de Pétersbourg se rendaient nécessairement dans le Triangle d’or, ensemble de villes situées à proximité de Moscou et de la Volga, qui constitue l’épine dorsale de la Russie européenne.

Il n’y a rien à redire à cette solution. Mais pour comprendre le passé de la Russie et les « chemins oubliés », il est utile de visiter Veliky Novgorod, qui se trouve à peu près à mi-chemin entre Moscou et Pétersbourg, dans le nord-ouest du pays. Pourquoi est-ce que je parle de « chemins oubliés » ? Parce que Novgorod Veliky a été le berceau de la démocratie en Russie, une ville qui avait une gouvernance athénienne, ou plutôt vénitienne, composée d’un prince au sommet de l’autorité et d’une assemblée publique (Veche) qui décidait des questions politiques essentielles. Les princes étaient issus de la même dynastie Riourik que celle qui dirigeait les autres villes russes médiévales. Cet arrangement unique a duré du XIIe au XVe siècle, lorsque Novgorod a été conquise par les forces moscovites et est devenue une province parmi d’autres dans un royaume centralisé dirigé par un tsar autocrate.

Novgorod, à son apogée, était l’entité russe qui menait le combat des Rus’ contre les croisés allemands venus de l’ouest et contre les Suédois venus du nord. Son plus grand héros est Alexandre Nevski, un commandant militaire qui a vaincu les Allemands lors d’une bataille hivernale sur le lac gelé de Tchoudskoïe, qui faisait partie des territoires de Novgorod. Les « chars » allemands de l’époque étaient des chevaliers lourdement armés qui, comme les léopards d’aujourd’hui, étaient tout simplement trop lourds pour le champ de bataille et ont sombré dans la mort. La dépouille mortelle du frère d’Alexandre Nevski serait le fruit d’un miracle et son cercueil est exposé dans l’église Sainte-Sophie du Kremlin.

Dans le contexte actuel de guerre, Novgorod Veliky a une résonance particulière pour les visiteurs russes de la ville. L’église cathédrale Sainte-Sophie est d’ailleurs l’une des plus anciennes églises en pierre de toute la Russie. Son espace intérieur est certes peu éclairé, mais l’iconostase est magnifique et l’on peut voir par endroits des éléments de fresques datant des premiers temps de l’église. Cette église est plus petite, mais elle est tout aussi importante sur le plan historique et elle est étroitement liée à la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, considérée comme la mère des églises orthodoxes russes.

Novgorod Veliky compte un peu plus de 220 000 habitants et n’est pas seulement une ville touristique.  Elle possède une industrie agroalimentaire particulièrement forte. J’ai découvert cet aspect de son économie pour la première fois en découvrant les bocaux de soupes russes traditionnelles concentrées (solyanka, shchi) et de viandes mijotées en vente dans la petite épicerie du hameau de ma datcha, Orlino, à 80 km au sud de Pétersbourg. La ville produit également des fromages à pâte dure de grande qualité et une grande variété de poissons de lac et de rivière fumés de manière artisanale. Ces produits sont exposés dans le centre commercial de la station thermale Staraya Russa et dans une petite épicerie voisine qui est remplie de l’arôme du poisson fumé.

L’hôtel Park Inn, Novgorod Veliky, que j’ai mentionné plus haut, est un lieu de séjour magnifique. Il est vrai qu’il se trouve à quelques kilomètres du centre-ville. Si vous souhaitez habiter juste en face des anciennes églises qui sont actuellement en cours de restauration, le choix se portera sur un élégant hôtel trois étoiles appelé le Rakhmaninoff. Cependant, pour ce qui est du confort, le Park Inn n’a pas d’égal dans cette ville. Les chambres sont très bien aménagées. Le prix de la chambre était l’équivalent en roubles de 100 euros pour une chambre double avec petit déjeuner scandinave-russe.

Le chef du restaurant prépare d’excellents plats de qualité gastronomique. La salle à manger est entourée de verre et, de votre siège, vous pouvez voir les berges de la rivière bordées d’arbustes qui se trouvent à quelques centaines de mètres de là. Si tout cela semble paradisiaque, il y a un problème : comme je l’ai déjà mentionné, le problème vient des clients russes de la classe supérieure, qui peuvent être assez odieux. Notre dîner a été gâché par leurs marmots qui, au lieu de rester dans la salle des enfants, couraient autour des tables en criant. Ils tournaient en rond, encore et encore. Les mamans, qui étaient habillées pour la Côte d’Azur, n’en avaient rien à faire. Leurs pères étaient probablement en train de faire des affaires à Moscou. Le personnel de l’hôtel regardait ailleurs.

Le point positif est que l’hôtel dispose d’une piscine intérieure chauffée. Là aussi, le problème était le manque de surveillance de la part de la direction, qui n’a pas rappelé à l’ordre les quelques nageurs turbulents.

Mais, toujours du côté positif, lorsque vous marchez de l’hôtel à la rivière, vous trouvez un splendide chemin en bois qui vous mène à un débarcadère de bateaux à partir duquel plusieurs personnes nageaient dans la rivière.

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Lorsque j’ai annoncé à mon chirurgien-dentiste de luxe à Pétersbourg que j’allais passer une semaine de vacances à Staraya Russa, il m’a dit : « Vous retournez donc en URSS ? ». Ce n’était pas un compliment.

En effet, Staraya Russa est une version moderne et actualisée des sanatoriums qui étaient largement présents en URSS, en particulier dans le sud de la Russie, et qui offraient aux Stakhanovistes des classes laborieuses des vacances gratuites sous une surveillance médicale stricte. L’objectif était une médecine prophylactique visant à restaurer la force physique de ceux qui contribuaient le plus à la production nationale.

Aujourd’hui, Staraya Russa est loin d’être gratuit. Mais le tarif journalier d’environ 120 euros en roubles pour un couple permet de payer une belle et spacieuse chambre de 30 m², la pension complète et un programme de traitements à la boue, de massages thérapeutiques, de bains spéciaux et l’utilisation d’un centre aquatique comprenant une piscine olympique pour les adultes et une grande piscine séparée avec des toboggans aquatiques et d’autres amusements similaires pour les enfants. Votre programme de soins est établi par un médecin le lendemain de votre arrivée, en fonction de vos problèmes physiques. Le système informatique de l’établissement garantit que chaque traitement programmé est connu des prestataires avant votre arrivée pour un rendez-vous.

Le domaine est vaste et vous pouvez faire une randonnée de 5 km par jour très facilement, de votre chambre au restaurant, à la « galerie d’eau » où vous prenez votre tasse d’eau chaude ou froide à la source avant les repas, à plusieurs autres bâtiments qui offrent des traitements, et à l’Aqua Center.  Il existe également un lac alimenté par les sources minérales souterraines, mais la température de l’eau, qui n’est que de 17 degrés Celsius, est réservée aux personnes les plus robustes.

Le spa Staraya Russa peut accueillir 1.000 personnes à la fois. Comme les installations sont réparties sur un vaste terrain, on ne se rend pas compte de la nature massive de l’opération, sauf dans un endroit critique : le restaurant.   Il y a trois sessions de 50 minutes chacune pour chaque repas afin de répartir la pression sur l’installation. Néanmoins, le nombre de convives, leur retenue peu aristocratique lorsqu’on leur offre des buffets à volonté, rend l’heure des repas stressante et parfois tout simplement désagréable. Lorsque vous regardez quelqu’un qui vous précède dans la file d’attente pour les splendides melons mûrs qui sont le dessert quotidien le plus prisé, empiler les tranches si haut dans son assiette que certaines tomberont sûrement sur le chemin du retour à sa table, tout en ne laissant presque rien à ceux qui vous précèdent immédiatement, il est difficile de ne pas marmonner des jurons dans votre barbe. Quant à la nourriture, elle est parfois très bien préparée, alors que les viandes et les poissons peuvent être trop cuits et secs, ce qui n’est pas du tout inhabituel dans une restauration de cette ampleur, et ce à n’importe quel endroit.

De peur que ma remarque sur la gloutonnerie ne soit interprétée comme un reproche aux classes moyennes inférieures russes qui constituent une grande partie de la clientèle de Staraya Russa ou aux Russes en tant que peuple, je m’empresse de noter que lors de mes séjours de vacances sur la Costa del Sol ou aux Canaries dans les années 1980, j’ai vu exactement la même impolitesse et le même égoïsme de la part des clients d’Europe occidentale, qui non seulement prenaient le plus possible au buffet sous votre nez, mais osaient même emporter de la nourriture dans leur chambre. Pour ne pas gâcher les relations de mes lecteurs avec telle ou telle nationalité, je ne citerai pas de noms ici. Ce que je veux dire, c’est que les établissements touristiques de masse ne peuvent offrir qu’un service de buffet et que le résultat final peut être désagréable pour les dîneurs qui recherchent une ambiance détendue.

L’expérience d’un visiteur à Staraya Russa devrait aller au-delà du spa et prendre en compte d’autres attractions que la ville a à offrir, issues de son histoire pré-soviétique. L’établissement remonte à 1828, à l’époque où « prendre les eaux » était un passe-temps très répandu parmi la royauté et l’aristocratie européennes. Et là où ils ont commencé, d’autres ont suivi. Dans le cas de Staraya Russa, le visiteur le plus célèbre, puis le résident local pendant plusieurs mois sur une période de plus de quatre ans, a été le romancier Fiodor Dostoïevski. Il s’agissait de la dernière période de sa vie, la plus productive, au cours de laquelle il a écrit Les Frères Karamazov, entre autres œuvres magistrales.

L’appartement loué par Dostoïevski dans le centre de Saint-Pétersbourg, qui est aujourd’hui un musée digne d’être visité, est modeste. À l’époque de Dostoïevski, le quartier était défavorisé, surpeuplé et bruyant. En revanche, la grande maison en bois qu’il a achetée avec sa femme à Staraya Russa, près d’une rivière au cours lent et dotée d’un grand jardin, était un lieu de retraite idéal pour l’écrivain. Les pièces sont spacieuses et la famille pouvait facilement recevoir des amis dans les règles de l’art.

La maison de Dostoïevski est aujourd’hui un musée d’État qui mérite que l’on s’y attarde. J’ai été surpris par la préservation de cette structure en bois dans un état aussi parfait, compte tenu de toutes les destructions que la Seconde Guerre mondiale a entraînées dans la région. Un guide du musée a expliqué que le bâtiment avait servi de club pour les officiers allemands pendant la guerre.

Les autorités de la ville ont mis à disposition un audioguide et des visites guidées du quartier Dostoïevski sont également organisées.  Dans les environs immédiats, on trouve l’église Saint-Georges et une autre église en pierre remarquable datant du XIVe siècle, qui exposent des icônes dignes d’un musée.

Viajes en Rusia: Veliky Novgorod y Staraya Russa

Estoy encantado de leer varios comentarios publicados en mi sitio web y en cartas de contacto a mi dirección de correo electrónico que muchos lectores disfrutan y se benefician de mis notas de viaje sobre visitas a Petersburgo y a la gran región noroeste de la Federación Rusa. Algunos de ustedes han expresado el deseo de venir y ver por sí mismos cómo es la vida aquí “sobre el terreno” entre la amplia población rusa durante la temporada de vacaciones.

Permítanme ser franco. No hay cielo en la tierra y viajar a cualquier parte en este mundo viene con irritaciones y decepciones, así como con descubrimientos y placeres positivos. Así es aquí. En mis últimos diez días, me he alojado en un hotel de 4 estrellas donde todo era fantástico, excepto los huéspedes “gente bonita” demasiado mimados del (Park Inn, Radisson en Veliky Novgorod) y en un spa de agua mineral (Staraya Russa) que ofrece tratamientos de salud al estilo soviético para las masas, donde hay los ocasionales huéspedes “manzana podrida” que estropean la canasta. Sin duda, mis impresiones generales son positivas y espero que mis comentarios aquí inciten a muchos de ustedes a seguir mis pasos, pero tengan en cuenta que también hay desventajas.

Los dos destinos de vacaciones que estoy a punto de describir no habrían aparecido en los paquetes turísticos que compraban los visitantes extranjeros a Rusia cuando todavía había grandes flujos turísticos de Europa Occidental y Estados Unidos. Ambos son centros históricos por sus propios méritos que han sido cuidadosamente restaurados solo en los últimos años después de la devastación de la Segunda Guerra Mundial a manos de las fuerzas de ocupación alemanas. Este país es extenso, las heridas de la guerra fueron omnipresentes y siempre se priorizó la restauración de las capitales y destinos turísticos más conocidos. Estos dos resorts están hoy en condiciones muy presentables, incluso cuando son un trabajo que a la fecha continúa. Esa observación se refiere especialmente a Novgorod Veliky, donde la atracción más importante, un grupo de iglesias del siglo XI y XII en la orilla del río frente al Kremlin ahora están experimentando una gran renovación que se completará solo en 2024. Cuando vuelvan a abrir, los visitantes tendrán nuevamente la posibilidad de maravillarse con los frescos de Feofan el griego y otros maestros que trajeron y desarrollaron las formas de arte que se originaron en Bizancio. Sin embargo, hay suficientes sitios abiertos hoy en Novgorod para justificar una visita. El museo de iconos en el Kremlin es uno de los mejores de Rusia. En cuanto a Staraya Russa, todo el complejo del spa es totalmente moderno y confortable tal y como se encuentra, mientras que los monumentos históricos cercanos están en perfectas condiciones.

En el pasado, los visitantes extranjeros a Rusia interesados en visitar el patrimonio histórico y religioso del país fuera de Moscú o Petersburgo eran necesariamente enviados al Triángulo de Oro de las ciudades en las cercanías de Moscú y el río Volga, que es la columna vertebral de la Rusia europea.

No hay nada de malo en esa solución. Pero luego, para comprender el pasado de Rusia y los “caminos no transitados”, vale la pena visitar Veliky Novgorod, que está aproximadamente a medio camino entre Moscú y Petersburgo en el noroeste. ¿Por qué digo el “camino no transitado”? Porque Novgorod Veliky fue la cuna de la democracia en Rusia, una ciudad que tenía un gobierno ateniense, o digamos, de estilo veneciano que consistía en un príncipe en la cúspide de la autoridad y la asamblea pública (veche) que decidía cuestiones políticas clave. Los príncipes eran de la misma dinastía Riurik que encabezaban otras ciudades medievales rusas. Este arreglo único duró desde los siglos XII hasta el XV, cuando Novgorod fue conquistada por las fuerzas de Moscú y se convirtió en otra provincia en un reino centralizado encabezado por un zar autocrático.

Novgorod en su apogeo fue la entidad rusa que dirigió la lucha de la Rus contra los cruzados alemanes del oeste y contra los suecos del norte. Su mayor héroe fue Alexander Nevsky, un comandante militar que derrotó a los alemanes en una batalla de invierno en el congelado lago Chudskoye, que formaba parte de los territorios de Novgorod. Los “tanques” alemanes de la época eran caballeros fuertemente blindados a caballo, que, como los Leopard de hoy, eran demasiado pesados para el campo de batalla y se hundieron hasta la muerte. Se cree que los restos mortales del hermano de Alexander Nevsky óbran milagros y su ataúd está en exhibición en la iglesia de Sofía dentro del Kremlin.

En el contexto de guerra actual, Novgorod Veliky tiene una resonancia especial para los visitantes rusos de la ciudad. La Catedral de Santa Sofía, por cierto, es una de las primeras iglesias de piedra de toda Rusia. Su espacio interior puede estar poco iluminado, pero el iconostasio es magnífico y en algunos lugares se pueden ver elementos de frescos que datan de sus primeros días. Esta iglesia es más pequeña pero históricamente tan significativa y muy antigua como lo es la catedral de Santa Sofía en Kiev, que se considera la madre de las iglesias ortodoxas rusas.

Novgorod Veliky tiene una población de poco más de 220.000 habitantes y no es simplemente una ciudad turística. Tiene una industria de procesamiento de alimentos particularmente fuerte. Tuve mi primera introducción a ese aspecto de su economía cuando descubrí sus frascos de sopas rusas tradicionales concentradas (solyanka, shchi) y carnes guisadas a la venta en la pequeña tienda de comestibles en mi aldea de la dacha Orlino, a 80 km al sur de Petersburgo. La ciudad también produce quesos duros de alta calidad y una gran variedad de pescados ahumados tradicionales de lago y río de estilo artesanal. Estos los encuentro en exhibición en el centro comercial del spa Staraya Russa y en una pequeña tienda de comestibles cercana que está llena del aroma de pescado ahumado.

El hotel Park Inn, Novgorod Veliky, que mencioné anteriormente, es un magnífico lugar para alojarse. Es cierto que está a un par de kilómetros del centro de la ciudad. Si desea hospedarse justo al otro lado de la calle de las antiguas iglesias que ahora están siendo restauradas, la elección sería un elegante hotel de tres estrellas llamado Rakhmaninoff. Sin embargo, por placer y comodidad, el Park Inn no tiene igual en esta ciudad. Las habitaciones están muy bien equipadas. El precio de la habitación era el equivalente en rublos a 100 euros por una habitación doble con desayuno escandinavo-ruso.

El chef del restaurante elabora excelentes platos gourmet de calidad. El comedor tiene paredes de vidrio y desde su asiento puede ver las orillas del río bordeadas de arbustos que están a solo un par de cientos de metros de distancia. Si todo esto suena celestial, hay un problema: como ya he señalado, el problema son los clientes rusos de clase alta que pueden ser bastante desagradables. Nuestra cena fue estropeada por sus mocosos, que en lugar de quedarse en la sala de niños corrían alrededor de las mesas y gritaban. Dando vueltas sin parar. A las madres, que estaban vestidas para la Costa Azul, no les podría haber importado menos. Sus padres probablemente estaban de vuelta en Moscú haciendo negocios. El personal del hotel mirando para el lado opuesto.

En la parte positiva, el hotel cuenta con una piscina cubierta climatizada. Aquí, también, el problema era la falta de supervisión del personal, por lo que varios nadadores ruidosos no fueron llamados al orden.

Pero de nuevo en el lado positivo, cuando caminas desde el hotel hasta el río, encuentras un espléndido camino de madera que te lleva a un embarcadero en donde varias personas nadaban en el río.

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Cuando le dije a mi cirujano dental de clase alta de Petersburgo que pasaría una semana de vacaciones en Staraya Russa, me dijo: “¡Así que vas a volver a la URSS!” No fue pensado como un cumplido.

De hecho, Staraya Russa es una versión moderna y actualizada de los sanatorios que estaban ampliamente diseminados en la URSS, especialmente en el sur de Rusia, y proporcionaban a los estajanovistas de las clases trabajadoras vacaciones gratuitas bajo estricta supervisión médica. El objetivo era la medicina profiláctica que restaurara la fuerza física de quienes más contribuían a la producción nacional.

Staraya Russa actualmente no es gratis. Pero el cargo diario de aproximadamente 120 euros equivalente en rublos para una pareja, cubre el costo de una hermosa y espaciosa habitación de 30 metros cuadrados, pensión completa y un programa de tratamiento de barro, masaje terapéutico, baños especiales y el uso de un Aqua Center que cuenta con una piscina olímpica para adultos y una gran piscina separada con toboganes de agua y diversiones similares para niños. Su programa de tratamientos es establecido por un médico el día después de la llegada de acuerdo con sus quejas físicas. El sistema informático del establecimiento garantiza que todos sus tratamientos programados sean conocidos por los proveedores antes de su llegada para cada cita.

Los jardines son extensos y se puede caminar 5 km al día muy fácilmente yendo de su habitación al restaurante, a la “galería de agua” donde toma su taza de agua caliente o fría de la fuente antes de las comidas, a los varios otros edificios que ofrecen tratamientos, y al Aqua Center. También hay un lago alimentado por los manantiales minerales subterráneos, aunque la temperatura del agua de solo 17 grados celsius es solo para los muy resistentes.

El Spa Staraya Russa puede atender hasta 1.000 invitados en un momento dado. Debido a que las instalaciones están distribuidas en un gran terreno, no se tiene idea de la naturaleza masiva de la operación, excepto en un lugar crítico: el restaurante. Tiene tres sesiones de 50 minutos cada una para atender cada comida para efectos de distribuir la presión sobre el comedor. Sin embargo, el número de comensales, su moderación menos que aristocrática cuando se les ofrecen comidas buffet sobre una base de “todo lo que pueda comer”, hace que la hora de la comida sea estresante y, a veces, simplemente desagradable. Cuando observas a alguien delante de ti en la fila de los espléndidos melones maduros que son el postre más apreciado, y las rodajas que llevan en su plato están tan elevadas que algunas seguramente se caerán en el camino de regreso a su mesa, mientras que no dejan casi nada para los que están inmediatamente frente a ti, entonces es difícil no estar murmurando maldiciones entre dientes. En cuanto a la comida, parte de ella se prepara extremadamente bien, mientras que las carnes y los pescados pueden estar demasiado cocidos y secos, lo que no es lo menos inusual en el catering a esta escala en cualquier lugar.

Para que mi comentario sobre la gula descarada no se malinterprete como una reprimenda a las clases medias bajas rusas que constituyen en gran parte la clientela de Staraya Russa o a los rusos como pueblo, me apresuro a señalar que en mis estancias de vacaciones en la Costa del Sol o las Canarias en la década de 1980, vi exactamente la misma rudeza y egoísmo exhibidos por los huéspedes de Europa occidental, que no solo agarraron todo lo posible de la línea del buffet directamente de debajo de tus narices, sino que incluso se atrevieron a llevar comida a sus habitaciones. Para evitar estropear las relaciones con cualquier nacionalidad dada entre mis lectores, no mencionaré nombres aquí. Mi punto es simplemente que las operaciones turísticas masivas solo pueden ofrecer servicio de buffet y el resultado final puede ser desagradable para los comensales que buscan un ambiente relajado.

La experiencia de un visitante a Staraya Russa debe ir más allá del spa y disfrutar de otras atracciones que la ciudad tiene para ofrecer desde su historia presoviética. El establecimiento se remonta a 1828, cuando “tomar las aguas” era un pasatiempo generalizado entre la realeza y la aristocracia europeas. Y donde ellos lideraron, otros lo siguieron. En el caso de Staraya Russa, el visitante más famoso, luego residente local durante meses a la vez en el transcurso de más de cuatro años fue el novelista Fyodor Dostoevsky. Esto fue en el último y más productivo período de su vida, cuando escribió Los hermanos Karamazov entre otras obras maestras.

El apartamento alquilado de Dostoievski en el centro de Petersburgo, ahora un museo que vale la pena visitar, es un asunto modesto. En su tiempo, el vecindario era de clase baja, superpoblado y ruidoso. Por el contrario, la gran casa de madera que él y su esposa compraron en Staraya Russa, cerca de un río de caudal lento y con un gran patio trasero, es un refugio perfecto para escritores. Las habitaciones son espaciosas y la familia podría entretener fácilmente a los amigos con estilo.

La casa de Dostoievski es ahora un museo estatal y bien vale la pena dedicarle un tiempo. Me sorprendió la preservación de esta estructura de madera en un estado tan perfecto dada toda la destrucción que la Segunda Guerra Mundial trajo a la región. Un guía del museo explicó que el edificio había servido como club de oficiales alemanes durante la guerra. Las autoridades de la ciudad han puesto a disposición una audioguía y también se organizan recorridos a pie por el distrito de Dostoievski. En las inmediaciones se encuentra la Iglesia de San Jorge y otra iglesia de piedra notable que data del siglo XIV que tienen iconos en exhibición dignos de un muse.

Translations of “The coming Russian-Polish war”

Translations below into German (Andreas Mylaeus), French (Youri) and Spanish (Hugo Guido)

Der kommende Krieg zwischen Russland und Polen

Die heutigen “Nachrichten der Woche” des russischen Staatsfernsehens begannen mit einem 30-minütigen Dokumentarfilm über die polnisch-russischen Beziehungen seit dem Ende des Ersten Weltkriegs und während des russischen Bürgerkriegs, als die Regierung von Marschall Pilsudski erhebliche Gebiete der russischen Kontrolle entriss. Auch Polens gut dokumentierte Rolle als Aggressor und Besetzer tschechoslowakischer, litauischer, ukrainischer und weißrussischer Gebiete vor Beginn des Zweiten Weltkriegs und bis zum Überfall Hitlers auf Polen wurde ausführlich behandelt.

Grundlage für die Berichterstattung war die Rede von Wladimir Putin vor dem Sicherheitsrat der Russischen Föderation am Freitag, die teilweise ausgestrahlt wurde. Auszüge aus dieser Rede wurden als Einleitung oder als Segmente der gesamten Dokumentation verwendet.

Erinnern wir uns daran, dass Putin am Freitag erklärt hat, wie und warum wir den formellen Kriegseintritt einer gemeinsamen polnisch-litauisch-ukrainischen Streitmacht erwarten können, die offiziell als Verteidiger der ukrainischen Staatlichkeit durch Besetzung der Westukraine dargestellt wird. Putin bezeichnete dies jedoch als eine Besatzungstruppe, die, einmal in Lemberg und der Westukraine installiert, nicht mehr abziehen würde. Dies wäre in Wirklichkeit eine Wiederholung des Ausverkaufs ukrainischer Interessen an Polen und der Abtretung von Gebieten an Polen, wie er von ihrem Führer Semjon Petljura im April 1920 begangen wurde und sich nun in den geheimen Vereinbarungen zwischen den Präsidenten Zelensky aus der Ukraine und Duda aus Polen wiederholt.

Dies war jedoch nicht die einzige anstehende polnische Aggression, die Wladimir Putin am Freitag ankündigt hat. Er sagte, Polen habe auch Pläne für weißrussisches Land. In dem Dokumentarfilm von heute Abend wurde diese Bemerkung vertieft und daran erinnert, welches weißrussische Gebiet Polen im 20. Jahrhundert gewaltsam an sich gerissen hat, als sich die Gelegenheit dazu bot. Außerdem wurde auf die belarussischen Kämpfer im Ausland hingewiesen, die von Polen eingesetzt werden, um von polnischem Territorium aus den Angriff auf Minsk anzuführen, und welche Waffen sie von den Vereinigten Staaten und den NATO-Mitgliedstaaten erhalten.

In Bezug auf die polnischen Pläne für die Ukraine gab Putin keine Auskunft darüber, wie Russland darauf reagieren könnte. In Bezug auf Weißrussland erklärte er am Freitag jedoch direkt, dass jeder Angriff auf Weißrussland als Angriff auf Russland gewertet werde und Russland mit allen ihm zur Verfügung stehenden militärischen Mitteln antworten werde. Er ermahnte Warschau, die Konsequenzen seines Handelns zu bedenken.

Putins Rede am Freitag schien an Warschau gerichtet zu sein. Das Programm des heutigen Abends richtete sich eindeutig an die breite russische Öffentlichkeit, um sie auf den Ausbruch eines möglichen russisch-polnischen Krieges in unmittelbarer Zukunft vorzubereiten.

Dieser Punkt wurde durch den derzeitigen Besuch des weißrussischen Präsidenten Lukaschenko in Petersburg unterstrichen. Dieser Besuch wurde mit viel Pomp und Zeremonie begangen. Beide Präsidenten besuchten heute Kronstadt und besichtigten die dortige Hauptkirche, die die geistige Heimat der russischen Marine ist. Sie besichtigten auch das neue Museum der russischen Marine, das demnächst eröffnet wird und in dem das erste russische Atom-U-Boot ausgestellt ist, die damalige Antwort des Landes auf die amerikanische Nautilus. Außerdem führten sie Gespräche über die militärischen und politischen Bedrohungen, denen ihre Länder ausgesetzt sind. Diese Gespräche werden morgen unerwartet im Konstantinovsky-Palast außerhalb von Petersburg fortgesetzt. Der Grund für die ausführlichen Konsultationen ging aus Äußerungen Lukaschenkos vor der Presse während seines Treffens mit Putin hervor: Der belarussische Militärgeheimdienst hat nämlich den massiven Aufbau polnischer Streitkräfte, darunter Panzer, Hubschrauber und anderes schweres militärisches Gerät, an mehreren Standorten nahe der belarussischen Grenze sehr genau verfolgt.

In der heutigen Sendung ” Nachrichten der Woche” wurde der russischen Öffentlichkeit erklärt, dass die neuen aggressiven Pläne der Polen nur deshalb ausgeführt werden, weil Polen darauf vertraut, dass Uncle Sam sie unterstützt. Und sie nannten die Person, die diese Verbindung verkörpert, den ehemaligen polnischen Außenminister Radoslaw Sikorski (2014-15), der heute Mitglied des Europäischen Parlaments und für die Beziehungen zu den Vereinigten Staaten zuständig ist. Ein Foto von Sikorskis letzten Treffen mit Pentagon-Beamten und mit Joe Biden und seinen Beratern wurde auf dem Bildschirm gezeigt. Wer sich über Sikorskis politische Ansichten wundert, dem sei gesagt, dass er der Ehemann der neokonservativen, russenhassenden Journalistin Anne Applebaum ist, die dem amerikanischen Publikum durch ihre regelmäßigen Kolumnen in der Washington Post sehr bekannt ist.

Aus den russischen Talkshows der letzten Tage lässt sich leicht ablesen, wie der Kreml den derzeitigen Stellvertreterkrieg in der und um die Ukraine sieht: Washington sieht, dass die ukrainische Gegenoffensive ein völliger Fehlschlag ist, der Zehntausende von Menschenleben unter den ukrainischen Streitkräften gekostet hat und bei dem ein großer Teil der in den letzten Monaten an die Ukraine gelieferten westlichen Ausrüstung zerstört wurde. Anstatt sich um Frieden zu bemühen, versucht Washington, eine “zweite Front” zu eröffnen und nutzt dafür Polen.

Eine mögliche russische Antwort auf ein Vorgehen gegen Weißrussland wurde ebenfalls im Radio diskutiert: die Einnahme des Suwalki-Korridors, der Kaliningrad über polnisches Gebiet mit Weißrussland verbindet. Die Übernahme der Kontrolle über diesen Korridor hätte zur Folge, dass die baltischen Staaten von Polen isoliert würden und damit ihre Sicherheit gefährdet wäre.

Die unausweichliche Schlussfolgerung aus den jüngsten Nachrichten ist, dass Washingtons aufrührerische Politik und die weitere Eskalation des Konflikts Russlands Niederlage nicht sichern können. Im Gegenteil, sie können durchaus zum völligen Zusammenbruch des NATO-Bündnisses führen, sobald dessen militärischer Wert auf eine Weise widerlegt ist, die von den kreativsten Propagandisten in Washington nicht weggeredet oder vertuscht werden kann.

La prochaine guerre russo-polonaise

Ce soir, l’émission News of the Week de la télévision publique russe a commencé par un documentaire de 30 minutes sur les relations russo-polonaises depuis la fin de la Première Guerre mondiale et pendant la période de la guerre civile russe, lorsque le gouvernement du maréchal Pilsudski a arraché d’importants territoires au contrôle de la Russie. Il traite également en détail du comportement bien documenté de la Pologne en tant qu’agresseur et occupant des territoires tchécoslovaques, lituaniens, ukrainiens et biélorusses avant le début de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à ce qu’Hitler envahisse la Pologne.

Ce reportage s’articulait autour du discours prononcé vendredi par Vladimir Poutine devant le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, qui a été partiellement diffusé à cette date. Des extraits de ce discours ont été utilisés pour introduire certains passages du documentaire.

Rappelons que vendredi, Poutine a expliqué comment et pourquoi nous pouvons nous attendre à l’entrée officielle en guerre d’une force militaire conjointe polono-lituanienne-ukrainienne qui sera officiellement présentée comme défendant la souveraineté de l’Ukraine en occupant l’Ukraine occidentale. Cependant, Poutine a décrit cela comme une force d’occupation qui, une fois installée à Lvov et en Ukraine occidentale, ne partirait jamais. Il s’agirait en fait d’une répétition de la vente des intérêts ukrainiens aux Polonais et de la cession de territoires à la Pologne, telles qu’elles ont été perpétrées par leur chef Symon Petlioura en avril 1920 et qu’elles sont maintenant répétées dans les accords secrets entre les présidents Zelensky de l’Ukraine et Duda de Pologne.

Cependant, ce n’est pas la seule agression polonaise imminente annoncée par Vladimir Poutine vendredi. Il a déclaré que la Pologne avait également des visées sur le territoire du Belarus. Le documentaire diffusé ce soir a étoffé cette remarque et nous a rappelé les territoires bélarussiens dont la Pologne s’est emparée par la force au XXe siècle lorsqu’elle en a eu l’occasion. Il a également pointé du doigt les combattants bélarussiens à l’étranger qui seront utilisés par la Pologne pour lancer son offensive contre Minsk depuis le territoire polonais, ainsi que l’armement qu’ils reçoivent des États-Unis et des pays membres de l’OTAN.

En ce qui concerne les visées polonaises sur l’Ukraine, Poutine n’a pas indiqué quelle serait la réponse de la Russie. Mais en ce qui concerne le Belarus, il a déclaré directement vendredi que tout acte d’agression contre le Belarus serait considéré comme une attaque contre la Russie et que la Russie répondrait avec toute la force militaire dont elle dispose. Il a averti Varsovie de réfléchir aux conséquences de ses actes.

Le discours de Poutine de vendredi semblait s’adresser à Varsovie.  Le programme de ce soir était clairement destiné au grand public russe, afin de le préparer à l’éventualité d’une guerre russo-polonaise dans un avenir proche.

Ce point a été mis en évidence par la visite du président du Belarus, M. Lukashenko, à Saint-Pétersbourg. Cette visite s’est déroulée en grande pompe. Les deux présidents se sont rendus aujourd’hui à Kronstadt, dont ils ont visité l’église principale, foyer spirituel de la marine russe. Ils ont également visité le nouveau musée de la marine russe, sur le point d’être inauguré, et sa pièce maîtresse, le premier sous-marin nucléaire russe, réponse du pays au Nautilus américain de l’époque.  Ils ont également discuté des menaces militaires et politiques qui pèsent sur leurs pays respectifs. Ces discussions se poursuivront demain de manière inopinée au palais Konstantinovski, à l’extérieur de Saint-Pétersbourg. La raison de ces consultations approfondies ressort clairement des remarques faites par Loukachenko à la presse lors de sa rencontre avec Poutine, à savoir que les services de renseignement militaire du Belarus ont suivi de très près le renforcement massif des forces polonaises, y compris des chars, des hélicoptères et d’autres équipements militaires lourds, à plusieurs endroits près de la frontière du Belarus.

Ce soir, l’émission News of the Week a expliqué au public russe que les nouveaux plans agressifs des Polonais ne sont mis en œuvre que parce qu’ils sont convaincus que l’Oncle Sam les soutient. Et ils ont nommé la personne qui incarne ce lien comme étant l’ancien ministre des Affaires étrangères de Pologne Radoslaw Sikorsky (2014-15), qui est aujourd’hui membre du Parlement européen et délégué responsable des relations avec les États-Unis. Une photo des dernières réunions de Sikorski avec des responsables du Pentagone et avec Joe Biden et ses conseillers a été diffusée à l’écran. Pour ceux qui s’interrogent sur les opinions politiques de Sikorsky, il convient de rappeler qu’il est l’époux de la journaliste néoconservatrice Anne Applebaum, qui déteste la Russie et qui est très connue du public américain pour ses chroniques régulières dans le Washington Post.

D’après les talk-shows russes de ces derniers jours, il est facile de comprendre la lecture que fait le Kremlin de la guerre par procuration qui se déroule actuellement en Ukraine et autour de ce pays : Washington constate que la contre-offensive ukrainienne est un échec total qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de membres des forces armées ukrainiennes et a entraîné la destruction d’une grande partie des équipements occidentaux livrés à l’Ukraine au cours des derniers mois. Au lieu de rechercher la paix, Washington cherche à ouvrir un « second front » en utilisant la Pologne à cette fin.

Une réponse possible de la Russie à toute action contre le Belarus a également été évoquée sur les ondes : s’emparer du corridor de Suwałki qui relie Kaliningrad au Belarus en traversant le territoire polonais. La prise de contrôle de ce corridor aurait pour effet d’isoler les États baltes de la Pologne et de mettre ainsi leur sécurité en péril.

La conclusion inéluctable des dernières nouvelles est que les politiques incendiaires de Washington et l’escalade continue du conflit ne peuvent garantir la défaite de la Russie. Au contraire, elles pourraient bien conduire à l’effondrement total de l’alliance de l’OTAN une fois que sa valeur militaire aura été discréditée de telle sorte que les propagandistes les plus créatifs de Washington ne pourront ni l’ignorer, ni l’occulter.

La próxima guerra ruso-polaca

Esta noche el programa News of the Week de la televisión estatal rusa comenzó con una encuesta documental de 30 minutos de las relaciones polaco-rusas desde el final de la Primera Guerra Mundial y durante el período de la Guerra Civil Rusa, cuando el gobierno bajo el mariscal Pilsudski arrebató un territorio considerable del control ruso. También trató extensamente del papel bien documentado de Polonia como agresor y ocupante de tierras checoslovacas, lituanas, ucranianas y bielorrusas desde antes del comienzo de la Segunda Guerra Mundial y hasta que Hitler invadió Polonia.

Todo este reportaje se basó en el discurso de Vladimir Putin ante el Consejo de Seguridad de la FR el viernes, que en parte fue transmitido en ese entonces. Extractos de ese discurso se utilizaron para introducir segmentos del documental en su conjunto.

Recordemos que el viernes, Putin explicó cómo y por qué podemos esperar la entrada formal en la guerra de una fuerza militar conjunta polaco-lituana-ucraniana que se presentará oficialmente como la defensa del estado ucraniano mediante la ocupación de Ucrania occidental. Sin embargo, Putin describió esto como una fuerza de ocupación que una vez instalada en Lvov y Ucrania occidental nunca se iría. Esto sería, en efecto, una repetición de la venta de los intereses ucranianos a los polacos y la cesión de territorio a Polonia, tal como había sido perpetrada por su líder Semyon Petlyura en abril de 1920 y ahora se ha repetido en los acuerdos secretos entre los presidentes Zelensky de Ucrania y Duda de Polonia.

Sin embargo, esa no fue la única agresión polaca pendiente anunciada por Vladimir Putin el viernes. Dijo que Polonia también tenía planes en tierras bielorrusas. El documental de esta noche desarrolló ese comentario y nos recordó el territorio bielorruso que Polonia había arrebatado por la fuerza cuando tuvo la oportunidad. También señaló con el dedo a los combatientes bielorrusos en el extranjero que serán utilizados por Polonia para encabezar su movimiento contra Minsk desde territorio polaco, y qué armamentos están recibiendo de los Estados Unidos y los países miembros de la OTAN.

Con respecto a los planes polacos sobre Ucrania, Putin no reveló sus intenciones sobre cuál puede ser la respuesta de Rusia. Pero en cuanto a Bielorrusia, declaró directamente el viernes que cualquier acto de agresión contra Bielorrusia se considerará un ataque contra Rusia y Rusia responderá con toda la fuerza militar a su disposición. Advirtió a Varsovia que considerara las consecuencias de sus acciones.

El discurso de Putin el viernes pareció estar dirigido a Varsovia. El programa de esta noche estaba claramente dirigido al amplio público ruso, para prepararlos para el inicio de una posible guerra ruso-polaca en el futuro inmediato.

Este punto fue reforzado por la visita en curso del presidente bielorruso Lukashenko a Petersburgo. Ha habido pompa y ceremonia en esta visita. Ambos presidentes visitaron hoy Kronstadt, recorriendo su iglesia principal, que es el hogar espiritual de la Marina rusa. También visitaron el nuevo museo de la Marina rusa, que está a punto de abrirse, y su exposición más destacada, que es el primer submarino nuclear de Rusia, la respuesta del país al Nautilus estadounidense en ese momento. Y sostuvieron conversaciones sobre las amenazas militares y políticas que enfrentan sus países. Estas conversaciones inesperadamente continuarán mañana en el Palacio Konstantinovsky en las afueras de Petersburgo. La razón de las extendidas consultas quedó clara en los comentarios que Lukashenko hizo a la prensa durante su reunión con Putin: a saber, que la inteligencia militar bielorrusa ha estado siguiendo muy de cerca la acumulación masiva de fuerzas polacas, incluidos tanques, helicópteros y otros equipos militares pesados en varios lugares cerca de la frontera con Bielorrusia.

El programa News of the Week de esta noche explicó al público ruso que los nuevos planes agresivos de los polacos están avanzando solo por su confianza en que el Tío Sam los apoya. Y nombraron al ex ministro de Relaciones Exteriores de Polonia, Radoslaw Sikorsky (2014-15) como la persona que encarna este vínculo, y quien hoy es miembro del Parlamento Europeo y delegado responsable de las relaciones con los Estados Unidos. Una foto de las últimas reuniones de Sikorski con funcionarios del Pentágono y con Joe Biden y sus asesores fue puesta en la pantalla. Para aquellos que pueden preguntarse sobre las opiniones políticas de Sikorsky, vale la pena recordar que es el esposo de la periodista neoconservadora y odiadora de Rusia Anne Applebaum, quien es muy conocida por el público estadounidense por sus columnas regulares en The Washington Post.

A partir de los programas de entrevistas rusos de los últimos días, es fácil entender la lectura del Kremlin respecto a la actual guerra de poder en Ucrania y sus implicaciones: Washington ve que la contraofensiva ucraniana es un completo fracaso que ha costado decenas de miles de vidas entre las fuerzas armadas ucranianas y ha visto la destrucción de una gran parte del equipo occidental entregado a Ucrania en los últimos meses. En lugar de demandar la paz, Washington busca abrir un “segundo frente”, utilizando a Polonia para este propósito.

Una posible respuesta rusa a cualquier movimiento contra Bielorrusia también se ha discutido al aire: apoderarse del corredor Suwalki que conecta Kaliningrado con Bielorrusia a través del territorio polaco. Tomar el control de ese corredor tendría el efecto de aislar a los Estados bálticos de Polonia y, por lo tanto, poner en peligro su seguridad.

La conclusión ineludible de las últimas noticias es que las políticas incendiarias de Washington y la continua escalada del conflicto no pueden asegurar la derrota de Rusia. Por el contrario, bien pueden conducir al colapso total de la alianza de la OTAN una vez que su valor militar sea refutado de una manera que no pueda ser discutida u ocultada por los propagandistas más creativos de DC.

Travels in Russia: Veliky Novgorod and Staraya Russa

I am delighted to read from various comments posted on my website and in Contact letters to my email address that many readers enjoy and profit from my travel notes about visits to Petersburg and to the greater Northwest region of the Russian Federation. Some of you have expressed the wish to come and see for yourselves what life is like here ‘on the ground’ among the broad Russian population during the holiday season.

Let me be frank. There is no heaven on earth and travel everywhere in this world comes with irritations and disappointments as well as with positive discoveries and pleasures. So it is here. In my last ten days, I have stayed in one 4-star hotel where everything was terrific except the very spoiled ‘beautiful people’ guests (Park Inn, Radisson in Veliky Novgorod) and in a mineral water spa (Staraya Russa) offering Soviet style health treatment to the masses, where there are the occasional bad apple guests who spoil the barrel. To be sure, my overall impressions are positive and I do hope that my remarks here will prompt many of you to follow in my footsteps, but be forewarned that there are downsides too.

Both holiday destinations which I am about to describe would not have appeared on the package tours that foreign visitors to Russia purchased when there were still big tourist flows from Western Europe and the United States. Both are historic centers on their own merit that have been lovingly restored only in recent years from WWII devastation at the hands of German occupation forces.  This country is vast, the wounds of war were omnipresent and restoration was always prioritized for the capitals and best known tourist destinations. These two resorts are today in very presentable condition even as they are a work in progress. That remark pertains especially to Novgorod Veliky, where the most important attraction, a cluster of 11th and 12th century churches on the river bank across from the Kremlin side are now undergoing vast renovation that will be completed only in 2024. When they reopen, visitors will again have the possibility to marvel at frescoes of Feofan the Greek and other masters who brought and developed the art forms which originated in Byzantium. Nonetheless, there are sufficient sites open today in Novgorod to justify a visit. The icon museum in the Kremlin is one of the finest in Russia. As for Staraya Russa, the entire complex of the spa is fully modern and comfortable as is, while the historic monuments nearby are in perfect condition.

In the past, foreign visitors to Russia interested in visiting the historical and religious heritage of the country outside Moscow or Petersburg were necessarily sent to the Golden Triangle of cities in the near vicinity of Moscow and the Volga River which is the backbone of European Russia.

There is nothing wrong with that solution. But then to understand Russia’s past and ‘paths not taken’ it pays to visit Veliky Novgorod, which is approximately half-way between Moscow and Petersburg in the Northwest. Why do I say the ‘road not taken’? Because Novgorod Veliky was the cradle of democracy in Russia, a city which had an Athenian, or shall we say, Venetian style governance consisting of prince at the apex of authority and public assembly (veche) that decided key political issues. The princes were from the same Riurik dynasty as headed other medieval Russian cities. This unique arrangement lasted from the 12th through 15th centuries when Novgorod was conquered by Moscow forces and became just another province in a centralized realm headed by an autocratic tsar.

Novgorod in its heyday was the Russian entity that led the fight of the Rus’ against German crusaders from the West and against the Swedes from the North. Its greatest hero was Alexander Nevsky, a military commander who defeated the Germans in a wintertime battle on the frozen Chudskoye Lake which was part of the Novgorod territories. The German ‘tanks’ of the day were heavily armored knights on horseback, who, like the Leopards of today, were just too heavy for the battlefield and sank to their deaths. The mortal remains of Alexander Nevsky’s brother are believed to be miracle working and his coffin is on display in the Sophia church within the Kremlin.

In the present war context, Novgorod Veliky has a special resonance for Russian visitors to the city. The Saint Sophia cathedral church, by the way, is one of the earliest stone churches in all of Russia. Its interior space may be dimly lit, but the iconostasis is magnificent and in places one can see elements of frescoes dating from its earliest days. This church is smaller but historically as significant and closely dated with the Saint Sophia cathedral in Kiev that is considered the mother of Russian Orthodox churches.

Novgorod Veliky has a population of just over 220,000 and is not merely a tourist town.  It has a particularly strong food processing industry. I had my first introduction to that aspect of their economy when I discovered their jars of concentrated traditional Russian soups (solyanka, shchi) and stewed meats on sale in the little grocery in my dacha hamlet Orlino 80 km south of Petersburg. The city also produces high quality hard cheeses and a great variety of artisan-style traditional smoked lake and river fishes. These I see on display in the Staraya Russa spa commercial center and in a nearby small grocery that is filled with the aroma of the smoked fish.

The Park Inn hotel, Novgorod Veliky, which I mentioned above is a magnificent place to stay. True, it is a couple of kilometers from the city center. If you want to live just across the street from the ancient churches that are now being restored, the choice would be an elegant three star hotel called the Rakhmaninoff. However, for pure creature comfort the Park Inn has no peer in this town.  The rooms are very well appointed. The room price was the ruble equivalent of 100 euros for a double room with Scandinavian-Russian breakfast.

 The chef of the restaurant turns out excellent gourmet quality dishes.  The dining area is glass walled and from your seat you can see the shrub lined river banks that are just a couple of hundred meters away. If this all sounds heavenly, there is a problem: as I already noted, the problem is the upper class Russian clients who can be fairly obnoxious. Our dinner was spoiled by their brats, who instead of staying in the kiddy room were running around the tables and shouting. Round and round again. The moms, who were dressed for the Côte d’Azur could not have cared less. Their dads were probably back in Moscow doing some business deals. The hotel staff looked the other way.

On the positive side, the hotel has a heated indoor pool. Here, too, the problem was lack of management supervision, so that the several rowdy swimmers were not called to order.

But again on the positive side, when you walk from the hotel to the river, you find a splendid wooden path that takes you down to a boat landing from which several people were swimming in the river.

                                                     *****

When I told my high-living dental surgeon in Petersburg that I would be spending a week of vacation time in Staraya Russa, he said: “So you are going back to the USSR!”  It was not meant as a compliment.

Indeed, Staraya Russa is a modern, updated version of the sanitoriums that were widely present in the USSR, especially in the South of Russia and provided the Stakhanovites of the working classes with free of cost vacations under strict medical supervision. The objective was prophylactic medicine that would restore the physical force of those contributing most to national production.

Staraya Russa today is by no means free. But the daily charge of approximately 120 euros in ruble equivalent for a couple pays for a handsome and spacious room of 30 sq.m., for full board and a program of mud treatment, therapeutic massage, special baths and the use of an Aqua Center that features an Olympic sized swimming pool for adults and a large separate pool with water slides and similar amusements for children. Your schedule of treatments is established by a doctor on the day after arrival in accordance with your physical complaints. The establishment’s computer system ensures that your every scheduled treatment is known to the providers before your arrival for an appointment.

The grounds are extensive and you can hike 5 km a day very easily going from your room to the restaurant, to the “water gallery” where you take your cup of hot or cold water from the source before meals, to the several other buildings that offer treatments, and to the Aqua Center.  There is also a lake fed by the underground mineral springs, though the water temperature of just 17 degrees C is only for the very hardy.

The Staraya Russa spa can handle up to 1,000 guests at any given time. Because the facilities are spread out over a large terrain, you have no sense of the mass nature of the operation except in one critical place: the restaurant.   It has three sessions of 50 minutes each for each meal to spread the pressure on the facility. But nonetheless, the numbers of the diners, their less than aristocratic restraint when offered buffet meals on an ‘all you can eat’ basis, makes meal time stressful and at times simply unpleasant. When you watch someone ahead of you in line for the splendid ripe melons that are the most prized daily desert pile on the slices so high on his plate that some will surely fall off on the way back to his table, while leaving almost nothing for those immediately in front of you, then it is hard not to be muttering curses under your breath. As for the food, some of it is prepared exceedingly well, while meats and fish can be overcooked and dry, which is not the least unusual in catering on this scale anywhere.

Lest my remark about in-your-face gluttony be misunderstood as a rebuke to the Russian lower middle classes who make up a large part of the Staraya Russa clientele or to Russians as a people, I hasten to note that in my vacation stays on the Costa del Sol or the Canaries back in the 1980s, I saw exactly the same rudeness and selfishness displayed by guests from Western Europe, who not only grabbed as much as possible from the buffet line right from under your nose but even dared to take away food to their rooms. To avoid spoiling relations with any given nationality among my readers, I will not name names here. My point is simply that mass tourist operations can only offer buffet service and the end result can be disagreeable for diners seeking a relaxed ambiance.

A visitor’s experience to Staraya Russa should go beyond the spa and take in other attractions that the town has to offer coming down from its pre-Soviet history. The establishment dates back to 1828 when ‘taking the waters’ was a widespread pastime among European royalty and aristocracy. And where they led, others followed. In the case of Staraya Russa, the most famous visitor, then local resident for months at a time over the course of more than four years was the novelist Fyodor Dostoevsky. This was in the last and most productive period of his life, when he wrote Brothers Karamazov among other master works.

Dostoevsky’s rented apartment in downtown Petersburg, now a museum well worth visiting, is a modest affair. In his lifetime, the neighborhood was lower class, overcrowded and noisy. By contrast, the large wooden house he and his wife purchased in Staraya Russa near a slow moving river and with a large back yard is a perfect writer’s retreat. The rooms are spacious and the family could easily entertain friends in style.

The Dostoevsky house is now a state museum and well worth your time. I was surprised by the preservation of this wooden structure in such a perfect state given all the destruction that WWII brought to the region. A museum guide explained that the building had served as the German officers’ club during the war.

The town authorities have made available an audio guide and there are also organized walking tours of the Dostoevsky district.  In the immediate vicinity you find the Church of St. George and one other notable stone church dating from the 14th century which have museum worthy icons on display.

©Gilbert Doctorow, 2023

The coming Russian -Polish war

This evening’s News of the Week program on Russian state television opened with a 30 minute documentary survey of Polish-Russian relations from the end of WWI and during the period of the Russian Civil War, when the government under Marshall Pilsudski wrested substantial territory from Russian control. It also dealt extensively with Poland’s well documented role as aggressor and occupier of Czechoslovak, Lithuanian, Ukrainian and Belarus lands from before the start of WWII and until Hitler overran Poland. 

This reportage was all built around Vladimir Putin’s speech to the RF Security Council on Friday which was partly broadcast then. Excerpts from that speech were used to introduce or segments of the overall documentary.

 Let us recall that on Friday, Putin explained how and why we may expect the formal entry into the war of a Polish-Lithuanian-Ukrainian joint military force that will officially be presented as defending Ukrainian statehood by occupying the Western Ukraine. However, Putin described this as an occupying force which once installed in Lvov and Western Ukraine would never leave. This would in effect be a repeat of the sell-out of Ukrainian interests to Poles and cession of territory to Poland such as had been perpetrated by their leader Semyon Petlyura in April 1920 and has now been repeated in the secret agreements between presidents Zelensky of Ukraine and Duda of Poland. 

However, that was not the only pending Polish aggression announced by Vladimir Putin on Friday. He said that Poland also had designs on Belarus land. The documentary this evening fleshed out that remark and reminded us of what Belarus territory Poland had grabbed by force in the 20th century when it had the opportunity. It also pointed a finger at those Belarus fighters abroad who will be used by Poland to spearhead their move against Minsk from Polish territory, and what armaments they are receiving from the United States and NATO member countries.

With respect to Polish designs on Ukraine, Putin did not tip his hand on what Russia’s response may be. But as regards Belarus, he stated directly on Friday that any act of aggression against Belarus will be considered an attack on Russia and Russia will respond with all the military force at its disposal. He warned Warsaw to consider the consequences of their actions.

Putin’s speech on Friday appeared to be directed at Warsaw.  The program this evening was clearly directed at the broad Russian public, to prepare them for the onset of a possible Russian-Polish war in the immediate future.

This point was highlighted by the ongoing visit of Belarus president Lukashenko to Petersburg. There has been pomp and ceremony in this visit. Both presidents today visited Kronstadt, touring its principal church, which is the spiritual home of the Russian Navy. They also visited the about to be opened new museum of the Russian Navy, and its featured exhibit, which is Russia’s first nuclear submarine, the country’s answer to the American Nautilus at the time.  And they held talks on the military and political threats their countries face. These talks unexpectedly will continue in the Konstantinovsky Palace outside Petersburg tomorrow.  The reason for extensive consultations was clear from remarks that Lukashenko made to the press during his meeting with Putin: namely that Belarus military intelligence has been following very closely the massive build-up of Polish forces including tanks, helicopters and other heavy military equipment close to the Belarus border at several locations.

Tonight’s News of the Week program explained to the Russian public that the Poles’ new aggressive plans are proceeding only because of their confidence that Uncle Sam supports them. And they named the person embodying this link as former Foreign Minister of Poland Radoslaw Sikorsky (2014-15), who is today a Member of the European Parliament and delegate responsible for relations with the United States. A photo of Sikorski’s latest meetings with Pentagon officials and with Joe Biden and his advisers was put on the screen. For those who may wonder about Sikorsky’s political views, it pays to remember that he is the husband of neo-con, Russia-hating journalist Anne Applebaum, who is very well known to American audiences for her regular columns in The Washington Post.

From Russian talk shows of the past several days, it is easy to understand the Kremlin’s reading of the present proxy war in and around Ukraine: Washington sees that the Ukrainian counter-offensive is a complete failure that has cost tens of thousands of lives among the Ukrainian armed forces and has seen the destruction of a large part of the Western equipment delivered to Ukraine over the past months. Instead of suing for peace, Washington seeks to open a ‘second front,’ using Poland for this purpose. 

 

One possible Russian response to any move against Belarus has also been discussed on air: to seize the Suwalki corridor that connects Kaliningrad to Belarus across Polish territory.. Taking control of that corridor would have the effect of isolating the Baltic States from Poland and thereby put their security at peril.

The inescapable conclusion from the latest news is that Washington’s incendiary policies and continuing escalation of the conflict cannot secure Russia’s defeat. On the contrary, they may well lead to the total collapse of the NATO alliance once its military value is disproven in a way that cannot be talked away or papered over by the most creative propagandists in DC.  

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “The Financial Times, Danone, Baltika and how Russia is striking back”

Translations below into German (Andreas Mylaeus), Spanish (Hugo Guido) and French (Youri)

‘The Financial Times’, Danone, Baltika und wie Russland zurückschlägt

Ich bin mir sicher, dass es unter den Lesern dieser Seiten einige gibt, die sich fragen, warum ich ein zahlender Abonnent der führenden Mainstream-Zeitung Financial Times bleibe, wo ich die Zeitung doch so oft als Beispiel dafür anführe, wie der Mainstream die Nachrichtenberichterstattung verzerrt, um die Anti-Putin- und Anti-Russland-Einstellung der Redaktion zu befriedigen.

Die Antwort auf diese Frage liegt in etwas, das sogar noch wertvoller ist als der Unterhaltungs- und Ablenkungswert der Wochenendausgabe und insbesondere der Kolumne „Lunch with the FT“, die sehr gut geschriebener Journalismus ist. Früher rechtfertigte der Unterhaltungswert mein Abonnement der New York Times, aber als die Rezepte den Platz beanspruchten, der früher für Buchbesprechungen oder Reiseberichte vorgesehen war, kündigte ich das Abonnement; die Tageszeitung hatte keinen anderen Wert mehr zu bieten. Im Falle der Financial Times liegt dieser Vorzug in den gelegentlichen Artikeln über ein Unternehmen oder einen Wirtschaftszweig. Das war in der vergangenen Woche bei zwei Artikeln der Fall, die sich mit Themen befassten, die sonst kaum jemand beachtet. Siehe “Kremlin oligarchs eye Carlsberg assets as Kadyrov ally takes over Danone unit” (“Kreml-Oligarchen haben ein Auge auf Carlsberg-Vermögenswerte geworfen, während Kadyrovs Verbündeter eine Danone-Einheit übernimmt”) von Max Seddon, Anastasia Stognei und Adrienne Klasa.

https://www.ft.com/content/d5234953-cddf-4b64-8a55-dc749843ab5c

Der darauf folgende Artikel von Max Seddon und Anastasia Stognei trug den Titel Trapped or nationalised: walls close in on western businesses in Russia” (Gefangen oder verstaatlicht: Mauern schließen sich um westliche Unternehmen in Russland”).

https://www.ft.com/content/c6108c1a-97dc-4469-aeb3-8b81ab52aaa9

In diesen Artikeln erfahren wir viel über die Verstaatlichung der großen russischen Produktionsbetriebe französischer und dänischer Muttergesellschaften am 16. Juli. Ich habe ein besonderes Interesse daran, weil ich in meiner früheren Laufbahn als Country Manager oder Berater für sehr große europäische Unternehmen, die sich in Russland niedergelassen haben (1994-2000), und dann als Gründer eines Übersetzungsunternehmens in St. Petersburg (2000-2004) für beide Konzerne gearbeitet habe und einen Einblick in ihre Aktivitäten hatte.

Für Danone führte ich in den Jahren 1997-1988 Recherchen zur Geschäftsentwicklung durch, um den geplanten Einstieg in eine Milchproduktkategorie zu begleiten, die dem Unternehmen unbekannt war (syrniki), die aber als nützliche Plattform für den landesweiten Vertrieb dienen könnte, da sie in Russland in die tägliche Schultüte fast aller Kinder im Schulalter gehört. Meine Arbeit bestand darin, im Namen von Danone Gespräche mit einem halben Dutzend führender russischer Unternehmen in diesem Sektor aufzunehmen, um eine Koproduktion unter der Marke Danone zu ermöglichen.

Für Baltika übersetzte mein Unternehmen alle Pressemitteilungen und einen großen Teil des Marketing- und Werbematerials ins Englische.

Die von mir zitierten FT-Artikel geben allem, was sie beschreiben, einen Putin-feindlichen Anstrich, indem sie Informationen vorenthalten, die leicht zu beschaffen und relevant gewesen wären, oder indem sie wichtige Akteure böswillig diffamieren. Einige der fehlenden Informationen habe ich in Wikipedia gefunden. Darüber hinaus bin ich auch ohne diesen zusätzlichen Schritt zu anderen Gesamtschlussfolgerungen über die Bedeutung der Verstaatlichungen gekommen, indem ich genau die Punkte neu geordnet habe, die von den Autoren im Text versteckt sind und nicht in den einleitenden oder abschließenden Absätzen erwähnt werden. Ich glaube, dass diese Übung wichtig ist und mit den Lesern geteilt werden sollte, weil sie zeigt, dass man oft nicht auf alternative Medien zurückgreifen muss, um zu verstehen, wo die Wahrheit in Bezug auf den Russland-Ukraine-Krieg liegt, sondern nur auf die Widersprüche in den Berichten des Mainstreams achten muss.

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Um diesen analytischen Essay in einem überschaubaren Rahmen zu halten, werde ich mich hier ausschließlich mit Baltika befassen, dem Unternehmen, das ich als Insider am besten und am längsten kannte und über das die meisten Informationen in öffentlichen Quellen (Wikipedia) zu finden sind.

Baltika besitzt die größte Brauerei des Landes in St. Petersburg und eine Reihe kleinerer Brauereien in der gesamten Russischen Föderation sowie ein Tochterunternehmen in Baku, Aserbaidschan. Während des größten Teils des neuen Jahrtausends und bis heute liegt der Anteil des Unternehmens am russischen Biermarkt bei über 35 %.

In dem FT-Artikel wird Baltika als Eigentum von Carlsberg bezeichnet, aber Carlsberg hat Baltika weder gegründet noch aufgebaut, sondern war seit den 1990er Jahren über eine Teilbeteiligung an der Holdinggesellschaft Baltic Beverages Holding (BBH) an Baltika beteiligt. Ich werde nicht auf die ganze Geschichte der BBH-Eigentümerschaft eingehen, aber es ist notwendig zu erklären, dass Unternehmen aus drei Ländern des Ostseeraums an ihrer Gründung im Jahr 1991 beteiligt waren: Hartwall (Finnland), Pripps (Schweden) und Ringnes (Norwegen).

Die 1990er und frühen 2000er Jahre waren eine Zeit der Konsolidierung der weltweiten Bierindustrie, und die Eigentümer von BBH waren alle diesem allgemeinen Trend unterworfen. Einer der globalen Überlebenden war das dänische Unternehmen Carlsberg, das Anfang des neuen Jahrtausends einen anderen Miteigentümer von BBH (Scottish & Newcastle, Großbritannien) aufkaufte. Erst im Jahr 2008 übernahm Carlsberg die volle Kontrolle über Baltika. Zu diesem Zeitpunkt war Baltika das am schnellsten wachsende und profitabelste Unternehmen der Carlsberg-Gruppe weltweit.

Der weltweite Wirtschaftsabsturz von 2008 traf den russischen Bierbrauereimarkt, als die gesamte Wirtschaft eine schwere Rezession erlitt. Baltika erholte sich in den darauffolgenden Jahren, war aber nie wieder so profitabel wie zum Zeitpunkt der Übernahme durch Carlsberg.

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Wie wir alle wissen, wird das “Putin-Regime” von habgierigen Dieben geführt, die sich auf Kosten der Allgemeinheit bereichern. Wir alle wissen, dass Putin irrational ist und seine Schritte unvorhersehbar sind.

Von diesen Grundsätzen lassen sich die ersten Sätze des ersten FT-Artikels über die Verstaatlichungen leiten:

“Wladimir Putin ordnete die Beschlagnahme der russischen Betriebe von Danone und Carlsberg an, nachdem dem Kreml nahestehende Geschäftsleute Interesse an den Vermögenswerten bekundet hatten, so Personen, die der Entscheidung nahe stehen.”

Wir finden hier auch das Folgende:

“Die Kowaltschuk-Brüder, die zu den engsten Vertrauten Putins gehören, hatten zuvor ihr Interesse an Baltika, das in ihrer Heimatstadt St. Petersburg ansässig ist, signalisiert, so zwei mit der Angelegenheit vertraute Personen.”

Ein Überblick über die Verstaatlichungen findet sich im Folgeartikel der FT:

“Einige Monate nach Wladimir Putins Einmarsch in der Ukraine erhielt ein Veteran der russischen Massenprivatisierungen in den 1990er Jahren einen Anruf von einem “alten Freund”. “Das ist Privatisierung 2.0”, rief der Freund begeistert und schlug vor, sich “wie in den guten alten Zeiten” zusammenzutun, um Fabriken im Besitz westlicher Unternehmen zu übernehmen, die sich nun wegen der Ukraine aus Russland zurückziehen wollten. Das Gerangel weist Parallelen zum ersten großen Ausverkauf Russlands nach dem Zusammenbruch der Sowjetunion auf, als Oligarchen mit Kreml-Verbindungen erstklassige Vermögenswerte zu Schnäppchenpreisen aufkauften.”

“Jetzt sind die angebotenen Vermögenswerte alle westlich, und alles, was potenzielle Käufer brauchen, sind enge Beziehungen zum russischen Präsidenten. Das ist wie in Venezuela”, sagte ein führender Moskauer Geschäftsmann. “Sie geben ihren Kumpanen das Beste… und dann geht alles den Bach runter.”

Aus den FT-Texten kann man schließen, dass Kreml-Insider die Beschlagnahmen von ausländischem Firmeneigentum vorantreiben und dass die bevorstehenden Beschlagnahmen völlig unvorhersehbar sind.

Und doch nennt die FT nur zwei große westliche Unternehmen, die vor den Dekreten vom 16. Juli ihr Vermögen in Russland auf staatliche Anordnung verloren haben: Das deutsche Unternehmen Uniper und das finnische Unternehmen Fortum. In beiden Fällen ist es ziemlich leicht zu erkennen, warum Russland so gehandelt hat. Die Beschlagnahme von Uniper war eine Reaktion auf die Beschlagnahme von Rosneft-Vermögenswerten in Deutschland. Die Beschlagnahme von Fortum-Vermögenswerten steht im Zusammenhang mit der fristlosen Kündigung des milliardenschweren Vertrages der Finnen mit Rosatom über den Bau eines Kernkraftwerks in Finnland. Die Herstellung der Ausrüstung für dieses Kraftwerk und andere hohe Kosten wurden vom russischen Staatslieferanten Rosatom übernommen, ohne dass eine Entschädigung in Aussicht stand.

Was die jüngsten Verstaatlichungen anbelangt, so haben die beiden beteiligten Länder Russland reichlich Anlass zum Handeln gegeben. Frankreich ist ein wichtiger Lieferant von modernem Kriegsmaterial an die Ukraine, darunter zuletzt die Lieferung seiner Version der Storm Shadow-Langstreckenraketen. Dänemark war das führende Land, das auf die Lieferung von F-16 an die Ukraine drängte, darunter auch nuklearfähige Flugzeuge aus seinem eigenen Bestand.

Und was ist mit der Zukunft? Die Talkshow Sechzig Minuten brachte kürzlich einen Bericht über Belgien, der mit einem Foto des lächelnden belgischen Premierministers De Croo begann. Es ging darum, dass Belgien auf die Verstaatlichung der milliardenschweren Investitionen seiner Großunternehmen wie Solvay in der Chemie und Glaverbel in der Glasindustrie vorbereitet sein sollte, nachdem Herr De Croo damit geprahlt hatte, dass sein Land die größte Summe an eingefrorenen Guthaben der russischen Zentralbank besitzt, und angekündigt hatte, die zig Millionen Euro, die diese russischen Investitionen an Zinsen und Dividenden einbringen, als humanitäre Hilfe in die Ukraine zu schicken.

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Betrachten wir nun den Text des zweiten Artikels in der FT-Reportage, der ebenfalls eine ganz andere Geschichte erzählt als willkürliche und käufliche Erwägungen, die hinter den jüngsten Verstaatlichungen stehen:

“Einem russischen Oligarchen zufolge nutzt der Kreml westliche Vermögenswerte, um sich die Loyalität der Wirtschaftselite des Landes zu erkaufen, von denen sich viele privat über den Krieg ärgern, aber wegen der westlichen Sanktionen beschlossen haben, im Land zu bleiben. ‘Die Menschen haben ihr Kapital außerhalb Russlands verloren, aber sie werden im Inland entschädigt. Sie können dasselbe Geld, das sie verloren haben, im Vereinigten Königreich oder anderswo wieder verdienen’, sagte der Oligarch.”

Die vorstehenden Ausführungen stehen inmitten eines Artikels, der als Anti-Putin-Artikel gedacht ist. Aber genau diese Bemerkungen in der Mitte des Artikels können und sollten auf eine ganz andere Art und Weise gelesen werden, nämlich als Darlegung der Logik sehr vernünftiger Entscheidungen, die der Stabilität im Land zugutekommen, grausame Feinde im Ausland bestrafen und Loyalisten im Inland belohnen. Die Bewertung der Verstaatlichungen hängt dann von der Qualität des neuen Managements und der neuen Eigentümer ab. Aus dem FT-Artikel geht hervor, dass es sich um die gleichen Diebe und Betrüger handelt, die in den Jelzin-Jahren auf Kosten der föderalen Regierung und der breiten Bevölkerung zu Oligarchen wurden. Aber ist das gerechtfertigt? Lassen wir die Frage beiseite, wer aus der Putin-Entourage die Hauptaktionäre werden könnten. Betrachten wir stattdessen, wer zum effektiven Manager ernannt wurde.

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Wir fragen also, wer Herr Bolloev ist und welche Qualifikationen er für sein neues Amt als Präsident der Baltika hat, die seit dem 16. Juli als verstaatlichtes Eigentum des russischen Staates gilt.

Was sagt uns die FT über ihn?

“Taimuraz Bolloev, ein persönlicher Freund Putins, der geschäftliche Beziehungen zu den mächtigsten Verbündeten des Präsidenten unterhält, ist der neue Chef der Baltika-Brauerei von Carlsberg.” Und weiter: “…Bolloev, der Baltika in den 1990er Jahren leitete, steht Berichten zufolge den Milliardären Yuri und Mikhail Kovalchuk nahe.”

Die Kovalchuks werden von der FT als wahrscheinliche künftige Eigentümer der verstaatlichten Baltika genannt. Aber ich werde mich von diesem Thema nicht beirren lassen, denn sie werden das Unternehmen nicht leiten, und die Anwesenheit von Bolloev an der Spitze ist die beste Garantie dafür, dass es keine Ausschlachtung von Vermögenswerten oder übermäßige Gewinnabschöpfung geben kann, und zwar aus Gründen, die völlig klar werden, wenn ich die Vergangenheit von Bolloev erläutere.

Taimuraz Bolloev ist kein sehr russischer Name, werden Sie vielleicht sagen. Und Sie haben Recht – er ist Ossetier, aus Nordossetien, der gleichen Heimat im Kaukasus wie der Dirigent Valery Gergiev, und im gleichen Alter. Beide kamen als junge Männer nach Petersburg und machten in dieser russischsten aller Städte spektakuläre Karrieren.

Ich will kein Blatt vor den Mund nehmen: Bolloev ist ein absoluter Profi im Bierbraugeschäft. In den 1980er Jahren arbeitete er sich in der staatlichen Brauerei Stepan Razin in der Managementhierarchie nach oben und beherrschte alle Produktionstechniken, bevor er zum Chefbrauer aufstieg.

Von 1991-2004 war er Direktor, dann Generaldirektor und schließlich Präsident von Baltika in St. Petersburg. Wie Wikipedia berichtet, steigerte Baltika in den ersten 8 Jahren seiner Amtszeit seine Produktionskapazität um das 18-fache. Unter Bolloev wurde Baltika zum größten Bierhersteller in Russland.

Im Jahr 2004, als Carlsberg seine Kontrolle über Baltika ausbaute, verließ Bolloev das Unternehmen. Weder die FT noch Wikipedia sagen etwas über die Bedingungen seines Ausscheidens aus, aber da ich das Unternehmen damals genau verfolgte, war ich überrascht zu erfahren, dass sein nächster Schritt darin bestand, in die Bekleidungsindustrie einzusteigen, wo er Unternehmen aufkaufte und sich zu einem bekannten Unternehmer entwickelte. Damals wurde mir klar, dass Bolloev bei Baltika nicht einfach nur angestellt war, sondern bei seinem Ausscheiden ein bedeutender Anteilseigner war.

Bolloev investierte in großem Umfang in modernste Produktionsanlagen für seine Bekleidungsfabriken, die schnell in den Bereich der “Spezialkleidung” und Uniformen vordrangen. Schließlich wurden seine Unternehmen zu den Hauptlieferanten von Uniformen für die russische Armee. Seine Uniformen sollen die Qualität der Ausrüstung der Soldaten erheblich verbessert haben.

Nach dem russisch-georgischen Krieg 2008 wurde Bolloev zum größten ausländischen Investor in Südossetien. Wir erinnern uns, dass Südossetien ein Teil Georgiens war, der mehr als ein Jahrzehnt zuvor seine Unabhängigkeit von Tiflis erklärt hatte und faktisch autonom war, bis der georgische Präsident Saakaschwili im Sommer 2008 beschloss, die Provinz gewaltsam zurückzuerobern.

Ab 2005 war Bolloev über seine Baufirmen am Wiederaufbau mehrerer historisch bedeutender Gebäude in St. Petersburg beteiligt. Außerdem leistete er einen wichtigen Beitrag zu kulturellen Einrichtungen und zur Schaffung von Denkmälern in Ossetien, Nord- und Südossetien. Er ist Mitglied des Rates des russischen Unternehmerverbandes.

Es wäre keine Übertreibung zu sagen, dass Taimuraz Bolloev die erfahrenste und am besten vorbereitete Person in Russland ist, um die Leitung von Baltika zu übernehmen. In Anbetracht seines langjährigen Engagements für Baltika ist es höchst unwahrscheinlich, dass Bolloev eine Zerschlagung der Vermögenswerte oder eine übermäßige Gewinnabschöpfung durch irgendwelche Aktionäre zulassen würde.

Ich behaupte daher, dass die Verstaatlichungen gerechtfertigt und vernünftig sind und wahrscheinlich den Interessen des russischen Volkes und des Staates dienen.

The Financial Times’, Danone, Baltika y cómo Rusia está contraatacando

No tengo ninguna duda de que entre los lectores de estas páginas hay quienes se preguntan por qué sigo siendo un suscriptor de pago del periódico Financial Times, dado que tan a menudo presento al periódico como un ejemplo de cómo los principales medios de comunicación distorsionan los informes de noticias para satisfacer el sesgo anti-Putin y anti-ruso del consejo editorial.

La respuesta a esa pregunta radica en algo más valioso incluso que el valor de diversión y distracción que se encuentra en la edición de fin de semana, y particularmente en la columna Lunch del FT, que es periodismo muy bien escrito. La diversión solía justificar mi suscripción a The New York Times, pero cuando las recetas de cocina invadían el espacio que antes se daba a las reseñas de libros o informes de viajes, lo cancelé; no había otra virtud redentora para el diario. En el caso del Financial Times, esa virtud reside en los ocasionales artículos de fondo sobre una empresa o sector industrial. Tal fue el caso de dos artículos de la semana pasada dirigiendo una atención profunda donde casi nadie más está mirando. Ver “Kremlin oligarchs eye Carlsberg assets as Kadyrov ally takes over Danone unit” por Max Seddon, Anastasia Stognei y Adrienne Klasa.

https://www.ft.com/content/d5234953-cddf-4b64-8a55-dc749843ab5c

El siguiente artículo se tituló  “Trapped or nationalised: walls close in on western businesses in Russia” por Max Seddon y Anastasia Stognei.

https://www.ft.com/content/c6108c1a-97dc-4469-aeb3-8b81ab52aaa9

Estos artículos nos dicen mucho sobre la nacionalización el 16 de julio de las principales operaciones de producción rusas propiedad de empresas matrices francesas y danesas. Me interesa especialmente, porque en mis carreras anteriores como country manager o consultor de grandes corporaciones europeas que establecieron negocios en Rusia (1994-2000) y luego como incorporador de una empresa de traducción en San Petersburgo (2000-2004) trabajé para ambos intereses y disfruté de una visión privilegiada de sus actividades.

Para Danone, de 1988-1997 realicé una investigación de desarrollo de negocios para guiar su entrada planificada en una categoría de productos lácteos que era desconocida para ellos (syrniki) pero que podría servir como una plataforma útil para la distribución a nivel nacional porque entraba en la bolsa de almuerzo diaria de casi todos los niños en edad escolar en Rusia. Mi trabajo consistió en entablar conversaciones en nombre de Danone con media docena de empresas rusas líderes en este sector en aras de la coproducción bajo la marca Danone.

Para Baltika, mi empresa estaba realizando traducciones al inglés de todos sus comunicados de prensa y de una gran cantidad de material de marketing y promoción.

Los artículos del FT que he citado dan un giro anti-Putin a todo lo que describen al retener información que habría sido fácilmente obtenible y relevante, o mediante la difamación maliciosa de actores clave. He encontrado parte de la información que falta en Wikipedia. Además, incluso sin ese paso adicional, he llegado a diferentes conclusiones generales sobre el significado de las nacionalizaciones al reordenar los mismos puntos hechos por los autores que están enterrados en el texto y no han sido destacados en los párrafos iniciales o finales. Creo que este ejercicio es importante y debe compartirse con los lectores, porque demuestra que a menudo no es necesario acceder a medios alternativos para comprender dónde está la verdad con respecto a la guerra Rusia-Ucrania, sino que solo hay que prestar atención a las contradicciones dentro de los informes de los medios convencionales.

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Para mantener este ensayo analítico dentro de un tamaño manejable, aquí dedicaré la atención exclusivamente a Baltika, la compañía que mejor y más tiempo conocí como integrante, y la compañía sobre la cual la mayor cantidad de información es accesible en fuentes públicas (Wikipedia).

Baltika posee la cervecería más grande del país, en San Petersburgo, y una serie de cervecerías más pequeñas en toda la Federación Rusa, con una empresa filial en Bakú, Azerbaiyán. Durante la mayor parte del nuevo milenio y hasta el día de hoy, la participación de la compañía en el mercado ruso de cerveza es superior al 35%.

El artículo del FT habla de Baltika como una propiedad de Carlsberg, pero Carlsberg no fundó ni erigió Baltika: tenía una participación en Baltika por una propiedad parcial del holding Baltic Beverages Holding (BBH) que se remonta a la década de 1990. No voy a abordar toda la historia de la propiedad de BBH, pero es necesario explicar que hubo empresas de tres países de la región báltica que participaron en su creación en 1991: Hartwall (Finlandia), Pripps (Suecia) y Ringnes (Noruega).

Aunque no hay mención de esto en Wikipedia, que yo sepa por la literatura promocional que pasó por mis manos, el socio finlandés Hartwall era en ese momento el propietario de la cervecería más antigua de Finlandia (y Rusia), Synebrychoff. A juzgar por el nombre de esa compañía (en ruso, Синебрюхов o  ‘vientre azul’), el carácter ruso de Baltika se remonta a la década de 1820.

La década de 1990 y principios de la década de 2000 fueron una época de consolidación de la industria cervecera mundial, y los propietarios de BBH estaban sujetos a esa tendencia universal. Uno de los sobrevivientes globales fue Carlsberg de Dinamarca, que compró a otro propietario parcial de BBH (Scottish & Newcastle, Gran Bretaña) a principios del nuevo milenio. Sólo en 2008 Carlsberg tomó el control total de Baltika. En ese momento, Baltika era la de más rápido crecimiento y más rentable de las operaciones de Carlsberg en todo el mundo.

La crisis económica mundial de 2008 golpeó el mercado cervecero ruso justo cuando toda la economía sufrió una grave recesión. Baltika se recuperó en los años siguientes, pero nunca más sería tan rentable como en el momento de su adquisición por Carlsberg.

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 Como todos sabemos, el “régimen de Putin” está dirigido por ladrones avaros que se llenan los bolsillos a expensas del público. Como todos sabemos, Putin es irracional y sus movimientos son imprevisibles. 

Estos principios guían las frases iniciales del primer artículo del FT sobre las nacionalizaciones:

“Vladimir Putin ordenó la incautación de las operaciones rusas de Danone y Carlsberg después de que empresarios cercanos al Kremlin expresaron interés en los activos, según personas cercanas a la decisión.”

También encontramos aquí lo siguiente:

“Los hermanos Kovalchuk, que se encuentran entre los confidentes más cercanos de Putin, habían señalado previamente su interés en Baltika, que tiene su sede en su San Petersburgo natal, según dos personas familiarizadas con el asunto.”

Una visión general de las nacionalizaciones se establece en el artículo de seguimiento del FT:

“Varios meses después de la invasión de Ucrania por Vladimir Putin, un veterano de las privatizaciones masivas de Rusia en la década de 1990 recibió una llamada de un “viejo amigo”: ‘¡Esto es privatización 2.0!’ Exclamó el amigo con entusiasmo, sugiriendo que unieran fuerzas ‘como en los viejos tiempos’ para apoderarse de las fábricas propiedad de compañías occidentales que ahora querían retirarse de Rusia debido a Ucrania. La rapiña tiene paralelismos con la primera gran venta masiva de Rusia después del colapso de la Unión Soviética, cuando los oligarcas conectados con el Kremlin se apoderaron de los principales activos a precios de ganga.”

“Ahora, los activos que se ofrecen son todos occidentales, y lo único que los posibles compradores necesitan son vínculos estrechos con el presidente ruso. ‘Esto es como Venezuela’, dijo un importante empresario de Moscú. Están dando lo mejor a sus compinches… y entonces todo se irá a la mierda.”

De los textos del FT, podemos concluir que los miembros del Kremlin están impulsando las incautaciones de propiedades corporativas extranjeras y que las confiscaciones que se avecinan son totalmente imprevisibles.

Y, sin embargo, el FT nombra solo a dos grandes compañías occidentales que perdieron sus activos en Rusia por orden estatal anterior a los decretos del 16 de julio: Uniper de Alemania y Fortum de Finlandia. En cada caso, es bastante fácil ver por qué Rusia actuó como lo hizo. La incautación de Uniper fue en respuesta a la confiscación de Alemania de los activos de Rosneft en su país. La incautación de los activos de Fortum puede compararse con la cancelación sumaria por parte de los finlandeses de su contrato multimillonario con Rosatom para construir una planta de energía nuclear en Finlandia. La producción de equipos para esa planta y otros enormes gastos habían sido sufragados por el proveedor estatal ruso Rosatom sin ninguna probabilidad de compensación.

En cuanto a las últimas nacionalizaciones, los dos países involucrados han dado a Rusia amplios motivos para actuar. Francia ha sido un importante proveedor de material de guerra avanzado a Ucrania, incluido más recientemente el envío de su versión de misiles de largo alcance Storm Shadow. Dinamarca ha sido el país líder en presionar para la entrega de F-16 a Ucrania, incluidos los aviones con capacidad nuclear de su propio inventario.

¿Y en cuanto al futuro?  El programa de entrevistas Sixty Minutes presentó recientemente un reportaje sobre Bélgica que comenzó con una foto del sonriente primer ministro belga De Croo. El punto era que Bélgica debería estar preparada para la nacionalización de las inversiones multimillonarias de sus grandes corporaciones como Solvay de productos químicos y Glaverbel de vidrio laminado en respuesta a la jactancia del Sr. De Croo de que su país posee la mayor suma de activos congelados del Banco Central de Rusia y de sus planes para enviar a Ucrania como ayuda humanitaria las decenas de millones de euros que estas inversiones rusas están generando en intereses y dividendos.

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Ahora consideremos el texto del segundo artículo en el reportaje del FT que cuenta una historia muy diferente respecto a las consideraciones arbitrarias y venales que impulsan las últimas nacionalizaciones:

“Según un oligarca ruso, el Kremlin está utilizando activos occidentales para comprar la lealtad de la élite empresarial del país, muchos de los cuales se irritan en privado por la guerra, pero han decidido quedarse en el país debido a las sanciones occidentales. ‘La gente ha perdido su capital fuera de Rusia, pero están siendo compensados a nivel nacional. Pueden ganar el mismo dinero que perdieron en el Reino Unido o en cualquier otro lugar’, dijo el oligarca”.

Lo anterior se expone en medio de un artículo que pretende ser anti-Putin. Pero estas mismas observaciones a mitad del artículo pueden y deben leerse de una manera completamente diferente, como el establecimiento de la lógica que guía decisiones muy razonables que benefician la estabilidad en el país, castigan a los enemigos crueles en el extranjero y recompensan a los leales en casa. La valoración que ponemos en las nacionalizaciones gira en torno a la calidad de la nueva administración y propietarios. Del artículo del FT, uno asume que son los mismos ladrones y estafadores que se convirtieron en oligarcas en los años de Yeltsin a expensas del gobierno federal y de la población en general. Pero, ¿está esto justificado? Dejemos de lado la cuestión de quiénes de entre el entorno de Putin pueden convertirse en los principales accionistas. En su lugar, consideremos quién ha sido nombrado como el verdadero gerente.

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Y entonces, preguntamos quién es el Sr. Bolloev y cuáles son sus calificaciones para su nuevo cargo como Presidente de Baltika en su nueva situación desde el 16 de julio como una propiedad nacionalizada del estado ruso.

¿Qué nos dice el FT sobre él?

“Taimuraz Bolloev, un amigo personal de Putin que tiene vínculos de negocios con los aliados más poderosos del presidente, es el nuevo jefe de la cervecería Baltika de Carlsberg.” Y más adelante: “…Bolloev, quien anteriormente dirigió Baltika en la década de 1990, es cercano a los multimillonarios Yuri y Mikhail Kovalchuk.”

Los Kovalchuks son identificados por el FT como los probables futuros propietarios de Baltika nacionalizada. Pero no me dejaré marginar por ese tema, ya que no ejecutarán la operación, y la presencia de Bolloev en la cima es la mejor garantía de que no puede haber despojo de activos o exceso de ganancias por razones que deberían quedar completamente claras cuando explique el pasado de Bolloev.

Taimuraz Bolloev no es un nombre muy ruso, se puede decir. Y tienen razón: es un osetio, de Osetia del Norte, la misma patria en el Cáucaso que el director de orquesta Valery Gergiev y de la misma edad. Ambos llegaron a Petersburgo cuando eran jóvenes e hicieron carreras espectaculares en la más rusa de las ciudades.

Permítanme no andar con rodeos: Bolloev es un profesional de principio a fin en el negocio de la elaboración de cerveza. En la década de 1980 se abrió camino en la jerarquía de gestión de la cervecería estatal Stepan Razin, dominando todas las técnicas de producción antes de alcanzar el puesto de Jefe Cervecero.

De 1991 a 2004 fue Director, luego Director General y finalmente Presidente de Baltika en San Petersburgo. Como nos dice Wikipedia, en los primeros 8 años de su mandato, Baltika aumentó su capacidad de producción 18 veces. Bajo Bolloev, Baltika se convirtió en el mayor productor de cerveza en Rusia.

En 2004, cuando Carlsberg aumentó su control de Baltika, Bolloev dejó la compañía. Ni el FT ni Wikipedia dicen nada sobre los términos de su partida, pero como yo estaba siguiendo de cerca a la compañía en ese entonces, me sorprendió saber que su próximo paso fue ingresar a la industria de la ropa, donde compró compañías y surgió como un empresario de alto perfil. Estaba claro para mí que Bolloev no había sido un simple empleado en Baltika, sino que era un propietario sustancial de acciones cuando se fue.

Bolloev invirtió fuertemente en los equipos de producción más modernos para sus fábricas de ropa, que rápidamente se trasladaron al sector de la “ropa especial” y los uniformes. En última instancia, sus compañías se convirtieron en proveedores clave de uniformes para el ejército ruso. Se dice que sus uniformes han marcado una gran mejora en la calidad del equipamiento de los soldados.

Después de la guerra ruso-georgiana de 2008, Bolloev se convirtió en el mayor inversor externo en Osetia del Sur. Recordemos que Osetia del Sur era una parte de Georgia que había declarado su independencia de Tbilisi más de una década antes y era efectivamente autónoma hasta que el presidente georgiano Saakashvili decidió retomar la provincia por la fuerza en el verano de 2008.

Desde 2005, Bolloev se dedicó a la reconstrucción de varios edificios históricamente importantes en San Petersburgo a través de sus empresas de construcción. También fue un importante contribuyente en favor de las instituciones culturales y la creación de monumentos en Osetia, Norte y Sur. El está en el consejo de la Asociación de Empresarios Rusos.

No sería una exageración decir que actualmente Taimuraz Bolloev es la persona más experimentada y mejor preparada en Rusia para hacerse cargo de Baltika. Dado su largo compromiso con Baltika, es muy improbable que Bolloev permita el despojo de activos o el robo excesivo de ganancias por parte de cualquier accionista.

Con ese punto, infiero que las nacionalizaciones están justificadas y son racionales y es probable que sirvan a los intereses del pueblo y el estado rusos.

‘Le Financial Times’, Danone, Baltika et la riposte de la Russie

Je ne doute pas que parmi les lecteurs de ces pages, il y en ait qui se demandent pourquoi je reste un abonné payant du grand quotidien Financial Times, étant donné que je cite si souvent ce journal comme exemple de la manière dont le grand quotidien déforme les informations pour satisfaire les préjugés anti-Poutine et anti-Russie de son comité éditorial.

La réponse à cette question réside dans quelque chose de plus précieux encore que la valeur d’amusement et de distraction que l’on peut trouver dans l’édition du week-end, et en particulier dans la rubrique Lunch with the FT, qui est un journalisme très bien écrit. L’amusement justifiait autrefois mon abonnement au New York Times, mais lorsque les recettes ont envahi l’espace autrefois consacré aux critiques de livres ou aux récits de voyage, je l’ai résilié ; il n’y avait pas d’autre vertu rédemptrice à ce quotidien. Dans le cas du Financial Times, cette vertu réside dans les articles de fond occasionnels sur une entreprise ou un secteur industriel. C’est le cas de deux articles parus au cours de la semaine écoulée, qui attirent l’attention sur des aspects qui ne sont pas abordés par les autres quotidiens. Voir « Kremlin oligarchs eye Carlsberg assets as Kadyrov ally takes over Danone unit » (Les oligarques du Kremlin regardent les actifs de Carlsberg alors que l’allié de Kadyrov reprend l’unité Danone) par Max Seddon, Anastasia Stognei et Adrienne Klasa.

https://www.ft.com/content/d5234953-cddf-4b64-8a55-dc749843ab5c

L’article suivant était intitulé « Trapped or nationalised : walls close in on western businesses in Russia » (Piégés ou nationalisés : les murs se referment sur les entreprises occidentales en Russie) par Max Seddon et Anastasia Stognei. https://www.ft.com/content/c6108c1a-97dc-4469-aeb3-8b81ab52aaa9

Ces articles nous en apprennent beaucoup sur la nationalisation, le 16 juillet, des principales activités de production russes détenues par des sociétés mères françaises et danoises. J’y porte un intérêt particulier, car dans mes carrières antérieures, en tant que directeur national ou consultant pour de très grandes entreprises européennes s’installant en Russie (1994-2000), puis en tant que fondateur d’une société de traduction à Saint-Pétersbourg (2000-2004), j’ai travaillé pour ces deux entreprises et j’ai eu une vision de l’intérieur de leurs activités.

Pour Danone, en 1997-1998, j’ai effectué des recherches sur le développement commercial afin de guider leur entrée prévue dans une catégorie de produits laitiers qui leur était inconnue (syrniki), mais qui pouvait servir de plate-forme utile pour une distribution à l’échelle nationale parce qu’elle se trouvait dans le panier-déjeuner quotidien de presque tous les enfants d’âge scolaire en Russie. Mon travail consistait à engager des discussions au nom de Danone avec une demi-douzaine d’entreprises russes leaders dans ce secteur en vue d’une coproduction sous la marque Danone.

Pour Baltika, ma société effectuait des traductions en anglais de tous leurs communiqués de presse et d’une grande partie du matériel de marketing et de promotion.

Les articles du FT que j’ai cités donnent une tournure anti-Poutine à tout ce qu’ils décrivent en dissimulant des informations qui auraient été facilement obtenues et pertinentes, ou en diffamant intentionnellement des acteurs clés. J’ai trouvé certaines des informations manquantes dans Wikipédia. En outre, même sans cette étape supplémentaire, je suis parvenu à des conclusions générales différentes sur l’importance des nationalisations en réorganisant les points soulevés par les auteurs qui sont enfouis dans le texte et ne figurent pas dans les paragraphes d’ouverture ou de conclusion. Je pense que cet exercice est important et qu’il devrait être partagé avec les lecteurs, car il démontre que, souvent, il n’est pas nécessaire d’accéder aux médias alternatifs pour comprendre où se trouve la vérité en ce qui concerne la guerre entre la Russie et l’Ukraine, mais qu’il suffit de prêter attention aux contradictions dans les rapports des médias dominants.

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Afin de limiter la taille de cet essai analytique, je me concentrerai exclusivement sur Baltika, l’entreprise que je connaissais le mieux et depuis plus longtemps en tant qu’initié, et sur laquelle on trouve le plus d’informations dans les sources publiques (Wikipédia).

Baltika possède la plus grande brasserie du pays à Saint-Pétersbourg, et une série de brasseries plus petites dans toute la Fédération de Russie, ainsi qu’une filiale à Bakou, en Azerbaïdjan. Pour la majeure partie du nouveau millénaire et jusqu’à aujourd’hui, la part de l’entreprise sur le marché russe de la bière est supérieure à 35 %.

L’article du FT parle de Baltika comme d’une propriété de Carlsberg, mais Carlsberg n’a pas fondé ou construit Baltika : elle avait un intérêt dans Baltika du fait d’une participation partielle dans la société holding Baltic Beverages Holding (BBH) remontant aux années 1990. Je n’entrerai pas dans l’histoire de la propriété de BBH, mais il est nécessaire d’expliquer que des entreprises de trois pays de la région baltique ont participé à sa création en 1991 : Hartwall (Finlande), Pripps (Suède) et Ringnes (Norvège).

Les années 1990 et le début des années 2000 ont été une période de consolidation de l’industrie mondiale de la bière, et les propriétaires de BBH ont tous été soumis à cette tendance universelle. L’un des survivants mondiaux a été le danois Carlsberg, qui a racheté un autre propriétaire partiel de BBH (Scottish & Newcastle, Grande-Bretagne) au début du nouveau millénaire. Ce n’est qu’en 2008 que Carlsberg a pris le contrôle total de Baltika. À l’époque, Baltika était l’entreprise de Carlsberg à la croissance la plus rapide et la plus rentable au monde.

La crise économique mondiale de 2008 a frappé le marché russe de la brasserie au moment même où l’ensemble de l’économie subissait une grave récession. Baltika s’est redressée dans les années qui ont suivi, mais n’a plus jamais été aussi rentable qu’au moment de son acquisition par Carlsberg.

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Comme nous le savons tous, le « régime Poutine » est dirigé par des escrocs avares qui se remplissent les poches aux dépens de la population. Comme nous le savons tous, Poutine est irrationnel et ses actions sont imprévisibles.

Ces principes guident les premières phrases du premier article du FT sur les nationalisations :

« Vladimir Poutine a ordonné la saisie des activités russes de Danone et de Carlsberg après que des hommes d’affaires proches du Kremlin aient exprimé leur intérêt pour ces actifs, selon des personnes proches de la décision. »

Nous trouvons également la suite ici :

« Les frères Kovalchuk, qui comptent parmi les plus proches amis de Poutine, avaient déjà fait part de leur intérêt pour Baltika, dont le siège se trouve à Saint-Pétersbourg, leur ville natale, selon deux personnes connaissant bien le dossier ».

L’article suivant du FT présente une vue d’ensemble des nationalisations :

« Plusieurs mois après l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, un vétéran des privatisations massives en Russie dans les années 1990 a reçu un appel d’un ‘ami de longue date’. L’ami s’est exclamé avec enthousiasme : ‘C’est la privatisation 2.0 !’ et a suggéré d’unir leurs forces ‘comme au bon vieux temps’ pour mettre la main sur des usines appartenant à des entreprises occidentales qui voulaient maintenant se retirer de la Russie à cause de l’Ukraine. Cette ruée n’est pas sans rappeler la première grande braderie russe qui a suivi l’effondrement de l’Union soviétique, lorsque des oligarques liés au Kremlin se sont emparés d’actifs de premier ordre à des prix défiant toute concurrence ».

« Aujourd’hui, les actifs proposés sont tous occidentaux et les acheteurs potentiels n’ont besoin que de liens étroits avec le président russe. ‘C’est comme au Venezuela’, a déclaré un homme d’affaires moscovite de premier plan. Ils donnent ce qu’il y a de mieux à leurs copains […] et ensuite tout va partir en vrille ».

D’après les textes du FT, nous pouvons conclure que les initiés du Kremlin sont à l’origine des saisies de propriétés d’entreprises étrangères et que les confiscations à venir sont tout à fait imprévisibles.

Pourtant, le FT ne cite que deux grandes entreprises occidentales qui ont perdu leurs actifs en Russie sur ordre de l’État avant les décrets du 16 juillet : Uniper (Allemagne) et Fortum (Finlande).  Dans chaque cas, il est assez facile de comprendre pourquoi la Russie a agi comme elle l’a fait. La saisie d’Uniper était une réponse à la confiscation par l’Allemagne des actifs de Rosneft dans son pays. La saisie des actifs de Fortum peut être comparée à l’annulation sommaire par les Finlandais de leur contrat de plusieurs milliards d’euros avec Rosatom pour la construction d’une centrale nucléaire en Finlande. La production d’équipements pour cette centrale et d’autres dépenses importantes avaient été supportées par le fournisseur public russe Rosatom sans aucune possibilité de compensation.

En ce qui concerne les dernières nationalisations, les deux pays concernés ont donné à la Russie de nombreuses raisons d’agir. La France a été l’un des principaux fournisseurs de matériel de guerre avancé à l’Ukraine, y compris, plus récemment, la livraison de sa version des missiles à longue portée Storm Shadow. Le Danemark a été le principal pays à faire pression pour la livraison de F-16 à l’Ukraine, y compris des avions à capacité nucléaire provenant de son propre inventaire.

Et pour l’avenir ? L’émission Sixty Minutes a récemment présenté un reportage sur la Belgique qui s’ouvrait sur une photo souriante du Premier ministre belge De Croo. L’idée était que la Belgique devrait être prête à voir nationaliser les investissements de plusieurs milliards d’euros de ses grandes entreprises, comme Solvay dans la chimie et Glaverbel dans le verre plat, en réponse à la vantardise de M. De Croo qui affirme que son pays détient la plus grande somme d’actifs gelés de la Banque centrale russe et qui annonce son intention d’envoyer à l’Ukraine, à titre d’aide humanitaire, les dizaines de millions d’euros que ces investissements russes rapportent en intérêts et en dividendes.

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Examinons maintenant le texte du deuxième article dans le reportage du FT, qui raconte également une histoire très différente des considérations arbitraires et vénales à l’origine des dernières nationalisations :

« Selon un oligarque russe, le Kremlin utilise les actifs occidentaux pour acheter la loyauté de l’élite économique du pays, dont une grande partie s’irrite en privé de la guerre mais a décidé de rester dans le pays en raison des sanctions occidentales. Les gens ont perdu leur capital à l’extérieur de la Russie, mais ils sont dédommagés au niveau national. Ils peuvent à nouveau gagner l’argent qu’ils ont perdu au Royaume-Uni ou ailleurs », a déclaré l’oligarque.

Ce qui précède est présenté au milieu d’un article qui se veut anti-Poutine. Mais ces mêmes observations au milieu de l’article peuvent et doivent être lues d’une manière totalement différente, comme exposant la logique guidant des décisions très raisonnables profitant à la stabilité du pays, punissant les ennemis acharnés à l’étranger et récompensant les loyalistes à l’intérieur du pays. L’évaluation que nous faisons des nationalisations dépend alors de la qualité de la nouvelle direction et des nouveaux propriétaires. D’après l’article du FT, on suppose qu’il s’agit des mêmes voleurs et escrocs qui sont devenus des oligarques dans les années Eltsine aux dépens du gouvernement fédéral et de la population en général. Mais est-ce justifié ? Laissons de côté la question de savoir qui, parmi l’entourage de Poutine, pourrait devenir le principal actionnaire. Examinons plutôt qui a été désigné comme dirigeant effectif.

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Nous nous demandons donc qui est M. Bolloev et quelles sont ses qualifications pour son nouveau poste de président de Baltika, qui, depuis le 16 juillet, est une propriété nationalisée de l’État russe.

Que nous dit le FT à son sujet ?

« Taimuraz Bolloev, un ami personnel de Poutine qui a des liens d’affaires avec les alliés les plus puissants du président, est le nouveau directeur de la brasserie Baltika de Carlsberg ». Et, plus loin : « …Bolloev, qui a déjà dirigé Baltika dans les années 1990, serait proche des milliardaires Yuri et Mikhail Kovalchuk. »

Les Kovalchuk sont identifiés par le FT comme les futurs propriétaires probables de Baltika nationalisée. Mais je ne me laisserai pas distraire par cette question, puisqu’ils ne dirigeront pas l’opération et que la présence de Bolloev à la tête de l’entreprise est la meilleure garantie qu’il n’y aura pas de démembrement des actifs ou d’écrémage excessif des bénéfices pour des raisons qui devraient être tout à fait claires lorsque j’expliquerai le passé de Bolloev.

Taimuraz Bolloev n’est pas un nom très russe, me direz-vous. Et vous avez raison : c’est un Ossète, originaire d’Ossétie du Nord, la même patrie dans le Caucase que le chef d’orchestre Valery Gergiev, et il a le même âge. Tous deux sont arrivés à Pétersbourg dans leur jeunesse et ont fait une carrière exceptionnelle dans la plus russe des villes.

Je n’irai pas par quatre chemins : Bolloev est un véritable professionnel de la brasserie. Dans les années 1980, il a gravi les échelons de la hiérarchie de la brasserie d’État Stepan Razine, maîtrisant toutes les techniques de production avant d’atteindre le poste de brasseur en chef.

De 1991 à 2004, il a été directeur, puis directeur général et enfin président de Baltika à Saint-Pétersbourg. Selon Wikipédia, au cours des 8 premières années de son mandat, Baltika a multiplié par 18 sa capacité de production. Sous la direction de Bolloev, Baltika est devenu le plus grand producteur de bière de Russie.

En 2004, lorsque Carlsberg a renforcé son contrôle sur Baltika, Bolloev a quitté l’entreprise. Ni le FT ni Wikipédia ne disent quoi que ce soit sur les conditions de son départ, mais comme je suivais de près l’entreprise à l’époque, j’ai été surpris d’apprendre qu’il s’était ensuite lancé dans l’industrie de l’habillement, où il a racheté des entreprises et s’est imposé comme un entrepreneur de premier plan. Il m’est alors apparu clairement que Bolloev n’avait pas été qu’un simple employé de Baltika, mais qu’il était devenu un actionnaire important lorsqu’il a quitté l’entreprise.

Bolloev a investi massivement dans les équipements de production les plus récents pour ses usines de vêtements, qui se sont rapidement lancées dans le secteur des « vêtements spéciaux » et des uniformes. En fin de compte, ses entreprises sont devenues les principaux fournisseurs d’uniformes de l’armée russe. On dit que ses uniformes ont considérablement amélioré la qualité de l’équipement des soldats.

Après la guerre russo-géorgienne de 2008, Bolloev est devenu le plus gros investisseur extérieur en Ossétie du Sud. Rappelons que l’Ossétie du Sud était une partie de la Géorgie qui avait déclaré son indépendance de Tbilissi plus d’une décennie auparavant et était effectivement autonome jusqu’à ce que le président géorgien Saakachvili décide de reprendre la province par la force à l’été 2008.

À partir de 2005, Bolloev s’est engagé dans la reconstruction de plusieurs bâtiments historiques importants à Saint-Pétersbourg par l’intermédiaire de ses entreprises de construction. Il a également apporté une contribution majeure aux institutions culturelles et à la création de monuments en Ossétie du Nord et du Sud. Il siège au conseil de l’Association des entrepreneurs russes.

Il n’est pas exagéré de dire que Taimuraz Bolloev est la personne la plus expérimentée et la mieux préparée en Russie aujourd’hui pour prendre en charge Baltika. Compte tenu de son engagement de longue date à l’égard de Baltika, il est très improbable que Bolloev permette un démembrement des actifs ou un écrémage excessif des bénéfices par l’un ou l’autre des actionnaires.

Cela étant, je pense que les nationalisations sont justifiées et rationnelles et qu’elles sont susceptibles de servir les intérêts du peuple et de l’État russes.

‘The Financial Times,’ Danone, Baltika and how Russia is striking back

‘The Financial Times,’ Danone, Baltika and how Russia is striking back

I have no doubt that among readers of these pages there are those who wonder why I remain a paying subscriber to the leading mainstream newspaper Financial Times given that so often I hold the paper up as an example of how mainstream distorts news reporting to satisfy the anti-Putin, anti-Russian bias of the editorial board.

The answer to that question lies in something more valuable even than the amusement and distraction value to be found in the Weekend edition, and particularly in the Lunch with the FT column, which is very well written journalism.  Amusement used to justify my subscription to The New York Times, but when recipes overran the space formerly given to book reviews or travel reports, I cancelled it; there was no other redeeming virtue to the daily. In the case of Financial Times, that virtue lies in the occasional feature articles on a company or industrial sector. Such was the case in two articles over the past week directing in depth attention where almost no one else is looking.  See “Kremlin oligarchs eye Carlsberg assets as Kadyrov ally takes over Danone unit” by Max Seddon, Anastasia Stognei and Adrienne Klasa.

https://www.ft.com/content/d5234953-cddf-4b64-8a55-dc749843ab5c

The follow-on article was entitled “Trapped or nationalised: walls close in on western businesses in Russia” by Max Seddon and Anastasia Stognei. https://www.ft.com/content/c6108c1a-97dc-4469-aeb3-8b81ab52aaa9

These articles tell us a good deal about the nationalization on 16 July of the major Russian production operations owned by French and Danish mother companies. I take a special interest, because in my earlier careers as country manager or consultant to very large European corporations setting up business in Russia (1994-2000) then as incorporator of a translation company in St Petersburg (2000-2004) I did some work for both of these concerns and enjoyed an insider’s view of their activities.

For Danone, in 1997-1988 I performed business development research to guide their planned entry into a dairy category which was unknown to them (syrniki) but which could serve as a useful platform for nationwide distribution because it went into the daily lunch bag of nearly every child of school age in Russia. My work entailed entering into talks on Danone’s behalf with a half-dozen Russian leading Russian companies in this sector for the sake of co-production under the Danone trade mark.

For Baltika, my company was performing translations into English of all their press releases and of a great deal of marketing and promotional material.

The FT articles I have cited give an anti-Putin spin to everything they describe by withholding information that would have been easily procurable and relevant, or by malicious defamation of key actors. I have found some of the missing information in Wikipedia. Moreover, even without that extra step, I have arrived at different overall conclusions about the significance of the nationalizations by reordering the very points made by the authors that are buried in the text and not brought to the opening or concluding paragraphs.  I believe this exercise is important and should be shared with readers, because it demonstrates that often you do not have to access alternative media to understand where the truth lies with respect to the Russia-Ukraine war, but just have to pay attention to contradictions within the reports of mainstream.

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To keep this analytical essay within manageable size, I will here devote attention exclusively to Baltika, the company that I knew best and longest as an insider, and the company about which the most information is accessible in public sources (Wikipedia).

Baltika owns the country’s largest brewery, in St Petersburg, and a string of smaller breweries across the whole of the Russian Federation, with a daughter company in Baku, Azerbaijan. For most of the new millennium and up to today, the company’s share of the Russian beer market is over 35%.

The FT article speaks of Baltika as a Carlsberg property but Carlsberg did not found or build Baltika: it had an interest in Baltika from a partial ownership of the holding company Baltic Beverages Holding (BBH) going back to the 1990s. I will not go into the whole story of BBH ownership, but it is necessary to explain that there were companies of three Baltic region countries which participated in its creation in 1991:  Hartwall (Finland), Pripps (Sweden) and Ringnes (Norway).

The 1990s and early 2000s were a time of consolidation of the global beer industry, and the owners of BBH were all subject to that universal trend. One of the global survivors was Denmark’s Carlsberg which bought out another part owner of BBH (Scottish & Newcastle, Britain) early in the new millennium. Only in 2008 did Carlsberg take full control of Baltika. At that time, Baltika was the fastest growing and most profitable of Carlsberg’s operations worldwide. 

The global economic crash of 2008 hit the Russian beer brewing market just as the entire economy suffered a severe recession. Baltika recovered in the ensuing years, but never again would be as profitable as at the time of its acquisition by Carlsberg.

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As we all know, the “Putin regime” is run by avaricious thieves who line their pockets at the public’s expense. As we all know, Putin is irrational and his moves are unforeseeable. 

These principles guide the opening sentences of the first FT article on the nationalizations:

“Vladimir Putin ordered the seizure of Danone and Carlsberg’s Russian operations after businessmen close to the Kremlin expressed an interest in the assets, according to people close to the decision.”

We also find here the following:

“The Kovalchuk brothers, who are among Putin’s closest confidants, had previously signaled their interest in Baltika, which is based in their native St Petersburg, according to two people familiar with the matter.”
An overview of the nationalizations is set out in the FT’s follow-on article:

“Several months into Vladimir Putin’s invasion of Ukraine, a veteran of Russia’s mass privatisations in the 1990s received a call from an “old-time friend”. ‘This is privatisation 2.0!’ the friend exclaimed enthusiastically, suggesting they join forces ‘like in the good old times’ to get hold of factories owned by western companies that now wanted to pull out of Russia because of Ukraine. The scramble has parallels with Russia’s first great sell-off following the collapse of the Soviet Union, when Kremlin-connected oligarchs snatched up prime assets at bargain prices.”

“Now, the assets on offer are all western, and all prospective buyers need are close ties to the Russian president. ‘This is like Venezuela,’ a senior Moscow businessman said. ‘They’re giving the best to their cronies . . . and then everything will go to shit.”’

From the FT texts, we may conclude that Kremlin insiders are driving the seizures of foreign corporate properties and that what confiscations lie ahead are entirely unforeseeable.

And yet, the FT names only two major Western companies that lost their assets in Russia by state order previous to the decrees of 16 July:  Germany’s Uniper and Finland’s Fortum.  In each case, it is fairly easy to see why Russia acted as it did. The seizure of Uniper was in response to Germany’s confiscation of Rosneft assets in their country. The seizure of Fortum assets may be set against the Finn’s summary cancellation of their multi-billion euro contract with Rosatom to construct a nuclear power plant in Finland. Production of equipment for that plant and other heavy expenses had been borne by the Russian state supplier Rosatom without any likelihood of compensation.

As regards the latest nationalizations, both of the involved countries have given Russia ample cause to act. France has been a major supplier of advanced war materiel to Ukraine, including most recently the shipment of their version of the Storm Shadow long range missiles.  Denmark has been the lead country in pressing for delivery of F-16s to Ukraine, including nuclear-capable planes from their own inventory.

And as for the future?  The talk show Sixty Minutes recently presented a feature report on Belgium which opened with a smiling photo of Belgian Prime Minister De Croo.  The point was that Belgium should be prepared to see nationalization of the multi-billion euro investments of its major  corporations like Solvay in chemicals and Glaverbel in plate glass in response to Mr De Croo’s boasting of his country’s holding the largest sum of frozen assets of the Russian Central Bank and of his announcing plans to send to Ukraine as humanitarian aid the tens of millions of euros that these Russian investments are earning in interest and dividends.

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 Now let us consider the text of the second article in the FT reportage which also tells a very different story from arbitrary and venal considerations driving the latest nationalizations:

“According to one Russian oligarch, the Kremlin is using western assets to buy the loyalty of the country’s business elite, many of whom privately chafe at the war but have decided to stay in the country because of western sanctions. ‘People have lost their capital outside Russia, but they are being compensated domestically. They can make the same money they lost in the UK or wherever again,’ the oligarch said.”

The foregoing is set out in the midst of an article that is meant to be anti-Putin.  But these very observations in the middle of the article can and should be read in an entirely different manner, as setting out the logic guiding very reasonable decisions benefiting stability in the country, punishing  cruel enemies abroad and rewarding loyalists at home. The valuation we put on the nationalizations then turns on the quality of the new management and owners. From the FT article, one assumes they are the same thieves and con men who became oligarchs in the Yeltsin years at the expense of the federal government and of the broad population. But is this justified? Let us put aside the question of who from among the Putin entourage may become the principal shareholders. Instead let us consider who has been named as the effective manager.

                                                                  *****

And so, we ask who is Mr. Bolloev and what are his qualifications for his new position as President of Baltika in its new status since 16 July as a nationalized property of the Russian state.

What does the FT tell us about him?

 “Taimuraz Bolloev, a personal friend of Putin’s who has business ties to the president’s most powerful allies, is the new head of Carlsberg’s Baltika brewery.”  And further: “…Bolloev, who previously ran Baltika in the 1990s, is reportedly close to billionaires Yuri and Mikhail Kovalchuk.”

The Kovalchuks are identified by the FT as the likely future owners of nationalized Baltika.  But I will not be sidelined by that issue, since they will not be running the operation, and the presence of Bolloev at the top is the best assurance that there can be no asset stripping or excess skimming of profits for reasons that should be entirely clear when I explain the past of Bolloev.

Taimuraz Bolloev is not a very Russian name, you may say. And you are right – he is an Ossetian, from North Ossetia, the same homeland in the Caucasus as conductor Valery Gergiev and of the same age. Both came to Petersburg as young men and made spectacular careers in this most Russian of cities.

Let me not mince words: Bolloev is a through and through professional in the beer brewing business.  In the 1980s he worked his way up the management hierarchy of the state brewery Stepan Razin, mastering all the production techniques before achieving the position of Chief Brewer.

From 1991-2004 he was the Director, then General Director and finally President of Baltika in St Petersburg.  As Wikipedia tells us, in the first 8 years of his tenure, Baltika increased its production capacity 18 times. Under Bolloev, Baltika became the largest beer producer in Russia.

In 2004, when Carlsberg increased its control of Baltika, Bolloev left the company.  Neither the FT nor Wikipedia says anything about the terms of his departure, but as I was closely following the company back then, I was surprised to learn that his next move was to enter the clothing industry, where he bought out companies and emerged as a high profile entrepreneur.  It was clear to me then that Bolloev had not been a simple hired hand at Baltika but was a substantial share owner when he left.

Bolloev invested heavily in the latest production equipment for his clothing factories, which quickly moved into the sector of “special clothing” and uniforms. Ultimately his companies became key suppliers of uniforms to the Russian army. His uniforms are said to have marked a great improvement in the quality of soldiers’ kit.

After the 2008 Russian-Georgian war, Bolloev became the biggest outside investor in Southern Ossetia. Let us recall that Southern Ossetia was a part of Georgia which had declared its independence from Tbilisi more than a decade earlier and was effectively autonomous till Georgian President Saakashvili decided to retake the province by force in the summer of 2008.

From 2005, Bolloev was engaged in reconstruction of several historically important buildings in St Petersburg through his construction companies.  He also was a major contributor to cultural institutions and to the creation of monuments in Ossetia, North and South.  He is on the council of the Russian Entrepreneurs’ Association.

 It would not be an exaggeration to say that Taimuraz Bolloev is the most experienced and best prepared person in Russia today to take charge of Baltika. Given his long commitment to Baltika, it is most improbable that Bolloev would allow asset stripping or excessive skimming of profits by any shareholders.

With that point, I suggest that the nationalizations are justified and rational and likely to serve the interests of the Russian people and state.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of ‘Crimean Bridge bombing: first thoughts’

Translations below into French (Youri), German (Andreas Mylaeus) and Spanish (Hugo Guido)

Attentat à la bombe sur le pont de Crimée : premières réflexions

Il y a quelques heures, WION, la principale chaîne de télévision de langue anglaise en Inde, m’a contacté pour me demander de commenter les informations de la BBC selon lesquelles le pont de Crimée avait été bombardé et que tout le trafic de voitures particulières sur le pont avait été suspendu.

La BBC se targue d’être « le leader mondial de l’information en continu » et, en effet, elle a tenu sa promesse d’être la première à couvrir l’événement. Le chef du bureau de Moscou, Steve Rosenberg, et son équipe ne font des reportages en Russie que par intermittence, lorsqu’il y a un fait nouveau auquel les rédacteurs peuvent donner la tournure anti-Poutine et anti-Russie nécessaire.  L’attaque du pont répondait parfaitement à leurs objectifs.

Entre-temps, le Financial Times et le New York Times se sont montrés très circonspects, se limitant essentiellement à publier une photo de la partie endommagée du pont qui raconte sa propre histoire : à savoir que cette fois-ci, il ne s’agissait pas de la partie de la travée du pont qui s’élève au-dessus de la voie navigable, comme cela s’est produit lors de la première attaque à la roquette sur le pont à l’automne dernier.  Non, cette fois-ci, il s’agissait d’une partie basse du pont, qui sera probablement réparée dans un délai beaucoup plus court.

Quant aux Russes, ils n’ont pratiquement pas communiqué sur l’attentat, si ce n’est pour nous dire qu’une famille de trois personnes de la région voisine a été victime : les deux parents sont morts dans l’explosion et leur fille adolescente est actuellement à l’hôpital, mais ses jours ne sont pas en danger.

Les Ukrainiens n’ont pas encore assumé la responsabilité de l’attentat, mais des sources d’information pro-ukrainiennes nous disent que le pont est une cible légitime dans la guerre en raison de son importance dans l’approvisionnement en matériel de guerre des forces russes engagées dans la guerre en Ukraine.

Permettez-moi tout d’abord de contester cette justification : la capacité de trafic sur le pont aujourd’hui est entièrement occupée par le déplacement de vacanciers dans leurs voitures vers et depuis la Crimée. C’est la haute saison et il y a eu des kilomètres de files d’attente du côté du continent pour accéder au pont et rejoindre les destinations de vacances sur la péninsule.  Le trafic militaire est quant à lui confiné au pont ferroviaire parallèle, qui n’a pas été attaqué. Nous pouvons donc conclure que le seul objectif de l’attaque était purement terroriste, dans le sens où il s’agissait d’inspirer la crainte à la population civile de Russie et de la détourner des vacances en Crimée. À l’heure actuelle, les autorités de Crimée affirment que tous les vacanciers bloqués sur place verront leur séjour prolongé automatiquement et gratuitement par les hôteliers jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour leur retour.

Maintenant, la question essentielle est de savoir à quoi nous pouvons nous attendre de la part de la Russie en réponse à cette attaque ukrainienne. Je vais spéculer un peu, si vous le voulez bien.

N’oublions pas que les attaques maritimes contre les navires et les infrastructures russes à Sébastopol et dans ses environs ont jusqu’à présent bénéficié de l’aide et de la complicité des forces spéciales d’un seul pays : le Royaume-Uni. On peut supposer que les Britanniques sont entièrement à l’origine de cette attaque contre le pont de Crimée. On peut raisonnablement penser que le Kremlin est du même avis.

Dans ces conditions, la réaction logique des Russes sera d’attaquer les biens et les infrastructures britanniques, et non de bombarder Kiev jusqu’à l’âge de pierre, ce qui est tout à fait en leur pouvoir.

Comme le rappelle le talk-show russe éponyme, « l’avenir nous le dira ».

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Le lien vers mon interview sur WION se trouve ci-dessous. Curieusement, lorsque nous sommes passés à l’antenne, le présentateur a détourné la discussion de l’attentat à la bombe sur le pont et m’a demandé mon interprétation de la suspension par la Russie de sa participation aux accords d’exportation des céréales ukrainiennes, qui n’a aucun rapport avec l’attentat.

Bombardierung der Krim-Brücke: erste Überlegungen

Vor einigen Stunden wurde ich von WION, dem größten englischsprachigen Fernsehsender Indiens, kontaktiert und gebeten, die BBC-Berichte zu kommentieren, wonach die Krim-Brücke bombardiert und der gesamte Pkw-Verkehr auf der Brücke eingestellt worden sei.

Die BBC rühmt sich, “weltweit führend bei Eilmeldungen” zu sein, und in der Tat hat sie ihr Wort gehalten, als erste über die Geschichte zu berichten. Ihr Moskauer Büroleiter Steve Rosenberg und sein Team berichten nur sporadisch aus Russland, wenn es Neuigkeiten gibt, denen die Redakteure den nötigen Anti-Putin- und Anti-Russland-Dreh geben können. Der Angriff auf die Brücke passte hervorragend zu ihren Zwecken.

Die Financial Times und die New York Times waren bisher sehr zurückhaltend und haben sich im Wesentlichen darauf beschränkt, ein Foto des beschädigten Brückenteils zu veröffentlichen, das eine eigene Geschichte erzählt: nämlich dass es diesmal nicht der Teil der Brückenspannweite war, der hoch über die Wasserstraße ragt, wie bei dem ersten Raketenangriff auf die Brücke im letzten Herbst. Nein, diesmal war es ein niedriger Teil der Brücke, der vermutlich in viel kürzerer Zeit repariert werden wird.

Was die Russen betrifft, so haben sie so gut wie keinen Bericht über den Bombenanschlag herausgegeben, außer dass sie uns mitteilen, dass eine dreiköpfige Familie aus der nahe gelegenen Region zu den Opfern gehört: Die beiden Eltern starben an Ort und Stelle an den Folgen der Explosion, und die halbwüchsige Tochter befindet sich jetzt im Krankenhaus, aber ihr Leben ist nicht in Gefahr.

Die Ukrainer haben noch nicht die Verantwortung für den Angriff übernommen, aber pro-ukrainische Informationsquellen sagen uns, dass die Brücke wegen ihrer Bedeutung für die Lieferung von Kriegsmaterial an die russischen Streitkräfte im Ukraine-Krieg ein geeignetes Kriegsziel ist.

Erlauben Sie mir zunächst, diese Rechtfertigung in Frage zu stellen: Die Verkehrskapazität der Brücke ist heute vollständig durch den Transport von Urlaubern in ihren Autos von und zur Krim ausgelastet. Es ist Hochsaison, und auf der Festlandsseite gab es kilometerlange Schlangen, die darauf warteten, auf die Brücke zu gelangen und Urlaubsziele auf der Halbinsel zu erreichen. Der militärische Verkehr beschränkt sich sicherlich auf die separate, parallel verlaufende Eisenbahnbrücke, die nicht angegriffen wurde. Daraus lässt sich schließen, dass der einzige Zweck des Anschlags ein rein terroristischer war, um die russische Zivilbevölkerung in Angst und Schrecken zu versetzen und sie von einem Urlaub auf der Krim abzuhalten. Derzeit sagen die Behörden auf der Krim, dass alle Urlauber, die jetzt dort festsitzen, ihre Hotelaufenthalte automatisch und ohne Kosten von den Hoteliers verlängert bekommen, bis eine Lösung für ihre Rückkehr gefunden ist.

Die entscheidende Frage ist nun, was wir als russische Antwort auf diesen ukrainischen Angriff erwarten können. Ich werde ein wenig spekulieren, wenn Sie so wollen.

Erinnern wir uns daran, dass die bisherigen Angriffe auf russische Marineschiffe und Infrastrukturen in und um Sewastopol von den Spezialkräften eines Landes unterstützt und gefördert wurden: dem Vereinigten Königreich. Es ist eine begründete Vermutung, dass die Briten hinter diesem Angriff auf die Krim-Brücke stecken. Man kann davon ausgehen, dass der Kreml dieselbe Meinung vertritt.

Wenn das der Fall ist, wird die logische russische Antwort darin bestehen, britische Einrichtungen und britische Infrastrukturen anzugreifen, und nicht darin, Kiew in die Steinzeit zu bomben, was durchaus in ihrer Macht liegt.

Wie die gleichnamige russische Talkshow uns daran erinnert, “die Zeit wird es zeigen”.

©Gilbert Doctorow, 2023

Den Link zu meinem WION-Interview finden Sie unten. Als wir auf Sendung gingen, lenkte der Moderator die Diskussion merkwürdigerweise vom Bombenanschlag auf die Brücke ab und bat mich um meine Interpretation der völlig unzusammenhängenden Aussetzung der russischen Beteiligung an den Vereinbarungen für den Export ukrainischen Getreides.

Atentado contra el puente de Crimea: primeras reflexiones

Hace un par de horas, WION, la principal emisora de televisión en inglés de la India, se puso en contacto conmigo con la solicitud de que comentara los informes de la BBC de que el puente de Crimea había sido bombardeado y todo el tráfico de automóviles de pasajeros en el puente estaba suspendido.

La BBC se enorgullece de ser “el líder mundial de noticias de última hora” y, de hecho, fueron fieles a su palabra de ser los primeros en contar la historia. Su jefe de la oficina en Moscú, Steve Rosenberg, y su equipo informan solo intermitentemente desde Rusia cuando hay algún desarrollo de noticias al que los editores puedan dar el necesario giro anti-Putin y anti-ruso. El ataque al puente se adaptó brillantemente a sus propósitos.

Mientras tanto, The Financial Times y The New York Times hasta ahora han sido muy circunspectos, esencialmente limitando su cobertura a emitir una foto de la sección dañada del puente que de por sí cuenta su propia historia: a saber, que esta vez no fue la parte del tramo del puente que se eleva por encima de la vía fluvial, como sucedió en el primer ataque con cohetes el otoño pasado. No, esta vez fue una sección baja del puente, que presumiblemente será reparada en un marco de tiempo mucho más corto.

En cuanto a los rusos, casi no han emitido ningún informe sobre el bombardeo, aparte de decirnos que una familia de tres de la región cercana fue víctima en el ataque: los dos padres murieron en el acto por la explosión y su hija adolescente está ahora en el hospital, pero su vida no está en peligro.

Los ucranianos aún no han asumido la responsabilidad del ataque, pero fuentes de información pro-Ucrania nos dicen que el puente es un objetivo justificado en la guerra debido a su importancia en el suministro de material bélico a las fuerzas rusas involucradas en la guerra de Ucrania.

Permítanme en primer lugar cuestionar esa justificación: hoy en día la capacidad de tráfico en el puente está totalmente ocupada por los automovilistas que vacacionan hacia y desde Crimea. Esta es temporada alta y ha habido largas filas de kilómetros en el lado continental esperando poder acceder al puente y llegar a los destinos vacacionales de la península. El tráfico militar seguramente se limita al puente ferroviario que corre en paralelo y está separado, pero que no fue atacado. Y así podemos concluir que el único propósito del ataque fue puramente terrorista, en el sentido de infundir temor en la población civil en general de Rusia y alejarla de las vacaciones en Crimea. En la actualidad, las autoridades de Crimea dicen que todos los vacacionistas que ahora están allí atrapados en los hoteles, tendrán sus estadías extendidas automáticamente por los hoteleros sin costo alguno hasta que se encuentre una solución para su regreso.

Ahora, la pregunta esencial es qué podemos esperar a través de la respuesta rusa a este ataque ucraniano. Voy a especular un poco, por así decirlo.

Recordemos que los ataques marinos contra buques de guerra rusos y la infraestructura en Sebastopol y sus alrededores hasta ahora han sido apoyados e instigados por las fuerzas especiales de un país: el Reino Unido. Es una suposición sensata que los británicos estaban completamente detrás de este ataque al puente de Crimea. Sería razonable esperar que el Kremlin tenga la misma opinión.

Siendo ese el caso, la respuesta rusa lógica sería atacar los activos británicos, la infraestructura británica, no bombardear y reducir Kiev a la edad de piedra, lo cual está dentro de su capacidad.

Como nos recuerda el programa de entrevistas ruso del mismo nombre, “el tiempo lo dirá”.

Crimean Bridge bombing: first thoughts

A couple of hours ago, I was contacted by WION, the major English language television broadcaster of India, with request that I comment on BBC reports that the Crimean bridge had been bombed and all passenger car traffic on the bridge was suspended.

The BBC prides itself on being “the world leader of Breaking News” and indeed they were true to their word on being first on the story. Their Moscow bureau chief Steve Rosenberg and team report only intermittently from Russia when there is some news development which the editors can give the necessary anti-Putin, anti-Russian spin.  The attack on the bridge suited their purposes brilliantly.

Meanwhile, The Financial Times and the New York Times so far have been very circumspect, essentially limiting their coverage to issuing a photo of the damaged section of the bridge which tells its own story: namely that this time it was not the part of the bridge span that soars high above the waterway, as happened in the first rocket attack on the bridge last fall.  No, this time it was a low section of the bridge, which presumably will be repaired in a much shorter time frame.

As for the Russians, they have issued almost no report on the bombing other than to tell us that a family of three from the nearby region were victims: the two parents died on the spot from the explosion and their adolescent daughter is now in hospital but her life is not in danger.

The Ukrainians have not yet taken responsibility for the attack but pro-Ukraine information sources tell us that the bridge is a fair target in the war because of its importance in supplying war materiel to the Russian forces engaged in the Ukraine war.

Allow me first to challenge that justification:  the traffic capacity on the bridge today is entirely occupied moving vacationers in their cars to and from Crimea. This is peak season and there have been kilometers long lines on the mainland side waiting to access the bridge and reach holiday destinations on the peninsula.  Military traffic surely is confined to the separate, parallel railroad bridge, which was not attacked. And so we may conclude that the sole purpose of the attack was purely terrorist, in the sense of instilling dread in the general civilian population of Russia and turning them away from Crimean vacations.  At present, the authorities in Crimea say that all vacationers who are now stuck there will have their hotel stays extended automatically by the hoteliers at no expense till a solution for their return is arrived at.

Now, the essential question is what may we expect by way of Russian response to this Ukrainian attack. I will speculate a bit, if you will.

Let us remember that the marine attacks on Russian naval vessels and infrastructure in and around Sevastopol till now have been aided and abetted by the special forces of one country: the United Kingdom.  It is an educated guess that the Brits were entirely behind this attack on the Crimean bridge.   It would be reasonable to expect that the Kremlin is of the same opinion.

That being the case, the logical Russian response will be to attack BRITISH assets, British infrastructure, not to bomb Kiev into the stone age, which is well within their power.

As the eponymous Russian talk show reminds us “time will tell.”

©Gilbert Doctorow, 2023

The link to my WION interview is below. Curiously, when we went on air the news host turned the discussion away from the bridge bombing and sought my interpretation of the totally unrelated Russian suspension of its participation in the arrangements for export of Ukrainian grain.