One Earth, One Family, One Future? The G-20 Summit as viewed on Press TV (Iran)

Yesterday, at midway through the G20 meetings in India, Iran’s Press TV hosted a discussion on the proceedings in which I participated alongside geopolitical analyst Peter Koenig based in Valencia.

This discussion took place before the announcement from New Delhi that the G20 members had reached agreement on the text of their final declaration after a compromise was found with respect to the single most contentious issue, the wording of their statement on the Russia-Ukraine War.  This achievement changes considerably how the G20 will go down in history, as does another key landmark decision taken in Delhi later in its session, the admission of the African Union as a full-fledged member of the group.

The G20 opened under inauspicious circumstances, namely the decision of President Putin of Russia and Chairman Xi Jinping of China not to attend. The point of their absence was to say that the G20 has outlived its usefulness as a governing board of the global economy and its place is being assumed by the expanding BRICS. What we now see is that the G20 is being transformed under the influence of BRICS.

I intend to expand on this theme in an interview I will be giving to the WION television channel of India later this morning.

©Gilbert Doctorow, 2023

https://www.urmedium.net/c/presstv/126093

See translations below into French (Youri)

Une seule terre, une seule famille, un seul avenir ?

Le sommet du G-20 vu par Press TV (Iran)

Hier, à mi-parcours des réunions du G20 en Inde, la chaîne iranienne Press TV a organisé une discussion sur les délibérations, à laquelle j’ai participé aux côtés de l’analyste géopolitique Peter Koenig, basé à Valence.

Cette discussion a eu lieu avant l’annonce par New Delhi que les membres du G20 étaient parvenus à un accord sur la déclaration finale après qu’un compromis ait été trouvé sur le point le plus litigieux, la formulation de leur déclaration sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ce résultat change considérablement la façon dont le G20 entrera dans l’histoire, tout comme une autre décision clé prise à Delhi plus tard dans la session, à savoir l’admission de l’Union africaine en tant que membre à part entière du groupe.

Le G20 s’est ouvert dans des circonstances peu propices, à savoir la décision du président de la Russie Poutine et du dirigeant de la Chine Xi Jinping de ne pas y assister. Leur absence avait pour but d’affirmer que le G20 n’avait plus sa raison d’être en tant que conseil d’administration de l’économie mondiale et que sa place était occupée par les BRICS, en pleine expansion. Nous constatons aujourd’hui que le G20 est en train de se transformer sous l’influence des BRICS.

J’ai l’intention de développer ce thème dans une interview que je donnerai à la chaîne de télévision indienne WION dans le courant de la matinée.

Translations of “Why Belgium is not sending F-16s to Ukraine”

Translations below into French (Youri), Italian (Weber Potsie) and German (Andreas Mylaeus)

Pourquoi la Belgique n’envoie pas de F-16 en Ukraine

Il serait juste de dire que le principal quotidien de langue française en Belgique, Le Soir, est un serviteur du gouvernement belge dans la diffusion de la propagande approuvée par l’État au sujet de la Russie et de la guerre russo-ukrainienne. Il s’agit là d’un honneur, ou d’une honte, selon le point de vue que l’on adopte. Mais ce fait rend particulièrement intéressant le fait que l’édition imprimée d’hier ait consacré une page entière à la question de l’envoi de F-16 en Ukraine, sous la plume du chef de son équipe « Monde », Philippe de Boeck. Dans ce long texte, nous trouvons des informations sur l’armée de l’air belge qui ne sont habituellement pas largement diffusées et qui nous en disent long sur les raisons pour lesquelles c’est l’OTAN, et non la Russie, qui est gravement affaiblie par la guerre.

L’espace en tête de cet article est occupé par une citation de Joseph Henrotin, un politologue belge qui occupe des postes à responsabilité dans plusieurs groupes de réflexion français spécialisés dans la stratégie militaire et l’analyse des risques, et qui est également rédacteur en chef de la revue Défense et sécurité internationale. Henrotin a déclaré : « Si elle le voulait vraiment, la Belgique pourrait livrer des F-16 à l’Ukraine ». Le sous-titre poursuit : « Si l’Occident souhaite que la guerre se termine rapidement, les alliés de Kiev ont toutes les raisons de fournir au plus vite un maximum d’avions de combat à l’Ukraine, estime Joseph Henrotin. Il explique pourquoi. »

L’auteur rappelle que l’Ukraine réclame depuis plusieurs mois des F-16, idéalement entre 120 et 160. La semaine dernière, trois Etats membres de l’OTAN, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège, ont annoncé qu’ils livreraient une soixantaine d’avions. La Belgique a accepté de former des pilotes et de soutenir les mécaniciens, mais pas de fournir des avions.

Ma dernière citation de la section d’introduction de l’article destinée à aiguiser l’appétit des lecteurs est constituée de quelques phrases en caractères gras : « Le général responsable des achats au ministère de la Défense a récemment déclaré au Standaard [quotidien belge de langue néerlandaise] que la Belgique ne pouvait pas livrer les F-16 à l’Ukraine parce qu’ils seront en fin de vie lorsque leurs successeurs arriveront. Est-ce vrai ou faux ? »

Après cette ouverture alléchante, l’article ne déçoit pas. Il fournit des informations détaillées sur les considérations que le gouvernement belge a pesées pour parvenir à sa décision de ne pas envoyer de F-16 à Kiev. Les aspects techniques ont été rendus publics, semble-t-il, alors que le motif principal, d’ordre politique, ne l’a pas été.

Sur le plan technique, la flotte belge de F-16 approche de la fin de sa durée de vie de 8 000 heures de vol, ce qui, si l’on considère le temps de vol annuel, équivaut à environ 25 ans. Toutefois, les avions de remplacement, les F-35, ne seront livrés à la Belgique qu’avec un retard de plusieurs années et s’étaleront sur un certain nombre d’années après les livraisons initiales. Par conséquent, les avions que la Belgique pourrait éventuellement envoyer à l’Ukraine n’auraient aucune valeur opérationnelle. Et même ceux qui se trouvent actuellement sur les pistes belges ne sont pas de la première fraîcheur. Leurs heures de vol restantes sont comptées.

Dans l’article, cet argument est contré par la remarque que l’Ukraine est en pleine guerre, qu’elle a besoin de rassembler un grand nombre d’avions pour représenter une menace pour les forces russes, ce qui pourrait conduire à des pourparlers de paix à des conditions favorables, et que le nombre d’heures de vol restantes sur chaque avion n’a pas d’importance. Même quelques heures vaudraient mieux que rien. Tout cela est dit comme si les Russes étaient incapables de lire ces lignes.

L’argument politique est que la Belgique a certaines obligations envers l’OTAN en matière de niveau de force et que la réduction de sa flotte avant la livraison d’avions de remplacement violerait ces obligations.  Nous sommes amenés à penser que les États membres qui se sont déclarés prêts à s’en séparer prendront livraison des F-35 bien avant la Belgique et prendront donc moins de risques pour leurs propres capacités de défense. Mais est-ce vrai ou ces trois pays sont-ils moins prudents que la Belgique ?

La conclusion générale que je tire de cet important article est qu’en ce qui concerne les avions, tout comme les chars et les munitions d’artillerie, les réserves de matériel dont l’Europe aurait besoin si elle se retrouvait dans une guerre chaude avec la Russie sont à peine suffisantes et continuent d’être vidées volontairement par des expéditions vers l’Ukraine, où elles sont systématiquement et assez rapidement détruites par les forces russes. Qui est en train d’être « démilitarisé » ? L’Allemagne et le Royaume-Uni, ou l’Ukraine ?

Entre-temps, nous sommes presque certains que les Russes ont tenu à l’écart du conflit leurs équipements militaires les plus avancés, qui seraient utilisés contre l’OTAN si la guerre par procuration se transformait en guerre chaude. Ses missiles hypersoniques ont été utilisés avec parcimonie. Son char de dernière génération n’a fait son apparition sur le champ de bataille qu’il y a quelques semaines. Et le contrat probable qui sera signé dans les prochains jours avec la Corée du Nord pour la fourniture d’obus d’artillerie servira à compléter les réserves de la Russie pour le jour où la guerre avec l’OTAN éclatera, et non pour être tirés depuis les tubes au Donbass la semaine prochaine.

Si l’on remonte aux premières hypothèses, lorsque les États-Unis ont poussé la Russie à envahir l’Ukraine pour dissiper la menace des installations de l’OTAN dans ce pays, on s’attendait à Washington, Londres, Bruxelles et Berlin à ce que la combinaison de la destruction militaire par du matériel supérieur et par des forces entraînées par l’OTAN et de la destruction économique de la Russie par les « sanctions de l’enfer » affaiblisse considérablement le pays pour une génération à venir. Les États-Unis seraient alors libres de passer à la phase d’apprivoisement de leur plus grand concurrent mondial, la Chine.

Cependant, la Russie a pu surmonter l’impact des sanctions assez rapidement en réorganisant ses schémas commerciaux loin de l’Occident et en les orientant vers la Chine, l’Inde et d’autres nations amies. Même les ventes de pétrole, qui se sont effondrées en janvier après l’entrée en vigueur de la dernière série de sanctions, se sont entièrement rétablies en dollars, maintenant que les paiements sont enregistrés pour les expéditions vers les nouveaux marchés d’Extrême-Orient, qui mettent des mois à atteindre les clients. Sur le champ de bataille, la Russie s’est rapidement adaptée aux nouvelles conditions de la guerre terrestre, faisant preuve de prouesses technologiques qui ont eu un effet dévastateur sur les célèbres équipements britanniques, allemands et autres équipements occidentaux, tandis que la supériorité de l’artillerie russe a forcé l’Occident à vider ses entrepôts pour que les Ukrainiens aient une chance de réagir après que leurs propres obus de l’époque soviétique ont été entièrement épuisés.

Tout ce qui précède me persuade que si et quand la Russie submergera l’armée ukrainienne en déclenchant sa propre offensive et que la défaite ukrainienne sera visible pour tous, l’administration Biden ne procédera pas à une escalade mais s’éloignera de son désastre et de celui de l’OTAN. Les États-Unis et l’OTAN n’ont pas les moyens de vaincre la Russie par des armes conventionnelles et le recours aux armes nucléaires peut conduire trop rapidement vers une direction que tout le monde à Washington craint plus que tout.

Perché il Belgio non invia F-16 all’Ucraina

Sarebbe giusto dire che il principale quotidiano in lingua francese del Belgio, Le Soir, è un’ancella del governo belga nel diffondere la propaganda approvata dallo Stato sulla Russia e sulla guerra russo-ucraina. Questo è un distintivo d’onore, o di disonore, a seconda del punto di vista. Ma questo rende particolarmente interessante il fatto che l’edizione cartacea di ieri abbia dedicato un’intera pagina alla questione dell’invio di F-16 all’Ucraina, scritta dal capo dello staff della redazione “Mondo”, Philippe de Boeck. In questo lungo testo troviamo informazioni sulle forze aeree belghe che di solito non circolano e che ci dicono molto sul perché sia la NATO, piuttosto che la Russia, a essere criticamente indebolita dalla guerra.

Lo spazio del titolo di questo articolo è occupato da una citazione di Joseph Henrotin, un politologo belga che ricopre posizioni di rilievo presso diverse think tanks francesi specializzati in strategia e analisi militare, ed è anche direttore della rivista Défense et sécurité international. Henrotin ha dichiarato: “Se volesse davvero farlo, il Belgio potrebbe consegnare gli F-16 all’Ucraina”. Il sottotitolo prosegue dicendo che: “Se l’Occidente desidera che la guerra finisca rapidamente, gli alleati di Kiev hanno tutte le ragioni per fornire all’Ucraina il maggior numero possibile di aerei da combattimento al più presto, secondo Joseph Henrotin. E ci spiega perché”.

L’autore ricorda ai lettori che da diversi mesi l’Ucraina chiede F-16, se possibile tra i 120 e i 160 esemplari. La scorsa settimana tre Stati membri della NATO, Paesi Bassi, Danimarca e Norvegia, hanno annunciato che consegneranno una sessantina di aerei. Il Belgio ha accettato di addestrare i piloti e supportare i meccanici, ma non di fornire gli aerei.

La mia ultima citazione dalla sezione introduttiva dell’articolo, destinata a stuzzicare l’appetito dei lettori, è costituita da un paio di frasi riportate in grassetto:  “Il generale responsabile degli acquisti presso il Ministero della Difesa ha dichiarato recentemente allo Standaard [quotidiano belga in lingua olandese] che il Belgio non può consegnare gli F-16 all’Ucraina perché saranno alla fine della loro vita utile quando arriveranno i loro successori. È vero o falso?”.

Dopo questo allettante incipit, l’articolo non delude.  Fornisce informazioni dettagliate sulle considerazioni che il governo belga ha soppesato per arrivare alla decisione di non inviare nessuno dei suoi F-16 a Kiev. Le considerazioni tecniche sono state rese pubbliche, a quanto pare, mentre il motivo trainante, quello politico, non è stato reso noto.

Le considerazioni tecniche sono che la flotta belga di F-16 si sta avvicinando alla fine della sua vita utile di 8.000 ore di volo, che, considerando il tempo di volo annuale, equivale a circa 25 anni. Ma i jet sostitutivi, gli F-35, saranno consegnati al Belgio solo con un ritardo di diversi anni e distribuiti su un certo numero di anni dopo le consegne iniziali. Pertanto, tutti gli aerei che il Belgio potrebbe inviare all’Ucraina sarebbero inutili in senso operativo. E anche quelli che attualmente si trovano sulle piste belghe non sono di primissima generazione. Le loro ore di volo residue sono contate.

All’interno dell’articolo, questa argomentazione viene contrastata con l’osservazione che l’Ucraina è in piena guerra, che ha bisogno di mettere insieme un gran numero di aerei per rappresentare una minaccia per le forze russe che potrebbe portare a colloqui di pace a condizioni favorevoli, ed è irrilevante quante ore di volo rimangano su ogni singolo aereo. Anche un paio d’ore sarebbero meglio di niente. Questo viene detto come se i russi non fossero in grado di leggere queste righe.

L’argomentazione politica è che il Belgio ha determinati obblighi di livello di forza nei confronti della NATO e che la riduzione della sua flotta prima della consegna degli aerei di ricambio violerebbe questi obblighi.  Ci viene da pensare che gli Stati membri che hanno dichiarato di essere pronti a separarsene prenderanno in consegna gli F-35 molto prima del Belgio e quindi correranno meno rischi per le loro capacità di difesa. O le cose stanno così oppure questi tre Paesi sono semplicemente disposti a correre rischi che il Belgio non vuole correre.

La mia conclusione leggendo questo importante articolo è che per quanto riguarda gli aerei, così come per i carri armati e le munizioni d’artiglieria, le scorte europee di materiale che sarebbero necessarie nel caso in cui si trovassero in una guerra calda con la Russia sono a malapena adeguate e continuano a essere esaurite volontariamente attraverso le consegne all’Ucraina, dove vengono sistematicamente e piuttosto rapidamente distrutte dalle forze russe. Chi viene “smilitarizzato”?  La Germania e il Regno Unito, o l’Ucraina?

Nel frattempo, possiamo essere abbastanza certi che i russi stiano tenendo lontano dal conflitto gli equipaggiamenti militari più avanzati, che diventerebbero necessari se la guerra con la NATO si trasformasse da guerra per procura in una guerra vera e propria. I missili ipersonici russi sono stati usati con molta parsimonia. I carri armati di ultima generazione hanno fatto la loro comparsa sul campo di battaglia solo un paio di settimane fa. E il probabile contratto che verrà firmato nei prossimi giorni con la Corea del Nord per la fornitura di proiettili d’artiglieria servirà a rimpinguare le scorte della Russia per il giorno se si dovesse scatenare una guerra con la NATO, non per essere usati nel Donbas la prossima settimana.

Tornando alle prime ipotesi, quando gli Stati Uniti provocarono la Russia a invadere l’Ucraina per eliminare la minaccia delle installazioni della NATO in quel Paese, a Washington, Londra, Bruxelles e Berlino si pensava che la superiorità tecnologica militare della NATO e le sanzionieconomiche avrebbero messo in ginocchio la Russai per almeno una generazione. A quel punto gli Stati Uniti sarebbero stati liberi di occuparsi del loro maggiore concorrente globale, la Cina.

Ma la Russia ha velocemente reagito alle sanzioni occidentali riorganizzando i suoi flussi commerciali dall’Occidente alla Cina, l’India e altre nazioni amiche. Anche le vendite di petrolio, crollate a gennaio dopo l’entrata in vigore dell’ultima tornata di sanzioni, sono tornate ai livelli di prima della guerra. E sul campo di battaglia, la Russia si è rapidamente adattata alle nuove condizioni della guerra terrestre, dimostrando capacita’ tecnologiche con effetti devastanti sulle celebri attrezzature britanniche, tedesche e di altri Paesi occidentali, mentre la superiorità dell’artiglieria russa ha costretto l’Occidente a svuotare i propri magazzini nel tentativo di permettere agli ucraini di rispondere dopo che le loro riserve di munizioni d’epoca sovietica sono state rapidamente esaurite.

Tutto questo mi fa pensare che se e quando la Russia travolgerà l’esercito ucraino scatenando la propria offensiva e la sconfitta ucraina sarà sotto gli occhi di tutti, l’Amministrazione Biden prenderà le distanze dal disastro che ha causato insieme alla NATO. Gli Stati Uniti e la NATO non hanno i mezzi per sconfiggere la Russia con armi convenzionali e il ricorso alle armi nucleari potrebbe portare molto velocemente in una direzione che tutti a Washington temono più di ogni altra cosa.

Warum Belgien keine F-16 in die Ukraine schickt

Man kann mit Fug und Recht behaupten, dass die führende französischsprachige Tageszeitung in Belgien, Le Soir, ein Handlanger der belgischen Regierung ist, wenn es darum geht, staatlich genehmigte Propaganda über Russland und den russisch-ukrainischen Krieg zu verbreiten. Dies ist ein Ehrenzeichen oder eine Schande, je nachdem, wie man es sieht. Umso interessanter ist es, dass die gestrige Printausgabe dem Thema der Entsendung von F-16-Kampfjets in die Ukraine eine ganze Seite gewidmet hat, verfasst vom Leiter des Stabs der Rubrik “Welt”, Philippe de Boeck. In diesem langen Text finden wir Informationen über die belgische Luftwaffe, die normalerweise nicht weit verbreitet sind und die uns viel darüber verraten, warum es die NATO und nicht Russland ist, die durch den Krieg entscheidend geschwächt wird.

Die Überschrift dieses Artikels ist ein Zitat von Joseph Henrotin, einem belgischen Politikwissenschaftler, der in mehreren französischen Think Tanks, die auf Militärstrategie und Risikoanalyse spezialisiert sind, leitende Positionen innehat und auch Chefredakteur der Zeitschrift Défense et sécurité international ist. Henrotin sagte: “Wenn es wirklich wollte, könnte Belgien die F-16 an die Ukraine liefern.” Im Untertitel heißt es weiter: “Wenn der Westen ein schnelles Ende des Krieges wünscht, haben die Verbündeten Kiews allen Grund, der Ukraine so schnell wie möglich ein Maximum an Kampfflugzeugen zu liefern, meint Joseph Henrotin. Er erklärt, warum.”

Der Autor erinnert die Leser daran, dass die Ukraine seit mehreren Monaten F-16-Flugzeuge fordert, idealerweise zwischen 120 und 160 Stück. Letzte Woche haben drei NATO-Mitgliedstaaten, die Niederlande, Dänemark und Norwegen, angekündigt, dass sie etwa sechzig Flugzeuge liefern werden. Belgien hat sich bereit erklärt, Piloten auszubilden und Mechaniker zu unterstützen, aber keine Flugzeuge zu liefern.

Mein letztes Zitat aus dem einleitenden Abschnitt des Artikels, das den Lesern Appetit machen soll, sind ein paar fett gedruckte Sätze: “Der für das Beschaffungswesen zuständige General des Verteidigungsministeriums erklärte kürzlich gegenüber dem Standaard [belgische Tageszeitung in niederländischer Sprache], dass Belgien die F-16 nicht an die Ukraine liefern könne, weil sie am Ende ihrer Lebensdauer seien, wenn ihre Nachfolger eintreffen. Ist das wahr oder falsch?”

Nach dieser verlockenden Einleitung enttäuscht der Artikel nicht. Er enthält detaillierte Informationen über die Überlegungen, die die belgische Regierung bei ihrer Entscheidung, keine ihrer F-16 nach Kiew zu schicken, angestellt hat. Die technischen Erwägungen wurden der Öffentlichkeit zugänglich gemacht, die politischen Beweggründe hingegen nicht.

Die technischen Erwägungen bestehen darin, dass die belgische F-16-Flotte sich dem Ende ihrer Lebensdauer von 8.000 Flugstunden nähert, was, wenn man die jährliche Flugzeit berücksichtigt, etwa 25 Jahren entspricht. Die Ersatzflugzeuge, die F-35, werden jedoch erst mit mehrjähriger Verspätung und über mehrere Jahre verteilt nach den ersten Lieferungen an Belgien geliefert. Daher wären alle Flugzeuge, die Belgien schließlich in die Ukraine schicken könnte, im operativen Sinne wertlos. Und selbst die Flugzeuge, die derzeit auf belgischen Start- und Landebahnen stehen, sind nicht mehr ganz taufrisch. Die Stunden ihrer verbleibenden Flugzeit sind gezählt.

In dem Artikel wird diesem Argument entgegengehalten, dass sich die Ukraine mitten im Krieg befindet, dass sie eine große Anzahl von Flugzeugen zusammenstellen muss, um eine Bedrohung für die russischen Streitkräfte darzustellen, die zu Friedensgesprächen zu günstigen Bedingungen führen könnte, und dass es unerheblich ist, wie viele Flugstunden die einzelnen Flugzeuge noch haben. Selbst ein paar Stunden wären besser als nichts. Dies wird gesagt, als ob die Russen nicht in der Lage wären, diese Zeilen zu lesen.

Das politische Argument lautet, dass Belgien gegenüber der NATO bestimmte Verpflichtungen in Bezug auf die Stärke der Streitkräfte hat und dass eine Verkleinerung seiner Flotte, bevor Ersatzflugzeuge geliefert werden, gegen diese Verpflichtungen verstoßen würde. Man lässt uns glauben, dass die Mitgliedstaaten, die sich bereit erklärt haben, sich von den alten Flugzeugen zu trennen, die neuen F-35-Flugzeuge lange vor Belgien bekommen würden und damit ihre eigene Verteidigungsfähigkeit weniger stark gefährdet wäre. Aber stimmt das wirklich, oder sind diese drei Länder weniger risikofreudig als Belgien?

Meine Schlussfolgerung aus diesem wichtigen Artikel ist, dass Europas Vorräte an Flugzeugen ebenso wie an Panzern und Artilleriemunition, die im Falle eines heißen Krieges mit Russland benötigt würden, kaum ausreichen und weiterhin freiwillig durch Lieferungen in die Ukraine aufgebraucht werden, wo sie von den russischen Streitkräften systematisch und ziemlich schnell zerstört werden. Wer wird “entmilitarisiert”? Sind es Deutschland und das Vereinigte Königreich, oder ist es die Ukraine?

In der Zwischenzeit sind wir ziemlich sicher, dass die Russen ihre modernste militärische Ausrüstung, die gegen die NATO eingesetzt werden könnte, wenn der Stellvertreterkrieg zu einem heißen Krieg wird, aus dem Konflikt herausgehalten haben. Ihre Hyperschallraketen wurden nur sehr sparsam eingesetzt. Ihr Panzer der neuesten Generation ist erst vor einigen Wochen auf dem Schlachtfeld erschienen. Und der wahrscheinliche Vertrag, der in den kommenden Tagen mit Nordkorea über die Lieferung von Artilleriegranaten unterzeichnet werden soll, dient dazu, Russlands Vorräte für den Tag aufzufüllen, an dem es zum Krieg mit der NATO kommt, und nicht dazu, nächste Woche aus den Rohren im Donbas abgefeuert zu werden.

Als die Vereinigten Staaten Russland zum Einmarsch in die Ukraine provozierten, um die Bedrohung durch die dortigen NATO-Einrichtungen zu beseitigen, ging man in Washington, London, Brüssel und Berlin davon aus, dass die Kombination aus militärischer Zerstörung durch überlegene Hardware und durch die von der NATO ausgebildeten Streitkräfte sowie die wirtschaftliche Zerstörung Russlands durch die “Sanktionen aus der Hölle” das Land für eine kommende Generation stark schwächen würde. Dann wären die Vereinigten Staaten in der Lage, ihren größten globalen Konkurrenten, China, zu zähmen.

Russland war jedoch in der Lage, die Auswirkungen der Sanktionen relativ schnell zu überwinden, indem es sein Handelsverhalten weg vom Westen und hin zu China, Indien und anderen befreundeten Ländern umgestaltete. Selbst die Ölverkäufe, die im Januar nach Inkrafttreten der letzten Sanktionsrunde eingebrochen waren, haben sich in Dollar ausgedrückt wieder vollständig erholt, da die Zahlungen für Lieferungen an die neuen Märkte im Fernen Osten, die erst nach Monaten die Kunden erreichen, verbucht werden. Und auf dem Schlachtfeld passte sich Russland schnell an die neuen Bedingungen der Bodenkriegsführung an und zeigte technologische Fähigkeiten, die sich verheerend auf die berühmte britische, deutsche und andere westliche Ausrüstung auswirkten, während Russlands Artillerieüberlegenheit den Westen zwang, seine Lager zu leeren, wenn die Ukrainer überhaupt eine Chance haben sollten, zu reagieren, nachdem ihre eigenen sowjetischen Oldtimer-Granaten völlig aufgebraucht waren.

All das überzeugt mich davon, dass die Biden-Administration, wenn Russland die ukrainische Armee mit seiner eigenen Offensive überwältigt und die ukrainische Niederlage für alle sichtbar ist, nicht eskalieren, sondern vor ihrem und dem Desaster der NATO davonlaufen wird. Den Vereinigten Staaten und der NATO fehlen die Mittel, um Russland mit konventionellen Waffen zu besiegen, und der Rückgriff auf Atomwaffen kann nur allzu schnell in eine Richtung führen, die jeder in Washington mehr als alles andere fürchtet.

Why Belgium is not sending F-16s to Ukraine

It would be fair to say that the leading French language daily newspaper in Belgium, Le Soir, is a handmaiden to the Belgian government in disseminating state approved propaganda about Russia and about the Russian-Ukraine war. This is a badge of honor, or of disgrace, depending on your point of view. But this fact makes it especially interesting that yesterday’s print edition devoted a full page to the issue of sending F-16s to Ukraine written by the head of its “World” staff, Philippe de Boeck. In this long text we find information about the Belgian air force that ordinarily does not circulate widely and which tells us a great deal about why it is NATO, rather than Russia that is being critically weakened by the war.

The headline space of this article is taken by a quotation from Joseph Henrotin, a Belgian political scientist who holds senior positions at several French think tanks specialized in military strategy and risk analysis, and is also editor in chief of the magazine  Défense et sécurité international. Said Henrotin:  “If it really wanted to do so, Belgium could deliver the F-16 to Ukraine.” The subtitle goes on to say: “If the West wishes the war to end quickly, Kiev’s allies have every reason to provide a maximum of fighter planes to Ukraine as quickly as possible, Joseph Henrotin believes. He explains why.”

The author reminds readers that for several months Ukraine has been demanding F-16s, ideally between 120 and 160 of them. Last week three member states of NATO, The Netherlands, Denmark and Norway announced that they will deliver about sixty planes. Belgium has agreed to train pilots and support mechanics but not to supply planes.

My final quote from the introductory section of the article intended to whet the appetite of readers is a couple of sentences set in bold typeface:  “The general responsible for procurement at the Ministry of Defense declared recently to the Standaard [Belgian Dutch language daily] that Belgium could not deliver the F-16 to Ukraine because they will be at the end of their service life when their successors arrive. Is this true or false?”

After this tantalizing opening, the article does not disappoint.  It provides detailed information on the considerations that the Belgium government has weighed in reaching its decision not to send any of its F-16s to Kiev. The technical considerations have been released to the public, it appears, while the driving motive, political, has not.

The technical considerations are that the Belgian fleet of F-16s is approaching the end of its service life of 8,000 flight hours, which, considering annual flying time, equates to about 25 years. However, the replacement jets, F-35s, will be delivered to Belgium only after a delay of several years and spread over a number years following initial deliveries. Therefore, any planes which Belgium could eventually send to Ukraine would be worthless in the operational sense. And even those presently sitting on Belgian runways are not of the first freshness. Their hours of remaining flight time are numbered.

Within the article, this argument is countered by the remark that Ukraine is in the midst of war, that it needs to put together a large number of planes to present a threat to Russian forces that could lead to peace talks on favorable terms, and it is irrelevant how many hours of flying time are left on any individual planes. Even a couple of hours would be better than nothing. This is said as if the Russians are incapable of reading these very lines.

The political argument is that Belgium has certain force level obligations to NATO and that reducing its fleet before replacement aircraft are delivered would violate these obligations.  We are left to believe that the member states who declared their readiness to part with them will be taking delivery of F-35s well before Belgium and so will be taking lesser risks to their own defense capabilities. But is this in fact true, or are these three countries less risk averse than Belgium.

My overall conclusion from this important article is that with respect to aircraft, just as with regard to tanks and artillery munitions, Europe’s store of materiel that would be needed should it find itself in a hot war with Russia is barely adequate and continues to be depleted voluntarily through shipments to Ukraine where it is systematically and rather quickly destroyed by Russian forces. Who is being “demilitarized”?  Is it Germany and the UK, or is it Ukraine?

 Meanwhile, we are fairly sure that the Russians have been holding back from the conflict their most advanced military equipment which would be used against NATO should the proxy war turn into a hot war. Its hypersonic missiles have been used very sparingly. Their latest generation tank only made its appearance on the battlefield a couple of weeks ago. And the likely contract to be signed in coming days with North Korea to supply artillery shells will be to top up Russia’s stores for the day war with NATO comes, not to be fired from the tubes in Donbas next week.

Going back to first assumptions when the United States provoked Russia into invading Ukraine to remove the threat of NATO installations there, it was expected in Washington, London, Brussels and Berlin that the combination of military destruction by superior hardware and by NATO-trained forces and economic destruction on Russia by the “sanctions from hell” would greatly weaken the country for a generation to come. Then the United States would be free to move on to tame its greater global competitor, China.

However, Russia was able to overcome the impact of the sanctions rather quickly by reorganizing its trading patterns away from the West and towards China, India and other friendly nations. Even oil sales which collapsed in January after the latest round of sanctions took effect, have recovered fully in dollar terms now that the payments are recorded for shipments to the new Far Eastern markets which take months to reach customers. And on the battlefield, Russia quickly adapted to the new conditions of ground warfare, showing technological prowess that has had devastating effect on the celebrated U.K., German and other Western equipment, while Russia’s artillery superiority forced the West to empty its warehouses if the Ukrainians were to have any chance to respond after their own Soviet vintage shells were wholly depleted.

All of the foregoing persuades me that if and when Russia overwhelms the Ukrainian army by unleashing its own offensive and a Ukrainian defeat is there for all to see, the Biden Administration will not escalate but will walk away from its and NATO’s disaster. The United States and NATO have left themselves lacking the wherewithal to defeat Russia by conventional arms and resort to nuclear weapons can lead all too quickly in a direction that everyone in Washington fears more than anything else.

©Gilbert Doctorow, 2023

Sputnik International article on the Putin-Erdogan meeting in Sochi

The meeting of the Turkish and Russian presidents in Sochi was discussed in Western mainstream media primarily in connection with a possible renewal of the “grain deal” for Ukrainian exports via Black Sea shipping that Erdogan is keen to broker. However, there was a good deal more on their agenda as each side offered incentives for the other to shift its position with respect to the grain deal by setting out what additional prospective big projects they will have in common when they arrive at a solution on the Ukrainian question. This broader agenda is described in a just published article in Sputnik International to which I contributed as interviewee.

Here is the link:

https://sputnikglobe.com/20230904/grain-deal-gas-hub–de-dollarization-what-signal-do-putin-erdogan-talks-send-to-west-1113117752.html

(note: some in the EU may not have access)

Below are translations into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus) including the complete text of the article:

Article de Sputnik International sur la rencontre Poutine-Erdogan à Sotchi

La rencontre des présidents turc et russe à Sotchi a été évoquée dans les médias grand public occidentaux principalement en relation avec un éventuel renouvellement de l’« accord sur les céréales » pour les exportations ukrainiennes via la mer Noire, qu’Erdogan est désireux de négocier. Toutefois, l’ordre du jour était bien plus chargé, puisque chaque partie a offert des incitatifs à l’autre pour qu’elle modifie sa position à l’égard de l’accord sur les céréales en exposant les grands projets prospectifs supplémentaires que les deux parties auront en commun lorsqu’elles parviendront à trouver une solution à la question ukrainienne. Cet agenda plus large est décrit dans un article qui vient d’être publié par Sputnik International et auquel j’ai contribué en tant qu’interviewé.

Voici le lien : https://sputnikglobe.com/20230904/grain-deal-gas-hub–de-dollarization-what-signal-do-putin-erdogan-talks-send-to-west-1113117752.html

(Note : certains pays de l’UE peuvent ne pas y avoir accès)

Article de Sputnik International : Accord sur les céréales, plate-forme gazière et dédollarisation : Quel signal les pourparlers entre Poutine et Erdogan envoient-ils à l’Occident ?

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont eu des entretiens bilatéraux lundi, portant sur la sécurité énergétique et alimentaire, ainsi que sur des questions régionales et géopolitiques majeures.

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont rencontrés à Sotchi le 4 septembre pour discuter, entre autres, de la création d’un centre gazier en Turquie, du commerce mutuel, de l’utilisation des monnaies nationales, de l’accord sur les céréales de la mer Noire et du conflit ukrainien.

« Il était très important que les deux parties se rencontrent pour la première fois depuis la réélection d’Erdogan », a déclaré Gilbert Doctorow, analyste des relations internationales et des affaires russes. « L’arrivée d’Erdogan avec une délégation d’hommes d’affaires et l’évocation de la poursuite de grands projets, notamment le centre gazier et un deuxième réacteur nucléaire, sont à elles seules importantes. »

Le sommet de lundi a clairement démontré que la Russie est un acteur mondial constructif qui souhaite normaliser la situation dans le monde, selon Dmitry Evstafiev, politologue et professeur à la Higher School of Economics (HSE) University.

« La rencontre d’aujourd’hui signifie que les relations entre la Russie et la Turquie ont été rétablies au plus haut niveau politique », a déclaré Evstafiev à Sputnik. « C’est très important dans le contexte géopolitique actuel, où nous assistons à une crise des relations au plus haut niveau entre les dirigeants politiques de la plupart des pays. Les discussions d’aujourd’hui ont montré que, malgré tout, les relations entre le président turc et le commandant en chef suprême russe sont préservées. C’est certainement très important, et très positif ».

La Russie et la Turquie vont-elles relancer l’accord sur les céréales ?

Au cours de la réunion, Poutine et Erdogan ont discuté de l’accord sur les céréales de la mer Noire, qui a été suspendu par la Russie le 17 juillet après que l’Occident ait refusé de mettre en œuvre sa part de l’accord. Les États-Unis et l’Union européenne n’ont pas levé ou allégé les sanctions qui empêchaient les expéditions russes de céréales et d’engrais conformément à l’accord.

Au cours de la conférence de presse, Poutine a déclaré : « La Russie est disposée à relancer l’accord sur les céréales et le fera immédiatement lorsque tous les accords auront été mis en œuvre. »

« Il me semble que ce qui s’est passé aujourd’hui concernant l’accord sur les céréales est fondamentalement important », a déclaré Evstafiev. La Russie a clairement indiqué que, dans ses relations avec ses partenaires dans le cadre de l’accord sur les céréales, sur le gaz et sur toutes les autres questions, elle passait du principe de la confiance inconditionnelle dans les partenaires au principe du « prépaiement » au moins partiel, c’est-à-dire que quelque chose doit être fait pour garantir les intérêts de la Russie.

La relance de l’accord sur les céréales dépend de l’approche de Washington à l’égard du conflit ukrainien plus que de la médiation de la Turquie, a suggéré le Dr. Ali Demirdas, analyste politique et collaborateur de The National Interest.

« L’approche de l’administration Biden à l’égard de la crise ukrainienne est largement motivée par l’urgence perçue de remporter une ‘victoire’ majeure contre la Russie. Pour ce faire, Washington a déjà versé des milliards et des milliards à Zelensky, pour en verser encore plus parce que la contre-offensive ukrainienne, souvent invoquée, s’est enlisée et a même été annulée », a déclaré Demirdas à Sputnik.

Demirdas a noté que la popularité de Biden est en baisse et qu’elle diminuera encore plus si la Russie l’emporte dans le différend sur l’accord sur les céréales. L’expert s’attend donc à ce que l’équipe Biden tente de faire échouer toute tentative de rétablissement de l’accord ou de levée des sanctions à l’encontre de la Russie.

Pour sa part, Doctorow estime que la balle est dans le camp des Nations unies.

« En fait, la balle est dans le camp des Nations unies », a-t-il déclaré. « [Le secrétaire général des Nations unies, Antonio] Guterres fait apparemment tout ce qu’il peut pour obtenir l’accord de l’Occident afin que la banque agricole russe, qui gère les ventes de céréales, soit réintégrée dans le système SWIFT et que d’autres plaintes russes concernant des promesses non tenues soient prises en compte. Nous verrons dans les prochains jours si cela fonctionne ».

Alors que l’Occident tente de présenter la décision de la Russie de se retirer de l’accord comme nuisant aux pays du Sud, Moscou a souligné à plusieurs reprises qu’en raison de l’accord sur les céréales, les pays en développement les plus pauvres n’ont reçu qu’une part minuscule des exportations alimentaires de l’Ukraine, tandis que l’UE s’est taillé la part du lion. En outre, le président Poutine a assuré aux pays du Sud que la Russie avait la capacité de remplacer les produits agricoles de l’Ukraine sur le marché mondial, et a offert des céréales gratuitement aux pays qui en avaient besoin.

Où en est la plateforme gazière russo-turque ?

La plateforme gazière russo-turque visant à assurer la sécurité énergétique et la stabilité en Europe a également été abordée par Poutine et Erdogan. Selon le président russe, les négociations seront bientôt finalisées et la plate-forme prendra forme. Pour sa part, le dirigeant turc a souligné que le projet était de la plus haute importance pour son pays.

En termes d’avantages financiers, la plateforme gazière proposée est l’avenir de la Turquie, selon Evstafiev. L’expert estime que le corridor de transport de gaz ukrainien vit ses derniers mois – un an et demi au maximum. Étant donné que les gazoducs Nord Stream ont été détruits, la nouvelle plate-forme turque pourrait devenir la principale voie d’acheminement du gaz vers l’Europe.

« Une plateforme russe en Turquie renforcerait le rôle d’Ankara et le prestige d’Erdogan. Les répercussions économiques et financières seraient d’une grande aide pour l’économie européenne, en particulier pour les économies allemande et italienne », a déclaré à Sputnik Tiberio Graziani, président de Vision & Global Trends – International Institute for Global Analyses.

Demirdas partage la position de Graziani en ce qui concerne l’importance de la plateforme pour l’Europe : « L’Europe, en particulier l’Allemagne, meurt d’envie d’avoir accès à du gaz bon marché, surtout après le sabotage du Nord Stream », a-t-il déclaré. « Les répercussions sont si importantes que le fait que l’Allemagne n’ait plus accès au gaz russe bon marché a plongé son économie et celle de l’Union européenne en général dans la récession. C’est pourquoi ils accueilleront certainement favorablement l’accès au gaz russe via la Turquie. »

La Russie et la Turquie vont-elles poursuivre la dédollarisation ?

La question de la sécurité financière a été examinée par les dirigeants de la Russie et de la Turquie au même titre que les questions de sécurité alimentaire et énergétique.

La Russie et ses partenaires se tournent vers les monnaies locales depuis un certain temps, mais la militarisation du dollar américain par Washington et le gel des avoirs de la banque centrale russe ont constitué un signal d’alarme pour les acteurs mondiaux. Lors du 15e sommet des BRICS, les dirigeants du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud ont salué le passage aux monnaies nationales et aux systèmes de paiement nationaux pour protéger leurs économies des sanctions et du volontarisme financier de l’Occident.

Après la réunion de lundi, Poutine a annoncé que la Russie et la Turquie abandonnaient le dollar et l’euro dans leurs règlements bilatéraux.

« Actuellement, de nombreux pays, dont la Turquie, sont intéressés par le processus de dédollarisation », a déclaré Graziani. « Le fait important est que la plupart de ces pays font partie de l’hémisphère Sud et sont des pays en plein essor. »

« Il s’agira de paiements plus ou moins protégés contre les manipulations », a indiqué Evstafiev, faisant référence au pourcentage accru de transactions commerciales en monnaie nationale entre la Russie et la Turquie. « Bien sûr, la dédollarisation des relations financières entre la Russie et la Turquie, en particulier pour des biens tels que le gaz, les céréales, l’énergie en général, le combustible nucléaire pour les centrales nucléaires turques, [est importante] ; ces biens devraient, bien sûr, être retirés du circuit du dollar. Mais il y a une nuance : dans quel circuit seront-ils placés ? Si c’est dans le circuit de la livre turque, je pense que ce n’est pas encore une option. Le cours du rouble est plus stable ».

La Russie et la Turquie intéressées par le processus de paix en Syrie

La Turquie et la Russie ont un autre sujet d’intérêt commun, à savoir le règlement de la paix en Syrie. Moscou et Ankara ont beaucoup fait pour résoudre la situation en Syrie, et la plateforme d’Astana devrait être renforcée, a déclaré le président Poutine lors de ses entretiens avec Erdogan.

Selon Evstafiev, Ankara souhaite mettre un terme aux hostilités qui couvent toujours en Syrie. Actuellement, des affrontements armés sporadiques se déroulent dans diverses parties de l’État du Proche-Orient, et « c’est une mauvaise chose pour Erdogan, car cela sape sa capacité à maintenir une présence dans des régions extrêmement sensibles d’un point de vue politique », a souligné l’expert.

Par conséquent, les dirigeants turcs sont susceptibles de se mettre d’accord sur la nécessité : premièrement, de restaurer la souveraineté territoriale et spatiale du pouvoir officiel à Damas ; deuxièmement, de reconnaître le président Bachar el-Assad comme le dirigeant du pays et, sur cette base, de commencer un nouveau cycle de relations politiques ; troisièmement, de retirer de Syrie les troupes étrangères qui y ont maintenu leur présence illégalement, selon Evstafiev.

« Si la stabilisation n’est pas atteinte en Syrie, et s’il n’y a pas de compréhension de l’intérêt commun, ce sera toujours un point de discorde entre Moscou et Ankara, qui sera manipulé par des forces tierces, et pas seulement par les États-Unis d’Amérique », a suggéré l’expert.

Selon Evstafiev, les pourparlers entre Poutine et Erdogan ont envoyé un message fort à l’Occident. Toutefois, l’expert n’exclut pas que certaines questions soient utilisées par Ankara comme monnaie d’échange dans ses débats à long terme avec les États-Unis et l’Europe sur des questions sensibles pour la Turquie.

Artikel von Sputnik International über das Treffen von Putin und Erdogan in Sochi

Das Treffen des türkischen und des russischen Präsidenten in Sotschi wurde in den westlichen Mainstream-Medien vor allem im Zusammenhang mit einer möglichen Erneuerung des “Getreideabkommens” für ukrainische Exporte über die Schwarzmeer-Route diskutiert, das Erdogan unbedingt vermitteln möchte. Es stand jedoch noch viel mehr auf der Tagesordnung, da jede Seite der anderen Anreize bot, ihre Position in Bezug auf den Getreidehandel zu ändern, indem sie darlegte, welche weiteren Großprojekte sie gemeinsam planen, wenn sie zu einer Lösung in der Ukraine-Frage kommen. Diese umfassendere Agenda wird in einem gerade veröffentlichten Artikel in Sputnik International beschrieben, zu dem ich als Interviewpartner beigetragen habe.

Getreidehandel, Gasdrehkreuz und De-Dollarisierung: Welche Signale senden die Gespräche zwischen Putin und Erdogan an den Westen?

Der russische Präsident Wladimir Putin und sein türkischer Amtskollege Recep Tayyip Erdogan haben am Montag bilaterale Gespräche geführt, bei denen es um Energie- und Lebensmittelsicherheit sowie wichtige regionale und geopolitische Fragen ging.

Wladimir Putin und Recep Tayyip Erdogan trafen sich am 4. September in Sotschi, um unter anderem über die Einrichtung eines Gasdrehkreuzes in der Türkei, den gegenseitigen Handel, die Verwendung nationaler Währungen, das Schwarzmeer-Getreideabkommen und den Ukraine-Konflikt zu sprechen.

“Es war sehr wichtig, dass die beiden Seiten dieses erste persönliche Treffen seit Erdogans Wiederwahl hatten”, so Gilbert Doctorow, Analyst für internationale Beziehungen und russische Angelegenheiten. “Die Ankunft Erdogans mit einer Wirtschaftsdelegation und die Gespräche über die Fortsetzung von Großprojekten wie dem Gasknotenpunkt und einem zweiten Kernreaktor sind an sich schon wichtig.”

Das Gipfeltreffen am Montag hat deutlich gezeigt, dass Russland ein konstruktiver globaler Akteur ist, der gewillt ist, die Situation in der Welt zu normalisieren, so Dmitrij Evstafiev, Politikwissenschaftler und Professor an der Higher School of Economics (HSE) University.

“Die Bedeutung des heutigen Treffens besteht darin, dass die Beziehungen zwischen Russland und der Türkei auf höchster politischer Ebene wiederhergestellt worden sind”, sagte Evstafiev gegenüber Sputnik. “Dies ist sehr wichtig im heutigen geopolitischen Umfeld, in dem wir eine Krise in den Beziehungen auf höchster Ebene der politischen Führer der meisten Länder erleben. Die heutigen Gespräche haben gezeigt, dass die Beziehungen zwischen dem türkischen Präsidenten und dem russischen Oberbefehlshaber trotz aller Widrigkeiten aufrechterhalten werden. Das ist sicherlich sehr wichtig und sehr positiv.”

Werden Russland und die Türkei das Schwarzmeer-Getreideabkommen wieder beleben?

Während des Treffens sprachen Putin und Erdogan über das Schwarzmeer-Getreideabkommen, das von Russland am 17. Juli ausgesetzt wurde, nachdem der Westen seinen Teil der Vereinbarung nicht umgesetzt hatte. Die USA und die EU haben es versäumt, die Sanktionen aufzuheben oder zu lockern, die russische Lieferungen von Getreide und Düngemitteln gemäß der Vereinbarung verhindern.

Auf der Pressekonferenz erklärte Putin: “Russland ist bereit, das Getreideabkommen wiederzubeleben, und wird dies sofort tun, wenn alle Vereinbarungen umgesetzt sind.”

“Meines Erachtens ist das, was heute in Bezug auf den Getreidehandel geschehen ist, von grundlegender Bedeutung”, sagte Evstafiev. “Russland hat eindeutig erklärt, dass es in den Beziehungen zu seinen Partnern beim Getreidehandel, beim Gas und in allen anderen Fragen vom Prinzip des bedingungslosen Vertrauens in die Partner zum Prinzip der zumindest teilweisen ‘Vorauszahlung’ übergeht. Das heißt, es muss etwas getan werden, das die Interessen Russlands garantiert.”

Die Wiederbelebung des Schwarzmeer-Getreideabkommens hängt mehr von Washingtons Vorgehen im Ukraine-Konflikt als von der Vermittlung der Türkei ab, so Dr. Ali Demirdas, politischer Analyst und Mitarbeiter von The National Interest.

“Und der Ansatz der Biden-Administration in der Ukraine-Krise wird weitgehend von der wahrgenommenen Dringlichkeit angetrieben, dass sie dringend einen großen ‘Sieg’ gegen Russland erringen muss. Um das zu erreichen, hat Washington bereits Milliarden über Milliarden an Zelensky gezahlt, nur um noch mehr zu zahlen, weil die oft beschworene ukrainische Gegenoffensive ins Stocken geraten ist und sogar zurückgedreht wurde”, so Demirdas gegenüber Sputnik.

Demirdas merkte an, dass Bidens Popularität schwindet und noch weiter sinken wird, wenn sich Russland im Streit um das Getreideabkommen durchsetzt. Daher erwartet der Experte, dass das Team Biden versuchen wird, alle Versuche zur Wiederherstellung des Abkommens oder zur Aufhebung der Sanktionen gegen Russland zu vereiteln.

Doctorow ist der Meinung, dass die UNO jetzt am Zug ist.

“Der Ball liegt jetzt bei den Vereinten Nationen”, sagte er. “Antonio Guterres, der Generalsekretär der Vereinten Nationen, tut offenbar alles in seiner Macht Stehende, um den Westen dazu zu bewegen, die russische Landwirtschaftsbank, die die Getreideverkäufe abwickelt, wieder in den SWIFT einzubinden und auch andere russische Beschwerden über nicht eingehaltene Versprechen zu berücksichtigen. Wir werden in den kommenden Tagen sehen, ob dies gelingt.”

Während der Westen versucht, die Entscheidung Russlands, aus dem Abkommen auszusteigen, als Schaden für den globalen Süden darzustellen, hat Moskau wiederholt betont, dass die ärmsten Entwicklungsländer infolge des Getreideabkommens nur einen winzigen Teil der ukrainischen Lebensmittelexporte erhalten haben, während der Löwenanteil von der EU übernommen wurde. Darüber hinaus versicherte Präsident Putin den Ländern des globalen Südens, dass Russland in der Lage sei, die ukrainischen Agrarprodukte auf dem Weltmarkt zu ersetzen, und bot bedürftigen Ländern kostenlos Getreide an.

Wie steht es bei dem russisch-türkischen Gasdrehkreuz

Putin und Erdogan sprachen auch über das russisch-türkische Gasdrehkreuz, das die Energiesicherheit und Stabilität in Europa gewährleisten soll. Dem russischen Präsidenten zufolge werden die Verhandlungen bald abgeschlossen sein und der Knotenpunkt wird Gestalt annehmen. Der türkische Staatschef betonte seinerseits, dass das Projekt für sein Land von größter Bedeutung sei.

Der vorgeschlagene Gashub sei die Zukunft der Türkei, was die finanziellen Vorteile angehe, so Evstafiev. Der Experte ist der Ansicht, dass der ukrainische Gastransportkorridor seine letzten Monate – maximal eineinhalb Jahre – erlebt. Da die Nord-Stream-Pipelines zerstört sind, könnte das neue türkische Drehkreuz die Hauptgasroute nach Europa werden.

“Ein russisches Drehkreuz in der Türkei würde die Rolle Ankaras und das Prestige Erdogans stärken. Die wirtschaftlichen und finanziellen Auswirkungen wären eine große Hilfe für die europäische Wirtschaft, insbesondere für die deutsche und italienische”, sagte Tiberio Graziani, Vorsitzender von Vision & Global Trends – International Institute for Global Analyses, gegenüber Sputnik.

Demirdas teilt Grazianis Standpunkt in Bezug auf die Bedeutung des Drehkreuzes für Europa:

“Europa, insbesondere Deutschland, braucht dringend Zugang zu billigem Gas, vor allem nach der Sabotage an Nord Stream”, sagte er. “Die Auswirkungen sind so groß, dass die deutsche Wirtschaft und die Europäische Union im Allgemeinen in eine Rezession geraten sind, weil Deutschland kein billiges russisches Gas mehr hat. Daher werden sie den Zugang zu russischem Gas über die Türkei sicherlich begrüßen.”

Werden Russland und die Türkei die De-Dollarisierung fortsetzen?

Die Staats- und Regierungschefs Russlands und der Türkei befassten sich mit der Frage der finanziellen Sicherheit ebenso wie mit Fragen der Nahrungsmittel- und Energiesicherheit.

Russland und seine Partner sind schon seit geraumer Zeit auf lokale Währungen umgestiegen; die Nutzung des US-Dollars als Waffe durch Washington und das Einfrieren der Guthaben der russischen Zentralbank waren jedoch ein Weckruf für die globalen Akteure. Auf dem 15. BRICS-Gipfel begrüßten die Staats- und Regierungschefs Brasiliens, Russlands, Indiens, Chinas und Südafrikas die Umstellung auf nationale Währungen und inländische Zahlungssysteme, um ihre Volkswirtschaften vor den Sanktionen und dem finanziellen Voluntarismus des Westens zu schützen.

Nach dem Treffen am Montag kündigte Putin an, dass Russland und die Türkei bei ihren bilateralen Zahlungen von Dollar und Euro abrücken würden.

“Derzeit gibt es viele Länder – darunter auch die Türkei –, die am Prozess der De‑Dollarisierung interessiert sind”, sagte Graziani. “Die wichtige Tatsache ist, dass die meisten dieser Länder zum globalen Süden gehören und aufstrebende Länder sind.”

“Dies werden mehr oder weniger manipulationssichere Zahlungen sein”, bemerkte Evstafiev und bezog sich dabei auf den zunehmenden Anteil von Handelsgeschäften in nationalen Währungen zwischen Russland und der Türkei. “Natürlich ist die De-Dollarisierung der Finanzbeziehungen zwischen Russland und der Türkei wichtig, insbesondere für Güter wie Gas, Getreide, Energie im Allgemeinen und Kernbrennstoff für die Kernkraftwerke in der Türkei. Aber es gibt eine Nuance – in welchem Kreislauf werden sie sein? Wenn sie in den Kreislauf der türkischen Lira kommen, ist das meiner Meinung nach noch keine Option. Die Kontur des Rubels ist eine stabilere Sache.

Russland und die Türkei sind am Friedensprozess in Syrien interessiert

Die Türkei und Russland haben noch ein weiteres Thema von gemeinsamem Interesse, nämlich die Friedensregelung in Syrien. Moskau und Ankara haben viel getan, um die Situation in Syrien zu lösen, und die Astana-Plattform sollte gestärkt werden, sagte Präsident Putin bei Gesprächen mit Erdogan.

Laut Evstafiev ist Ankara daran interessiert, die immer noch schwelenden Feindseligkeiten in Syrien zum Erliegen zu bringen. Derzeit kommt es in verschiedenen Teilen des Nahoststaates zu sporadischen bewaffneten Zusammenstößen, und “das ist schlecht für Erdogan, weil es seine Fähigkeit untergräbt, in politisch äußerst sensiblen Regionen präsent zu bleiben”, betonte der Experte.

Daher wird die türkische Führung wahrscheinlich der Notwendigkeit zustimmen, erstens die territoriale Souveränität der offiziellen Macht in Damaskus wiederherzustellen, zweitens Präsident Bashar al-Assad als Führer des Landes anzuerkennen und auf dieser Grundlage einen neuen Zyklus politischer Beziehungen zu beginnen und drittens die ausländischen Truppen, die sich dort illegal aufhielten, aus Syrien abzuziehen, so Evstafiev.

“Wenn es nicht gelingt, Syrien zu stabilisieren, und wenn es keine Verständigung über gemeinsame Interessen gibt, wird es immer ein Streitpunkt zwischen Moskau und Ankara sein, der von dritten Kräften und nicht nur von den Vereinigten Staaten von Amerika ausgespielt wird”, so der Experte.

Nach Ansicht von Evstafiev haben die Gespräche zwischen Putin und Erdogan eine deutliche Botschaft an den Westen gesendet. Der Experte schließt jedoch nicht aus, dass Ankara einige Themen als Verhandlungsmasse in seinen langfristigen Debatten mit den USA und Europa über für die Türkei sensible Themen nutzen wird.

Translations of “Kim Jong Un as the guest of honor”

Translations below into Italian (Weber Potsie), German (Andreas Mylaeus) and French (Youri)

Kim Jong Un ospite d’onore al Far East Economic Forum

Sia il New York Times che il Financial Times hanno pubblicato articoli sull’incontro tra Vladimir Putin e il presidente nordcoreano Kim Jong Un a Vladivostok che si svolgerà nei prossimi giorni. Nei loro articoli, suggeriscono che questo incontro potrebbe avvenire in contemporanea con il Far East Economic Forum, che si aprirà a Vladivostok lunedì 11 settembre e proseguirà fino al 13.  Naturalmente, nessuna delle due pubblicazioni dice una parola sul Forum stesso.  Nel frattempo, la televisione di Stato russa di oggi (Sixty Minutes) ha confermato che Kim è atteso in Russia già il 10.

Il forum è chiaramente importante per la tempistica della visita di Kim in Russia. Ma lo sono anche le esercitazioni militari tra America e Corea del Sud, l’arrivo di un sottomarino nucleare statunitense in Corea del Sud e l’osservazione di Kim, la settimana scorsa, quando ha visitato il suo quartier generale navale, che nelle acque coreane si sta ammassando la più grande concentrazione di navi da guerra del mondo, e che la Corea del Nord risponderà a questa minaccia.

I resoconti del NYT e del FT si concentrano sulla probabilità che i due leader discutano discordi di fornitura di armi e di altre forme di cooperazione, come già osservato un paio di giorni fa da parte del portavoce del Dipartimento di Stato americano Kirby.

L’idea che la Russia compri armi, in particolare proiettili di artiglieria, da Pongyang è stata ufficialmente respinta dall’ambasciatore russo in Corea del Nord.  Ma nel programma Sixty Minutes di oggi, un giornalista esperto di questioni militari ha confermato che la Russia intende acquistare grandi quantità di proiettili d’artiglieria, affermando che la Corea del Nord ha nei suoi magazzini “milioni di proiettili” che potrebbero essere molto utili alla Russia in questo momento, visto che la controffensiva ucraina sembra abbia ancora un po’ di vento in poppa.  E la logistica non potrebbe essere più semplice visto che potrebbe utilizzare la stessa linea ferroviaria che Kim Jong Un percorre quando il suo treno blindato lo porta oltre il confine, diretto a Vladivostok.

Ma passiamo ora al Far East Forum. Ho dato un’occhiata al programma sul loro sito web e la mia impressione è che sia stato organizzato sulle stesse linee del Forum economico internazionale di San Pietroburgo dello scorso giugno.  Un numero enorme di tavole rotonde che coprono ogni argomento immaginabile per quanto riguarda lo sviluppo economico, sociale e culturale dell’Estremo Oriente russo, le sue relazioni con i vicini, tra cui Cina e Mongolia, e le relazioni con l’ASEAN e con i Paesi più lontani, come l’India. Per quanto riguarda la partecipazione, i relatori sono per la maggior parte russi, anche se ci sono rappresentanti di diversi Paesi asiatici, tra cui Laos, Myanmar e Filippine. Il contingente più numeroso di relatori stranieri proviene dalla Cina. Gli ospiti stranieri più importanti del programma sono ambasciatori, ad eccezione della Mongolia, che inviera’ un vice primo ministro in carico all’Economia.

Per quanto riguarda la Russia, tra le delegazioni presenti al Forum, la presenza più importante è quella dell’oligarca Oleg Deripaska, le cui attività industriali sono concentrate in Siberia. Parteciperà alla tavola rotonda sul ruolo della Siberia nella svolta della Russia verso l’oriente, in qualita’ di presidente del Consiglio di sorveglianza dell’Istituto Stolypin per lo sviluppo economico.

La tavola rotonda più rilevante si svolgerà l’ultimo giorno del Forum ed è intitolata “Un’alternativa globale al dominio occidentale: I contorni del futuro”.  Se mi dispiace perdermi questo Forum, è per non poture assistere al botta e risposta tra relatori come Sergei Karaganov (via video), lo pseudo accademico e filosofo nazionalista russo Alexander Dugin (anche lui via video), e l’ambasciatrice plenipotenziaria Maria Zakharova e Irina Yarovaya, l’intelligentissima e patriottica vicepresidente della Duma di Stato. Ma Vladivostok è molto lontana e il prezzo del biglietto d’ingresso al Forum (che non dà diritto ad assistere alla sessione plenaria in cui parlerà Putin) è di 8.000 dollari, una bella cifra. Interessante poi osservare che chi paga in rubli entra a metà prezzo (400.000 rbl).

Naturalmente, a questo punto non sappiamo ancora se Kim apparirà sul podio del Forum. Ma la sua probabile presenza a Vladivostok per l’incontro con Putin, che sarà seguito da tutto il mondo, dimostra che il rapporto emergente della Russia con la Corea del Nord è tutt’altro che surrettizio.  Come tutti noi, immagino che Mr Kirby e il Dipartimento di Stato americano siano probabilmente all’oscuro di quello che sta per accadere.

Kim Jong Un als Ehrengast beim Far East Economic Forum

Die New York Times und die Financial Times sprechen heute über ein Treffen zwischen Wladimir Putin und dem nordkoreanischen Präsidenten Kim Jong Un in Wladiwostok in den kommenden Tagen. Vergraben in ihren Berichten ist die Vermutung, dass dies gleichzeitig mit dem Far East Economic Forum geschehen könnte, das am Montag, 11. September, in Wladiwostok eröffnet wird und sich bis zum 13. Dauert. Natürlich sagt keine der beiden Publikationen ein Wort über das Forum selbst. Inzwischen hörte ich im heutigen russischen Staatsfernsehen (Sechzig Minuten) die Bestätigung gehört, dass Kim in Russland schon am 10. erwartet wird.

Das Wirtschaftsforum ist eindeutig für den Zeitpunkt von Kims Russlandbesuch ausschlaggebend. Aber das gilt auch für die amerikanisch-südkoreanischen Militärmanöver, den Hafenaufenthalt eines US-Atom-U-Bootes in Südkorea und dafür, dass Kim letzte Woche, als er sein eigenes Marinehauptquartier besuchte, festgestellt hat, dass die nahegelegenen Meere derzeit die größte Konzentration an Kriegsschiffen der Welt beherbergen und dass Nordkorea auf diese Bedrohung reagieren würde.

Im Mittelpunkt der Berichte der NYT und der FT steht die Wahrscheinlichkeit, dass die beiden Staatschefs Waffenverkäufe und andere Formen der Zusammenarbeit erörtern werden. Dies schließt an eine Bemerkung an, die Kirby, der Sprecher des US-Außenministeriums, vor einigen Tagen in diesem Sinne gemacht hat.

Die Idee, dass Russland militärische Vorräte, insbesondere Artilleriegranaten, aus Pongyang bezieht, wurde vom russischen Botschafter in Nordkorea offiziell zurückgewiesen. In der heutigen Sendung Sechzig Minuten bestätigt ein Militärexperte, dass Russland große Mengen an Artilleriegranaten kaufen will. Nordkorea habe “Millionen von Granaten”, die für den russischen Gebrauch geeignet sind, auf Lager und diese könnten gerade jetzt sehr praktisch sein, wenn es den Anschein hat, dass die ukrainische Gegenoffensive noch etwas Wind in den Segeln hat. Darüber hinaus könnte die Logistik der Lieferungen nach Russland nicht einfacher sein: Man nutzt genau die Eisenbahnlinie, die Kim Jong Un nimmt, wenn ihn sein gepanzerter Zug auf seinem Weg nach Wladiwostok über die Grenze bringt.

Wenden wir uns nun dem Far East Forum zu. Ich habe mir das Programm auf ihrer Website angeschaut, und allgemein hat man den Eindruck, dass es ganz ähnlich abläuft wie das Internationale Wirtschaftsforum von St. Petersburg im vergangenen Juni. Es gibt eine enorme Anzahl von Podiumsdiskussionen, die alle erdenklichen Themen in Bezug auf die wirtschaftliche, soziale und bildungspolitische Entwicklung des russischen Fernen Ostens, seine Beziehungen zu den Nachbarn einschließlich China und der Mongolei, die Beziehungen zu ASEAN und zu Ländern weiter weg wie Indien abdecken. Was die Teilnahme angeht, so sind die meisten der Diskussionsteilnehmer Russen, allerdings gibt es symbolische Vertreter aus einer Reihe asiatischer Länder, darunter Laos, Myanmar und die Philippinen. Das größte Kontingent ausländischer Podiumsteilnehmer kommt aus China. Die ranghöchsten ausländischen Gäste im Programm sind Botschafter, mit Ausnahme der Mongolei, die einen stellvertretenden Ministerpräsidenten entsendet, der Wirtschaftsminister ist.

Auf russischer Seite ist in den Wirtschaftsdelegationen des Forums der Teilnehmer mit dem größten Netto-Vermögen der Oligarch Oleg Deripaska, dessen Industriebeteiligungen in Sibirien konzentriert sind. Er ist Mitglied des Gremiums “Über Sibiriens Rolle bei der Wende nach Osten”, wo er als Vorsitzender des Aufsichtsrats des Stolypin-Instituts für Wirtschaftswachstum geführt wird.

Die wichtigste Podiumsdiskussion zu aktuellen Ereignissen findet am letzten Tag des Forums statt und trägt den Titel “Eine globale Alternative zur westlichen Dominanz: Die Konturen der Zukunft”. Wenn ich bedauere, dass ich dieses Forum verpasst habe, dann deshalb, weil ich nicht in der Lage war, die Diskussion zwischen den Podiumsteilnehmern wie Sergej Karaganow (per Video), dem pseudo-akademischen, russisch-nationalistischen Philosophen Alexander Dugin (ebenfalls per Video), der bevollmächtigten Botschafterin Maria Sacharowa und Irina Jarowaja, der sehr klugen, sehr patriotischen stellvertretenden Vorsitzenden der Staatsduma, zu verfolgen. Aber Wladiwostok ist sehr weit weg, und der Preis für eine Eintrittskarte zum Forum (die nicht zur Teilnahme an der Plenarsitzung berechtigt, auf der Putin sprechen wird) beträgt stolze 8.000 US-Dollar. Seltsamerweise erhalten diejenigen, die in Rubel zahlen, die Eintrittskarte zum halben Preis (400.000 Rbl.).

Natürlich kann zum jetzigen Zeitpunkt niemand sagen, ob Kim auf dem Forum ein Podium erhalten wird. Aber seine wahrscheinliche Anwesenheit in Wladiwostok bei seinem Treffen mit Putin zu diesem Zeitpunkt, das von der ganzen Welt beobachtet werden wird, zeigt, dass die sich abzeichnenden Beziehungen Russlands zu Nordkorea alles andere als heimlich sind. Herr Kirby und das US-Außenministerium sind wahrscheinlich genauso im Dunkeln darüber, was passieren wird, wie der Rest von uns.

Kim Jong Un invité d’honneur au Forum économique d’Extrême-Orient

Le New York Times et le Financial Times évoquent aujourd’hui une rencontre entre Vladimir Poutine et le président nord-coréen Kim Jong Un à Vladivostok dans les prochains jours. Ces articles laissent entendre que cette rencontre pourrait avoir lieu en même temps que le Forum économique d’Extrême-Orient qui s’ouvrira à Vladivostok le lundi 11 septembre et se poursuivra jusqu’au 13 septembre. Bien entendu, aucune des deux publications ne dit un mot sur le Forum lui-même.  Entre-temps, la télévision d’État russe (Sixty Minutes) a confirmé aujourd’hui que Kim était attendu en Russie dès le 10 septembre.

Le forum économique est clairement un élément déterminant du calendrier de la visite de Kim en Russie. Mais le sont tout autant les exercices militaires américano-sud-coréens, l’escale d’un sous-marin nucléaire américain en Corée du Sud et l’observation faite par Kim la semaine dernière lorsqu’il a visité son propre quartier général naval, selon laquelle les mers voisines abritent actuellement la plus grande concentration de navires de guerre au monde, et que la Corée du Nord répondrait à cette menace.

Les articles du NYT et du FT mettent l’accent sur la probabilité que les deux dirigeants discutent de ventes d’armes et d’autres formes de coopération. Cela fait suite aux remarques faites il y a quelques jours par le porte-parole du département d’État américain, M. Kirby, à cet effet.

L’ambassadeur russe en Corée du Nord a officiellement rejeté l’idée que la Russie puisse se procurer des fournitures militaires, en particulier des obus d’artillerie, auprès de Pyongyang. Toutefois, lors de l’émission Sixty Minutes diffusée aujourd’hui, un expert militaire a confirmé que la Russie avait l’intention d’acheter de grandes quantités d’obus d’artillerie, affirmant que la Corée du Nord stockait des « millions d’obus » pouvant être utilisés par la Russie et que ceux-ci pourraient être très utiles à l’heure actuelle, alors que la contre-offensive ukrainienne semble encore avoir du vent dans les voiles. En outre, la logistique de livraison à la Russie ne pourrait être plus simple : elle emprunterait la même ligne de chemin de fer que celle que Kim Jong Un emprunte lorsque son train blindé franchit la frontière en direction de Vladivostok.

Intéressons-nous maintenant au Forum d’Extrême-Orient. J’ai consulté le programme sur leur site web et l’impression générale est qu’il est organisé de la même manière que le Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin dernier. Il y a un très grand nombre de tables rondes couvrant tous les sujets imaginables concernant le développement économique, social et éducatif de l’Extrême-Orient russe, ses relations avec ses voisins, notamment la Chine et la Mongolie, ses relations avec l’ANASE et avec des pays plus éloignés tels que l’Inde. En ce qui concerne la participation, les panélistes sont très majoritairement russes, bien qu’il y ait des représentants de différents pays asiatiques, dont le Laos, le Myanmar et les Philippines. Le contingent le plus important de panélistes étrangers vient de Chine. Les invités étrangers les plus haut placés dans le programme sont des ambassadeurs, à l’exception de la Mongolie, qui envoie un vice-premier ministre, qui est ministre de l’économie.

Du côté russe, parmi les délégations d’entreprises présentes au Forum, le participant le plus fortuné est l’oligarque Oleg Deripaska, dont les actifs industriels sont concentrés en Sibérie. Il fait partie du panel intitulé « Le rôle de la Sibérie dans le tournant vers l’Est », où il figure en tant que président du conseil de surveillance de l’Institut Stolypine pour l’Economie de la Croissance.

La table ronde la plus importante du point de vue de l’actualité se tiendra le dernier jour du Forum et s’intitulera « Une alternative mondiale à la domination de l’Occident : Les contours de l’avenir ».  Si je peux avoir un regret de manquer ce Forum, c’est de ne pas pouvoir assister aux échanges entre des panélistes tels que Sergei Karaganov (par vidéo), le pseudo-universitaire, philosophe nationaliste russe Alexander Dugin (également par vidéo), l’ambassadrice plénipotentiaire Maria Zakharova et Irina Yarovaya, la très intelligente et très patriotique vice-présidente de la Douma d’État. Mais Vladivostok est très loin et le prix du billet d’entrée au Forum (qui ne donne pas le droit d’assister à la session plénière où Poutine s’exprimera) s’élève à la coquette somme de 8 000 USD. Curieusement, ceux qui paient en roubles entrent à moitié prix (400 000 roubles).

Bien sûr, à ce stade, personne ne peut dire si Kim sera invité à la tribune du Forum. Mais sa présence probable à Vladivostok pour sa rencontre avec Poutine, qui sera suivie par le monde entier, montre que la relation naissante entre la Russie et la Corée du Nord est tout sauf discrète. Mr Kirby et le Département d’État américain sont probablement aussi ignorants que le reste d’entre nous de ce qui va se passer.

Kim Jong Un as guest of honor at the Far East Economic Forum

The New York Times and Financial Times both today speak about a meeting between Vladimir Putin and North Korean president Kim Jong Un in Vladivostok during the coming days. Buried in their reports is the suggestion that this may occur simultaneously with the Far East Economic Forum which opens in Vladivostok on Monday, 11 September and continues through the 13th.  Of course, neither publication says a word about the Forum itself.  Meanwhile on today’s Russian state television (Sixty Minutes) I heard confirmation that Kim is expected in Russia as early as on the 10th.

The Economic Forum is clearly a determinant of the timing of Kim’s visit to Russia. But then so are the American-South Korean military exercises, the port call of a U.S. nuclear submarine to South Korea and the observation by Kim last week when he visited his own naval headquarters that the nearby seas presently hold the world’s biggest concentration of warships, and that North Korea would respond to this threat.

The focus in the NYT and FT reports is on the likelihood that the two leaders will discuss arms sales and other forms of cooperation. This follows on remarks a couple of days ago by U.S. State Department spokesman Kirby to that effect.

The idea of Russia’s procuring military supplies, in particular artillery shells, from Pongyang was officially dismissed by the Russian ambassador to North Korea.  However, on today’s Sixty Minutes show a panelist who is a military expert confirmed that Russia intends to purchase vast quantities of artillery shells, saying that North Korea has “millions of shells” suitable for Russian use in its storage and that these could be quite handy right now, when it appears that the Ukrainian counteroffensive still has some wind in its sails.  Moreover, the logistics of delivery to Russia could not be simpler: using the very same railway line that Kim Jong Un takes when his armored train carries him across the border on his way to Vladivostok.

Let us now turn our attention to the Far East Forum. I have looked over the program on their website and the general impression is that it is being run very much the same way as the St Petersburg International Economic Forum was this past June.  There is an enormous number of panel discussions covering every imaginable topic with respect to the economic, social, educational development of the Russian Far East, its relations with neighbors including China and Mongolia, relations with ASEAN and with countries further afield such as India. As regards participation, the panelists are overwhelmingly Russian, though there are token representatives from a variety of Asian countries including Laos, Myanmar, the Philippines. The single largest contingent of foreign panelists comes from China. The highest ranking foreign guests in the program are ambassadors, with the exception of Mongolia, which is sending a Vice Prime Minister, who is Minister of the Economy.

On the Russian side, within the business delegations to the Forum, the biggest net worth participant is the oligarch Oleg Deripaska, whose industrial assets are concentrated in Siberia. He is on the panel entitled “On Siberia’s Role in Turning East,” where he is listed as Chairman of the Supervisory Board of the Stolypin Institute for Economy of Growth.”

The most relevant panel discussion to current events comes on the last day of the Forum and is entitled “A Global Alternative to Western Dominance: The Contours of the Future.”  If I have any regret at missing this Forum, it is not being able to watch the give and take between such panelists as Sergei Karaganov (by video), the pseudo academic, Russian nationalist philosopher Alexander Dugin (also by video),  Ambassador Plenipotentiary Maria Zakharova and Irina Yarovaya, the very smart, very patriotic Deputy Chairman of the State Duma. But Vladivostok is very far away and the price of an admission ticket to the Forum (which does not give you the right to be present at the Plenary Session where Putin will speak) is the tidy sum of 8,000 USD. Curiously, those paying in rubles get in for half price (400,000 rbls).

Of course, at this point no one can say whether Kim will be given the podium at the Forum. But his likely presence in Vladivostok for his meeting with Putin at this moment which will be watched by the entire world shows that Russia’s emerging relationship with North Korea is anything but surreptitious.  Mr Kirby and the U.S. State Department are likely as much in the dark on what will transpire as the rest of us.

©Gilbert Doctorow, 2023

Postscript, 6 September: The high level of representation from Myanmar has a reason, which became clear today in Vesti coverage of the landing of a Myanmar airlines flight in Novosibirsk. This was the first such direct air connection with Russia for 30 years. Aboard was a delegation of 80. There will now be twice weekly flights between Novosibirsk and Myanmar. The Myanmar side is hoping to attract tourist flows from Russia, and have put in place a visa free regime.

Translations of “The fog of war brought down to earth”

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

Le brouillard de la guerre s’étend sur le terrain

Ces dernières semaines, j’ai exprimé dans ces pages l’espoir que la guerre en Ukraine toucherait bientôt à sa fin. J’avais à l’esprit une victoire militaire russe imminente et une capitulation ukrainienne. J’en étais arrivé à cette conclusion peu après que le ministre russe de la défense, Shoigu, ait déclaré publiquement que les Ukrainiens avaient épuisé toutes leurs réserves en hommes et en matériel. Par ailleurs, mais dans la même direction, des sources crédibles avaient rapporté que les Ukrainiens avaient subi 400 000 morts jusqu’à présent dans le conflit, auxquels s’ajoutent de multiples blessés et hospitalisés. L’ensemble de ces éléments suggérait que les Russes pouvaient désormais lancer en toute sécurité leur propre offensive massive et balayer la table.

Entre-temps, de nombreux commentateurs américains et européens, à commencer par CNN et Bild, ont semblé reconnaître que la contre-offensive ukrainienne avait échoué et que l’Ukraine ne pouvait pas reprendre le territoire qu’elle avait perdu dans le Donbass, sans parler de la Crimée. De l’avis général, les Ukrainiens ont échoué dans leur tentative de guerre éclair et sont maintenant revenus à une guerre d’usure, pour laquelle la supériorité de la Russie en nombre d’hommes et de pièces d’artillerie leur donne l’avantage.

Ce qui manque, c’est une chronologie de la victoire russe dans une guerre d’usure.

Il n’en reste pas moins que, même dans les conditions désastreuses des pertes ukrainiennes en hommes et en matériel au cours des deux derniers mois, il y a encore des soldats ukrainiens qui effectuent chaque jour de nombreuses sorties en divers points du front. Les correspondants de guerre russes qui rendent visite à leurs officiers de chars et à ceux qui s’occupent de l’artillerie et des lance-roquettes multiples (Grad) nous apprennent que les Russes doivent être prompts à déplacer leur matériel dans les minutes qui suivent le tir, de peur d’être victimes de tirs d’artillerie en retour de la part du camp ukrainien. Les rapports de terrain donnent l’impression qu’il s’agit toujours d’une guerre sérieuse et meurtrière, et non d’une simple déroute de l’un des deux camps.

En outre, un autre problème tenace remet en question l’idée qu’une victoire russe est à portée de main. Le problème est qu’après avoir regardé chaque jour les duels d’artillerie au cours desquels les Russes détruisent l’artillerie ukrainienne et les lance-roquettes multiples d’origine américaine, polonaise et autre dans les régions de Donetsk et de Lougansk, dans les régions de Zaporozhie et de Kherson, et avoir dressé la liste des modèles d’équipement et du nombre de soldats ukrainiens tués à chaque endroit, j’écoute ensuite les récits sur la façon dont les Ukrainiens viennent de bombarder les quartiers résidentiels de la ville de Donetsk. Oui, chaque jour, il y a de multiples attaques d’artillerie et de HIMARS sur la ville, avec des destructions de bâtiments et des morts et des blessés quotidiens.  Comment cela est-il possible ? Les Ukrainiens tirent depuis quelques kilomètres seulement à l’extérieur de la ville. Pourquoi les Russes sont-ils incapables de localiser et de détruire ces zones fortifiées ukrainiennes de l’autre côté de la ligne, alors qu’ils semblent si bien réussir ailleurs sur la ligne de confrontation de mille kilomètres ?

En conclusion, je constate que nous restons dans le brouillard de la guerre et que rien n’est encore acquis.

Zurück zum Nebel des Krieges

Auf diesen Seiten habe ich in den letzten Wochen die Hoffnung zum Ausdruck gebracht, dass der Krieg in der Ukraine bald zu Ende geht. Ich hatte da an einen bevorstehenden militärischen Sieg Russlands und die ukrainische Kapitulation gedacht. Ich kam zu diesem Schluss, kurz nachdem der russische Verteidigungsminister Shoigu öffentlich gesagt hatte, dass die Ukrainer ihre gesamten Reserven an Menschen und Material aufgebraucht hätten. Abgesehen davon, aber mit dem Hinweis in die gleiche Richtung, gab es Berichte aus glaubwürdigen Quellen, dass die Ukrainer in dem Konflikt bisher 400.000 Tote erlitten haben, plus ein Vielfaches dieser Zahl an Verletzten und Hospitalisierten. Zusammengenommen ließ dies darauf schließen, dass die Russen nun gefahrlos ihre eigene massive Offensive starten und die Sache vom Tisch bringen könnten.

In der Zwischenzeit scheinen viele Kommentatoren in den USA und in Europa, angefangen bei CNN und Bild, anzuerkennen, dass die ukrainische Gegenoffensive ein Fehlschlag war und dass die Ukraine unmöglich das Gebiet zurückerobern kann, das sie im Donbass verloren hat, ganz zu schweigen von der Krim. Die Ukrainer scheiterten einvernehmlich mit ihrem Blitzkriegsversuch und befinden sich nun wieder in einem Zermürbungskrieg, für den die russische Überlegenheit bei der Zahl der Männer und Artilleriegeschütze denen die Oberhand verschafft.

Was fehlt, ist ein Zeitplan für den russischen Sieg in einem Zermürbungskrieg.

Tatsache bleibt, dass selbst unter den Bedingungen katastrophaler ukrainischer Verluste an Menschen und Material in den letzten zwei Monaten immer noch ukrainische Soldaten jeden Tag bei vielen Einsätzen an verschiedenen Punkten der Front aktiv kämpfen. Die russischen Kriegskorrespondenten, die ihre Panzeroffiziere besuchen, und diejenigen, die die Artillerie und die Mehrfach-Raketenwerfer (Grad) bedienen, erlauben uns zu hören, dass die Russen schnell sein müssen, die Position ihrer Ausrüstung innerhalb von Minuten nach dem Abschuss zu ändern, damit sie nicht Opfer von Gegenangriffen duch Artilleriefeuer von ukrainischer Seite werden. Die Berichte aus dem Feld klingen sehr so, als ob noch immer ein ernsthafter und tödlicher Krieg im Gange sei und nicht eine Schlappe für eine Seite.

Zudem gibt es ein weiteres quälendes Problem, das die Vorstellung in Frage stellt, dass Russland kurz vor einem Sieg steht. Das Problem ist, dass ich mir, nachdem ich jeden Tag die Artillerieduelle, bei denen die Russen ukrainische Artillerie und Mehrfach-Raketenwerfer amerikanischen, polnischen und anderen Ursprungs in den Regionen Donezk und Lugansk, in den Regionen Saporoschje und Cherson zerstören und die Auflistung der zerstörten Ausrüstung und die Anzahl der ukrainischen Soldaten angeschaut habe, die an jedem Ort getötet wurden, dann Berichte darüber anhöre, wie die Ukrainer gerade Wohnviertel der Stadt Donezk bombardiert haben. Ja, jeden Tag gibt es mehrere Artillerie- und HIMARS-Angriffe auf die Stadt, mit Zerstörung von Gebäuden und täglichen Toten und Verletzten. Wie kann das sein? Die Ukrainer feuern aus nur wenigen Kilometern Entfernung von der Stadt. Warum sind die Russen nicht in der Lage, diese ukrainischen befestigten Gebiete jenseits der Grenze zu lokalisieren und zu zerstören, wenn es ihnen anderswo auf der tausend Kilometer langen Konfrontationslinie so gut zu gehen scheint?

Abschließend möchte ich feststellen, dass wir weiterhin im Nebel des Krieges stecken und nichts als selbstverständlich angesehen werden kann.

The fog of war brought down to earth

On these pages, I have in recent weeks expressed the hope that the war in Ukraine will soon be coming to an end. I have had in mind an imminent Russian military victory and Ukrainian capitulation.  I came to that conclusion shortly after Russian Defense Minister Shoigu said publicly that the Ukrainians had used up all of their reserves in men and materiel. Separately, but pointing in the same direction, there were reports from credible sources that Ukrainians have suffered 400,000 deaths so far in the conflict plus a multiple of that number in those injured and hospitalized. Taken together, this suggested that the Russians could now safely launch their own massive offensive and sweep the table.

In the meantime, many commentators in the U.S. and European mainstream, beginning with CNN and Bild, appear to acknowledge that the Ukrainian counteroffensive has been a failure and that Ukraine cannot possibly recapture the territory it has lost in the Donbas, not to mention the Crimea. By consensus, the Ukrainians failed in their attempt at blitzkrieg and are now back to a war of attrition, for which Russia’s superiority in numbers of men and artillery pieces gives them the upper hand.

What is missing is a timeline for the Russian victory in a war of attrition.

The fact remains that even under conditions of disastrous Ukrainian losses of men and materiel these past two months, there are still Ukrainian soldiers coming out in many sorties across various points of the front every day. The Russian war correspondents visiting their tank officers and those manning the artillery and multiple rocket launchers (Grad), allow us to hear that the Russians must be quick to move their equipment within minutes of firing lest they be victims of return artillery fire from the Ukrainian side. The reports from the field sound very much as if a serious and deadly war is still going on, not a simple rout of one side.

Moreover, there is another nagging problem that puts in question the notion that a Russian victory is just around the corner.   The problem is that after watching every day the artillery duels in which the Russians destroy Ukrainian artillery and multiple rocket launchers of U.S., Polish and other origin in Donetsk and Lugansk regions, in the Zaporozhie and Kherson regions and list the equipment models and numbers of Ukrainian soldiers killed at each location, I then listen to accounts of how the Ukrainians have just bombed residential districts of Donetsk city.  Yes, every day there are multiple artillery and HIMARS attacks on the city, with destruction of buildings and daily deaths and injuries.  How can this be?  The Ukrainians are firing from just a few kilometers outside the city. Why are the Russians unable to locate and destroy these Ukrainian fortified areas across the line when they seem to be doing so well elsewhere on the thousand kilometer line of confrontation? 

In conclusion, I find that we remain in the midst of the fog of war and nothing can be taken for granted.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “Is the expanded BRICS truly a new international institution”

Translations below into French (Youri), German (Andreas Mylaeus) and Italian (Weber Potsie)

Les BRICS élargis constituent-ils réellement une nouvelle institution internationale ou simplement le bloc des Non-alignés 2.0 ?

Au cours de la semaine qui a suivi la clôture du 15e sommet des BRICS à Johannesburg, les médias occidentaux ont abondamment commenté l’idée qu’il s’y était passé quelque chose de fondamental qui favoriserait l’émergence d’un monde multipolaire, ce qui était le message des cinq États membres dans leur déclaration de clôture.

Certains analystes ont déclaré que l’ajout de six nouveaux membres prenant effet le 1er janvier 2024 et les plans pour un élargissement encore plus important l’année prochaine afin d’accueillir davantage des 23 nations qui ont exprimé leur intérêt à adhérer ne sont guère plus que la reconstitution du Bloc des nations non alignées, qui était un groupe de discussion entre les pays du Sud et guère plus pendant la guerre froide. D’autres critiques soulignent qu’il existe de graves contradictions entre les intérêts nationaux des membres fondateurs, l’Inde et la Chine, et que ce problème se posera entre les nouveaux membres, comme par exemple entre l’Iran et l’Arabie saoudite, de sorte que les chances que les BRICS parviennent à un consensus en matière de politique et de géopolitique en particulier seront minces ; son poids sur la scène mondiale sera par conséquent faible, disent-ils.

Quant à la première ligne d’attaque contre les BRICS, elle ne tient pas compte de l’évolution de la pondération des économies et de la stature politique des pays du Sud depuis les années 1970 et 1980, lorsque le mouvement des non-alignés était à son apogée. Les pays des BRICS représentent actuellement 37 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, contre 30 % pour le G7. Si tous les pays actuellement en lice sont admis, ils représenteront plus de 50 % du PIB mondial et une part encore plus importante de la population mondiale. La force des politiques qu’elle recommandera à la communauté internationale ira bien au-delà de la simple force morale et devra être prise en compte.

En ce qui concerne la deuxième ligne d’attaque contre les BRICS, les commentateurs n’ont pas compris la logique de leur expansion, qui est précisément de rassembler des pays qui ont été en conflit dans des régions d’importance majeure et de les réconcilier avec l’aide de pairs mondiaux.  La réconciliation entre l’Iran et l’Arabie saoudite, négociée ce printemps par la Chine, peut être consolidée avec le soutien des autres membres des BRICS lors de réunions régulières confidentielles au niveau opérationnel et lors des sommets périodiques à huis clos. Telle est la mission de paix des BRICS, qui agiront de manière ad hoc en tant qu’auxiliaires des Nations unies.

La leçon à retenir est celle que les États-Unis n’ont pas encore commencé à apprendre : l’inclusion de nations divisées est un bien meilleur moyen de parvenir à une politique de modération et de coexistence que l’exclusion et la création d’« États parias » par le biais de sanctions.

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Plusieurs observateurs politiques occidentaux ont commenté la décision annoncée il y a quelques jours par les autorités chinoises, selon laquelle le président Xi ne participera pas à la prochaine réunion du G20 en Inde. Comme Vladimir Poutine, Xi semble ne pas avoir trouvé de place dans son agenda chargé pour une institution qui avait été présentée depuis 2009 comme un organe de gouvernance économique et politique mondiale plus efficace et plus largement accepté que le G7.

Les observateurs occidentaux n’ont pas encore replacé cette dévalorisation du G20 dans le contexte des BRICS nouvellement créés. C’est ce que nous allons faire maintenant.

Tout d’abord, revenons sur la décision prise en mars 2014 par les membres du G7 de ne pas participer à la réunion du G8 prévue à Sotchi et de suspendre l’adhésion de la Russie à leur groupe. Cette décision visait à punir la Russie pour avoir pris le contrôle de la Crimée et l’avoir annexée à la suite du coup d’État de février 2014 à Kiev, orchestré par les États-Unis.

Une punition ? Je pense que pour Vladimir Poutine, c’était un pur soulagement de ne pas être obligé de rejoindre les sept autres membres de ce club de l’Occident collectif. À chaque fois, la Russie s’est retrouvée dans la minorité humiliante d’un seul membre lors des délibérations du G8, au cours des années qui ont suivi la proposition d’adhésion au G8 faite à Boris Eltsine en guise de compensation pour n’avoir pas été admis au sein de l’OTAN. La suspension a évité à Poutine d’être le premier à mettre fin à des sessions qui étaient devenues profondément désagréables et improductives.

La dernière réunion du G20 en Indonésie en novembre 2022 a démontré que ce club souffrait grandement des clivages géopolitiques entre la Russie et la Chine d’un côté et les membres du collectif occidental de l’autre. L’acrimonie et la politisation de chaque question à l’ordre du jour ont compromis l’utilité de ces réunions. Est-il donc surprenant que la Russie et la Chine aient choisi de ne pas envoyer leurs principaux représentants au sommet et que cette décision ait été prise dans le sillage de la réunion très réussie des BRICS en Afrique du Sud ?

Les BRICS sont précisément l’institution en formation où le Sud Global peut se réunir seul, sans perdre de temps ni d’efforts à se défendre contre les pressions que les États-Unis et leurs alliés exercent lors de chaque réunion internationale à laquelle ils participent.

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En tant que l’une des deux superpuissances du monde bipolaire de l’époque de la guerre froide, la Russie n’était évidemment pas membre du bloc des non-alignés, même si elle y cherchait des amis. L’URSS a apporté une aide financière et militaire substantielle aux mouvements d’indépendance dans les colonies européennes, en particulier en Afrique. Les États nouvellement libérés envoient leurs jeunes talents étudier à Moscou. Leurs dirigeants avaient souvent de fortes affinités idéologiques avec le marxisme soviétique.

Le rôle de premier plan joué par Moscou dans la création et l’expansion des BRICS s’explique par bien d’autres raisons que la perte de son statut de superpuissance et son besoin impératif de cultiver des amis dans le Sud.

J’ai mentionné dans un article publié il y a plusieurs jours qu’il m’arrivait de découvrir de nouvelles perspectives sur la Russie et la politique mondiale auprès de l’un ou l’autre des panélistes des talk-shows de la télévision d’État russe. C’est la source de ce que je vais expliquer en développant le point précédent, à savoir que l’approche de la Russie à l’égard du Sud est aujourd’hui radicalement différente de l’approche de l’URSS à l’égard du bloc des pays non alignés et, plus généralement, des pays en voie de développement.

La différence profonde peut être observée dans les discours de Vladimir Poutine aux délégations africaines en visite qui ont tenu des discussions de haut niveau à Moscou avant que la plupart d’entre elles ne se rendent en Afrique du Sud pour le rassemblement des BRICS. On la retrouve dans le discours prononcé par Poutine lors du Forum des affaires des BRICS. Et vous le voyez dans le langage de la déclaration qui a clôturé le sommet des BRICS.

Pour comprendre cette différence, il faut y regarder de plus près et mettre sa casquette de penseur. Les commentateurs des médias occidentaux ne sont pas les seuls à ne pas comprendre. Je crois que le chef du parti communiste de la Fédération de Russie, Guennadi Ziouganov, ne comprend pas non plus. Entouré de tous les invités du tiers monde qui descendent sur Moscou, il semble penser que le bon vieux temps de l’Union soviétique est revenu.

Ce n’est pas le cas. Quelque chose de très nouveau se prépare.

L’idéologie de l’URSS provenait de l’Occident. Le marxisme, avec ou sans les ajouts ou les déformations du léninisme, était profondément ancré dans la pensée occidentale sur l’homme et la société humaine. Le dénominateur commun est que tous les hommes sont les mêmes, que l’évolution de la société au fil du temps suit le même cours partout dans le monde.

Ce concept s’inscrit parfaitement dans le cadre du mondialisme et du néolibéralisme économique. Il s’inscrit également dans l’idéologie géopolitique néoconservatrice, ce qui ne devrait surprendre personne puisque les premiers penseurs néoconservateurs de New York étaient d’anciens sympathisants communistes, comme l’explique Francis Fukuyama dans son histoire du mouvement.

Sous la pression des régimes de sanctions mis en place dès 2014 au nom de la « communauté internationale » et drastiquement renforcés depuis le début de l’opération militaire spéciale en 2022, le Kremlin rejette désormais catégoriquement le mondialisme de cette communauté internationale dominée par les Etats-Unis. La décision de quitter l’OMC, sur le point d’être prise, en est la confirmation.

Aujourd’hui, la Russie rejette catégoriquement la notion d’une voie unique de développement pour l’ensemble de l’humanité. Au contraire, la Russie affirme que chaque pays doit se développer dans le respect de ses traditions et de ses valeurs nationales. Chacun doit trouver sa propre voie pour réaliser son potentiel économique et humain. Il s’agit d’une version nouvelle et plus complète du concept selon lequel chaque État a sa propre religion, que les voisins ne peuvent pas perturber, comme le prévoit la paix de Westphalie de 1648. Comme nous le savons, la Russie et la Chine défendent depuis longtemps sur la scène mondiale le principe de non-ingérence dans les affaires des États souverains. NB : Westphalie supposait un monde d’États souverains, alors que l’Europe a balayé ce principe lorsque la Communauté européenne est devenue l’Union européenne.

La Russie espère que cette nouvelle approche du Sud Global en tant que défenseur de la souveraineté et du caractère distinctif de chaque nation fera d’elle et des BRICS un partenaire beaucoup plus attrayant pour le Sud Global que ne l’était l’URSS en son temps, ou que ne peut l’être aujourd’hui l’Occident collectif, avec son arrogance et ses préjugés néocoloniaux.

Ist der erweiterte BRICS-Block wirklich eine neue internationale Institution oder nur der Blockfreie Block 2.0?

In der Woche seit dem Abschluss des 15. BRICS-Gipfels in Johannesburg gab es in den westlichen Medien viele Kommentare, die darauf abzielten, die Vorstellung zu widerlegen, dass dort etwas Wesentliches geschehen sei, das die Entstehung einer multipolaren Welt fördern werde, was die Botschaft der fünf Mitgliedstaaten in ihrer Abschlusserklärung gewesen war.

Einige Analysten haben gesagt, dass die Aufnahme von sechs neuen Mitgliedern zum 1. Januar 2024 und die Pläne für eine noch größere Erweiterung im nächsten Jahr, um mehr der 23 Nationen aufzunehmen, die ihr Interesse an einer Mitgliedschaft bekundet hatten, wenig mehr als die Neugründung der Vereinigung der Blockfreien Staaten ist, die während des Kalten Krieges nicht viel mehr als ein Gesprächskreis der Länder des globalen Südens war. Andere Kritiker weisen darauf hin, dass es gravierende Widersprüche zwischen den nationalen Interessen der Gründungsmitglieder Indien und China gibt, und dass dieses Problem auch zwischen den neuen Mitgliedern auftauchen wird, wie zum Beispiel zwischen dem Iran und Saudi-Arabien, sodass die Chancen, dass die BRICS in politischen Angelegenheiten und insbesondere in geopolitischer Hinsicht zu einem Konsens kommen, gering sein werden; ihr Gewicht auf der Weltbühne werde entsprechend gering sein, sagen sie.

Was die erste Angriffslinie auf die BRICS-Staaten angeht, so werden die Änderungen bei der Gewichtung der Volkswirtschaften und der politischen Position der Länder des globalen Südens seit den 1970er und 1980er Jahren, als die Bewegung der Blockfreien Staaten ihren Höhepunkt erreichte, übersehen. Auf die BRICS-Länder entfallen gegenwärtig 37% des globalen BIP, gemessen in Kaufkraftparität, gegenüber 30% auf die G7. Wenn alle Länder, die jetzt beitreten wollen, aufgenommen werden, wird das mehr als 50 % des globalen BIP und einen noch größeren Anteil an der Weltbevölkerung ausmachen. Jede Politik, die sie der internationalen Gemeinschaft empfiehlt, ist von ihrer Stärke her nicht nur moralisch motiviert, sondern es muss mit ihr gerechnet werden.

Was die zweite Angriffslinie auf die BRICS angeht, so haben die Kommentatoren die Logik ihrer Erweiterung nicht verstanden, die genau darin besteht, Länder, die sich in Konflikten in Regionen von großer Bedeutung befanden, zusammenzubringen und sie mithilfe globaler Peers miteinander zu versöhnen. Die in diesem Frühjahr von China ausgehandelte Aussöhnung zwischen dem Iran und Saudi-Arabien kann mit Unterstützung anderer BRICS-Mitglieder bei vertraulichen regelmäßigen Treffen auf Arbeitsebene sowie bei den regelmäßigen Gipfeltreffen hinter verschlossenen Türen konsolidiert werden. Dies ist die Friedensmission der BRICS-Staaten, die ad hoc als Ergänzung zu den Vereinten Nationen tätig wird.

Die Lektion ist hier eine, die die Vereinigten Staaten noch nicht begonnen haben zu lernen: dass die Einbeziehung zerstrittener Nationen ein weitaus besserer Weg ist, um politische Mäßigung und Koexistenz zu erreichen, als die Ausgrenzung und Schaffung von “Pariastaaten” durch Sanktionen.

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Mehrere politische Beobachter im Westen haben auf die vor einigen Tagen von den chinesischen Behörden angekündigte Entscheidung hingewiesen, dass Präsident Xi nicht an der nächsten G20-Konferenz in Indien teilnehmen werde. Wie Wladimir Putin scheint Xi in seiner viel beschäftigten Agenda keinen Platz für eine Institution gefunden zu haben, die seit 2009 als effektiveres und weithin akzeptiertes Gremium für globale wirtschaftliche und politische Steuerung und Koordination propagiert wurde als die G7.

Westliche Beobachter haben diese Herabstufung der G20 noch nicht in den Kontext der neuen BRICS-Staaten gestellt. Lassen Sie uns das jetzt tun.

Lassen Sie uns zunächst einen Schritt zurück zu der im März 2014 von den G7-Mitgliedern getroffenen Entscheidung gehen, nicht an dem geplanten G8-Treffen in Sotschi teilzunehmen und Russlands Mitgliedschaft in ihrer Gruppe auszusetzen. Damit sollte Russland dafür bestraft werden, dass es nach dem von den USA inszenierten Staatsstreich in Kiew im Februar 2014 die Kontrolle über die Krim übernommen und diese annektiert hat.

Bestrafung? Ich glaube, es war für Wladimir Putin eine absolute Erleichterung, nicht gezwungen zu sein, bei dem Treffen der sieben anderen Mitglieder dieses “Collective West”-Clubs dabei gewesen zu sein. Russland war während der G8-Beratungen, die in den Jahren seit Boris Jelzin als Beschwichtigung für die Nichtaufnahme in die NATO die G8-Mitgliedschaft aufgedrängt wurde, stattfanden, auf Schritt und Tritt in der demütigenden Minderheit. Diese Suspendierung ersparte Putin die Notwendigkeit, als erster die zutiefst unangenehmen und unproduktiven Sitzungen zu beenden.

Das letzte G20-Treffen in Indonesien im November 2022 hat gezeigt, dass dieser Club stark unter den geopolitischen Bruchlinien zwischen Russland und China auf der einen Seite und den Mitgliedern des Westens auf der anderen Seite litt. Die Verbitterung und Politisierung aller Themen auf der Tagesordnung haben den Nutzen solcher Treffen gefährdet. Ist es daher eine Überraschung, dass sowohl Russland als auch China demonstrativ entschieden haben, ihre obersten Beamten nicht zum Gipfel zu entsenden, und dass diese Entscheidung in der Folge des sehr erfolgreichen BRICS-Treffens in Südafrika getroffen wurde?

Die BRICS-Staaten sind genau die Institution, in der sich der Globale Süden formuliert, ohne Zeit und Mühe zu verschwenden und sich gegen den Druck zu verteidigen, den die Vereinigten Staaten und ihre Verbündeten bei jedem internationalen Treffen ausüben, an dem sie teilnehmen.

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Als eine der beiden Supermächte in der bipolaren Welt der Tage des Kalten Krieges war Russland natürlich kein Mitglied der Vereinigung der Blockfreien Staaten, obwohl es dort Freunde suchte. Die UdSSR gewährte den Unabhängigkeitsbewegungen in den europäischen Kolonien, insbesondere in Afrika, erhebliche finanzielle und militärische Unterstützung. Und die neu befreiten Staaten schickten ihre talentierten Jugendlichen zum Studium nach Moskau. Ihre Führer hatten oft eine starke ideologische Affinität zum sowjetischen Marxismus.

Moskaus führende Rolle bei der Gründung und Erweiterung der BRICS-Staaten erklärt sich als viel mehr als der Verlust seines Status als Supermacht und eine zwingende Notwendigkeit, Freundschaft im globalen Süden zu pflegen.

In einem Artikel, der vor einigen Tagen veröffentlicht wurde, erwähnte ich, dass ich gelegentlich neuartige Perspektiven auf Russland und die Weltpolitik von dem einen oder anderen Diskussionsteilnehmer in Russlands Talkshows im staatlichen Fernsehen aufgegriffen habe. Das ist die Quelle dessen, was ich jetzt sagen werde, wenn ich auf den vorstehenden Punkt eingehe, nämlich dass Russlands Herangehensweise an den globalen Süden heute dramatisch anders ist als der Ansatz der UdSSR gegenüber den Blockfreien Staaten und gegenüber den Entwicklungsländern im weiteren Sinne.

Der tiefe Unterschied ist in den Reden von Wladimir Putin vor den afrikanischen Delegationen erkennbar, die hochrangige Gespräche in Moskau führten, bevor die meisten nach Südafrika zur BRICS-Konferenz reisten. Man sieht es wieder in der Rede, die Putin vor dem BRICS-Wirtschaftsforum hielt. Man sieht es in der Sprache der Erklärung, mit der der BRICS-Gipfel abgeschlossen wurde.

Um diesen Unterschied zu verstehen, muss man genau hinschauen und die Denk-Mütze aufsetzen. Es sind nicht nur westliche Medienkommentatoren, die am Thema vorbeigehen. Ich glaube, dass auch der Vorsitzende der Kommunistischen Partei der Russischen Föderation, Gennadi Sjuganow, das nicht versteht. Wenn er von allen Gästen aus der Dritten Welt umringt ist, die nach Moskau anreisen, scheint er zu denken, dass die guten alten Zeiten der Sowjetunion zurückgekehrt sind.

Das sind sie nicht. Etwas sehr Neues ist im Gange.

Die Ideologie der UdSSR kam aus dem Westen. Der Marxismus, mit oder ohne die Ergänzungen oder Verzerrungen des Leninismus, war tief in das westliche Denken über die Menschheit und die menschliche Gesellschaft eingebettet. Der gemeinsame Nenner ist hier, dass alle Menschen gleich sind, dass die gesellschaftliche Entwicklung im Laufe der Zeit überall auf der Erde den gleichen Weg geht.

Dieses Konzept passt gut zum Globalismus und zum wirtschaftlichen Neoliberalismus. Es passt auch gut zur neokonservativen geopolitischen Ideologie, die niemanden überraschen sollte, da die ursprünglichen neokonservativen Denker in New York ehemalige kommunistische Sympathisanten waren, wie uns Francis Fukuyama in seiner Geschichte der Bewegung erzählt.

Unter dem Druck der 2014 im Namen “der internationalen Gemeinschaft” erstmals eingeführten und seit Beginn der militärischen Sonderoperation 2022 drastisch erhöhten Sanktionsregime lehnt der Kreml nun die Globalisierung dieser von den USA dominierten internationalen Gemeinschaft entschieden ab. Die Entscheidung, die WTO zu verlassen, ist eine Bestätigung dafür.

Russland lehnt heute die Vorstellung eines einheitlichen Entwicklungspfades für die gesamte Menschheit rundheraus ab. Stattdessen sagt Russland, jedes Land solle sich im Einklang mit seinen nationalen Traditionen und Werten entwickeln. Jeder muss seinen eigenen Weg zur Realisierung seines wirtschaftlichen und menschlichen Potenzials finden. Dies ist eine neue und umfassendere Version des Konzepts, dass jeder Staat seine eigene Religion hat, die Nachbarn nicht stören dürfen, wie es im Westfälischen Frieden von 1648 verankert ist. Wie wir wissen, setzen sich Russland und China seit langem auf der Weltbühne für das Prinzip der Nichteinmischung in die Angelegenheiten souveräner Staaten ein. Nota bene: Westfalen hat eine Welt souveräner Staaten angenommen, während Europa dies beiseitegeschoben hat, als die Europäische Gemeinschaft zur Europäischen Union wurde.

Russland erwartet, dass dieser neue Ansatz gegenüber dem globalen Süden als Verteidiger der Souveränität und Eigenart jeder Nation sie und die BRICS zu einem viel attraktiveren Partner für den globalen Süden macht, als es die UdSSR zu ihrer Zeit war, oder als es der kollektive Westen mit seiner Arroganz und neokolonialen Vorurteilen heute sein kann.

Il BRICS allargato è davvero una nuova istituzione internazionale o solo il Blocco dei Non Allineati 2.0?

Nella settimana trascorsa dalla chiusura del 15° vertice dei BRICS a Johannesburg, i media occidentali hanno pubblicato molti commenti volti a smentire l’idea che si sia verificato qualcosa di sostanziale che favorirà l’emergere di un mondo multipolare, che era stato il messaggio dei cinque Stati membri nella loro dichiarazione conclusiva.

Alcuni analisti hanno affermato che l’aggiunta di sei nuovi membri dal 1° gennaio 2024 e i piani per un allargamento ancora maggiore l’anno prossimo, con altre 23 nazioni che hanno espresso interesse ad aderire, equivalgono a poco più della ricreazione del Blocco delle Nazioni Non Allineate, che durante la Guerra Fredda era e poco più di un “talking shop” tra i Paesi del Sud Globale Altri critici hanno sottolineato che esistono gravi contraddizioni tra gli interessi nazionali dei membri fondatori, India e Cina, e che questo problema si presenterà anche tra i nuovi membri, come ad esempio tra l’Iran e l’Arabia Saudita, cosicché le probabilità che i BRICS raggiungano un consenso su questioni politiche, e geopolitiche in particolare, sarebbero basse; il suo peso sulla scena mondiale sarà di conseguenza ridotto, dicono.

Per quanto riguarda la prima critica, questa trascura i cambiamenti nel peso delle economie e della statura politica dei Paesi del Sud globale dagli anni ’70 e ’80, il periodo d’oro del movimento dei non allineati. I Paesi BRICS rappresentano attualmente il 37% del PIL globale a parità di potere d’acquisto, contro il 30% del G7. Se e quando saranno ammessi tutti i Paesi ora in lizza, rappresenteranno più del 50% del PIL globale e una quota ancora maggiore della popolazione mondiale. La forza di qualsiasi politica che il gruppo raccomanderà alla comunità internazionale andrà ben oltre la semplice moral suasion e dovrà essere tenuta in conto.

Per quanto riguarda la seconda critica ai BRICS, i commentatori non hanno capito la logica della sua espansione, che è proprio quella di riunire i Paesi che sono stati in conflitto in regioni di grande importanza e di riconciliarli con l’assistenza di loro pari.  La riconciliazione tra Iran e Arabia Saudita, mediata questa primavera dalla Cina, può essere inserita nel quadro del sostegno fornito degli altri membri dei BRICS in incontri regolari riservati a livello di lavoro e nei vertici periodici a porte chiuse. Questa è la missione di pace dei BRICS, che agiranno in modo ad hoc, come ausiliari delle Nazioni Unite.

La lezione è una che gli Stati Uniti non hanno ancora imparato: l’inclusione delle nazioni più problematiche è un modo migliore per ottenere moderazione politica e coesistenza invece di di ricorrere all’esclusione e alla creazione di “Stati paria” attraverso sanzioni.

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Diversi osservatori politici in Occidente hanno commentato la decisione annunciata un paio di giorni fa dalle autorità cinesi, secondo cui il Presidente Xi non parteciperà al prossimo incontro del G20 in India. Come Vladimir Putin, Xi sembra non aver trovato spazio nella sua fitta agenda per un’istituzione che dal 2009 era stata promossa come un organo di governance economica e politica globale più efficace e ampiamente accettato del G7.

Gli osservatori occidentali non hanno ancora inserito questo declassamento del G20 nel contesto dei nuovi BRICS. Cerchiamo di farlo ora.

Innanzitutto, facciamo un passo indietro, tornando alla decisione presa nel marzo 2014 dai membri del G7 di non partecipare al previsto incontro del G8 a Sochi e di sospendere l’adesione della Russia al loro gruppo. Questo fu fatto per punire la Russia per l’annessione della Crimea in seguito al colpo di Stato di Kiev, organizzato dagli Stati Uniti nel febbraio 2014.

Punizione? Credo che per Vladimir Putin sia stato un puro sollievo non essere obbligato a unirsi agli altri sette membri del club dell’Occidente collettivo. Ad ogni riunione la Russia si era sempre trovata in umiliante isolamento durante le deliberazioni del G8. Del resto l’adesione della Russia al club occidentale era stata offerta alla Russia di Boris Eltsin solo come contentino per la mancata ammissione alla NATO.  La sospensione dal club nel 2014 risparmio’ a Putin la necessità di essere lui a porre fine a quelle che erano diventate riunioni profondamente sgradevoli e improduttive.

L’ultima seduta del G20, tenutasi in Indonesia nel novembre 2022, ha dimostrato che questo club risente molto della frattura geopolitica tra Russia-Cina da un lato e i membri del Collettivo occidentale dall’altro. L’acrimonia e la politicizzazione di ogni questione all’ordine del giorno hanno compromesso l’utilità di questi incontri.  C’è da sorprendersi, quindi, che sia la Russia che la Cina abbiano scelto di non inviare i loro funzionari al vertice e che questa decisione sia arrivata sulla scia del grande successo dell’incontro dei BRICS in Sudafrica?

Il BRICS è proprio l’istituzione in via di formazione in cui il Sud globale può riunirsi da solo senza perdere tempo e fatica per difendersi dalle pressioni che gli Stati Uniti e i loro alleati portano in ogni incontro internazionale a cui partecipano.

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Essendo una delle due superpotenze nel mondo bipolare dell’epoca della Guerra Fredda, la Russia non era ovviamente un membro del Blocco dei Non Allineati, anche se cercava amici. L’URSS fornì una notevole assistenza finanziaria e militare ai movimenti indipendentisti delle colonie europee, soprattutto in Africa. Gli Stati appena liberati mandavano i loro giovani di talento a studiare a Mosca. I loro leader avevano spesso una forte affinità ideologica con il marxismo sovietico.

Il ruolo di primo piano di Mosca nella creazione e nell’espansione dei BRICS ha molte altre spiegazioni oltre alla perdita dello status di superpotenza e alla necessità imperativa di coltivare amici nel Sud globale.

I talk show della televisione di Stato russa ogni tanto mi danno nuove prospettive sulla Russia e sulla politica globale. Una di queste trasmissioni mi ha fatto capire che l’approccio della Russia al Sud globale è oggi drammaticamente diverso da quello dell’URSS nei confronti del Blocco dei Non Allineati e, più in generale, dei Paesi in via di sviluppo.

La profonda differenza è visibile nei discorsi di Vladimir Putin alle delegazioni africane in visita che hanno tenuto colloqui di alto livello a Mosca prima che la maggior parte di esse si recasse in Sudafrica per il raduno dei BRICS.  Lo si vede di nuovo nel discorso che Putin ha tenuto al BRICS Business Forum. E lo si vede nel linguaggio della Dichiarazione che ha chiuso il Vertice BRICS.

Non sono solo i commentatori dei media occidentali a non cogliere il punto.  Credo che nemmeno il leader del Partito Comunista della Federazione Russa Gennady Zyuganov lo capisca. Circondato da tutti gli rappresentanti del Terzo Mondo che arrivavano a Mosca, sembrava pensare di essere di nuovo ai bei tempi dell’Unione Sovietica.

Non è così. C’è qualcosa di molto nuovo in atto.

L’ideologia dell’URSS aveva una matrice occidentale. Il marxismo, con o senza le aggiunte o le distorsioni del leninismo, era profondamente radicato nel pensiero occidentale. Il denominatore comune [NDT: che il marxismo aveva ed ha con lo stesso liberalismo e, più in generale ma in parte, con il pensiero cristiano] è che tutte le persone sono uguali, e che lo sviluppo della società nel tempo segue lo stesso corso ovunque sulla terra.

Questo concetto trova riscontro nel globalismo e nel neoliberismo economico. Si riscontra anche nell’ideologia geopolitica neoconservatrice, il che non dovrebbe sorprendere nessuno visto che i primi ideologhi neocon di New York erano ex simpatizzanti comunisti, come ci racconta Francis Fukuyama nella sua storia del movimento.

Sotto la pressione delle sanzioni del 2014, poste a nome della “comunità internazionale”, e di quelle ancora più gravi che hanno fatto seguito all’inizio della “Operazione Militare Speciale” nel 2022, il Cremlino ora rifiuta categoricamente il globalismo della comunità internazionale dominata dagli Stati Uniti. La decisione che sta per essere presa di uscire dall’Organizzazione Mondiale del Commercio ne è la conferma.

La Russia oggi rifiuta categoricamente l’idea di un unico percorso di sviluppo per tutta l’umanità. Sostiene invece che ogni Paese dovrebbe svilupparsi in base alle proprie tradizioni e ai propri valori nazionali. Ciascun Paese deve essere libero di trovare la propria strada per realizzare il proprio potenziale economico e umano. Si tratta di una versione nuova e più completa del concetto che ogni Stato ha la propria religione, con cui i vicini non possono interferire, come sancito dalla Pace di Westfalia del 1648.  Come sappiamo, la Russia e la Cina sostengono da tempo sulla scena mondiale il principio di non interferenza negli affari degli Stati sovrani. 

NB: La Pace di Westfalia presupponeva un mondo di Stati sovrani, mentre l’Europa ha messo da parte questo principio quando la Comunità europea è diventata l’Unione europea.

La Russia si aspetta che questo nuovo approccio al Sud globale come difensore della sovranità e del carattere distintivo di ogni nazione la renda, insieme ai BRICS, un partner molto più attraente per il Sud globale di quanto lo sia stata l’URSS a suo tempo o di quanto possa esserlo oggi l’Occidente collettivo, con la sua arroganza e i suoi pregiudizi neocoloniali.

Is the expanded BRICS truly a new international institution or just the Nonaligned Bloc 2.0?

In the week since the 15th Summit meeting of BRICS in Johannesburg closed, there has been a lot of commentary in Western media directed at quashing the notion that something substantial occurred there which will further the emergence of a multipolar world, which had been the message of the five member states in their closing Declaration.

Some analysts have said that the addition of six new members taking effect on 1 January 2024 and plans for still greater enlargement next year to take in more of the 23 nations which had expressed an interest in joining amounts to little more than the recreation of the Bloc of Nonaligned Nations, which was a talking shop among Global South countries and little more during the Cold War. Other critics point out that there are serious contradictions between the national interests of the founding members India and China, and that this problem will arise between the new members, as for example between Iran and Saudi Arabia, so that the chances of BRICS arriving at consensus in policy matters and geopolitics in particular will be slim;  its weight on the world stage will be correspondingly small, they say.

As for the first line of attack on BRICS, it overlooks the changes in weighting of the economies and political stature of Global South countries since the 1970s and 1980s when the nonaligned movement was in its heyday. BRICS countries presently account for 37% of global GDP by purchasing power parity versus 30% for the G7. If and when all the countries now in line to join are admitted, it will account for more than 50% of global GDP and a still greater share of global population. The strength of any policies it recommends to the international community will go far beyond mere moral force, and must be reckoned with.

As for the second line of attack on BRICS, the commentators have not understood the logic of its expansion, which is precisely to bring together countries which have been in conflict in regions of major importance and to reconcile them with the assistance of global peers.  The reconciliation of Iran and Saudi Arabia that was brokered this spring by China can be consolidated with the support of fellow BRICS members in confidential regular meetings at the working level as well as at the periodic summits behind closed doors. This is the peace mission of BRICS which will be acting in an ad hoc manner as adjunct to the United Nations.

The lesson here is one that the United States has not begun to learn: that inclusion of fractious nations is a far better way of arriving at policy moderation and coexistence than exclusion and creation of ‘pariah states’ through sanctions.

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Several political observers in the West have remarked upon the decision announced a couple of days ago by Chinese authorities that President Xi will not be attending the next G20 gathering in India. Like Vladimir Putin, Xi appears to have found no room in his busy agenda for an institution that had been promoted since 2009 as a more effective and widely accepted board of global economic and political governance than the G7.

Western observers have not yet put this downgrading of the G20 into the context of the newly purposed BRICS. Let us do that now.

First, let us take a step back to the decision taken in March 2014 by G7 members not to attend the planned G8 gathering in Sochi and to suspend Russia’s membership in their group. That was to punish Russia for its move to take control of and annex Crimea following the February 2014 US-engineered coup d’état in Kiev.

Punishment?  I believe that for Vladimir Putin it was pure relief not to be obliged to join the seven other members of that Collective West club. At every turn, Russia was in the humiliating minority of one during the G8 deliberations in the years since G8 membership was thrown to Boris Yeltsin as a sop for not being admitted to NATO.  The suspension spared Putin the need to be the first to end what had become deeply unpleasant and unproductive sessions.

The latest meeting of the G20 in Indonesia in November 2022 demonstrated that this club suffered greatly from geopolitical fracture lines between Russia-China on one side and the Collective West members on the other side. The acrimony and politicization of every issue on the agenda compromised the utility of such gatherings.  Is it any surprise, then, that both Russia and China have chosen demonstratively not to send their number one officials to the summit and that this decision came in the wake of the very successful BRICS gathering in South Africa?

BRICS is precisely the institution in formation where the Global South can meet on its own without wasting time and effort defending itself from the pressures that the United States and its allies bring to every international gathering in which they take part.

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As one of the two superpowers in the bipolar world of the Cold War days, Russia was, of course, not a member of the Nonaligned Bloc, though it sought friends there. The USSR gave substantial financial and military assistance to independence movements in European colonies, especially in Africa. And the newly liberated states sent their talented youth to study in Moscow. Their leaders often had strong ideological affinity with Soviet Marxism.

 Moscow’s leading role in the creation and expansion of BRICS has a lot more to explain it than its loss of superpower status and its imperative need to cultivate friends in the Global South.

I mentioned in an article published several days ago that I occasionally pick up novel perspectives on Russia and global politics from one or another panelist on Russia’s talk shows on state television. That is the source for what I am about to say as I expand upon the foregoing point, namely that Russia’s approach to the Global South is dramatically different today from the USSR’s approach to the  Nonaligned Bloc and to Developing Nations more broadly.

The profound difference can be seen in the speeches of Vladimir Putin to the visiting African delegations which held top level talks in Moscow before most traveled to South Africa for the BRICS gathering.  You see it again in the speech Putin delivered to the BRICS Business Forum. And you see it in the language of the Declaration which closed the BRICS Summit.

To understand this difference you have to look closely and put on your thinking cap. It is not only Western media commentators who miss the point.  I believe that the leader of the Communist Party of the Russian Federation Gennady Zyuganov also does not get it. When surrounded by all the guests from the Third World descending on Moscow, he seems to think that the good old days of the Soviet Union have returned.

They haven’t. Something very new is afoot.

The USSR’s ideology came from the West. Marxism, with or without the additions or distortions of Leninism, was deeply embedded in Western thinking about humankind and human society. The common denominator here is that all people are the same, that societal development over time follows the same course everywhere on earth.

This concept fits in nicely with globalism and economic Neo-Liberalism. It also fits in nicely with Neo-Conservative geopolitical ideology, which should not surprise anyone since the original Neocon thinkers in New York were former Communist sympathizers, as Francis Fukuyama tells us in his history of the movement.

Under pressure from the sanctions regimes first put in place in 2014 in the name of “the international community” and drastically increased since the start of the Special Military Operation in 2022, the Kremlin now flatly rejects the globalism of that U.S. dominated international community. The decision about to be taken to leave the WTO is confirmation of this.

Russia today flatly rejects the notion of a single path of development for all of mankind. Instead Russia is saying that each country should develop in keeping with its national traditions and values. Each must find its own path to realization of its economic and human potential. This is a new and more comprehensive version of the concept of each state having its own religion that neighbors may not interfere with as enshrined in the 1648 Peace of Westphalia.  As we know, Russia and China have long championed on the world stage the principle of noninterference in the affairs of sovereign states.. NB: Westphalia assumed a world of sovereign states, whereas Europe swept this aside when the European Community became the European Union.

Russia expects that this new approach to the Global South as defender of the sovereignty and distinctive character of each nation makes it and BRICS a much more attractive partner for the Global South than the USSR was in its time, or than the Collective West, with its arrogance and neocolonial prejudices, can be today.

©Gilbert Doctorow, 2023