Translations of “G20 Summit wrap-up on WION”

Translations below into German (Andreas Mylaeus), French (Youri) and Italian (Weber Potsie)

Nachbereitung des G20-Gipfels auf WION, Indiens englischsprachigem Global Broadcaster

Es war mir ein Vergnügen, 10 Minuten vor den Kameras mit einem ungewöhnlich scharfsinnigen Moderator und einem indischen Podiumskollegen bei der WION-Rückblicks-Diskussion über das G20-Treffen in Delhi zu verbringen.

In diesen ansonsten düsteren Zeiten war dies eine Gelegenheit, die Errungenschaften der indischen Diplomatie zu feiern, die es geschafft hat, die gegensätzlichen Seiten des kollektiven Westens und des globalen Südens im Interesse eines besseren, auf Konsens basierenden globalen Wirtschaftsmanagements zu versöhnen. Das Ergebnis war, die G20 vor der Bedeutungslosigkeit zu bewahren, gerade als ein rivalisierender Vorstand für Global Governance, BRICS, auf seinem eigenen Gipfel mit einer ehrgeizigen Erneuerung auftrat, indem er seine Mitgliedschaft erweiterte und seine Aktivitäten in der Friedenssicherung sowie in der Finanzierung von Infrastrukturprojekten in den Entwicklungsländern verstärkte.

Ich möchte betonen, dass sich diese beiden Plattformen, die G20 und die BRICS, theoretisch parallel entwickeln können und sollten. BRICS ist der Ort, an dem sich der Globale Süden und seine blockfreien Freunde untereinander beraten und Ziele und Strategien vereinbaren können, ohne dass der kollektive Westen als Spielverderber auftritt. Das ist wichtig, denn die Länder des Globalen Südens haben kaum mehr gemeinsam als die Entschlossenheit, ihre Souveränität zu wahren, ihre nationalen Interessen zu verteidigen und sich nicht von externen Blöcken einschüchtern zu lassen. In der Zwischenzeit ist die G20 der Ort, an dem sich die Seiten treffen und versuchen können, ihre jeweiligen Ziele und Strategien im Sinne eines gemeinsamen Vorgehens aufeinander abzustimmen.

Der Überblick des Moderators zu Beginn des Programms gab unserer Diskussion einen guten Rahmen und ermöglichte es uns, tiefer in die spezifischen Elemente der auf dem Gipfel getroffenen Vereinbarungen einzusteigen.

Es muss betont werden, dass die Verhandlungen hinter den Kulissen, mit denen die indischen Organisatoren die Vereinigten Staaten und ihre Verbündeten in der G7 davon überzeugt haben, ihre Obstruktionspolitik aufzugeben, eine Vorlage für den G20-Gipfel im nächsten Jahr in Brasilien darstellen. Es ist offensichtlich, dass der Globale Süden, wie er von Indien vertreten wird, alle Versuche zurückweist, sich in der Frage des Ukraine-Krieges und in vielen anderen Fragen vom Westen dominieren zu lassen.

Die Entscheidung, die Teilnahme der Afrikanischen Union an der G20 vom Status eines Gastes auf den eines vollwertigen Mitglieds anzuheben, macht ebenfalls deutlich, dass die G20 den BRICS nacheifert, indem sie dem Globalen Süden eine noch größere Stimme verleiht. Die Logik dieser Entwicklungen besteht darin, die Wahrscheinlichkeit einer grundlegenden Reform des Sicherheitsrats der Vereinten Nationen und anderer UN-Institutionen zu erhöhen, so dass sie auch das Gleichgewicht der wirtschaftlichen und politischen Macht in der heutigen Welt besser repräsentieren und nicht das von 1949, wie es derzeit der Fall ist.

Unser Moderator erwähnte beiläufig eine wichtige Vereinbarung, die am Rande des G20-Gipfels bekannt gegeben wurde, nämlich die Einrichtung eines Ost-West-Korridors, der einen wesentlich schnelleren Gütertransport auf der Schiene von Indien durch den Nahen Osten nach Europa ermöglichen wird. Angesichts der Erwartung, dass Indien in den kommenden Jahren ein viel größerer Hersteller wird und einen größeren Beitrag zum globalen Handel leistet, wird die geplante neue Infrastruktur willkommen sein. Dass der Korridor von den Vereinigten Staaten und ihren Verbündeten als Antwort auf Chinas “Belt and Road”-Initiative konzipiert wurde, steht außer Zweifel, aber was soll’s?

Was in den Ausführungen über den neuen Ost-West-Korridor fehlt, ist die Frage, wie er mit dem Nord-Süd-Verkehrskorridor zusammenpasst, der jetzt durch eine Vereinbarung zwischen Russland, Iran und Indien ausgebaut wird. Dieser sieht bereits vor, dass transmodale Güter aus Russland und den zentralasiatischen Staaten in Indien ankommen und nach Saudi-Arabien verschifft werden, um von dort aus nach Westen und Süden, nach Nordostafrika, weiter transportiert zu werden. Das Ergebnis dieser beiden Projekte wird sein, dass Indien zu einem wichtigen Verkehrsknotenpunkt in Asien wird.

Synthèse du sommet du G20 sur WION, le radiodiffuseur mondial

en langue anglaise de l’Inde

J’ai eu le plaisir de partager 10 minutes devant les caméras avec un animateur d’émission exceptionnellement perspicace et un collègue indien dans le cadre d’un débat sur la clôture du G20 à Delhi, diffusé par WION.

En ces temps plutôt sombres, c’était l’occasion de célébrer les réalisations de la diplomatie indienne, qui a su réconcilier les parties opposées de l’Occident collectif et du Sud mondial dans le but d’améliorer la gestion économique mondiale sur la base d’un consensus. Le résultat a été de sauver le G20 de son inutilité juste au moment où un conseil d’administration rival pour la gouvernance mondiale, les BRICS, a émergé lors de son propre sommet avec un renouvellement ambitieux en augmentant le nombre de ses membres et en renforçant ses activités dans le maintien de la paix ainsi que le financement de projets d’infrastructure dans le monde en développement.

Permettez-moi de souligner qu’en théorie, ces deux plateformes, le G20 et les BRICS, peuvent et doivent se développer en parallèle. Les BRICS permettent aux pays du Sud et à leurs amis non alignés de se consulter et de convenir d’objectifs et de stratégies sans interférence de la part de l’Occident collectif qui joue les trouble-fêtes. C’est essentiel car les pays du Sud n’ont en commun que la détermination à maintenir leur souveraineté, à défendre leurs intérêts nationaux et à ne pas se laisser intimider par des blocs extérieurs. En attendant, le G20 est le lieu où les parties peuvent se rencontrer et tenter d’aligner leurs objectifs et stratégies respectifs en vue d’une action commune.

La présentation du modérateur au tout début du programme a très bien encadré notre discussion et nous a permis d’approfondir les éléments spécifiques de ce qui a été convenu lors du sommet.

Il convient de souligner que les négociations en coulisses par lesquelles les organisateurs indiens ont persuadé les États-Unis et leurs alliés du G7 de renoncer à leur attitude obstructionniste constituent un modèle pour le sommet du G20 qui se tiendra l’année prochaine au Brésil. Il est manifestement clair que, représenté par l’Inde, le Sud global rejette toutes les tentatives de domination de l’Occident sur la question de la guerre en Ukraine et sur bien d’autres sujets.

La décision de faire passer la participation de l’Union africaine au G20 du statut d’invité à celui de membre à part entière montre clairement que le G20 imite les BRICS en donnant une voix encore plus importante au Sud. La logique de ces développements est d’augmenter la probabilité d’une réforme fondamentale du Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres institutions de l’ONU afin qu’ils représentent mieux l’équilibre du pouvoir économique et politique dans le monde d’aujourd’hui, et non celui de 1949, comme c’est le cas à l’heure actuelle.

Notre modérateur a mentionné en passant un accord important annoncé en marge du G20, à savoir le lancement d’un corridor est-ouest qui permettra un transport ferroviaire de marchandises beaucoup plus rapide de l’Inde vers l’Europe en passant par le Moyen-Orient.  Étant donné que l’on s’attend à ce que l’Inde devienne un fabricant et un contributeur beaucoup plus important au commerce mondial dans les années à venir, les nouvelles infrastructures prévues seront les bienvenues. Il ne fait aucun doute que le corridor a été conçu par les États-Unis et leurs alliés comme une réponse à l’initiative chinoise « la Nouvelle Route de la Soie », mais qu’en est-il ?

Ce qui a été omis dans les remarques sur le nouveau corridor est-ouest, c’est la correspondance avec le corridor de transport nord-sud qui est en train d’être renforcé par un accord entre la Russie, l’Iran et l’Inde. Ce dernier prévoit déjà l’acheminement en Inde de marchandises transmodales en provenance de Russie et des États d’Asie centrale, qui sont ensuite expédiées en Arabie saoudite pour être acheminées vers l’ouest et le sud, dans le nord-est de l’Afrique. Le résultat net de ces deux projets sera de faire de l’Inde un centre de transport majeur en Asie.

È stato un piacere condividere 10 minuti davanti alle telecamere con un conduttore del programma insolitamente perspicace e con un collega indiano che ha partecipato alla discussione di WION sull’incontro del G20 a Delhi alla sua chiusura.

In questi tempi altrimenti cupi, è stata un’occasione per celebrare i risultati ottenuti dalla diplomazia indiana nel riconciliare gli opposti schieramenti dell’”Occidente collettivo” e del “Sud globale” a favore di una migliore gestione economica globale basata sul consenso. Il risultato è stato quello di salvare il G20 dall’irrilevanza proprio quando un’organizzazione rivale per la governance globale, il BRICS, si sta rafforzando grazie ad un’ambiziosa riforma che aumenta il numero dei suoi membri e rafforza il suo ruolo nel mantenimento della pace e nel finanziamento di progetti infrastrutturali nei Paesi in via di sviluppo.

Vorrei sottolineare che in teoria queste due piattaforme, il G20 e i BRICS, possono e devono svilupparsi in parallelo.  Il BRICS è la sede in cui il “Sud globale” e i suoi amici non allineati possono consultarsi tra loro e concordare obiettivi e strategie senza interferenze da parte dell’”Occidente collettivo”. Questo è essenziale perché i Paesi del Sud globale hanno in comune poco più che la determinazione a difendere la propria sovranità e i propri interessi nazionali e a non farsi intimidire da blocchi esterni. Nel frattempo, il G20 è il luogo in cui le parti possono incontrarsi e tentare di allineare i rispettivi obiettivi e strategie ai fini di un’azione comune.

La panoramica del moderatore all’inizio del programma ha inquadrato molto bene la nostra discussione e ci ha permesso di approfondire gli elementi specifici di quanto concordato al vertice.

Va sottolineato che i negoziati dietro le quinte con cui gli organizzatori indiani hanno convinto gli Stati Uniti e i loro alleati del G7 ad abbandonare il loro ostruzionismo costituiscono un modello per il vertice del G20 del prossimo anno in Brasile.  È evidente che il Sud globale rifiuta tutti i tentativi di farsi dominare dall’Occidente sulla questione della guerra in Ucraina e su molto altro.

Anche la decisione di fare entrare l’Unione Africana nel G20 a pieno titolo dimostra che il G20 sta emulando i BRICS nel dare più voce al “Sud globale”. Questi sviluppi suggeriscono che una riforma radicale del Consiglio di Sicurezza delle Nazioni Unite e di altre istituzioni ONU sia probabile. Il che contribuirebbe a far sì che queste organizzazioni rappresentino meglio l’equilibrio del potere economico e politico nel mondo di oggi e non quello del 1949, come avviene attualmente.

Il nostro moderatore ha menzionato di sfuggita un importante accordo annunciato a margine del G20, ovvero il lancio di un corridoio est-ovest che consentirà un trasporto merci su rotaia molto più rapido dall’India attraverso il Medio Oriente fino all’Europa. Un accordo importante nel contesto del sempre maggiore ruolo che l’India probabilmente giocherà diventi nel commercio globale nei prossimi anni. Poco importa che il corridoio sia stato concepito dagli Stati Uniti e dagli alleati come risposta all’iniziativa Belt and Road della Cina.

Quello che è mancato nei commenti sul nuovo corridoio est-ovest è il modo in cui si raccorda al corridoio di trasporto nord-sud, in fase di ulteriore sviluppo grazie ad un accordo tra Russia, Iran e India. Questo corridoio prevede già l’arrivo in India di merci transmodali dalla Russia e dagli Stati dell’Asia centrale, e che attraverso l’Arabia Saudita finiscono nei paesi dell’ Africa nordorientale.  Insieme, questi due progetti faranno dell’India un importante hub di trasporto in Asia.

G20 Summit wrap-up on WION, India’s English language global broadcaster

It was a pleasure sharing 10 minutes before the cameras with an unusually perceptive program host and an Indian fellow panelist on WION’s review discussion of the G20 gathering in Delhi at its closing.

In these otherwise grim times, it was an occasion to celebrate the achievements of Indian diplomacy in reconciling the opposing sides of the Collective West and the Global South for the sake of improved global economic management based on consensus. The result was to save the G20 from irrelevance just when a rival board of directors for global governance, BRICS, had emerged at its own summit with an ambitious renewal by expanding its membership and strengthening its activities in peacekeeping as well as financing infrastructure projects in the developing world.

Let me emphasize that in theory these two platforms, the G20 and BRICS can and should develop in parallel.  BRICS is the venue for the Global South and its nonaligned friends to consult among themselves and agree goals and strategy without interference from the Collective West acting as spoilers. This is essential because the Global South countries have in common little more than the determination to maintain their sovereignty, defend their national interests and not be bullied by any external blocs. Meanwhile, the G20 is where the sides can meet and attempt to align their respective goals and strategy for the sake of common action.

The overview of the moderator at the very start of the program framed our discussion very well and allowed us to delve more deeply into specific elements of what was agreed at the summit.

It must be emphasized that the behind the scenes negotiations by which the Indian organizers persuaded the United States and its allies in the G7 to abandon their obstructionism sets a template for next year’s G20 summit in Brazil.  It is manifestly clear that, as represented by India, the Global South rejects all attempts to be dominated by the West on the question of the Ukraine war and on much else.

It is also clear from the decision to raise the participation of the African Union in the G20 from the status of Guest to that of full-fledged member that the G20 was emulating BRICS in giving a still greater voice to the Global South. The logic of these developments is to raise the likelihood of fundamental reform of the United Nations Security Council and other UN institutions so that they also better represent the balance of economic and political power in the world today, not that of 1949, as is presently the case.

Our moderator mentioned in passing an important agreement announced on the sidelines of the G20, namely the launch of an East-West corridor that will provide much faster freight transport by rail from India through the Middle East to Europe.  Given expectations for India to become a much larger manufacturer and contributor to global commerce in coming years, the planned new infrastructure will be welcome. That the corridor was conceived by the United States and allies as a response to China’s Belt and Road initiative is beyond doubt, but so what?

What has been missing in remarks about the new East-West corridor is how it matches with the North-South Transport Corridor that is now being enhanced by agreement between Russia, Iran and India. That already provides for transmodal freight arriving in India from Russia and the Central Asian states and being shipped across to Saudi Arabia for onward delivery westward and southward, into northeast Africa.  The net result of these two projects will be to make India a major transportation hub in Asia.

One Earth, One Family, One Future? The G-20 Summit as viewed on Press TV (Iran)

Yesterday, at midway through the G20 meetings in India, Iran’s Press TV hosted a discussion on the proceedings in which I participated alongside geopolitical analyst Peter Koenig based in Valencia.

This discussion took place before the announcement from New Delhi that the G20 members had reached agreement on the text of their final declaration after a compromise was found with respect to the single most contentious issue, the wording of their statement on the Russia-Ukraine War.  This achievement changes considerably how the G20 will go down in history, as does another key landmark decision taken in Delhi later in its session, the admission of the African Union as a full-fledged member of the group.

The G20 opened under inauspicious circumstances, namely the decision of President Putin of Russia and Chairman Xi Jinping of China not to attend. The point of their absence was to say that the G20 has outlived its usefulness as a governing board of the global economy and its place is being assumed by the expanding BRICS. What we now see is that the G20 is being transformed under the influence of BRICS.

I intend to expand on this theme in an interview I will be giving to the WION television channel of India later this morning.

©Gilbert Doctorow, 2023

https://www.urmedium.net/c/presstv/126093

See translations below into French (Youri)

Une seule terre, une seule famille, un seul avenir ?

Le sommet du G-20 vu par Press TV (Iran)

Hier, à mi-parcours des réunions du G20 en Inde, la chaîne iranienne Press TV a organisé une discussion sur les délibérations, à laquelle j’ai participé aux côtés de l’analyste géopolitique Peter Koenig, basé à Valence.

Cette discussion a eu lieu avant l’annonce par New Delhi que les membres du G20 étaient parvenus à un accord sur la déclaration finale après qu’un compromis ait été trouvé sur le point le plus litigieux, la formulation de leur déclaration sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ce résultat change considérablement la façon dont le G20 entrera dans l’histoire, tout comme une autre décision clé prise à Delhi plus tard dans la session, à savoir l’admission de l’Union africaine en tant que membre à part entière du groupe.

Le G20 s’est ouvert dans des circonstances peu propices, à savoir la décision du président de la Russie Poutine et du dirigeant de la Chine Xi Jinping de ne pas y assister. Leur absence avait pour but d’affirmer que le G20 n’avait plus sa raison d’être en tant que conseil d’administration de l’économie mondiale et que sa place était occupée par les BRICS, en pleine expansion. Nous constatons aujourd’hui que le G20 est en train de se transformer sous l’influence des BRICS.

J’ai l’intention de développer ce thème dans une interview que je donnerai à la chaîne de télévision indienne WION dans le courant de la matinée.

Translations of “Why Belgium is not sending F-16s to Ukraine”

Translations below into French (Youri), Italian (Weber Potsie) and German (Andreas Mylaeus)

Pourquoi la Belgique n’envoie pas de F-16 en Ukraine

Il serait juste de dire que le principal quotidien de langue française en Belgique, Le Soir, est un serviteur du gouvernement belge dans la diffusion de la propagande approuvée par l’État au sujet de la Russie et de la guerre russo-ukrainienne. Il s’agit là d’un honneur, ou d’une honte, selon le point de vue que l’on adopte. Mais ce fait rend particulièrement intéressant le fait que l’édition imprimée d’hier ait consacré une page entière à la question de l’envoi de F-16 en Ukraine, sous la plume du chef de son équipe « Monde », Philippe de Boeck. Dans ce long texte, nous trouvons des informations sur l’armée de l’air belge qui ne sont habituellement pas largement diffusées et qui nous en disent long sur les raisons pour lesquelles c’est l’OTAN, et non la Russie, qui est gravement affaiblie par la guerre.

L’espace en tête de cet article est occupé par une citation de Joseph Henrotin, un politologue belge qui occupe des postes à responsabilité dans plusieurs groupes de réflexion français spécialisés dans la stratégie militaire et l’analyse des risques, et qui est également rédacteur en chef de la revue Défense et sécurité internationale. Henrotin a déclaré : « Si elle le voulait vraiment, la Belgique pourrait livrer des F-16 à l’Ukraine ». Le sous-titre poursuit : « Si l’Occident souhaite que la guerre se termine rapidement, les alliés de Kiev ont toutes les raisons de fournir au plus vite un maximum d’avions de combat à l’Ukraine, estime Joseph Henrotin. Il explique pourquoi. »

L’auteur rappelle que l’Ukraine réclame depuis plusieurs mois des F-16, idéalement entre 120 et 160. La semaine dernière, trois Etats membres de l’OTAN, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège, ont annoncé qu’ils livreraient une soixantaine d’avions. La Belgique a accepté de former des pilotes et de soutenir les mécaniciens, mais pas de fournir des avions.

Ma dernière citation de la section d’introduction de l’article destinée à aiguiser l’appétit des lecteurs est constituée de quelques phrases en caractères gras : « Le général responsable des achats au ministère de la Défense a récemment déclaré au Standaard [quotidien belge de langue néerlandaise] que la Belgique ne pouvait pas livrer les F-16 à l’Ukraine parce qu’ils seront en fin de vie lorsque leurs successeurs arriveront. Est-ce vrai ou faux ? »

Après cette ouverture alléchante, l’article ne déçoit pas. Il fournit des informations détaillées sur les considérations que le gouvernement belge a pesées pour parvenir à sa décision de ne pas envoyer de F-16 à Kiev. Les aspects techniques ont été rendus publics, semble-t-il, alors que le motif principal, d’ordre politique, ne l’a pas été.

Sur le plan technique, la flotte belge de F-16 approche de la fin de sa durée de vie de 8 000 heures de vol, ce qui, si l’on considère le temps de vol annuel, équivaut à environ 25 ans. Toutefois, les avions de remplacement, les F-35, ne seront livrés à la Belgique qu’avec un retard de plusieurs années et s’étaleront sur un certain nombre d’années après les livraisons initiales. Par conséquent, les avions que la Belgique pourrait éventuellement envoyer à l’Ukraine n’auraient aucune valeur opérationnelle. Et même ceux qui se trouvent actuellement sur les pistes belges ne sont pas de la première fraîcheur. Leurs heures de vol restantes sont comptées.

Dans l’article, cet argument est contré par la remarque que l’Ukraine est en pleine guerre, qu’elle a besoin de rassembler un grand nombre d’avions pour représenter une menace pour les forces russes, ce qui pourrait conduire à des pourparlers de paix à des conditions favorables, et que le nombre d’heures de vol restantes sur chaque avion n’a pas d’importance. Même quelques heures vaudraient mieux que rien. Tout cela est dit comme si les Russes étaient incapables de lire ces lignes.

L’argument politique est que la Belgique a certaines obligations envers l’OTAN en matière de niveau de force et que la réduction de sa flotte avant la livraison d’avions de remplacement violerait ces obligations.  Nous sommes amenés à penser que les États membres qui se sont déclarés prêts à s’en séparer prendront livraison des F-35 bien avant la Belgique et prendront donc moins de risques pour leurs propres capacités de défense. Mais est-ce vrai ou ces trois pays sont-ils moins prudents que la Belgique ?

La conclusion générale que je tire de cet important article est qu’en ce qui concerne les avions, tout comme les chars et les munitions d’artillerie, les réserves de matériel dont l’Europe aurait besoin si elle se retrouvait dans une guerre chaude avec la Russie sont à peine suffisantes et continuent d’être vidées volontairement par des expéditions vers l’Ukraine, où elles sont systématiquement et assez rapidement détruites par les forces russes. Qui est en train d’être « démilitarisé » ? L’Allemagne et le Royaume-Uni, ou l’Ukraine ?

Entre-temps, nous sommes presque certains que les Russes ont tenu à l’écart du conflit leurs équipements militaires les plus avancés, qui seraient utilisés contre l’OTAN si la guerre par procuration se transformait en guerre chaude. Ses missiles hypersoniques ont été utilisés avec parcimonie. Son char de dernière génération n’a fait son apparition sur le champ de bataille qu’il y a quelques semaines. Et le contrat probable qui sera signé dans les prochains jours avec la Corée du Nord pour la fourniture d’obus d’artillerie servira à compléter les réserves de la Russie pour le jour où la guerre avec l’OTAN éclatera, et non pour être tirés depuis les tubes au Donbass la semaine prochaine.

Si l’on remonte aux premières hypothèses, lorsque les États-Unis ont poussé la Russie à envahir l’Ukraine pour dissiper la menace des installations de l’OTAN dans ce pays, on s’attendait à Washington, Londres, Bruxelles et Berlin à ce que la combinaison de la destruction militaire par du matériel supérieur et par des forces entraînées par l’OTAN et de la destruction économique de la Russie par les « sanctions de l’enfer » affaiblisse considérablement le pays pour une génération à venir. Les États-Unis seraient alors libres de passer à la phase d’apprivoisement de leur plus grand concurrent mondial, la Chine.

Cependant, la Russie a pu surmonter l’impact des sanctions assez rapidement en réorganisant ses schémas commerciaux loin de l’Occident et en les orientant vers la Chine, l’Inde et d’autres nations amies. Même les ventes de pétrole, qui se sont effondrées en janvier après l’entrée en vigueur de la dernière série de sanctions, se sont entièrement rétablies en dollars, maintenant que les paiements sont enregistrés pour les expéditions vers les nouveaux marchés d’Extrême-Orient, qui mettent des mois à atteindre les clients. Sur le champ de bataille, la Russie s’est rapidement adaptée aux nouvelles conditions de la guerre terrestre, faisant preuve de prouesses technologiques qui ont eu un effet dévastateur sur les célèbres équipements britanniques, allemands et autres équipements occidentaux, tandis que la supériorité de l’artillerie russe a forcé l’Occident à vider ses entrepôts pour que les Ukrainiens aient une chance de réagir après que leurs propres obus de l’époque soviétique ont été entièrement épuisés.

Tout ce qui précède me persuade que si et quand la Russie submergera l’armée ukrainienne en déclenchant sa propre offensive et que la défaite ukrainienne sera visible pour tous, l’administration Biden ne procédera pas à une escalade mais s’éloignera de son désastre et de celui de l’OTAN. Les États-Unis et l’OTAN n’ont pas les moyens de vaincre la Russie par des armes conventionnelles et le recours aux armes nucléaires peut conduire trop rapidement vers une direction que tout le monde à Washington craint plus que tout.

Perché il Belgio non invia F-16 all’Ucraina

Sarebbe giusto dire che il principale quotidiano in lingua francese del Belgio, Le Soir, è un’ancella del governo belga nel diffondere la propaganda approvata dallo Stato sulla Russia e sulla guerra russo-ucraina. Questo è un distintivo d’onore, o di disonore, a seconda del punto di vista. Ma questo rende particolarmente interessante il fatto che l’edizione cartacea di ieri abbia dedicato un’intera pagina alla questione dell’invio di F-16 all’Ucraina, scritta dal capo dello staff della redazione “Mondo”, Philippe de Boeck. In questo lungo testo troviamo informazioni sulle forze aeree belghe che di solito non circolano e che ci dicono molto sul perché sia la NATO, piuttosto che la Russia, a essere criticamente indebolita dalla guerra.

Lo spazio del titolo di questo articolo è occupato da una citazione di Joseph Henrotin, un politologo belga che ricopre posizioni di rilievo presso diverse think tanks francesi specializzati in strategia e analisi militare, ed è anche direttore della rivista Défense et sécurité international. Henrotin ha dichiarato: “Se volesse davvero farlo, il Belgio potrebbe consegnare gli F-16 all’Ucraina”. Il sottotitolo prosegue dicendo che: “Se l’Occidente desidera che la guerra finisca rapidamente, gli alleati di Kiev hanno tutte le ragioni per fornire all’Ucraina il maggior numero possibile di aerei da combattimento al più presto, secondo Joseph Henrotin. E ci spiega perché”.

L’autore ricorda ai lettori che da diversi mesi l’Ucraina chiede F-16, se possibile tra i 120 e i 160 esemplari. La scorsa settimana tre Stati membri della NATO, Paesi Bassi, Danimarca e Norvegia, hanno annunciato che consegneranno una sessantina di aerei. Il Belgio ha accettato di addestrare i piloti e supportare i meccanici, ma non di fornire gli aerei.

La mia ultima citazione dalla sezione introduttiva dell’articolo, destinata a stuzzicare l’appetito dei lettori, è costituita da un paio di frasi riportate in grassetto:  “Il generale responsabile degli acquisti presso il Ministero della Difesa ha dichiarato recentemente allo Standaard [quotidiano belga in lingua olandese] che il Belgio non può consegnare gli F-16 all’Ucraina perché saranno alla fine della loro vita utile quando arriveranno i loro successori. È vero o falso?”.

Dopo questo allettante incipit, l’articolo non delude.  Fornisce informazioni dettagliate sulle considerazioni che il governo belga ha soppesato per arrivare alla decisione di non inviare nessuno dei suoi F-16 a Kiev. Le considerazioni tecniche sono state rese pubbliche, a quanto pare, mentre il motivo trainante, quello politico, non è stato reso noto.

Le considerazioni tecniche sono che la flotta belga di F-16 si sta avvicinando alla fine della sua vita utile di 8.000 ore di volo, che, considerando il tempo di volo annuale, equivale a circa 25 anni. Ma i jet sostitutivi, gli F-35, saranno consegnati al Belgio solo con un ritardo di diversi anni e distribuiti su un certo numero di anni dopo le consegne iniziali. Pertanto, tutti gli aerei che il Belgio potrebbe inviare all’Ucraina sarebbero inutili in senso operativo. E anche quelli che attualmente si trovano sulle piste belghe non sono di primissima generazione. Le loro ore di volo residue sono contate.

All’interno dell’articolo, questa argomentazione viene contrastata con l’osservazione che l’Ucraina è in piena guerra, che ha bisogno di mettere insieme un gran numero di aerei per rappresentare una minaccia per le forze russe che potrebbe portare a colloqui di pace a condizioni favorevoli, ed è irrilevante quante ore di volo rimangano su ogni singolo aereo. Anche un paio d’ore sarebbero meglio di niente. Questo viene detto come se i russi non fossero in grado di leggere queste righe.

L’argomentazione politica è che il Belgio ha determinati obblighi di livello di forza nei confronti della NATO e che la riduzione della sua flotta prima della consegna degli aerei di ricambio violerebbe questi obblighi.  Ci viene da pensare che gli Stati membri che hanno dichiarato di essere pronti a separarsene prenderanno in consegna gli F-35 molto prima del Belgio e quindi correranno meno rischi per le loro capacità di difesa. O le cose stanno così oppure questi tre Paesi sono semplicemente disposti a correre rischi che il Belgio non vuole correre.

La mia conclusione leggendo questo importante articolo è che per quanto riguarda gli aerei, così come per i carri armati e le munizioni d’artiglieria, le scorte europee di materiale che sarebbero necessarie nel caso in cui si trovassero in una guerra calda con la Russia sono a malapena adeguate e continuano a essere esaurite volontariamente attraverso le consegne all’Ucraina, dove vengono sistematicamente e piuttosto rapidamente distrutte dalle forze russe. Chi viene “smilitarizzato”?  La Germania e il Regno Unito, o l’Ucraina?

Nel frattempo, possiamo essere abbastanza certi che i russi stiano tenendo lontano dal conflitto gli equipaggiamenti militari più avanzati, che diventerebbero necessari se la guerra con la NATO si trasformasse da guerra per procura in una guerra vera e propria. I missili ipersonici russi sono stati usati con molta parsimonia. I carri armati di ultima generazione hanno fatto la loro comparsa sul campo di battaglia solo un paio di settimane fa. E il probabile contratto che verrà firmato nei prossimi giorni con la Corea del Nord per la fornitura di proiettili d’artiglieria servirà a rimpinguare le scorte della Russia per il giorno se si dovesse scatenare una guerra con la NATO, non per essere usati nel Donbas la prossima settimana.

Tornando alle prime ipotesi, quando gli Stati Uniti provocarono la Russia a invadere l’Ucraina per eliminare la minaccia delle installazioni della NATO in quel Paese, a Washington, Londra, Bruxelles e Berlino si pensava che la superiorità tecnologica militare della NATO e le sanzionieconomiche avrebbero messo in ginocchio la Russai per almeno una generazione. A quel punto gli Stati Uniti sarebbero stati liberi di occuparsi del loro maggiore concorrente globale, la Cina.

Ma la Russia ha velocemente reagito alle sanzioni occidentali riorganizzando i suoi flussi commerciali dall’Occidente alla Cina, l’India e altre nazioni amiche. Anche le vendite di petrolio, crollate a gennaio dopo l’entrata in vigore dell’ultima tornata di sanzioni, sono tornate ai livelli di prima della guerra. E sul campo di battaglia, la Russia si è rapidamente adattata alle nuove condizioni della guerra terrestre, dimostrando capacita’ tecnologiche con effetti devastanti sulle celebri attrezzature britanniche, tedesche e di altri Paesi occidentali, mentre la superiorità dell’artiglieria russa ha costretto l’Occidente a svuotare i propri magazzini nel tentativo di permettere agli ucraini di rispondere dopo che le loro riserve di munizioni d’epoca sovietica sono state rapidamente esaurite.

Tutto questo mi fa pensare che se e quando la Russia travolgerà l’esercito ucraino scatenando la propria offensiva e la sconfitta ucraina sarà sotto gli occhi di tutti, l’Amministrazione Biden prenderà le distanze dal disastro che ha causato insieme alla NATO. Gli Stati Uniti e la NATO non hanno i mezzi per sconfiggere la Russia con armi convenzionali e il ricorso alle armi nucleari potrebbe portare molto velocemente in una direzione che tutti a Washington temono più di ogni altra cosa.

Warum Belgien keine F-16 in die Ukraine schickt

Man kann mit Fug und Recht behaupten, dass die führende französischsprachige Tageszeitung in Belgien, Le Soir, ein Handlanger der belgischen Regierung ist, wenn es darum geht, staatlich genehmigte Propaganda über Russland und den russisch-ukrainischen Krieg zu verbreiten. Dies ist ein Ehrenzeichen oder eine Schande, je nachdem, wie man es sieht. Umso interessanter ist es, dass die gestrige Printausgabe dem Thema der Entsendung von F-16-Kampfjets in die Ukraine eine ganze Seite gewidmet hat, verfasst vom Leiter des Stabs der Rubrik “Welt”, Philippe de Boeck. In diesem langen Text finden wir Informationen über die belgische Luftwaffe, die normalerweise nicht weit verbreitet sind und die uns viel darüber verraten, warum es die NATO und nicht Russland ist, die durch den Krieg entscheidend geschwächt wird.

Die Überschrift dieses Artikels ist ein Zitat von Joseph Henrotin, einem belgischen Politikwissenschaftler, der in mehreren französischen Think Tanks, die auf Militärstrategie und Risikoanalyse spezialisiert sind, leitende Positionen innehat und auch Chefredakteur der Zeitschrift Défense et sécurité international ist. Henrotin sagte: “Wenn es wirklich wollte, könnte Belgien die F-16 an die Ukraine liefern.” Im Untertitel heißt es weiter: “Wenn der Westen ein schnelles Ende des Krieges wünscht, haben die Verbündeten Kiews allen Grund, der Ukraine so schnell wie möglich ein Maximum an Kampfflugzeugen zu liefern, meint Joseph Henrotin. Er erklärt, warum.”

Der Autor erinnert die Leser daran, dass die Ukraine seit mehreren Monaten F-16-Flugzeuge fordert, idealerweise zwischen 120 und 160 Stück. Letzte Woche haben drei NATO-Mitgliedstaaten, die Niederlande, Dänemark und Norwegen, angekündigt, dass sie etwa sechzig Flugzeuge liefern werden. Belgien hat sich bereit erklärt, Piloten auszubilden und Mechaniker zu unterstützen, aber keine Flugzeuge zu liefern.

Mein letztes Zitat aus dem einleitenden Abschnitt des Artikels, das den Lesern Appetit machen soll, sind ein paar fett gedruckte Sätze: “Der für das Beschaffungswesen zuständige General des Verteidigungsministeriums erklärte kürzlich gegenüber dem Standaard [belgische Tageszeitung in niederländischer Sprache], dass Belgien die F-16 nicht an die Ukraine liefern könne, weil sie am Ende ihrer Lebensdauer seien, wenn ihre Nachfolger eintreffen. Ist das wahr oder falsch?”

Nach dieser verlockenden Einleitung enttäuscht der Artikel nicht. Er enthält detaillierte Informationen über die Überlegungen, die die belgische Regierung bei ihrer Entscheidung, keine ihrer F-16 nach Kiew zu schicken, angestellt hat. Die technischen Erwägungen wurden der Öffentlichkeit zugänglich gemacht, die politischen Beweggründe hingegen nicht.

Die technischen Erwägungen bestehen darin, dass die belgische F-16-Flotte sich dem Ende ihrer Lebensdauer von 8.000 Flugstunden nähert, was, wenn man die jährliche Flugzeit berücksichtigt, etwa 25 Jahren entspricht. Die Ersatzflugzeuge, die F-35, werden jedoch erst mit mehrjähriger Verspätung und über mehrere Jahre verteilt nach den ersten Lieferungen an Belgien geliefert. Daher wären alle Flugzeuge, die Belgien schließlich in die Ukraine schicken könnte, im operativen Sinne wertlos. Und selbst die Flugzeuge, die derzeit auf belgischen Start- und Landebahnen stehen, sind nicht mehr ganz taufrisch. Die Stunden ihrer verbleibenden Flugzeit sind gezählt.

In dem Artikel wird diesem Argument entgegengehalten, dass sich die Ukraine mitten im Krieg befindet, dass sie eine große Anzahl von Flugzeugen zusammenstellen muss, um eine Bedrohung für die russischen Streitkräfte darzustellen, die zu Friedensgesprächen zu günstigen Bedingungen führen könnte, und dass es unerheblich ist, wie viele Flugstunden die einzelnen Flugzeuge noch haben. Selbst ein paar Stunden wären besser als nichts. Dies wird gesagt, als ob die Russen nicht in der Lage wären, diese Zeilen zu lesen.

Das politische Argument lautet, dass Belgien gegenüber der NATO bestimmte Verpflichtungen in Bezug auf die Stärke der Streitkräfte hat und dass eine Verkleinerung seiner Flotte, bevor Ersatzflugzeuge geliefert werden, gegen diese Verpflichtungen verstoßen würde. Man lässt uns glauben, dass die Mitgliedstaaten, die sich bereit erklärt haben, sich von den alten Flugzeugen zu trennen, die neuen F-35-Flugzeuge lange vor Belgien bekommen würden und damit ihre eigene Verteidigungsfähigkeit weniger stark gefährdet wäre. Aber stimmt das wirklich, oder sind diese drei Länder weniger risikofreudig als Belgien?

Meine Schlussfolgerung aus diesem wichtigen Artikel ist, dass Europas Vorräte an Flugzeugen ebenso wie an Panzern und Artilleriemunition, die im Falle eines heißen Krieges mit Russland benötigt würden, kaum ausreichen und weiterhin freiwillig durch Lieferungen in die Ukraine aufgebraucht werden, wo sie von den russischen Streitkräften systematisch und ziemlich schnell zerstört werden. Wer wird “entmilitarisiert”? Sind es Deutschland und das Vereinigte Königreich, oder ist es die Ukraine?

In der Zwischenzeit sind wir ziemlich sicher, dass die Russen ihre modernste militärische Ausrüstung, die gegen die NATO eingesetzt werden könnte, wenn der Stellvertreterkrieg zu einem heißen Krieg wird, aus dem Konflikt herausgehalten haben. Ihre Hyperschallraketen wurden nur sehr sparsam eingesetzt. Ihr Panzer der neuesten Generation ist erst vor einigen Wochen auf dem Schlachtfeld erschienen. Und der wahrscheinliche Vertrag, der in den kommenden Tagen mit Nordkorea über die Lieferung von Artilleriegranaten unterzeichnet werden soll, dient dazu, Russlands Vorräte für den Tag aufzufüllen, an dem es zum Krieg mit der NATO kommt, und nicht dazu, nächste Woche aus den Rohren im Donbas abgefeuert zu werden.

Als die Vereinigten Staaten Russland zum Einmarsch in die Ukraine provozierten, um die Bedrohung durch die dortigen NATO-Einrichtungen zu beseitigen, ging man in Washington, London, Brüssel und Berlin davon aus, dass die Kombination aus militärischer Zerstörung durch überlegene Hardware und durch die von der NATO ausgebildeten Streitkräfte sowie die wirtschaftliche Zerstörung Russlands durch die “Sanktionen aus der Hölle” das Land für eine kommende Generation stark schwächen würde. Dann wären die Vereinigten Staaten in der Lage, ihren größten globalen Konkurrenten, China, zu zähmen.

Russland war jedoch in der Lage, die Auswirkungen der Sanktionen relativ schnell zu überwinden, indem es sein Handelsverhalten weg vom Westen und hin zu China, Indien und anderen befreundeten Ländern umgestaltete. Selbst die Ölverkäufe, die im Januar nach Inkrafttreten der letzten Sanktionsrunde eingebrochen waren, haben sich in Dollar ausgedrückt wieder vollständig erholt, da die Zahlungen für Lieferungen an die neuen Märkte im Fernen Osten, die erst nach Monaten die Kunden erreichen, verbucht werden. Und auf dem Schlachtfeld passte sich Russland schnell an die neuen Bedingungen der Bodenkriegsführung an und zeigte technologische Fähigkeiten, die sich verheerend auf die berühmte britische, deutsche und andere westliche Ausrüstung auswirkten, während Russlands Artillerieüberlegenheit den Westen zwang, seine Lager zu leeren, wenn die Ukrainer überhaupt eine Chance haben sollten, zu reagieren, nachdem ihre eigenen sowjetischen Oldtimer-Granaten völlig aufgebraucht waren.

All das überzeugt mich davon, dass die Biden-Administration, wenn Russland die ukrainische Armee mit seiner eigenen Offensive überwältigt und die ukrainische Niederlage für alle sichtbar ist, nicht eskalieren, sondern vor ihrem und dem Desaster der NATO davonlaufen wird. Den Vereinigten Staaten und der NATO fehlen die Mittel, um Russland mit konventionellen Waffen zu besiegen, und der Rückgriff auf Atomwaffen kann nur allzu schnell in eine Richtung führen, die jeder in Washington mehr als alles andere fürchtet.

Why Belgium is not sending F-16s to Ukraine

It would be fair to say that the leading French language daily newspaper in Belgium, Le Soir, is a handmaiden to the Belgian government in disseminating state approved propaganda about Russia and about the Russian-Ukraine war. This is a badge of honor, or of disgrace, depending on your point of view. But this fact makes it especially interesting that yesterday’s print edition devoted a full page to the issue of sending F-16s to Ukraine written by the head of its “World” staff, Philippe de Boeck. In this long text we find information about the Belgian air force that ordinarily does not circulate widely and which tells us a great deal about why it is NATO, rather than Russia that is being critically weakened by the war.

The headline space of this article is taken by a quotation from Joseph Henrotin, a Belgian political scientist who holds senior positions at several French think tanks specialized in military strategy and risk analysis, and is also editor in chief of the magazine  Défense et sécurité international. Said Henrotin:  “If it really wanted to do so, Belgium could deliver the F-16 to Ukraine.” The subtitle goes on to say: “If the West wishes the war to end quickly, Kiev’s allies have every reason to provide a maximum of fighter planes to Ukraine as quickly as possible, Joseph Henrotin believes. He explains why.”

The author reminds readers that for several months Ukraine has been demanding F-16s, ideally between 120 and 160 of them. Last week three member states of NATO, The Netherlands, Denmark and Norway announced that they will deliver about sixty planes. Belgium has agreed to train pilots and support mechanics but not to supply planes.

My final quote from the introductory section of the article intended to whet the appetite of readers is a couple of sentences set in bold typeface:  “The general responsible for procurement at the Ministry of Defense declared recently to the Standaard [Belgian Dutch language daily] that Belgium could not deliver the F-16 to Ukraine because they will be at the end of their service life when their successors arrive. Is this true or false?”

After this tantalizing opening, the article does not disappoint.  It provides detailed information on the considerations that the Belgium government has weighed in reaching its decision not to send any of its F-16s to Kiev. The technical considerations have been released to the public, it appears, while the driving motive, political, has not.

The technical considerations are that the Belgian fleet of F-16s is approaching the end of its service life of 8,000 flight hours, which, considering annual flying time, equates to about 25 years. However, the replacement jets, F-35s, will be delivered to Belgium only after a delay of several years and spread over a number years following initial deliveries. Therefore, any planes which Belgium could eventually send to Ukraine would be worthless in the operational sense. And even those presently sitting on Belgian runways are not of the first freshness. Their hours of remaining flight time are numbered.

Within the article, this argument is countered by the remark that Ukraine is in the midst of war, that it needs to put together a large number of planes to present a threat to Russian forces that could lead to peace talks on favorable terms, and it is irrelevant how many hours of flying time are left on any individual planes. Even a couple of hours would be better than nothing. This is said as if the Russians are incapable of reading these very lines.

The political argument is that Belgium has certain force level obligations to NATO and that reducing its fleet before replacement aircraft are delivered would violate these obligations.  We are left to believe that the member states who declared their readiness to part with them will be taking delivery of F-35s well before Belgium and so will be taking lesser risks to their own defense capabilities. But is this in fact true, or are these three countries less risk averse than Belgium.

My overall conclusion from this important article is that with respect to aircraft, just as with regard to tanks and artillery munitions, Europe’s store of materiel that would be needed should it find itself in a hot war with Russia is barely adequate and continues to be depleted voluntarily through shipments to Ukraine where it is systematically and rather quickly destroyed by Russian forces. Who is being “demilitarized”?  Is it Germany and the UK, or is it Ukraine?

 Meanwhile, we are fairly sure that the Russians have been holding back from the conflict their most advanced military equipment which would be used against NATO should the proxy war turn into a hot war. Its hypersonic missiles have been used very sparingly. Their latest generation tank only made its appearance on the battlefield a couple of weeks ago. And the likely contract to be signed in coming days with North Korea to supply artillery shells will be to top up Russia’s stores for the day war with NATO comes, not to be fired from the tubes in Donbas next week.

Going back to first assumptions when the United States provoked Russia into invading Ukraine to remove the threat of NATO installations there, it was expected in Washington, London, Brussels and Berlin that the combination of military destruction by superior hardware and by NATO-trained forces and economic destruction on Russia by the “sanctions from hell” would greatly weaken the country for a generation to come. Then the United States would be free to move on to tame its greater global competitor, China.

However, Russia was able to overcome the impact of the sanctions rather quickly by reorganizing its trading patterns away from the West and towards China, India and other friendly nations. Even oil sales which collapsed in January after the latest round of sanctions took effect, have recovered fully in dollar terms now that the payments are recorded for shipments to the new Far Eastern markets which take months to reach customers. And on the battlefield, Russia quickly adapted to the new conditions of ground warfare, showing technological prowess that has had devastating effect on the celebrated U.K., German and other Western equipment, while Russia’s artillery superiority forced the West to empty its warehouses if the Ukrainians were to have any chance to respond after their own Soviet vintage shells were wholly depleted.

All of the foregoing persuades me that if and when Russia overwhelms the Ukrainian army by unleashing its own offensive and a Ukrainian defeat is there for all to see, the Biden Administration will not escalate but will walk away from its and NATO’s disaster. The United States and NATO have left themselves lacking the wherewithal to defeat Russia by conventional arms and resort to nuclear weapons can lead all too quickly in a direction that everyone in Washington fears more than anything else.

©Gilbert Doctorow, 2023

Sputnik International article on the Putin-Erdogan meeting in Sochi

The meeting of the Turkish and Russian presidents in Sochi was discussed in Western mainstream media primarily in connection with a possible renewal of the “grain deal” for Ukrainian exports via Black Sea shipping that Erdogan is keen to broker. However, there was a good deal more on their agenda as each side offered incentives for the other to shift its position with respect to the grain deal by setting out what additional prospective big projects they will have in common when they arrive at a solution on the Ukrainian question. This broader agenda is described in a just published article in Sputnik International to which I contributed as interviewee.

Here is the link:

https://sputnikglobe.com/20230904/grain-deal-gas-hub–de-dollarization-what-signal-do-putin-erdogan-talks-send-to-west-1113117752.html

(note: some in the EU may not have access)

Below are translations into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus) including the complete text of the article:

Article de Sputnik International sur la rencontre Poutine-Erdogan à Sotchi

La rencontre des présidents turc et russe à Sotchi a été évoquée dans les médias grand public occidentaux principalement en relation avec un éventuel renouvellement de l’« accord sur les céréales » pour les exportations ukrainiennes via la mer Noire, qu’Erdogan est désireux de négocier. Toutefois, l’ordre du jour était bien plus chargé, puisque chaque partie a offert des incitatifs à l’autre pour qu’elle modifie sa position à l’égard de l’accord sur les céréales en exposant les grands projets prospectifs supplémentaires que les deux parties auront en commun lorsqu’elles parviendront à trouver une solution à la question ukrainienne. Cet agenda plus large est décrit dans un article qui vient d’être publié par Sputnik International et auquel j’ai contribué en tant qu’interviewé.

Voici le lien : https://sputnikglobe.com/20230904/grain-deal-gas-hub–de-dollarization-what-signal-do-putin-erdogan-talks-send-to-west-1113117752.html

(Note : certains pays de l’UE peuvent ne pas y avoir accès)

Article de Sputnik International : Accord sur les céréales, plate-forme gazière et dédollarisation : Quel signal les pourparlers entre Poutine et Erdogan envoient-ils à l’Occident ?

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont eu des entretiens bilatéraux lundi, portant sur la sécurité énergétique et alimentaire, ainsi que sur des questions régionales et géopolitiques majeures.

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont rencontrés à Sotchi le 4 septembre pour discuter, entre autres, de la création d’un centre gazier en Turquie, du commerce mutuel, de l’utilisation des monnaies nationales, de l’accord sur les céréales de la mer Noire et du conflit ukrainien.

« Il était très important que les deux parties se rencontrent pour la première fois depuis la réélection d’Erdogan », a déclaré Gilbert Doctorow, analyste des relations internationales et des affaires russes. « L’arrivée d’Erdogan avec une délégation d’hommes d’affaires et l’évocation de la poursuite de grands projets, notamment le centre gazier et un deuxième réacteur nucléaire, sont à elles seules importantes. »

Le sommet de lundi a clairement démontré que la Russie est un acteur mondial constructif qui souhaite normaliser la situation dans le monde, selon Dmitry Evstafiev, politologue et professeur à la Higher School of Economics (HSE) University.

« La rencontre d’aujourd’hui signifie que les relations entre la Russie et la Turquie ont été rétablies au plus haut niveau politique », a déclaré Evstafiev à Sputnik. « C’est très important dans le contexte géopolitique actuel, où nous assistons à une crise des relations au plus haut niveau entre les dirigeants politiques de la plupart des pays. Les discussions d’aujourd’hui ont montré que, malgré tout, les relations entre le président turc et le commandant en chef suprême russe sont préservées. C’est certainement très important, et très positif ».

La Russie et la Turquie vont-elles relancer l’accord sur les céréales ?

Au cours de la réunion, Poutine et Erdogan ont discuté de l’accord sur les céréales de la mer Noire, qui a été suspendu par la Russie le 17 juillet après que l’Occident ait refusé de mettre en œuvre sa part de l’accord. Les États-Unis et l’Union européenne n’ont pas levé ou allégé les sanctions qui empêchaient les expéditions russes de céréales et d’engrais conformément à l’accord.

Au cours de la conférence de presse, Poutine a déclaré : « La Russie est disposée à relancer l’accord sur les céréales et le fera immédiatement lorsque tous les accords auront été mis en œuvre. »

« Il me semble que ce qui s’est passé aujourd’hui concernant l’accord sur les céréales est fondamentalement important », a déclaré Evstafiev. La Russie a clairement indiqué que, dans ses relations avec ses partenaires dans le cadre de l’accord sur les céréales, sur le gaz et sur toutes les autres questions, elle passait du principe de la confiance inconditionnelle dans les partenaires au principe du « prépaiement » au moins partiel, c’est-à-dire que quelque chose doit être fait pour garantir les intérêts de la Russie.

La relance de l’accord sur les céréales dépend de l’approche de Washington à l’égard du conflit ukrainien plus que de la médiation de la Turquie, a suggéré le Dr. Ali Demirdas, analyste politique et collaborateur de The National Interest.

« L’approche de l’administration Biden à l’égard de la crise ukrainienne est largement motivée par l’urgence perçue de remporter une ‘victoire’ majeure contre la Russie. Pour ce faire, Washington a déjà versé des milliards et des milliards à Zelensky, pour en verser encore plus parce que la contre-offensive ukrainienne, souvent invoquée, s’est enlisée et a même été annulée », a déclaré Demirdas à Sputnik.

Demirdas a noté que la popularité de Biden est en baisse et qu’elle diminuera encore plus si la Russie l’emporte dans le différend sur l’accord sur les céréales. L’expert s’attend donc à ce que l’équipe Biden tente de faire échouer toute tentative de rétablissement de l’accord ou de levée des sanctions à l’encontre de la Russie.

Pour sa part, Doctorow estime que la balle est dans le camp des Nations unies.

« En fait, la balle est dans le camp des Nations unies », a-t-il déclaré. « [Le secrétaire général des Nations unies, Antonio] Guterres fait apparemment tout ce qu’il peut pour obtenir l’accord de l’Occident afin que la banque agricole russe, qui gère les ventes de céréales, soit réintégrée dans le système SWIFT et que d’autres plaintes russes concernant des promesses non tenues soient prises en compte. Nous verrons dans les prochains jours si cela fonctionne ».

Alors que l’Occident tente de présenter la décision de la Russie de se retirer de l’accord comme nuisant aux pays du Sud, Moscou a souligné à plusieurs reprises qu’en raison de l’accord sur les céréales, les pays en développement les plus pauvres n’ont reçu qu’une part minuscule des exportations alimentaires de l’Ukraine, tandis que l’UE s’est taillé la part du lion. En outre, le président Poutine a assuré aux pays du Sud que la Russie avait la capacité de remplacer les produits agricoles de l’Ukraine sur le marché mondial, et a offert des céréales gratuitement aux pays qui en avaient besoin.

Où en est la plateforme gazière russo-turque ?

La plateforme gazière russo-turque visant à assurer la sécurité énergétique et la stabilité en Europe a également été abordée par Poutine et Erdogan. Selon le président russe, les négociations seront bientôt finalisées et la plate-forme prendra forme. Pour sa part, le dirigeant turc a souligné que le projet était de la plus haute importance pour son pays.

En termes d’avantages financiers, la plateforme gazière proposée est l’avenir de la Turquie, selon Evstafiev. L’expert estime que le corridor de transport de gaz ukrainien vit ses derniers mois – un an et demi au maximum. Étant donné que les gazoducs Nord Stream ont été détruits, la nouvelle plate-forme turque pourrait devenir la principale voie d’acheminement du gaz vers l’Europe.

« Une plateforme russe en Turquie renforcerait le rôle d’Ankara et le prestige d’Erdogan. Les répercussions économiques et financières seraient d’une grande aide pour l’économie européenne, en particulier pour les économies allemande et italienne », a déclaré à Sputnik Tiberio Graziani, président de Vision & Global Trends – International Institute for Global Analyses.

Demirdas partage la position de Graziani en ce qui concerne l’importance de la plateforme pour l’Europe : « L’Europe, en particulier l’Allemagne, meurt d’envie d’avoir accès à du gaz bon marché, surtout après le sabotage du Nord Stream », a-t-il déclaré. « Les répercussions sont si importantes que le fait que l’Allemagne n’ait plus accès au gaz russe bon marché a plongé son économie et celle de l’Union européenne en général dans la récession. C’est pourquoi ils accueilleront certainement favorablement l’accès au gaz russe via la Turquie. »

La Russie et la Turquie vont-elles poursuivre la dédollarisation ?

La question de la sécurité financière a été examinée par les dirigeants de la Russie et de la Turquie au même titre que les questions de sécurité alimentaire et énergétique.

La Russie et ses partenaires se tournent vers les monnaies locales depuis un certain temps, mais la militarisation du dollar américain par Washington et le gel des avoirs de la banque centrale russe ont constitué un signal d’alarme pour les acteurs mondiaux. Lors du 15e sommet des BRICS, les dirigeants du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud ont salué le passage aux monnaies nationales et aux systèmes de paiement nationaux pour protéger leurs économies des sanctions et du volontarisme financier de l’Occident.

Après la réunion de lundi, Poutine a annoncé que la Russie et la Turquie abandonnaient le dollar et l’euro dans leurs règlements bilatéraux.

« Actuellement, de nombreux pays, dont la Turquie, sont intéressés par le processus de dédollarisation », a déclaré Graziani. « Le fait important est que la plupart de ces pays font partie de l’hémisphère Sud et sont des pays en plein essor. »

« Il s’agira de paiements plus ou moins protégés contre les manipulations », a indiqué Evstafiev, faisant référence au pourcentage accru de transactions commerciales en monnaie nationale entre la Russie et la Turquie. « Bien sûr, la dédollarisation des relations financières entre la Russie et la Turquie, en particulier pour des biens tels que le gaz, les céréales, l’énergie en général, le combustible nucléaire pour les centrales nucléaires turques, [est importante] ; ces biens devraient, bien sûr, être retirés du circuit du dollar. Mais il y a une nuance : dans quel circuit seront-ils placés ? Si c’est dans le circuit de la livre turque, je pense que ce n’est pas encore une option. Le cours du rouble est plus stable ».

La Russie et la Turquie intéressées par le processus de paix en Syrie

La Turquie et la Russie ont un autre sujet d’intérêt commun, à savoir le règlement de la paix en Syrie. Moscou et Ankara ont beaucoup fait pour résoudre la situation en Syrie, et la plateforme d’Astana devrait être renforcée, a déclaré le président Poutine lors de ses entretiens avec Erdogan.

Selon Evstafiev, Ankara souhaite mettre un terme aux hostilités qui couvent toujours en Syrie. Actuellement, des affrontements armés sporadiques se déroulent dans diverses parties de l’État du Proche-Orient, et « c’est une mauvaise chose pour Erdogan, car cela sape sa capacité à maintenir une présence dans des régions extrêmement sensibles d’un point de vue politique », a souligné l’expert.

Par conséquent, les dirigeants turcs sont susceptibles de se mettre d’accord sur la nécessité : premièrement, de restaurer la souveraineté territoriale et spatiale du pouvoir officiel à Damas ; deuxièmement, de reconnaître le président Bachar el-Assad comme le dirigeant du pays et, sur cette base, de commencer un nouveau cycle de relations politiques ; troisièmement, de retirer de Syrie les troupes étrangères qui y ont maintenu leur présence illégalement, selon Evstafiev.

« Si la stabilisation n’est pas atteinte en Syrie, et s’il n’y a pas de compréhension de l’intérêt commun, ce sera toujours un point de discorde entre Moscou et Ankara, qui sera manipulé par des forces tierces, et pas seulement par les États-Unis d’Amérique », a suggéré l’expert.

Selon Evstafiev, les pourparlers entre Poutine et Erdogan ont envoyé un message fort à l’Occident. Toutefois, l’expert n’exclut pas que certaines questions soient utilisées par Ankara comme monnaie d’échange dans ses débats à long terme avec les États-Unis et l’Europe sur des questions sensibles pour la Turquie.

Artikel von Sputnik International über das Treffen von Putin und Erdogan in Sochi

Das Treffen des türkischen und des russischen Präsidenten in Sotschi wurde in den westlichen Mainstream-Medien vor allem im Zusammenhang mit einer möglichen Erneuerung des “Getreideabkommens” für ukrainische Exporte über die Schwarzmeer-Route diskutiert, das Erdogan unbedingt vermitteln möchte. Es stand jedoch noch viel mehr auf der Tagesordnung, da jede Seite der anderen Anreize bot, ihre Position in Bezug auf den Getreidehandel zu ändern, indem sie darlegte, welche weiteren Großprojekte sie gemeinsam planen, wenn sie zu einer Lösung in der Ukraine-Frage kommen. Diese umfassendere Agenda wird in einem gerade veröffentlichten Artikel in Sputnik International beschrieben, zu dem ich als Interviewpartner beigetragen habe.

Getreidehandel, Gasdrehkreuz und De-Dollarisierung: Welche Signale senden die Gespräche zwischen Putin und Erdogan an den Westen?

Der russische Präsident Wladimir Putin und sein türkischer Amtskollege Recep Tayyip Erdogan haben am Montag bilaterale Gespräche geführt, bei denen es um Energie- und Lebensmittelsicherheit sowie wichtige regionale und geopolitische Fragen ging.

Wladimir Putin und Recep Tayyip Erdogan trafen sich am 4. September in Sotschi, um unter anderem über die Einrichtung eines Gasdrehkreuzes in der Türkei, den gegenseitigen Handel, die Verwendung nationaler Währungen, das Schwarzmeer-Getreideabkommen und den Ukraine-Konflikt zu sprechen.

“Es war sehr wichtig, dass die beiden Seiten dieses erste persönliche Treffen seit Erdogans Wiederwahl hatten”, so Gilbert Doctorow, Analyst für internationale Beziehungen und russische Angelegenheiten. “Die Ankunft Erdogans mit einer Wirtschaftsdelegation und die Gespräche über die Fortsetzung von Großprojekten wie dem Gasknotenpunkt und einem zweiten Kernreaktor sind an sich schon wichtig.”

Das Gipfeltreffen am Montag hat deutlich gezeigt, dass Russland ein konstruktiver globaler Akteur ist, der gewillt ist, die Situation in der Welt zu normalisieren, so Dmitrij Evstafiev, Politikwissenschaftler und Professor an der Higher School of Economics (HSE) University.

“Die Bedeutung des heutigen Treffens besteht darin, dass die Beziehungen zwischen Russland und der Türkei auf höchster politischer Ebene wiederhergestellt worden sind”, sagte Evstafiev gegenüber Sputnik. “Dies ist sehr wichtig im heutigen geopolitischen Umfeld, in dem wir eine Krise in den Beziehungen auf höchster Ebene der politischen Führer der meisten Länder erleben. Die heutigen Gespräche haben gezeigt, dass die Beziehungen zwischen dem türkischen Präsidenten und dem russischen Oberbefehlshaber trotz aller Widrigkeiten aufrechterhalten werden. Das ist sicherlich sehr wichtig und sehr positiv.”

Werden Russland und die Türkei das Schwarzmeer-Getreideabkommen wieder beleben?

Während des Treffens sprachen Putin und Erdogan über das Schwarzmeer-Getreideabkommen, das von Russland am 17. Juli ausgesetzt wurde, nachdem der Westen seinen Teil der Vereinbarung nicht umgesetzt hatte. Die USA und die EU haben es versäumt, die Sanktionen aufzuheben oder zu lockern, die russische Lieferungen von Getreide und Düngemitteln gemäß der Vereinbarung verhindern.

Auf der Pressekonferenz erklärte Putin: “Russland ist bereit, das Getreideabkommen wiederzubeleben, und wird dies sofort tun, wenn alle Vereinbarungen umgesetzt sind.”

“Meines Erachtens ist das, was heute in Bezug auf den Getreidehandel geschehen ist, von grundlegender Bedeutung”, sagte Evstafiev. “Russland hat eindeutig erklärt, dass es in den Beziehungen zu seinen Partnern beim Getreidehandel, beim Gas und in allen anderen Fragen vom Prinzip des bedingungslosen Vertrauens in die Partner zum Prinzip der zumindest teilweisen ‘Vorauszahlung’ übergeht. Das heißt, es muss etwas getan werden, das die Interessen Russlands garantiert.”

Die Wiederbelebung des Schwarzmeer-Getreideabkommens hängt mehr von Washingtons Vorgehen im Ukraine-Konflikt als von der Vermittlung der Türkei ab, so Dr. Ali Demirdas, politischer Analyst und Mitarbeiter von The National Interest.

“Und der Ansatz der Biden-Administration in der Ukraine-Krise wird weitgehend von der wahrgenommenen Dringlichkeit angetrieben, dass sie dringend einen großen ‘Sieg’ gegen Russland erringen muss. Um das zu erreichen, hat Washington bereits Milliarden über Milliarden an Zelensky gezahlt, nur um noch mehr zu zahlen, weil die oft beschworene ukrainische Gegenoffensive ins Stocken geraten ist und sogar zurückgedreht wurde”, so Demirdas gegenüber Sputnik.

Demirdas merkte an, dass Bidens Popularität schwindet und noch weiter sinken wird, wenn sich Russland im Streit um das Getreideabkommen durchsetzt. Daher erwartet der Experte, dass das Team Biden versuchen wird, alle Versuche zur Wiederherstellung des Abkommens oder zur Aufhebung der Sanktionen gegen Russland zu vereiteln.

Doctorow ist der Meinung, dass die UNO jetzt am Zug ist.

“Der Ball liegt jetzt bei den Vereinten Nationen”, sagte er. “Antonio Guterres, der Generalsekretär der Vereinten Nationen, tut offenbar alles in seiner Macht Stehende, um den Westen dazu zu bewegen, die russische Landwirtschaftsbank, die die Getreideverkäufe abwickelt, wieder in den SWIFT einzubinden und auch andere russische Beschwerden über nicht eingehaltene Versprechen zu berücksichtigen. Wir werden in den kommenden Tagen sehen, ob dies gelingt.”

Während der Westen versucht, die Entscheidung Russlands, aus dem Abkommen auszusteigen, als Schaden für den globalen Süden darzustellen, hat Moskau wiederholt betont, dass die ärmsten Entwicklungsländer infolge des Getreideabkommens nur einen winzigen Teil der ukrainischen Lebensmittelexporte erhalten haben, während der Löwenanteil von der EU übernommen wurde. Darüber hinaus versicherte Präsident Putin den Ländern des globalen Südens, dass Russland in der Lage sei, die ukrainischen Agrarprodukte auf dem Weltmarkt zu ersetzen, und bot bedürftigen Ländern kostenlos Getreide an.

Wie steht es bei dem russisch-türkischen Gasdrehkreuz

Putin und Erdogan sprachen auch über das russisch-türkische Gasdrehkreuz, das die Energiesicherheit und Stabilität in Europa gewährleisten soll. Dem russischen Präsidenten zufolge werden die Verhandlungen bald abgeschlossen sein und der Knotenpunkt wird Gestalt annehmen. Der türkische Staatschef betonte seinerseits, dass das Projekt für sein Land von größter Bedeutung sei.

Der vorgeschlagene Gashub sei die Zukunft der Türkei, was die finanziellen Vorteile angehe, so Evstafiev. Der Experte ist der Ansicht, dass der ukrainische Gastransportkorridor seine letzten Monate – maximal eineinhalb Jahre – erlebt. Da die Nord-Stream-Pipelines zerstört sind, könnte das neue türkische Drehkreuz die Hauptgasroute nach Europa werden.

“Ein russisches Drehkreuz in der Türkei würde die Rolle Ankaras und das Prestige Erdogans stärken. Die wirtschaftlichen und finanziellen Auswirkungen wären eine große Hilfe für die europäische Wirtschaft, insbesondere für die deutsche und italienische”, sagte Tiberio Graziani, Vorsitzender von Vision & Global Trends – International Institute for Global Analyses, gegenüber Sputnik.

Demirdas teilt Grazianis Standpunkt in Bezug auf die Bedeutung des Drehkreuzes für Europa:

“Europa, insbesondere Deutschland, braucht dringend Zugang zu billigem Gas, vor allem nach der Sabotage an Nord Stream”, sagte er. “Die Auswirkungen sind so groß, dass die deutsche Wirtschaft und die Europäische Union im Allgemeinen in eine Rezession geraten sind, weil Deutschland kein billiges russisches Gas mehr hat. Daher werden sie den Zugang zu russischem Gas über die Türkei sicherlich begrüßen.”

Werden Russland und die Türkei die De-Dollarisierung fortsetzen?

Die Staats- und Regierungschefs Russlands und der Türkei befassten sich mit der Frage der finanziellen Sicherheit ebenso wie mit Fragen der Nahrungsmittel- und Energiesicherheit.

Russland und seine Partner sind schon seit geraumer Zeit auf lokale Währungen umgestiegen; die Nutzung des US-Dollars als Waffe durch Washington und das Einfrieren der Guthaben der russischen Zentralbank waren jedoch ein Weckruf für die globalen Akteure. Auf dem 15. BRICS-Gipfel begrüßten die Staats- und Regierungschefs Brasiliens, Russlands, Indiens, Chinas und Südafrikas die Umstellung auf nationale Währungen und inländische Zahlungssysteme, um ihre Volkswirtschaften vor den Sanktionen und dem finanziellen Voluntarismus des Westens zu schützen.

Nach dem Treffen am Montag kündigte Putin an, dass Russland und die Türkei bei ihren bilateralen Zahlungen von Dollar und Euro abrücken würden.

“Derzeit gibt es viele Länder – darunter auch die Türkei –, die am Prozess der De‑Dollarisierung interessiert sind”, sagte Graziani. “Die wichtige Tatsache ist, dass die meisten dieser Länder zum globalen Süden gehören und aufstrebende Länder sind.”

“Dies werden mehr oder weniger manipulationssichere Zahlungen sein”, bemerkte Evstafiev und bezog sich dabei auf den zunehmenden Anteil von Handelsgeschäften in nationalen Währungen zwischen Russland und der Türkei. “Natürlich ist die De-Dollarisierung der Finanzbeziehungen zwischen Russland und der Türkei wichtig, insbesondere für Güter wie Gas, Getreide, Energie im Allgemeinen und Kernbrennstoff für die Kernkraftwerke in der Türkei. Aber es gibt eine Nuance – in welchem Kreislauf werden sie sein? Wenn sie in den Kreislauf der türkischen Lira kommen, ist das meiner Meinung nach noch keine Option. Die Kontur des Rubels ist eine stabilere Sache.

Russland und die Türkei sind am Friedensprozess in Syrien interessiert

Die Türkei und Russland haben noch ein weiteres Thema von gemeinsamem Interesse, nämlich die Friedensregelung in Syrien. Moskau und Ankara haben viel getan, um die Situation in Syrien zu lösen, und die Astana-Plattform sollte gestärkt werden, sagte Präsident Putin bei Gesprächen mit Erdogan.

Laut Evstafiev ist Ankara daran interessiert, die immer noch schwelenden Feindseligkeiten in Syrien zum Erliegen zu bringen. Derzeit kommt es in verschiedenen Teilen des Nahoststaates zu sporadischen bewaffneten Zusammenstößen, und “das ist schlecht für Erdogan, weil es seine Fähigkeit untergräbt, in politisch äußerst sensiblen Regionen präsent zu bleiben”, betonte der Experte.

Daher wird die türkische Führung wahrscheinlich der Notwendigkeit zustimmen, erstens die territoriale Souveränität der offiziellen Macht in Damaskus wiederherzustellen, zweitens Präsident Bashar al-Assad als Führer des Landes anzuerkennen und auf dieser Grundlage einen neuen Zyklus politischer Beziehungen zu beginnen und drittens die ausländischen Truppen, die sich dort illegal aufhielten, aus Syrien abzuziehen, so Evstafiev.

“Wenn es nicht gelingt, Syrien zu stabilisieren, und wenn es keine Verständigung über gemeinsame Interessen gibt, wird es immer ein Streitpunkt zwischen Moskau und Ankara sein, der von dritten Kräften und nicht nur von den Vereinigten Staaten von Amerika ausgespielt wird”, so der Experte.

Nach Ansicht von Evstafiev haben die Gespräche zwischen Putin und Erdogan eine deutliche Botschaft an den Westen gesendet. Der Experte schließt jedoch nicht aus, dass Ankara einige Themen als Verhandlungsmasse in seinen langfristigen Debatten mit den USA und Europa über für die Türkei sensible Themen nutzen wird.

Translations of “Kim Jong Un as the guest of honor”

Translations below into Italian (Weber Potsie), German (Andreas Mylaeus) and French (Youri)

Kim Jong Un ospite d’onore al Far East Economic Forum

Sia il New York Times che il Financial Times hanno pubblicato articoli sull’incontro tra Vladimir Putin e il presidente nordcoreano Kim Jong Un a Vladivostok che si svolgerà nei prossimi giorni. Nei loro articoli, suggeriscono che questo incontro potrebbe avvenire in contemporanea con il Far East Economic Forum, che si aprirà a Vladivostok lunedì 11 settembre e proseguirà fino al 13.  Naturalmente, nessuna delle due pubblicazioni dice una parola sul Forum stesso.  Nel frattempo, la televisione di Stato russa di oggi (Sixty Minutes) ha confermato che Kim è atteso in Russia già il 10.

Il forum è chiaramente importante per la tempistica della visita di Kim in Russia. Ma lo sono anche le esercitazioni militari tra America e Corea del Sud, l’arrivo di un sottomarino nucleare statunitense in Corea del Sud e l’osservazione di Kim, la settimana scorsa, quando ha visitato il suo quartier generale navale, che nelle acque coreane si sta ammassando la più grande concentrazione di navi da guerra del mondo, e che la Corea del Nord risponderà a questa minaccia.

I resoconti del NYT e del FT si concentrano sulla probabilità che i due leader discutano discordi di fornitura di armi e di altre forme di cooperazione, come già osservato un paio di giorni fa da parte del portavoce del Dipartimento di Stato americano Kirby.

L’idea che la Russia compri armi, in particolare proiettili di artiglieria, da Pongyang è stata ufficialmente respinta dall’ambasciatore russo in Corea del Nord.  Ma nel programma Sixty Minutes di oggi, un giornalista esperto di questioni militari ha confermato che la Russia intende acquistare grandi quantità di proiettili d’artiglieria, affermando che la Corea del Nord ha nei suoi magazzini “milioni di proiettili” che potrebbero essere molto utili alla Russia in questo momento, visto che la controffensiva ucraina sembra abbia ancora un po’ di vento in poppa.  E la logistica non potrebbe essere più semplice visto che potrebbe utilizzare la stessa linea ferroviaria che Kim Jong Un percorre quando il suo treno blindato lo porta oltre il confine, diretto a Vladivostok.

Ma passiamo ora al Far East Forum. Ho dato un’occhiata al programma sul loro sito web e la mia impressione è che sia stato organizzato sulle stesse linee del Forum economico internazionale di San Pietroburgo dello scorso giugno.  Un numero enorme di tavole rotonde che coprono ogni argomento immaginabile per quanto riguarda lo sviluppo economico, sociale e culturale dell’Estremo Oriente russo, le sue relazioni con i vicini, tra cui Cina e Mongolia, e le relazioni con l’ASEAN e con i Paesi più lontani, come l’India. Per quanto riguarda la partecipazione, i relatori sono per la maggior parte russi, anche se ci sono rappresentanti di diversi Paesi asiatici, tra cui Laos, Myanmar e Filippine. Il contingente più numeroso di relatori stranieri proviene dalla Cina. Gli ospiti stranieri più importanti del programma sono ambasciatori, ad eccezione della Mongolia, che inviera’ un vice primo ministro in carico all’Economia.

Per quanto riguarda la Russia, tra le delegazioni presenti al Forum, la presenza più importante è quella dell’oligarca Oleg Deripaska, le cui attività industriali sono concentrate in Siberia. Parteciperà alla tavola rotonda sul ruolo della Siberia nella svolta della Russia verso l’oriente, in qualita’ di presidente del Consiglio di sorveglianza dell’Istituto Stolypin per lo sviluppo economico.

La tavola rotonda più rilevante si svolgerà l’ultimo giorno del Forum ed è intitolata “Un’alternativa globale al dominio occidentale: I contorni del futuro”.  Se mi dispiace perdermi questo Forum, è per non poture assistere al botta e risposta tra relatori come Sergei Karaganov (via video), lo pseudo accademico e filosofo nazionalista russo Alexander Dugin (anche lui via video), e l’ambasciatrice plenipotenziaria Maria Zakharova e Irina Yarovaya, l’intelligentissima e patriottica vicepresidente della Duma di Stato. Ma Vladivostok è molto lontana e il prezzo del biglietto d’ingresso al Forum (che non dà diritto ad assistere alla sessione plenaria in cui parlerà Putin) è di 8.000 dollari, una bella cifra. Interessante poi osservare che chi paga in rubli entra a metà prezzo (400.000 rbl).

Naturalmente, a questo punto non sappiamo ancora se Kim apparirà sul podio del Forum. Ma la sua probabile presenza a Vladivostok per l’incontro con Putin, che sarà seguito da tutto il mondo, dimostra che il rapporto emergente della Russia con la Corea del Nord è tutt’altro che surrettizio.  Come tutti noi, immagino che Mr Kirby e il Dipartimento di Stato americano siano probabilmente all’oscuro di quello che sta per accadere.

Kim Jong Un als Ehrengast beim Far East Economic Forum

Die New York Times und die Financial Times sprechen heute über ein Treffen zwischen Wladimir Putin und dem nordkoreanischen Präsidenten Kim Jong Un in Wladiwostok in den kommenden Tagen. Vergraben in ihren Berichten ist die Vermutung, dass dies gleichzeitig mit dem Far East Economic Forum geschehen könnte, das am Montag, 11. September, in Wladiwostok eröffnet wird und sich bis zum 13. Dauert. Natürlich sagt keine der beiden Publikationen ein Wort über das Forum selbst. Inzwischen hörte ich im heutigen russischen Staatsfernsehen (Sechzig Minuten) die Bestätigung gehört, dass Kim in Russland schon am 10. erwartet wird.

Das Wirtschaftsforum ist eindeutig für den Zeitpunkt von Kims Russlandbesuch ausschlaggebend. Aber das gilt auch für die amerikanisch-südkoreanischen Militärmanöver, den Hafenaufenthalt eines US-Atom-U-Bootes in Südkorea und dafür, dass Kim letzte Woche, als er sein eigenes Marinehauptquartier besuchte, festgestellt hat, dass die nahegelegenen Meere derzeit die größte Konzentration an Kriegsschiffen der Welt beherbergen und dass Nordkorea auf diese Bedrohung reagieren würde.

Im Mittelpunkt der Berichte der NYT und der FT steht die Wahrscheinlichkeit, dass die beiden Staatschefs Waffenverkäufe und andere Formen der Zusammenarbeit erörtern werden. Dies schließt an eine Bemerkung an, die Kirby, der Sprecher des US-Außenministeriums, vor einigen Tagen in diesem Sinne gemacht hat.

Die Idee, dass Russland militärische Vorräte, insbesondere Artilleriegranaten, aus Pongyang bezieht, wurde vom russischen Botschafter in Nordkorea offiziell zurückgewiesen. In der heutigen Sendung Sechzig Minuten bestätigt ein Militärexperte, dass Russland große Mengen an Artilleriegranaten kaufen will. Nordkorea habe “Millionen von Granaten”, die für den russischen Gebrauch geeignet sind, auf Lager und diese könnten gerade jetzt sehr praktisch sein, wenn es den Anschein hat, dass die ukrainische Gegenoffensive noch etwas Wind in den Segeln hat. Darüber hinaus könnte die Logistik der Lieferungen nach Russland nicht einfacher sein: Man nutzt genau die Eisenbahnlinie, die Kim Jong Un nimmt, wenn ihn sein gepanzerter Zug auf seinem Weg nach Wladiwostok über die Grenze bringt.

Wenden wir uns nun dem Far East Forum zu. Ich habe mir das Programm auf ihrer Website angeschaut, und allgemein hat man den Eindruck, dass es ganz ähnlich abläuft wie das Internationale Wirtschaftsforum von St. Petersburg im vergangenen Juni. Es gibt eine enorme Anzahl von Podiumsdiskussionen, die alle erdenklichen Themen in Bezug auf die wirtschaftliche, soziale und bildungspolitische Entwicklung des russischen Fernen Ostens, seine Beziehungen zu den Nachbarn einschließlich China und der Mongolei, die Beziehungen zu ASEAN und zu Ländern weiter weg wie Indien abdecken. Was die Teilnahme angeht, so sind die meisten der Diskussionsteilnehmer Russen, allerdings gibt es symbolische Vertreter aus einer Reihe asiatischer Länder, darunter Laos, Myanmar und die Philippinen. Das größte Kontingent ausländischer Podiumsteilnehmer kommt aus China. Die ranghöchsten ausländischen Gäste im Programm sind Botschafter, mit Ausnahme der Mongolei, die einen stellvertretenden Ministerpräsidenten entsendet, der Wirtschaftsminister ist.

Auf russischer Seite ist in den Wirtschaftsdelegationen des Forums der Teilnehmer mit dem größten Netto-Vermögen der Oligarch Oleg Deripaska, dessen Industriebeteiligungen in Sibirien konzentriert sind. Er ist Mitglied des Gremiums “Über Sibiriens Rolle bei der Wende nach Osten”, wo er als Vorsitzender des Aufsichtsrats des Stolypin-Instituts für Wirtschaftswachstum geführt wird.

Die wichtigste Podiumsdiskussion zu aktuellen Ereignissen findet am letzten Tag des Forums statt und trägt den Titel “Eine globale Alternative zur westlichen Dominanz: Die Konturen der Zukunft”. Wenn ich bedauere, dass ich dieses Forum verpasst habe, dann deshalb, weil ich nicht in der Lage war, die Diskussion zwischen den Podiumsteilnehmern wie Sergej Karaganow (per Video), dem pseudo-akademischen, russisch-nationalistischen Philosophen Alexander Dugin (ebenfalls per Video), der bevollmächtigten Botschafterin Maria Sacharowa und Irina Jarowaja, der sehr klugen, sehr patriotischen stellvertretenden Vorsitzenden der Staatsduma, zu verfolgen. Aber Wladiwostok ist sehr weit weg, und der Preis für eine Eintrittskarte zum Forum (die nicht zur Teilnahme an der Plenarsitzung berechtigt, auf der Putin sprechen wird) beträgt stolze 8.000 US-Dollar. Seltsamerweise erhalten diejenigen, die in Rubel zahlen, die Eintrittskarte zum halben Preis (400.000 Rbl.).

Natürlich kann zum jetzigen Zeitpunkt niemand sagen, ob Kim auf dem Forum ein Podium erhalten wird. Aber seine wahrscheinliche Anwesenheit in Wladiwostok bei seinem Treffen mit Putin zu diesem Zeitpunkt, das von der ganzen Welt beobachtet werden wird, zeigt, dass die sich abzeichnenden Beziehungen Russlands zu Nordkorea alles andere als heimlich sind. Herr Kirby und das US-Außenministerium sind wahrscheinlich genauso im Dunkeln darüber, was passieren wird, wie der Rest von uns.

Kim Jong Un invité d’honneur au Forum économique d’Extrême-Orient

Le New York Times et le Financial Times évoquent aujourd’hui une rencontre entre Vladimir Poutine et le président nord-coréen Kim Jong Un à Vladivostok dans les prochains jours. Ces articles laissent entendre que cette rencontre pourrait avoir lieu en même temps que le Forum économique d’Extrême-Orient qui s’ouvrira à Vladivostok le lundi 11 septembre et se poursuivra jusqu’au 13 septembre. Bien entendu, aucune des deux publications ne dit un mot sur le Forum lui-même.  Entre-temps, la télévision d’État russe (Sixty Minutes) a confirmé aujourd’hui que Kim était attendu en Russie dès le 10 septembre.

Le forum économique est clairement un élément déterminant du calendrier de la visite de Kim en Russie. Mais le sont tout autant les exercices militaires américano-sud-coréens, l’escale d’un sous-marin nucléaire américain en Corée du Sud et l’observation faite par Kim la semaine dernière lorsqu’il a visité son propre quartier général naval, selon laquelle les mers voisines abritent actuellement la plus grande concentration de navires de guerre au monde, et que la Corée du Nord répondrait à cette menace.

Les articles du NYT et du FT mettent l’accent sur la probabilité que les deux dirigeants discutent de ventes d’armes et d’autres formes de coopération. Cela fait suite aux remarques faites il y a quelques jours par le porte-parole du département d’État américain, M. Kirby, à cet effet.

L’ambassadeur russe en Corée du Nord a officiellement rejeté l’idée que la Russie puisse se procurer des fournitures militaires, en particulier des obus d’artillerie, auprès de Pyongyang. Toutefois, lors de l’émission Sixty Minutes diffusée aujourd’hui, un expert militaire a confirmé que la Russie avait l’intention d’acheter de grandes quantités d’obus d’artillerie, affirmant que la Corée du Nord stockait des « millions d’obus » pouvant être utilisés par la Russie et que ceux-ci pourraient être très utiles à l’heure actuelle, alors que la contre-offensive ukrainienne semble encore avoir du vent dans les voiles. En outre, la logistique de livraison à la Russie ne pourrait être plus simple : elle emprunterait la même ligne de chemin de fer que celle que Kim Jong Un emprunte lorsque son train blindé franchit la frontière en direction de Vladivostok.

Intéressons-nous maintenant au Forum d’Extrême-Orient. J’ai consulté le programme sur leur site web et l’impression générale est qu’il est organisé de la même manière que le Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin dernier. Il y a un très grand nombre de tables rondes couvrant tous les sujets imaginables concernant le développement économique, social et éducatif de l’Extrême-Orient russe, ses relations avec ses voisins, notamment la Chine et la Mongolie, ses relations avec l’ANASE et avec des pays plus éloignés tels que l’Inde. En ce qui concerne la participation, les panélistes sont très majoritairement russes, bien qu’il y ait des représentants de différents pays asiatiques, dont le Laos, le Myanmar et les Philippines. Le contingent le plus important de panélistes étrangers vient de Chine. Les invités étrangers les plus haut placés dans le programme sont des ambassadeurs, à l’exception de la Mongolie, qui envoie un vice-premier ministre, qui est ministre de l’économie.

Du côté russe, parmi les délégations d’entreprises présentes au Forum, le participant le plus fortuné est l’oligarque Oleg Deripaska, dont les actifs industriels sont concentrés en Sibérie. Il fait partie du panel intitulé « Le rôle de la Sibérie dans le tournant vers l’Est », où il figure en tant que président du conseil de surveillance de l’Institut Stolypine pour l’Economie de la Croissance.

La table ronde la plus importante du point de vue de l’actualité se tiendra le dernier jour du Forum et s’intitulera « Une alternative mondiale à la domination de l’Occident : Les contours de l’avenir ».  Si je peux avoir un regret de manquer ce Forum, c’est de ne pas pouvoir assister aux échanges entre des panélistes tels que Sergei Karaganov (par vidéo), le pseudo-universitaire, philosophe nationaliste russe Alexander Dugin (également par vidéo), l’ambassadrice plénipotentiaire Maria Zakharova et Irina Yarovaya, la très intelligente et très patriotique vice-présidente de la Douma d’État. Mais Vladivostok est très loin et le prix du billet d’entrée au Forum (qui ne donne pas le droit d’assister à la session plénière où Poutine s’exprimera) s’élève à la coquette somme de 8 000 USD. Curieusement, ceux qui paient en roubles entrent à moitié prix (400 000 roubles).

Bien sûr, à ce stade, personne ne peut dire si Kim sera invité à la tribune du Forum. Mais sa présence probable à Vladivostok pour sa rencontre avec Poutine, qui sera suivie par le monde entier, montre que la relation naissante entre la Russie et la Corée du Nord est tout sauf discrète. Mr Kirby et le Département d’État américain sont probablement aussi ignorants que le reste d’entre nous de ce qui va se passer.

Kim Jong Un as guest of honor at the Far East Economic Forum

The New York Times and Financial Times both today speak about a meeting between Vladimir Putin and North Korean president Kim Jong Un in Vladivostok during the coming days. Buried in their reports is the suggestion that this may occur simultaneously with the Far East Economic Forum which opens in Vladivostok on Monday, 11 September and continues through the 13th.  Of course, neither publication says a word about the Forum itself.  Meanwhile on today’s Russian state television (Sixty Minutes) I heard confirmation that Kim is expected in Russia as early as on the 10th.

The Economic Forum is clearly a determinant of the timing of Kim’s visit to Russia. But then so are the American-South Korean military exercises, the port call of a U.S. nuclear submarine to South Korea and the observation by Kim last week when he visited his own naval headquarters that the nearby seas presently hold the world’s biggest concentration of warships, and that North Korea would respond to this threat.

The focus in the NYT and FT reports is on the likelihood that the two leaders will discuss arms sales and other forms of cooperation. This follows on remarks a couple of days ago by U.S. State Department spokesman Kirby to that effect.

The idea of Russia’s procuring military supplies, in particular artillery shells, from Pongyang was officially dismissed by the Russian ambassador to North Korea.  However, on today’s Sixty Minutes show a panelist who is a military expert confirmed that Russia intends to purchase vast quantities of artillery shells, saying that North Korea has “millions of shells” suitable for Russian use in its storage and that these could be quite handy right now, when it appears that the Ukrainian counteroffensive still has some wind in its sails.  Moreover, the logistics of delivery to Russia could not be simpler: using the very same railway line that Kim Jong Un takes when his armored train carries him across the border on his way to Vladivostok.

Let us now turn our attention to the Far East Forum. I have looked over the program on their website and the general impression is that it is being run very much the same way as the St Petersburg International Economic Forum was this past June.  There is an enormous number of panel discussions covering every imaginable topic with respect to the economic, social, educational development of the Russian Far East, its relations with neighbors including China and Mongolia, relations with ASEAN and with countries further afield such as India. As regards participation, the panelists are overwhelmingly Russian, though there are token representatives from a variety of Asian countries including Laos, Myanmar, the Philippines. The single largest contingent of foreign panelists comes from China. The highest ranking foreign guests in the program are ambassadors, with the exception of Mongolia, which is sending a Vice Prime Minister, who is Minister of the Economy.

On the Russian side, within the business delegations to the Forum, the biggest net worth participant is the oligarch Oleg Deripaska, whose industrial assets are concentrated in Siberia. He is on the panel entitled “On Siberia’s Role in Turning East,” where he is listed as Chairman of the Supervisory Board of the Stolypin Institute for Economy of Growth.”

The most relevant panel discussion to current events comes on the last day of the Forum and is entitled “A Global Alternative to Western Dominance: The Contours of the Future.”  If I have any regret at missing this Forum, it is not being able to watch the give and take between such panelists as Sergei Karaganov (by video), the pseudo academic, Russian nationalist philosopher Alexander Dugin (also by video),  Ambassador Plenipotentiary Maria Zakharova and Irina Yarovaya, the very smart, very patriotic Deputy Chairman of the State Duma. But Vladivostok is very far away and the price of an admission ticket to the Forum (which does not give you the right to be present at the Plenary Session where Putin will speak) is the tidy sum of 8,000 USD. Curiously, those paying in rubles get in for half price (400,000 rbls).

Of course, at this point no one can say whether Kim will be given the podium at the Forum. But his likely presence in Vladivostok for his meeting with Putin at this moment which will be watched by the entire world shows that Russia’s emerging relationship with North Korea is anything but surreptitious.  Mr Kirby and the U.S. State Department are likely as much in the dark on what will transpire as the rest of us.

©Gilbert Doctorow, 2023

Postscript, 6 September: The high level of representation from Myanmar has a reason, which became clear today in Vesti coverage of the landing of a Myanmar airlines flight in Novosibirsk. This was the first such direct air connection with Russia for 30 years. Aboard was a delegation of 80. There will now be twice weekly flights between Novosibirsk and Myanmar. The Myanmar side is hoping to attract tourist flows from Russia, and have put in place a visa free regime.

Translations of “The fog of war brought down to earth”

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

Le brouillard de la guerre s’étend sur le terrain

Ces dernières semaines, j’ai exprimé dans ces pages l’espoir que la guerre en Ukraine toucherait bientôt à sa fin. J’avais à l’esprit une victoire militaire russe imminente et une capitulation ukrainienne. J’en étais arrivé à cette conclusion peu après que le ministre russe de la défense, Shoigu, ait déclaré publiquement que les Ukrainiens avaient épuisé toutes leurs réserves en hommes et en matériel. Par ailleurs, mais dans la même direction, des sources crédibles avaient rapporté que les Ukrainiens avaient subi 400 000 morts jusqu’à présent dans le conflit, auxquels s’ajoutent de multiples blessés et hospitalisés. L’ensemble de ces éléments suggérait que les Russes pouvaient désormais lancer en toute sécurité leur propre offensive massive et balayer la table.

Entre-temps, de nombreux commentateurs américains et européens, à commencer par CNN et Bild, ont semblé reconnaître que la contre-offensive ukrainienne avait échoué et que l’Ukraine ne pouvait pas reprendre le territoire qu’elle avait perdu dans le Donbass, sans parler de la Crimée. De l’avis général, les Ukrainiens ont échoué dans leur tentative de guerre éclair et sont maintenant revenus à une guerre d’usure, pour laquelle la supériorité de la Russie en nombre d’hommes et de pièces d’artillerie leur donne l’avantage.

Ce qui manque, c’est une chronologie de la victoire russe dans une guerre d’usure.

Il n’en reste pas moins que, même dans les conditions désastreuses des pertes ukrainiennes en hommes et en matériel au cours des deux derniers mois, il y a encore des soldats ukrainiens qui effectuent chaque jour de nombreuses sorties en divers points du front. Les correspondants de guerre russes qui rendent visite à leurs officiers de chars et à ceux qui s’occupent de l’artillerie et des lance-roquettes multiples (Grad) nous apprennent que les Russes doivent être prompts à déplacer leur matériel dans les minutes qui suivent le tir, de peur d’être victimes de tirs d’artillerie en retour de la part du camp ukrainien. Les rapports de terrain donnent l’impression qu’il s’agit toujours d’une guerre sérieuse et meurtrière, et non d’une simple déroute de l’un des deux camps.

En outre, un autre problème tenace remet en question l’idée qu’une victoire russe est à portée de main. Le problème est qu’après avoir regardé chaque jour les duels d’artillerie au cours desquels les Russes détruisent l’artillerie ukrainienne et les lance-roquettes multiples d’origine américaine, polonaise et autre dans les régions de Donetsk et de Lougansk, dans les régions de Zaporozhie et de Kherson, et avoir dressé la liste des modèles d’équipement et du nombre de soldats ukrainiens tués à chaque endroit, j’écoute ensuite les récits sur la façon dont les Ukrainiens viennent de bombarder les quartiers résidentiels de la ville de Donetsk. Oui, chaque jour, il y a de multiples attaques d’artillerie et de HIMARS sur la ville, avec des destructions de bâtiments et des morts et des blessés quotidiens.  Comment cela est-il possible ? Les Ukrainiens tirent depuis quelques kilomètres seulement à l’extérieur de la ville. Pourquoi les Russes sont-ils incapables de localiser et de détruire ces zones fortifiées ukrainiennes de l’autre côté de la ligne, alors qu’ils semblent si bien réussir ailleurs sur la ligne de confrontation de mille kilomètres ?

En conclusion, je constate que nous restons dans le brouillard de la guerre et que rien n’est encore acquis.

Zurück zum Nebel des Krieges

Auf diesen Seiten habe ich in den letzten Wochen die Hoffnung zum Ausdruck gebracht, dass der Krieg in der Ukraine bald zu Ende geht. Ich hatte da an einen bevorstehenden militärischen Sieg Russlands und die ukrainische Kapitulation gedacht. Ich kam zu diesem Schluss, kurz nachdem der russische Verteidigungsminister Shoigu öffentlich gesagt hatte, dass die Ukrainer ihre gesamten Reserven an Menschen und Material aufgebraucht hätten. Abgesehen davon, aber mit dem Hinweis in die gleiche Richtung, gab es Berichte aus glaubwürdigen Quellen, dass die Ukrainer in dem Konflikt bisher 400.000 Tote erlitten haben, plus ein Vielfaches dieser Zahl an Verletzten und Hospitalisierten. Zusammengenommen ließ dies darauf schließen, dass die Russen nun gefahrlos ihre eigene massive Offensive starten und die Sache vom Tisch bringen könnten.

In der Zwischenzeit scheinen viele Kommentatoren in den USA und in Europa, angefangen bei CNN und Bild, anzuerkennen, dass die ukrainische Gegenoffensive ein Fehlschlag war und dass die Ukraine unmöglich das Gebiet zurückerobern kann, das sie im Donbass verloren hat, ganz zu schweigen von der Krim. Die Ukrainer scheiterten einvernehmlich mit ihrem Blitzkriegsversuch und befinden sich nun wieder in einem Zermürbungskrieg, für den die russische Überlegenheit bei der Zahl der Männer und Artilleriegeschütze denen die Oberhand verschafft.

Was fehlt, ist ein Zeitplan für den russischen Sieg in einem Zermürbungskrieg.

Tatsache bleibt, dass selbst unter den Bedingungen katastrophaler ukrainischer Verluste an Menschen und Material in den letzten zwei Monaten immer noch ukrainische Soldaten jeden Tag bei vielen Einsätzen an verschiedenen Punkten der Front aktiv kämpfen. Die russischen Kriegskorrespondenten, die ihre Panzeroffiziere besuchen, und diejenigen, die die Artillerie und die Mehrfach-Raketenwerfer (Grad) bedienen, erlauben uns zu hören, dass die Russen schnell sein müssen, die Position ihrer Ausrüstung innerhalb von Minuten nach dem Abschuss zu ändern, damit sie nicht Opfer von Gegenangriffen duch Artilleriefeuer von ukrainischer Seite werden. Die Berichte aus dem Feld klingen sehr so, als ob noch immer ein ernsthafter und tödlicher Krieg im Gange sei und nicht eine Schlappe für eine Seite.

Zudem gibt es ein weiteres quälendes Problem, das die Vorstellung in Frage stellt, dass Russland kurz vor einem Sieg steht. Das Problem ist, dass ich mir, nachdem ich jeden Tag die Artillerieduelle, bei denen die Russen ukrainische Artillerie und Mehrfach-Raketenwerfer amerikanischen, polnischen und anderen Ursprungs in den Regionen Donezk und Lugansk, in den Regionen Saporoschje und Cherson zerstören und die Auflistung der zerstörten Ausrüstung und die Anzahl der ukrainischen Soldaten angeschaut habe, die an jedem Ort getötet wurden, dann Berichte darüber anhöre, wie die Ukrainer gerade Wohnviertel der Stadt Donezk bombardiert haben. Ja, jeden Tag gibt es mehrere Artillerie- und HIMARS-Angriffe auf die Stadt, mit Zerstörung von Gebäuden und täglichen Toten und Verletzten. Wie kann das sein? Die Ukrainer feuern aus nur wenigen Kilometern Entfernung von der Stadt. Warum sind die Russen nicht in der Lage, diese ukrainischen befestigten Gebiete jenseits der Grenze zu lokalisieren und zu zerstören, wenn es ihnen anderswo auf der tausend Kilometer langen Konfrontationslinie so gut zu gehen scheint?

Abschließend möchte ich feststellen, dass wir weiterhin im Nebel des Krieges stecken und nichts als selbstverständlich angesehen werden kann.

The fog of war brought down to earth

On these pages, I have in recent weeks expressed the hope that the war in Ukraine will soon be coming to an end. I have had in mind an imminent Russian military victory and Ukrainian capitulation.  I came to that conclusion shortly after Russian Defense Minister Shoigu said publicly that the Ukrainians had used up all of their reserves in men and materiel. Separately, but pointing in the same direction, there were reports from credible sources that Ukrainians have suffered 400,000 deaths so far in the conflict plus a multiple of that number in those injured and hospitalized. Taken together, this suggested that the Russians could now safely launch their own massive offensive and sweep the table.

In the meantime, many commentators in the U.S. and European mainstream, beginning with CNN and Bild, appear to acknowledge that the Ukrainian counteroffensive has been a failure and that Ukraine cannot possibly recapture the territory it has lost in the Donbas, not to mention the Crimea. By consensus, the Ukrainians failed in their attempt at blitzkrieg and are now back to a war of attrition, for which Russia’s superiority in numbers of men and artillery pieces gives them the upper hand.

What is missing is a timeline for the Russian victory in a war of attrition.

The fact remains that even under conditions of disastrous Ukrainian losses of men and materiel these past two months, there are still Ukrainian soldiers coming out in many sorties across various points of the front every day. The Russian war correspondents visiting their tank officers and those manning the artillery and multiple rocket launchers (Grad), allow us to hear that the Russians must be quick to move their equipment within minutes of firing lest they be victims of return artillery fire from the Ukrainian side. The reports from the field sound very much as if a serious and deadly war is still going on, not a simple rout of one side.

Moreover, there is another nagging problem that puts in question the notion that a Russian victory is just around the corner.   The problem is that after watching every day the artillery duels in which the Russians destroy Ukrainian artillery and multiple rocket launchers of U.S., Polish and other origin in Donetsk and Lugansk regions, in the Zaporozhie and Kherson regions and list the equipment models and numbers of Ukrainian soldiers killed at each location, I then listen to accounts of how the Ukrainians have just bombed residential districts of Donetsk city.  Yes, every day there are multiple artillery and HIMARS attacks on the city, with destruction of buildings and daily deaths and injuries.  How can this be?  The Ukrainians are firing from just a few kilometers outside the city. Why are the Russians unable to locate and destroy these Ukrainian fortified areas across the line when they seem to be doing so well elsewhere on the thousand kilometer line of confrontation? 

In conclusion, I find that we remain in the midst of the fog of war and nothing can be taken for granted.

©Gilbert Doctorow, 2023