Translations of “Putin, Prigozhin and the management principle ‘work with the hand you are dealt'”

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus) and Spanish (Hugo Guido)

Poutine, Prigojine et le principe de gestion :

« Travailler avec ce que l’on a sous la main »

Ces derniers jours, on a beaucoup parlé de la révélation selon laquelle, le 29 juin, moins d’une semaine après la mutinerie armée du groupe Wagner, Vladimir Poutine a reçu au Kremlin Evgueni Prigojine et 35 de ses hauts commandants militaires pour trois heures d’entretien.

Comment cela est-il possible ? Quel en est le sens ? Pourquoi Poutine s’entretient-il avec celui qu’il dénonçait quelques jours auparavant comme un traître ?

Tous ceux qui posent ces questions n’ont pas prêté attention au bilan de Vladimir Poutine en matière de « gestion du personnel » au cours des vingt-trois dernières années. Tout cela suit le principe que l’on retrouve dans de nombreuses grandes institutions, tant privées que publiques : travailler avec les moyens du bord, en considérant que la plupart de ceux qui sont sous vos ordres sont bons à quelque chose. C’est le principe de fonctionnement que j’ai vu autour de moi pendant les quatre années où j’ai travaillé pour United Parcel Service. C’est certainement le principe qui prévaut dans les forces armées des États-Unis.

Lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 2000, Poutine a eu affaire à un important contingent d’oligarques rapaces qu’il a apprivoisés, notamment en brisant les ambitions politiques présomptueuses de Mikhaïl Khodorkovski et en envoyant le trublion faire un long séjour derrière les barreaux. Une fois domptés, les barons voleurs se sont tenus à l’écart de la politique et ont consacré leur temps à développer les vastes pans de l’économie qu’ils avaient fini par contrôler, tout en s’octroyant des profits indécents.

En 2000, Poutine a également hérité de fonctionnaires libéraux dont la loyauté envers lui-même et envers le pays était douteuse. Génies de l’organisation ou de la gestion financière, ils avaient souvent des penchants pour le vol. On pense notamment à Anatoly Chubais. Il avait dirigé la campagne de réélection de Boris Eltsine en 1996, qui l’avait emporté en recourant à tous les moyens possibles et imaginables. Il a ensuite dirigé plusieurs entreprises d’État, notamment dans le domaine des nanotechnologies, qu’il a volées à pleines mains. Mais on pourrait dire la même chose d’Alexeï Koudrine, qui a longtemps occupé le poste de ministre des finances de la Russie et a été nommé meilleur ministre des finances pendant plusieurs années par ses pairs d’Europe de l’Ouest. Koudrine est également le dirigeant politique le plus visible à avoir pris la parole lors des manifestations de rue Bolotnoïe contre le Kremlin en 2011, qui ont permis à Alexeï Navalny, qui déteste Poutine, de se faire connaître.

Chubais et Koudrine sont aujourd’hui en exil à l’étranger, tout comme de nombreux libéraux de moindre importance qui ont servi le gouvernement russe ou les entreprises d’État jusqu’au début de l’opération militaire spéciale.  Et une accusation de loyauté douteuse pourrait même être portée contre German Gref, qui a supervisé ces dernières années la transformation totale de la plus grande banque russe, Sber, en une institution orientée vers le client, hautement efficace et technologiquement avancée. Gref reste à son poste, même s’il a perdu quelques plumes en termes de temps d’antenne à la télévision d’État. Dans sa décision de poursuivre son mandat, il pourrait être associé au gouverneur de la Banque centrale, Elvira Nabioullina, qui est également une fervente défenderesse de l’économie libérale axée sur le marché, à un moment où la Russie a dû renforcer le contrôle central pour mettre le pays sur le pied de guerre.

Aucun de ces acteurs politiques et économiques très compétents, bien qu’équivoques, n’a été mis à l’écart pendant les années Poutine. Ils ont été autorisés à semer la discorde et/ou à voler à petites doses tout en apportant beaucoup de « jus » au cocktail de la réussite économique de la Russie pendant les années Poutine.

Il y a aussi de nombreux membres éminents de l’establishment politique russe qui étaient profondément défaillants d’une manière ou d’une autre, mais qui ont été maintenus et, si cela se justifie, promus à des responsabilités de plus en plus importantes. Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération, la chambre haute de la législature bicamérale russe, en est un excellent exemple. On la voit souvent à la télévision russe dans l’exercice de ses fonctions publiques de toutes sortes. Hier, elle était à Pékin où elle a été reçue par le président chinois Xi Jinping. Selon le classement officiel, Matvienko est la deuxième personnalité politique la plus importante dans la hiérarchie de l’État russe, après M. Poutine.

Mais d’où provient Matvienko ?

Lorsque je vivais et travaillais à Saint-Pétersbourg en 1994 et plus tard, nous avons beaucoup vu Matvienko. Elle était connue pour être une ivrogne qui apparaissait parfois en public « sous influence » et son fils était largement connu pour ses pratiques corrompues, faisant fortune dans des opérations immobilières spéculatives rendues possibles par la position de sa mère. Je me souviens avoir vu des dénonciations de la mère et du fils sur des bancs publics à Pétersbourg.

Après le retrait de sa candidature à la réélection au poste de maire de la ville et son remplacement par un candidat relativement inconnu et favorisé par le Kremlin, un certain Yakovlev, elle est retournée à Moscou. Là, elle s’est assagie et on lui a donné une nouvelle chance de réussir, ce qu’elle a fait avec panache.

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Il y a quelques semaines, dans mon premier commentaire sur la rébellion du groupe Wagner, je faisais remarquer qu’au cours des siècles, l’histoire russe a connu un certain nombre de rébellions qui ressemblaient davantage à l’affaire Wagner que la « révolution » de février 1917 évoquée par Vladimir Poutine lorsqu’il s’est exprimé pour la première fois à la télévision suite au rétablissement de l’ordre. Parmi ces épisodes antérieurs figure la trahison commise en 1708-09 par l’hetman des cosaques de Zaporozhie, Ivan Mazepa, qui avait été l’homme de terrain de Pierre le Grand dans ce qui est aujourd’hui une partie de l’Ukraine, mais qui s’est retourné contre le tsar et a rejoint les forces du roi suédois Charles XII qui était alors engagé dans une lutte à mort avec la Russie. Comme Prigojine, Mazepa était l’une des personnes les plus riches du pays, avec de vastes propriétés foncières, et comme Prigojine, il s’est rebellé lorsqu’il a compris que les nouvelles réformes militaires introduites par Pierre le priveraient d’une grande partie de son pouvoir en tant que flibustier. Mazepa est un rare exemple où la confiance de Pierre le Grand envers ses subordonnés était mal placée. Par ailleurs, tout au long de son règne, Pierre a élevé à des postes de responsabilité de nombreux hommes ambitieux d’origine très modeste. Certains étaient des canailles qui abusaient de leur pouvoir, d’autres moins, mais presque tous ont mis leur intelligence et leurs talents supérieurs au service de la grandeur de la Russie.

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Nous avons très peu entendu parler de ce que Vladimir Poutine a pu discuter avec les chefs du groupe Wagner lors de leur réunion au Kremlin. Selon son secrétaire de presse, Peskov, ces commandants ont tous prêté serment d’allégeance à l’État et à M. Poutine, et ce dernier a fixé les règles de base de leur retour au combat actif dans le cadre de l’opération militaire spéciale.

Nous devrions en savoir plus dans les semaines à venir.

Putin, Prigoschin und das Managementprinzip: “Man muss mit den Steinen mauern, die man hat”

In den letzten Tagen wurde viel über die Enthüllung gesprochen, dass Wladimir Putin am 29. Juni, weniger als eine Woche nach der bewaffneten Meuterei der Wagner-Gruppe, Jewgeni Prigoschin und 35 seiner hochrangigen Militärkommandeure zu einem dreistündigen Gespräch im Kreml empfangen hat.

Wie kann das sein? Welchen Sinn hat das? Warum sollte Putin mit dem Mann sprechen, den er wenige Tage zuvor noch als Verräter bezeichnet hatte?

Wer sich diese Fragen stellt, hat in den letzten dreiundzwanzig Jahren nicht viel von Wladimir Putins “Menschenführung” mitbekommen. Alles folgt dem Prinzip, das in vielen großen Institutionen, sowohl in der Privatwirtschaft als auch im öffentlichen Dienst, praktiziert wird: Man mauert mit den Steinen, das man hat, und geht davon aus, dass die meisten Menschen, die für einen arbeiten, für etwas gut sind. Dieses Arbeitsprinzip habe ich während meiner vierjährigen Tätigkeit bei United Parcel Service um mich herum erlebt. Es ist sicherlich auch das vorherrschende Prinzip in den Streitkräften der Vereinigten Staaten.

Als Putin im Jahr 2000 an die Macht kam, hatte er ein großes Kontingent raffgieriger Oligarchen vor sich, die er zähmte, insbesondere indem er Michail Chodorkowskis anmaßende politische Ambitionen unterbrach und den Unruhestifter zu einem langen Aufenthalt hinter Gittern schickte. Nach ihrer Zähmung hielten sich die Raubritter aus der Politik heraus und verbrachten ihre Zeit damit, die von ihnen kontrollierten Wirtschaftsbereiche weiterzuentwickeln, auch wenn sie dabei ungebührliche Gewinne für sich selbst abschöpften.

Damals, im Jahr 2000, erbte Putin auch liberale Funktionäre von zweifelhafter Loyalität ihm gegenüber und gegenüber dem Land. Sie waren Genies in organisatorischen Fragen oder in der Finanzverwaltung, hatten aber oft diebische Neigungen. Ich denke dabei an Anatoli Tschubais. Er hatte die Kampagne zur Wiederwahl Boris Jelzins 1996 geleitet, die mit allen fairen und unfairen Mitteln gewonnen wurde. Später leitete er mehrere Staatsunternehmen, insbesondere im Bereich der Nanotechnologie, von wo er mit beiden Händen stahl. Aber die gleiche Untreue könnte man auch von Alexander Kudrin behaupten, der lange Zeit als russischer Finanzminister diente und von seinen westeuropäischen Kollegen über mehrere Jahre hinweg zum besten Finanzminister gewählt wurde. Kudrin war auch der sichtbarste politische Führer, der auf den kremlfeindlichen Straßendemonstrationen von Bolotnoje im Jahr 2011 sprach, die den Putin-Hasser Alexej Nawalny bekannt gemacht haben.

Sowohl Tschubais als auch Kudrin befinden sich jetzt im selbstgewählten Exil im Ausland, ebenso wie viele niedrigrangigere Liberale, die bis zum Beginn der militärischen Sonderoperation in der russischen Regierung oder in staatlichen Unternehmen tätig waren. Und eine Anklage wegen zweifelhafter Loyalität könnte sogar gegen German Gref erhoben werden, der in den letzten Jahren die vollständige Umwandlung der größten russischen Bank, Sber, in ein kundenorientiertes, hocheffizientes und technologisch fortschrittliches Institut beaufsichtigt hat. Gref bleibt auf seinem Posten, obwohl er einige Federn verloren hat, was die Sendezeit im staatlichen Fernsehen angeht. Bei seiner Entscheidung, weiterzumachen, könnte er sich mit der Gouverneurin der Zentralbank, Elvira Nabiullina, zusammentun, die ebenfalls eine entschiedene Verfechterin der liberalen, marktorientierten Wirtschaft ist, und das in einer Zeit, in der Russland die zentrale Kontrolle weiter ausbauen musste, um das Land für den Krieg fit zu machen.

Keiner dieser sehr fähigen, wenn auch zweifelhaften politischen und wirtschaftlichen Akteure der Putin-Jahre wurde ausgequetscht. Es wurde ihnen erlaubt, in kleinen Dosen Zwietracht zu säen und/oder zu stehlen, während sie eine Menge “Saft” zum Cocktail des wirtschaftlichen Erfolgs Russlands während der Putin-Jahre beitrugen.

Darüber hinaus gibt es viele prominente Mitglieder des russischen politischen Establishments, die auf die eine oder andere Weise schwerwiegende Mängel aufwiesen, die jedoch beibehalten und, soweit es gerechtfertigt war, zu immer größeren Verantwortlichsbereichen befördert wurden. Die Sprecherin des Föderationsrates, des Oberhauses der russischen Zweikammer-Legislative, Walentina Matwijenko, ist ein Paradebeispiel dafür. Man sieht sie oft im russischen Fernsehen, wenn sie ihre öffentlichen Funktionen wahrnimmt. Gestern war sie in Peking, wo sie vom chinesischen Präsidenten Xi Jinping zu Gesprächen empfangen wurde. In der offiziellen Rangfolge ist Matwijenko nach Putin die zweitwichtigste politische Figur in der russischen Staatshierarchie.

Aber woher kommt Matwijenko?

Als ich 1994 und später in St. Petersburg lebte und arbeitete, sahen wir viel von Matwijenko. Sie war eine bekannte Trinkerin, die gelegentlich “unter Einfluss” in der Öffentlichkeit auftrat, und ihr Sohn war weithin für seine korrupten Praktiken bekannt, mit denen er ein Vermögen mit spekulativen Immobiliengeschäften machte, die durch die Position seiner Mutter ermöglicht wurden. Ich erinnere mich, dass Mutter und Sohn auf Parkbänken in Petersburg angeprangert wurden.

Nachdem ihre Kandidatur zur Wiederwahl als Bürgermeisterin der Stadt zurückgezogen und sie durch einen relativ unbekannten, vom Kreml favorisierten Kandidaten, einen gewissen Jakowlew, ersetzt worden war, kehrte sie nach Moskau zurück. Dort wurde sie ausgenüchtert und erhielt eine neue Chance auf Erfolg, die sie mit Elan wahrgenommen hat.

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Vor einigen Wochen habe ich in meinem ersten Kommentar zur Rebellion der Wagner-Gruppe darauf hingewiesen, dass es in der russischen Geschichte im Laufe der Jahrhunderte eine Reihe von Rebellionen gegeben hat, die der Wagner-Affäre ähnlicher waren als die “Revolution” vom Februar 1917, die Wladimir Putin in seiner ersten Fernsehansprache nach der Wiederherstellung der Ordnung beschworen hat. Eine dieser früheren Episoden war der Verrat, den der Hetman der Saporoger Kosaken, Iwan Mazepa, 1708-09 beging. Er war der Mann Peters des Großen vor Ort im Gebiet der heutigen Ukraine, wandte sich aber gegen den Zaren und schloss sich den Truppen des schwedischen Königs Karl XII. an, der sich damals in einem Kampf auf Leben und Tod mit Russland befand. Wie Prigoschin gehörte Mazepa zu den reichsten Menschen des Landes mit großem Grundbesitz, und wie Prigoschin rebellierte er, als er erkannte, dass die neuen Militärreformen, die Peter einführte, ihm als Freibeuter viel von seiner Macht nehmen würden. Mazepa war ein seltenes Beispiel dafür, dass sich Peter der Große in seinem Vertrauen in seine Untergebenen getäuscht hat. Ansonsten beförderte Peter im Laufe seiner Herrschaft viele ehrgeizige Männer aus sehr bescheidenen Verhältnissen in hohe und verantwortungsvolle Positionen. Einige waren Schurken, die ihre Macht missbrauchten, andere weniger, aber fast alle trugen mit ihrer überragenden Intelligenz und ihren Talenten zur Größe Russlands bei.

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Wir haben sehr wenig darüber gehört, was Wladimir Putin mit den Führern der Wagner-Gruppe bei ihrem Treffen im Kreml besprochen haben könnte. Seinem Pressesprecher Peskow zufolge haben diese Kommandeure alle dem Staat und Putin die Treue geschworen, und er hat Grundregeln für ihre Rückkehr in den aktiven Kampf im Rahmen der militärischen Sonderoperation festgelegt.

In den kommenden Wochen werden wir wohl mehr erfahren.

Putin, Prigozhin y el principio de gestión: trabaja con la mano que te reparten

Se ha hablado mucho en los últimos días sobre la revelación de que el 29 de junio, menos de una semana después del motín armado del Grupo Wagner, Vladimir Putin recibió a Yevgeny Prigozhin y 35 de sus altos comandantes militares en el Kremlin durante tres horas de conversaciones.

¿Cómo puede ser esto? ¿Qué sentido tiene? ¿Por qué Putin hablaría con el hombre que había denunciado unos días antes como un traidor?

Cualquiera que plantee estas preguntas no ha estado prestando mucha atención al historial de “gestión de personas” de Vladimir Putin en los últimos veintitrés años. Todo sigue el principio que encuentras practicado en muchas instituciones grandes, tanto privadas como públicas: trabaja con la mano que te han dado, considerando que casi todos los que están debajo de ti son buenos para algo. Este es el principio operativo que vi a mi alrededor durante mis cuatro años trabajando para United Parcel Service. Seguramente es el principio dominante en las fuerzas armadas de los Estados Unidos.

Cuando llegó al poder en 2000, Putin recibió un gran contingente de oligarcas rapaces a quienes domesticó, especialmente rompiendo la espalda de las presuntuosas ambiciones políticas de Mikhail Khodorkovsky y enviando al alborotador a una larga estancia tras las rejas. Una vez domesticados, los barones ladrones se mantuvieron alejados de la política y pasaron su tiempo desarrollando las amplias franjas de la economía que habían llegado a controlar, incluso si se llevaban ganancias indecorosas.

En el año 2000, Putin también heredó funcionarios liberales de dudosa lealtad a sí mismos y al país. Genios en materia organizativa o de gestión financiera, a menudo tenían inclinaciones a robar. Anatoly Chubais viene a la mente. Había dirigido la campaña de reelección de Boris Yeltsin en 1996, que logró la victoria por todos los medios justos y tramposos. Luego pasó a dirigir varias empresas estatales, en particular, a cargo de las nanotecnologías, de las que robó a manos llenas. Pero la misma deslealtad podría decirse de Alexander Kudrin, quien durante mucho tiempo se desempeñó como ministro de Finanzas de Rusia y fue nombrado el mejor ministro de finanzas durante una sucesión de años por parte de sus pares de Europa occidental. Kudrin también fue el líder político más visible que habló en las manifestaciones callejeras de Bolotnoye en 2011 contra el Kremlin, que llevaron a la fama a Alexei Navalny, quien odia a Putin.

Tanto Chubais como Kudrin están ahora en un exilio autoimpuesto en el extranjero, junto con muchos liberales de menor rango que sirvieron en el gobierno ruso o en empresas estatales hasta el inicio de la Operación Militar Especial. Y una acusación por dudosa lealtad podría incluso ser presentada contra German Gref, quien en los últimos años ha supervisado la transformación total del banco más grande de Rusia, Sber, en una institución orientada al cliente, altamente eficiente y tecnológicamente avanzada. Gref permanece en su puesto, aunque ha perdido algunas plumas en términos de tiempo de emisión en la televisión estatal. En su decisión de servir, puede ser emparejado con la gobernadora del Banco Central, Elvira Nabiullina, quien también es una firme defensora de la economía liberal impulsada por el mercado en un momento en que Rusia ha tenido que tomar un mayor control central para poner al país en pie de guerra.

Ninguno de estos actores políticos y económicos muy capaces, aunque equívocos, durante los años de Putin ha sido exprimido hasta secarlo. Se les permitió difundir la disensión y / o robar en pequeñas dosis mientras aportaban mucho “jugo” al cóctel del éxito económico de Rusia durante los años de Putin.

Luego hay muchos miembros prominentes del establishment político ruso que fueron profundamente inconvenientes de una manera u otra, pero fueron retenidos y, según se justificó, promovidos a responsabilidades cada vez mayores. Aquí, la presidenta del Consejo de la Federación, la cámara alta de la legislatura bicameral de Rusia, Valentina Matviyenko es un buen ejemplo. Se la ve mucho en la televisión rusa mientras realiza funciones públicas de todo tipo. Ayer estuvo en Beijing, donde fue recibida para entablar conversaciones con el presidente chino, Xi Jinping. En el ranking oficial, Matviyenko es la segunda figura política más importante en la jerarquía estatal rusa después de Putin.

Pero, ¿de dónde vino Matviyenko?

Cuando yo vivía y trabajaba en San Petersburgo en 1994 y posteriormente, vimos mucho a Matviyenko. Ella era una borracha conocida que ocasionalmente aparecía en público “bajo la influencia” y su hijo era ampliamente conocido por sus prácticas corruptas haciendo una fortuna en negocios inmobiliarios especulativos que fueron facilitados por la posición de su madre. Recuerdo haber visto denuncias de madre e hijo pegadas en los bancos del parque en Petersburgo.

Después de que su candidatura para la reelección como alcaldesa de la ciudad fue retirada y fue reemplazada por un candidato relativamente desconocido favorecido por el Kremlin, un tal Yakovlev, ella regresó a Moscú. Allí recobró la sobriedad y se le dio una nueva oportunidad para tener éxito, lo que ha hecho con ímpetu.

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Hace un par de semanas, en mi primer comentario sobre la rebelión del Grupo Wagner, comenté que a lo largo de los siglos la historia rusa ha tenido una serie de rebeliones que fueron más similares al asunto Wagner que la “revolución” de febrero de 1917 que Vladimir Putin evocó cuando habló por primera vez en televisión después de la restauración del orden. Entre estos episodios anteriores estaba la traición cometida en 1708-09 por el hetman de los cosacos de Zaporozhie, Ivan Mazepa, quien había sido el hombre de Pedro el Grande sobre el terreno en lo que ahora es parte de Ucrania, pero que se volvió contra el zar y se unió a las fuerzas del rey sueco Carlos XII, que entonces estaba involucrado en una lucha de vida o muerte contra Rusia. Al igual que Prigozhin, Mazepa era una de las personas más ricas del país con extensas propiedades de tierra, y al igual que Prigozhin se rebeló cuando comprendió que las nuevas reformas militares introducidas por Pedro lo despojarían de gran parte de su poder como filibustero. Mazepa fue un caso raro en que la confianza de Pedro el Grande en sus subordinados estuvo errada. Por lo demás, en el transcurso de su reinado, Pedro elevó a posiciones superiores y de mayor responsabilidad a muchos hombres ambiciosos de orígenes muy modestos. Algunos eran sinvergüenzas que abusaron de su poder, otros no tanto, pero casi todos contribuyeron con su inteligencia y talentos superiores a la causa de la grandeza de Rusia.

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Hemos escuchado muy poco sobre lo que Vladimir Putin pudo haber discutido con los líderes del Grupo Wagner en su reunión en el Kremlin. Según su secretario de prensa Peskov, todos estos comandantes juraron lealtad al Estado y a Putin y él estableció reglas básicas para su regreso a la lucha activa en la Operación Militar Especial.

Podemos esperar conocer más en las próximas semanas.

Putin, Prigozhin and the management principle: “work with the hand you are dealt”

There has been a lot of talk these past couple of days about the revelation that on 29 June, less than a week after the Wagner Group’s armed mutiny, Vladimir Putin received Yevgeny Prigozhin and 35 of his senior military commanders in the Kremlin for three hours of talks.

How can this be? What is the sense of it? Why would Putin talk to the man he had denounced a few days before as a traitor?

Anyone posing these questions has not been paying much attention to Vladimir Putin’s “people management” record these past twenty-three years.  It all follows the principle that you find practiced in many large institutions, both private and public: work with the hand you have been dealt, considering that most everyone under you is good for something. This is the operating principle I saw around me during my four years working for United Parcel Service. It surely is the ruling principle in the United States armed forces.

When he came to power in 2000, Putin was dealt a large contingent of rapacious oligarchs whom he tamed, especially by breaking the back of Mikhail Khodorkovsky’s presumptuous political ambitions and sending the troublemaker to a long stay behind bars. Once tamed, the robber barons stayed clear of politics and spent their time developing the broad swathes of the economy that they had come to control, even if they skimmed off unseemly profits for themselves.

Back in the year 2000, Putin also inherited Liberal functionaries of doubtful loyalty to himself and to the country. Geniuses in organizational matters or financial management, they often had thieving proclivities. Anatoly Chubais comes to mind. He had run Boris Yeltsin’s reelection campaign in 1996 which achieved victory by all means fair and foul. He went on to head several state enterprises, in particular, in charge of nano technologies, from which he stole with both hands. But the same disloyalty could be said of Alexander Kudrin, who long served as Russia’s Finance Minister and was named the best finance minister over a succession of years by his West European peers.  Kudrin was also the single most visible political leader who spoke at the Bolotnoye anti-Kremlin street demonstrations in 2011 which brought Putin-hater Alexei Navalny to prominence.

Both Chubais and Kudrin are now in self-imposed exile abroad, together with many smaller ranking Liberals who served in the Russian government or state enterprises until the start of the Special Military Operation.  And a charge of doubtful loyalty could even be brought against German Gref, who has in recent years overseen the total transformation of Russia’s largest bank, Sber, into a customer oriented, highly efficient and technologically advanced institution.  Gref remains at his post, though he has lost some feathers in terms of air time on State television. In his decision to serve on, he may be paired with the Central Bank Governor, Elvira Nabiullina, who also is a strong defender of the Liberal, market driven economy at a time when Russia has had to take further central control to put the country on a war footing.

None of these very capable if equivocal political and economic actors during the Putin years has been squeezed dry. They were allowed to spread dissension and/or to steal in small doses while they contributed a lot of “juice” to the cocktail of Russia’s economic success during the Putin years.

Then there are many prominent members of the Russian political Establishment who were deeply flawed in one way or another but were retained and, as justified, promoted to ever greater responsibilities.  Here, speaker of the Federation Council, the upper chamber of Russia’s bicameral legislature, Valentina Matviyenko is a prime example.  You see a lot of her on Russian television as she  performs her public functions of all kinds. Yesterday she was in Beijing where she was received for talks by Chinese President Xi Jinping. In official ranking, Matviyenko is the second most important political figure in the Russian state hierarchy after Putin.

But where did Matviyenko come from?

When I was living and working in St Petersburg in 1994 and later, we saw a lot of Matviyenko. She was a known drunkard who occasionally appeared in public ‘under the influence’ and her son was widely known for his corrupt practices making a fortune in speculative real estate deals that were enabled by his mother’s position. I recall seeing denunciations of mother and son on park benches in Petersburg.

After her candidacy for reelection as mayor of the city was withdrawn and she was replaced by a relatively unknown candidate favored by the Kremlin, a certain Yakovlev, she returned to Moscow. There she sobered up and was given a new chance to succeed, which she has done with élan.

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A couple of weeks ago, in my first commentary on the Wagner Group rebellion, I remarked that over the centuries Russian history has had a number of rebellions that were more similar to the Wagner affair than the February 1917 “revolution” that Vladimir Putin evoked when he first spoke on television following restoration of order.  Among these previous episodes was the treason committed in 1708-09 by the hetman of the Zaporozhie Cossacks, Ivan Mazepa, who had been the Peter the Great’s man on the ground in what is now part of Ukraine, but who turned against the tsar and joined the forces of the Swedish King Charles XII who was then engaged in a life or death struggle with Russia.  Like Prigozhin, Mazepa was one of the wealthiest people in the land with extensive land holdings, and like Prigozhin he rebelled when he understood that the new military reforms being introduced by Peter would strip him of much of his power as a freebooter. Mazepa was a rare instance when Peter the Great’s trust in his subordinates was misplaced.  Otherwise, over the course of his reign, Peter raised to high and responsible positions many ambitious men of very modest backgrounds. Some were scoundrels who abused their power, others less so, but nearly all contributed their superior intelligence and talents to the cause of Russia’s greatness.   

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We have heard very little about what Vladimir Putin may have discussed with the leaders of the Wagner Group at their meeting in the Kremlin. According to his press secretary Peskov, these commanders all swore allegiance to the State and to Putin and he laid down ground rules for their returning to active fighting in the Special Military Operation.

We may expect to learn more in the weeks to come.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “Responding to Richard Haass”

Translations below into French (Youri), German (Andreas Mylaeus) and Spanish (Hugo Guido)

Réponse à Richard Haass sur la réunion d’avril 2023 avec Lavrov à New York

L’article de NBC News sur un supposé « canal de communication » avec le ministère russe des Affaires étrangères mis en place par le président sortant du Conseil des relations extérieures, Richard Haass, et plusieurs autres membres du Conseil en avril, a fait l’objet d’un article de fait vérifié par Bloomberg. Voir

https://archive.li/2klf4

Haass reconfirme ici que lui et ses collègues ont bien rencontré Sergueï Lavrov à l’époque, malgré les démentis initiaux de la partie russe qui ont été diffusés par la télévision d’État russe (Sixty Minutes) et que j’ai cités dans un article publié dans ces pages la semaine dernière.

Toutefois, l’article de Bloomberg précise qu’il ne s’agissait pas d’une « réunion secrète » visant à discuter d’une voie de sortie pour la guerre en Ukraine. Il cite la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Maria Zakharova, qui a expliqué qu’il s’agissait du type d’échange de vues non officiel avec des représentants non gouvernementaux d’un pays donné, auquel M. Lavrov participe de temps à autre lors de ses déplacements à l’étranger, rien de plus.

Dois-je donc rétracter ce que j’ai écrit, ou non ?

Ce qu’a dit Haass ne m’intéresse pas. Ce qu’a dit Maria Zakharova m’intéresse.

En ce qui concerne mon article, je ne vois pas la nécessité de me rétracter. Ce que je rapportais, c’est ce qui a été dit par plusieurs intervenants et par l’animateur Evgueni Popov, qui est l’un des journalistes les plus hauts placés dans l’establishment de l’information de l’État russe et qui est également membre de la Douma d’État.  Lui et les participants ont dénigré les membres du Conseil des relations extérieures en utilisant précisément les termes que j’ai cités dans mon essai.

Il y a toujours un contexte pour des événements comme celui-ci, mais les gens ont la mémoire courte, si tant est qu’ils aient jamais entendu parler du contexte que je m’apprête à décrire :

Au cours de l’été 2008, juste avant ou après la brève guerre entre la Russie et la Géorgie, Sergueï Lavrov a été invité à s’exprimer devant le Conseil des relations étrangères à New York. Haass aurait présidé l’événement puisqu’il en était déjà le président à l’époque. Henry Kissinger était également présent. Henry a commencé à parler de l’histoire des peuples du Caucase et du contexte du conflit. Bien entendu, Henry a bénéficié du soutien de tous les membres du Conseil présents à la table, qui s’en remettaient à son expertise et à son génie. Puis Lavrov a fait l’impensable : il leur a dit à tous qu’Henry ne savait pas de quoi il parlait.

À l’époque, j’avais entendu un enregistrement de cet échange.

En tant que praticien suprême de la diplomatie, Lavrov n’a depuis lors jamais indiqué publiquement qu’il avait moins qu’un grand respect pour les experts américains. Et le Kremlin a continué à traiter Kissinger avec respect et s’est félicité de ses visites occasionnelles en Russie.

MAIS il y avait certainement une discrète condescendance russe à l’égard de la meute d’universitaires dépassés du Conseil, comme nous l’avons vu dans les remarques sur Haass et ses collègues dans l’émission “Sixty Minutes“. Nous avons entendu à l’antenne que ces experts n’auraient pas eu droit à l’attention de Lavrov, que ceux-ci n’étaient pas dignes de lui.

Et comme je l’ai dit dans mon essai il y a une semaine, Haass et compagnie n’étaient en rien comparables aux canaux détournés utilisés par une délégation du Congrès américain à l’automne 2008 pour discuter de ce qui est devenu la « réinitialisation ».

Antwort auf Richard Haass über das Treffen mit Lawrow im April 2023 in New York

Der NBC-News-Artikel über einen angeblichen “Rückkanal” zum russischen Außenministerium, den der scheidende Vorsitzende des Council on Foreign Relations, Richard Haass, und mehrere andere Mitglieder des Council im April eingerichtet haben sollen, ist Gegenstand eines Bloomberg-Faktenchecks. Siehe

https://archive.li/2klf4

Hier bestätigt Haass erneut, dass er und seine Kollegen damals mit Sergej Lawrow zusammengetroffen sind, ungeachtet der anfänglichen Dementis der russischen Seite, die im russischen Staatsfernsehen (Sechzig Minuten) ausgestrahlt und von mir letzte Woche in einem Artikel auf diesen Seiten zitiert wurden.

In dem Bloomberg-Artikel wird jedoch klargestellt, dass es sich nicht um ein “geheimes Treffen” handelte, bei dem ein Ausweg aus dem Ukraine-Krieg besprochen wurde. Er zitiert die Sprecherin des Außenministeriums der Russischen Föderation, Maria Sacharowa, die erklärt, dass es sich um die Art von inoffiziellem Meinungsaustausch mit nichtstaatlichen Vertretern eines bestimmten Landes handelte, den Lawrow von Zeit zu Zeit auf seinen Auslandsreisen führt, mehr nicht.

Nehme ich also zurück, was ich geschrieben habe, oder nicht?

Was Haass gesagt hat, interessiert mich nicht. Was Maria Zakharova gesagt hat, schon.

Was meinen Artikel betrifft, so sehe ich keine Notwendigkeit für einen Widerruf. Was ich berichtet habe, ist das, was von mehreren Podiumsteilnehmern und dem Moderator Jewgeni Popow gesagt wurde, der einer der ranghöchsten Journalisten im staatlichen russischen Nachrichtenapparat und auch Mitglied der Staatsduma ist. Er und die Podiumsteilnehmer beschimpften die Mitglieder des Council on Foreign Relations mit genau den Worten, die ich in meinem Essay zitiert habe.

Es gibt immer einen Kontext für Ereignisse wie diese, aber die Menschen haben ein kurzes Gedächtnis, wenn sie jemals von dem Kontext gehört haben, den ich jetzt beschreiben werde:

Im Sommer 2008, kurz vor oder nach dem kurzen Krieg zwischen Russland und Georgien, wurde Sergej Lawrow eingeladen, vor dem Council on Foreign Relations in New York zu sprechen. Haass hatte den Vorsitz inne, da er schon damals der Vorsitzende war. Auch Henry Kissinger saß mit am Tisch. Henry begann, über die Geschichte der Kaukasusvölker und die Hintergründe des Konflikts zu sprechen. Natürlich genoss Henry die lautstarke Unterstützung aller Mitglieder des Council am Tisch, die auf sein Fachwissen und seine Genialität vertrauten. Dann tat Lawrow das Undenkbare: Er sagte ihnen allen, dass Henry nicht wisse, wovon er rede.

Damals hörte ich eine Aufzeichnung dieses Gesprächs.

Als ein Meister der Diplomatie, der er ist, hat Lawrow seither nie öffentlich zu erkennen gegeben, dass er den amerikanischen Experten weniger als großen Respekt entgegenbringt. Und der Kreml hat Kissinger weiterhin mit öffentlichem Respekt behandelt und seine gelegentlichen Besuche in Russland begrüßt.

ABER es gab zweifellos eine diskrete russische Herablassung gegenüber dem Haufen von abgehalfterten Akademikern im Council, die wir in den Bemerkungen über Haass und seine Kollegen in der Sendung Sechzig Minuten gesehen haben. Wir hörten in der Sendung, dass diese Experten kein Recht auf Lawrows Zeit gehabt hätten, dass sie seiner nicht würdig seien.

Und wie ich in meinem Essay vor einer Woche sagte, waren Haass und Co. in keiner Weise mit den Hinterzimmern vergleichbar, die eine Delegation des US-Kongresses im Herbst 2008 nutzte, um das zu besprechen, was zum “Reset” wurde.

Respondiendo a Richard Haass sobre la reunión de abril de 2023 con Lavrov en Nueva York

El artículo de NBC News sobre un supuesto “canal secundario” con el Ministerio de Relaciones Exteriores de Rusia establecido por el presidente saliente del Consejo de Relaciones Exteriores Richard Haass y varios otros miembros del Consejo en abril se ha convertido en el tema de un artículo de verificación de hechos de Bloomberg. Ver

https://archive.li/2klf4

Aquí Haass vuelve a reafirmar que en aquel entonces él y sus colegas se reunieron con Sergei Lavrov, a pesar de las negaciones iniciales de la parte rusa que se emitieron en la televisión estatal rusa (Sixty Minutes) y fueron citadas por mí en un artículo en estas páginas la semana pasada.

Sin embargo, el artículo de Bloomberg deja claro que esta no fue una “reunión secreta” para discutir una rampa de salida para la guerra de Ucrania. Cita a la portavoz del Ministerio de Relaciones Exteriores de la FR, Maria Zakharova, quien explicó que era el tipo de intercambio no oficial de puntos de vista con representantes no gubernamentales de un país determinado que Lavrov hace de vez en cuando en sus viajes al extranjero, nada más.

Entonces, ¿emito una retractación de lo que escribí, o no?

Lo que dijo Haass no me interesa. Lo que dijo Maria Zakharova sí.

Con respecto a mi artículo, no veo la necesidad de una retractación. Lo que estaba informando es lo que dijeron varios panelistas y el presentador Yevgeny Popov, que es uno de los periodistas de más alto rango en la estructura de noticias estatales ruso y también es miembro de la Duma Estatal. Él y los panelistas destrozaron a los miembros del Consejo de Relaciones Exteriores precisamente con las palabras que cité en mi ensayo.

Siempre hay un contexto para eventos como este, pero las personas tienen poca memoria, si alguna vez han oído hablar del contexto que estoy a punto de describir:

En el verano de 2008, justo antes o después de la breve guerra entre Rusia y Georgia, Sergei Lavrov fue invitado a hablar ante el Consejo de Relaciones Exteriores en Nueva York. Haass habría presidido ya que en ese entonces era el presidente. Henry Kissinger también estaba en la mesa. Henry comenzó a hablar sobre la historia de los pueblos del Cáucaso y los antecedentes del conflicto. Por supuesto, Henry disfrutó del apoyo vocal de todos los miembros del Consejo en la mesa que se remitieron a su experiencia y genio. Entonces Lavrov hizo lo impensable: les dijo a todos ellos que Henry no sabía de lo que estaba hablando.

En ese entonces escuché una grabación de este intercambio.

Siendo el practicante supremo de la diplomacia que es, desde entonces Lavrov nunca ha indicado públicamente que tenía un respeto algo disminuido por los expertos estadounidenses. Y el Kremlin ha seguido tratando a Kissinger con respeto público y ha dado la bienvenida a sus visitas ocasionales a Rusia.

PERO ciertamente hubo una discreta condescendencia rusa hacia el grupo de antiguos académicos en el Consejo que percibimos en los comentarios sobre Haass y sus colegas en el programa Sixty Minutes. Escuchamos al aire que estos expertos no habrían tenido derecho de malgastar el tiempo de Lavrov, que no eran dignos de él.

Y como dije en mi ensayo hace una semana, Haass y compañía no eran de ninguna manera comparables a los canales secundarios utilizados por una delegación del Congreso de los Estados Unidos en el otoño de 2008 para discutir lo que se convirtió en el “reinicio”.

Responding to Richard Haass on the April 2023 meeting with Lavrov in New York

The NBC News article on a supposed “back channel” with Russia’s Foreign Ministry established by outgoing chair of the Council of Foreign Relations Richard Haass and several other Council members in April has become the subject of a Bloomberg fact check article. See

https://archive.li/2klf4

Here Haass reconfirms that he and colleagues did meet with Sergei Lavrov then, notwithstanding initial denials by the Russian side that were issued on Russian state television (Sixty Minutes) and were cited by myself in an article on these pages last week.

However, the Bloomberg article makes it clear that this was not a “secret meeting” to discuss an off-ramp for the Ukraine war. It quotes RF Foreign Ministry spokeswoman Maria Zakharova who explained that it was the sort of unofficial exchange of views with nongovernmental representatives of a given country that Lavrov makes from time to time on his foreign travels, nothing more.

So do I issue a retraction of what I wrote, or not?

 What Haass said does not interest me. What Maria Zakharova said does.

With respect to my article, I see no need for a retraction. What I was reporting is what was said by several panelists and by the host Yevgeny Popov, who is one of the highest ranking journalists in the Russian state news establishment and is also a member of the State Duma.  He and the panelists trashed the Foreign Relations Council members in precisely the words I quoted in my essay. 

There is always a context for events like this, but people have short memories, if they ever heard of the context I am about to describe:

In the summer of 2008, just before or after the brief Russia-Georgia war, Sergei Lavrov was invited to speak before the Foreign Relations Council in New York. Haass would have presided since he was even back then the chairman. Henry Kissinger was also at the table.   Henry started talking about the history of the Caucasus peoples and the background to the conflict. Of course, Henry enjoyed the vocal support of all Council members at the table who deferred to his expertise and genius. Then Lavrov did the unthinkable: he told the whole lot of them that Henry did not know what he was talking about.

At the time I heard a recording of this exchange.

Being the supreme practitioner of diplomacy that he is, since then Lavrov has never publicly indicated that he had less than high respect for the American experts.  And the Kremlin has continued to treat Kissinger with distinction and welcomed his occasional visits to Russia.

BUT there was certainly a discrete Russian condescension to the pack of has-been academics in the Council that we saw in the remarks about Haass and his colleagues in the Sixty Minutes program. We heard on air that these experts would have had no right to Lavrov’s time, that they were unworthy of him.

And as I said in my essay a week ago, Haass and company were in no way comparable to the backchannels used by a US Congressional delegation in the autumn of 2008 to discuss what became the “reset.” 

©Gilbert Doctorow, 2023

Translations of “Suicide à la finlandaise”

Translations below into German (Andreas Mylaeus), Spanish (Hugo Guido) and French (Youri)

Selbstmord auf finnische Art

Meine Reise von Brüssel nach St. Petersburg am vergangenen Freitag und Samstag verlief auf dieselbe Weise wie meine letzten beiden Reisen hierher, d.h. ich flog nach Helsinki und fuhr am nächsten Tag mit dem Bus weiter in die nördliche Hauptstadt Russlands.

Der Flug war bequem an Bord einer Finnair A-350, in der jeder der über 300 Plätze besetzt war. Ein Blick auf die Mitreisenden beim Check-in machte deutlich, dass die Fluggesellschaft einen großen Teil der Nachfrage nach Flügen nach Indien mit Helsinki als Zwischenstopp für sich gewinnen konnte. Wie sie das geschafft hat, ist unklar, denn sie darf den russischen Luftraum nicht nutzen, so dass ihre Flugzeuge im Vergleich zu südlicheren europäischen Transitdrehkreuzen einen weiten Weg zurücklegen müssen und viel Treibstoff verbrauchen, um südostasiatische Passagiere ans Ziel zu bringen. Der Erfolg, den die Fluggesellschaft bei den Indern erzielt hat, kann jedoch nicht annähernd den Verlust an Fluggästen zu Zielen im Fernen Osten ausgleichen, d.h. genau den Verkehr, den die Finnen einzufangen versuchten, als sie vor einigen Jahren ihre Passagierterminals in Helsinki stark erweiterten.

Die Chinesen waren nach dem Ausbruch von Covid und der Abriegelung ihres Landes ein hoffnungsloser Fall. Sie sind nicht wieder aufgetaucht. Die japanischen und westlichen Touristen, ein noch wertvollerer Passagierstrom, machen Helsinki jetzt eindeutig nicht mehr zu ihrem europäischen Transitpunkt, wie sie es einst taten, weil die Schließung der Sibirienroute für die Finnen, Russlands spiegelbildliche Antwort auf die Schließung ihres Luftraums für russische Flugzeuge, alle Zeit- und Kostenvorteile einbüßt, die die Finnen im Status quo ante vorweisen konnten.

Ein kleiner Verlust, werden Sie vielleicht sagen. Für sich genommen, ja. Die gesamte finnische Wirtschaft erleidet durch die Sanktionen gegen Russland enorme Verluste im Handel und in vielen anderen Bereichen, aber ein Besucher auf der Durchreise sieht das nicht. Ich will damit sagen, dass die geringe Auslastung des Flughafens Helsinki heute etwas ist, das man sehen und fühlen kann, auch wenn man nichts über das große Ganze weiß. Und denken Sie daran, dass jetzt die Hauptreisezeit ist, die Zeit, in der Europa in den Ferien ist und der Flugverkehr in Europa boomt.

Wie bei den griechischen Inseln vor der Küste Anatoliens auf den Karten, die an Touristen verteilt werden, die Türkei nicht dargestellt ist, weigern sich auch die Finnen, auf ihre eigene Landkarte zu schauen. Während der Sowjetzeit war Finnland sowohl im physikalischen als auch im metaphorischen Sinne eine Brücke zwischen Ost und West. Helsinki war damals eine bescheidene, unscheinbare Stadt, auch wenn die Marimekko-Stoffe dem Land als Ganzes bei den Amerikanern ein Image von Kreativität und Fantasie verliehen. Es sah langweilig aus, wenn man auf dem Weg nach Moskau einen Zwischenstopp einlegte; glamourös wirkte es nur auf der Rückfahrt im Transit nach Europa oder Nordamerika.

Das waren noch Zeiten, als Finnland russisches Holz, Öl und Gas und andere wertvolle Rohstoffe zu Schleuderpreisen importierte, die der Kreml seinen Freunden anbot, während es im Gegenzug Schuhe aus zähem Leder, von denen man sich die Füße wund laufen konnte, und andere Konsumgüter von minderer Qualität exportierte. Es war eine Zeit, in der große Ströme von Finnen in die Gegend von Petersburg strömten, wo sie alle einen Schluck von dem tranken, was ihnen wie kostenloser Wodka vorkam, und in betrunkenem Zustand mit dem Zug oder Bus nach Hause fuhren, mit Gepäck, das von Schnapsflaschen klapperte. Zu dieser Zeit konnte fast kein Russe nach Finnland reisen, weil die eigene Regierung Reisebeschränkungen erlassen hatte.

In den 1990er Jahren waren Russland und sein Rohstoffreichtum dem gesamten Westen ausgeliefert, und das kleine Finnland verlor seine privilegierte Stellung. Zu dieser Zeit änderte das Land seine Ausrichtung und bemühte sich um eine Verbesserung seiner Handelsbeziehungen mit den anderen Mitgliedern der Europäischen Union. Aber natürlich war Finnland nicht mehr die einzige Brücke zum Osten, da die Welt nun aus allen Richtungen auf Russland zukam. Es gab nur wenige finnische Unternehmer, die immer noch erkannten, welche überragenden Möglichkeiten sich vor ihrer Haustür boten, und sich bemühten, dort Marktanteile zu gewinnen. Ich weiß das. In den 1990er Jahren war ich eine Zeit lang als Berater für ein finnisches Speditionsunternehmen tätig, das große Ambitionen auf dem russischen Markt hatte und einige Erfolge erzielen konnte.

In den 1990er Jahren erhielten die Russen auf einfachen Antrag Pässe für Reisen ins Ausland, und zu Beginn des neuen Jahrtausends, als sich die russische Wirtschaft erholte und die Mittelschicht sich neu konstituierte, reisten jedes Jahr etwa 10 Millionen Russen ins Ausland. Hier im Nordwesten Russlands wurden touristische Einkaufsreisen über die Grenze nach Finnland sehr üblich. Wir hatten Freunde in Petersburg, die alle zwei Wochen nach Lappenranta fuhren, um sich mit den Delikatessen einzudecken, die sie beim Einkauf in den beiden Lebensmittelgeschäften des großen finnischen Einzelhändlers Stockmann in “Pietari”, wie wir in Finnland genannt werden, kennen und genießen gelernt hatten. Kleine finnische Händler verkauften den russischen Grenzgängern geräucherte Fluss- und Seefische zu günstigen Preisen, und alle Seiten waren mit sich zufrieden. Einige Russen aus der Mittelschicht waren von den wunderbaren Nebenstraßen in der finnischen Landschaft und der allgemeinen Infrastruktur so begeistert, dass sie Grundstücke kauften, um dort den Sommer zu verbringen.

Im zweiten Jahrzehnt des neuen Jahrtausends schloss sich Finnland anderen EU-Mitgliedstaaten an und kappte die Handelsbeziehungen zu Russland. Nach der Annexion der Krim durch Russland führte Finnland die EU-weiten Sanktionen ein, und die Beziehungen zu Russland wurden deutlich kühler. Schließlich, nach dem Beginn der militärischen Sonderoperation, wurde Finnland zu einem entschlossenen und gehässigen Feind Russlands. Es schloss die Tür für Gas- und Stromimporte aus Russland und kündigte einen milliardenschweren Vertrag über den Kauf eines Kernkraftwerks vom russischen Unternehmen Rosatom.

Parallel dazu verweigerte Finnland im vergangenen Jahr Russen mit Schengen-Pässen den Transit durch sein Land auf dem Weg zu anderen europäischen Reisezielen, den sie in der Vergangenheit mit Hilfe ihres Konsulats in Petersburg sorgfältig kultiviert hatte. Der Grund dafür war rein kommerzieller Natur: Man wollte den durchreisenden Russen Euro und Dollar abknöpfen, indem man ihnen vorschrieb, mehrere Tage in Finnland zu verbringen. Dann verhinderten die Finnen die Ausstellung von Touristenvisa für Russen, die ihren Urlaub in Finnland selbst verbringen wollten. Schließlich weigerten sie sich, Visa für Russen zu verlängern, die in Finnland Eigentum besaßen. Zusammen mit der Unterbrechung aller grenzüberschreitenden Bankverbindungen bedeutet dies, dass diese Immobilienbesitzer leicht mit der Zahlung von Steuern und Rechnungen in Verzug geraten können. Der Weg für Zwangsvollstreckungen und Beschlagnahmungen ist bereitet.

Wie ich bereits sagte, handelt es sich bei den russischen Ferienhausbesitzern in Finnland um Leute aus der Mittelschicht, nicht um Oligarchen, die weitaus bessere Orte haben, um ihren Reichtum zur Schau zu stellen, als in dem kleinen Nachbarland im Nordwesten. Was wir hier erleben, ist das typische Verhalten einer Nation im Kriegszustand, obwohl es in Wirklichkeit keinen erklärten Krieg zwischen Russland und Finnland gibt.

In der Zwischenzeit hat das russische Außenministerium vor einer Woche die Finnen angewiesen, ihr Konsulat in Petersburg zu schließen und das Personal zu evakuieren. Damit reagierte es auf eine ähnliche Anordnung der finnischen Behörden, die die russischen diplomatischen Dienste in Finnland einstellten. Die Entwicklung der Beziehungen deutet darauf hin, dass es nicht mehr lange dauern wird, bis beide Länder ihre jeweiligen Botschaften schließen werden.

Es muss gesagt werden, dass nicht nur die wirtschaftlichen Interessen Finnlands der rachsüchtigen Wendung des Landes gegen Russland geopfert werden. Auch die Sicherheit des Landes ist in Gefahr.

Die jahrzehntelange Neutralität Finnlands wurde aufgegeben, um der NATO beizutreten, was die Sicherheit des Landes durch den Schutz nach Artikel 5 im Falle eines russischen Angriffs erhöhen soll. Die Kehrseite ist jedoch für jeden ersichtlich, der sich die Mühe macht, auf eine Karte zu schauen. Die 1.340 km lange Grenze Finnlands zu Russland ist vergleichbar mit der ukrainisch-russischen Konfrontationslinie von heute. Und wenn die rund 30 Millionen Ukrainer, die heute noch in ihrem Land leben (vor dem Krieg und den Flüchtlingsströmen waren noch 40 Millionen), nicht in der Lage sind, die Linie gegen die russischen Streitkräfte zu halten, wie kann dann eine finnische Bevölkerung von 5,5 Millionen diese Aufgabe bewältigen? Die einfache Antwort lautet: Sie kann es nicht. Die finnischen Politiker, die auf einen NATO-Krieg mit Russland hoffen, um die Gebiete zurückzugewinnen, die sie an Russland abgetreten haben, nachdem sie im Zweiten Weltkrieg auf der Seite der Achsenmächte gekämpft und den Preis für ihren Verrat bezahlt haben, sind einfach verrückt.

Das sind die Gedanken, die mir auf der letzten dreistündigen Etappe der Busreise Helsinki-Petersburg durch den Kopf gehen, nachdem ich die Grenze zu Russland überquert und das immer noch unvollendete riesige Autobahnprojekt auf russischer Seite gesehen habe. Als die russische Regierung vor etwa fünf Jahren mit dem Ausbau der so genannten Skandinavischen Fernstraße begann, die Ende der 1990er Jahre gebaut wurde und in Wyborg endete, konnte man sich vorstellen, dass damit der wachsende Pkw- und Lkw-Verkehr zwischen Russland und Finnland erleichtert werden sollte. Aber es war erstaunlich zu sehen, dass die Arbeiten auch nach dem Februar 2022, als der Lkw-Verkehr durch abgebrochene Handelsbeziehungen abgewürgt wurde und der Personenverkehr aufgrund von Visabeschränkungen fast völlig zum Erliegen kam, mit voller Kraft fortgesetzt wurden.

Meines Erachtens hat die Autobahn, die jetzt in den letzten Tagen gebaut wird und bis zur finnischen Grenze reicht, zusammen mit all den Seitenstraßen in den Wald, die man auf dem Weg sieht, eine neue Aufgabe: die Verlegung von schwerem militärischem Gerät und Truppen in die Grenzregion im Handumdrehen zu ermöglichen. Es wird noch sehr lange dauern, bis die finnische Seite über etwas Vergleichbares verfügt.

Begeht Finnland Selbstmord? Es sieht jedenfalls so aus.

                                                                  *****

Ich schließe den heutigen Aufsatz mit Bemerkungen zu einigen anderen Themen, die nichts miteinander zu tun haben, die aber dennoch ein Gefühl dafür vermitteln, welche Veränderungen es im russischen Alltag in diesem zweiten Kriegsjahr gibt.

Das erste Thema betrifft die militärische Rekrutierung. Das zweite betrifft die ausländischen Touristen, wie ein Besuch im Katharinenpalast von Zarskoje Selo, der Sommerresidenz der Zaren, zeigt, der nur 10 Minuten Fußweg von meiner Wohnung entfernt ist.

Bei meinem letzten Aufenthalt in Russland vor nur sechs Wochen hatte ich auf den Straßen keine Werbung für die Rekrutierung von “Vertragssoldaten” gesehen, die an der militärischen Sonderoperation in der Ukraine teilnehmen sollten. Schon damals gab es Werbespots im staatlichen Fernsehen, die visuell und vom Konzept her anspruchsvoll waren: dass junge Männer sich Gleichaltrigen anschließen und dem Land dienen. Diese Spots wurden im Laufe der Zeit immer häufiger im Fernsehen gezeigt.

Jetzt gibt es eine neue Dimension. An einer Bushaltestelle in der Nähe meines Hauses war ein Flugblatt an die Glaswand der Wartehalle geklebt, auf dem in großer Schrift das Angebot einer Einstellungsprämie von 695.000 Rubel (ca. 6.600 Euro) für jeden stand, der vom Verteidigungsministerium als Vertrags-Kämpfer angenommen wird. Von diesem Betrag werden 195.000 Rubel von der föderalen Regierung und 500.000 von der Region St. Petersburg bereitgestellt. Jede russische Region entscheidet selbständig und freiwillig, wie viel sie zusätzlich zu der föderalen Prämie anbietet. Nach einer wahrscheinlich zwei- oder dreimonatigen Ausbildung erhalten die neuen Vertrags-Kämpfer während ihrer Zeit in der Zone der militärischen Sonderoperation ein monatliches Gehalt von mindestens 200.000 Rubel.

Als ich dann in unserem nahe gelegenen Pjatjorotschka-Supermarkt einkaufen ging, stellte ich fest, dass ein ähnliches Werbeplakat an die Eingangstür geklebt worden war.

Wenn ich diese Summen in den Kontext der heutigen russischen Gehälter und Renten stellen darf, sind sie sehr attraktiv. Ein durchschnittlicher Rentner in einer russischen Stadt erhält vielleicht 20.000 Rubel pro Monat vom Staat, während das Durchschnittsgehalt eines Arbeiters in Petersburg je nach Branche bei 50.000 bis 70.000 Rubel beginnt.

Obwohl es in diesen Anzeigen nicht erwähnt wird, haben Nachrichtensendungen erklärt, dass die Vertrags-Kämpfer großzügige Leistungspakete für ihre Familien erhalten. Selbstverständlich verfügen sie über eine umfangreiche Lebensversicherung für den Fall, dass sie während des Dienstes sterben. Außerdem stehen Mittel zur Verfügung, um sicherzustellen, dass ihre Kinder eine gute Schulbildung erhalten. Und als Veteranen haben sie schließlich Anspruch auf vergünstigte Hypothekendarlehen und auf einen Bildungsaufstieg.

Der letztgenannte Punkt ist immer noch Gegenstand einer öffentlichen Kontroverse. Eine kürzlich erlassene Direktive des Bildungsministeriums hat den Zusatz zu den Qualifikationsnoten der Veteranen für die Zulassung zu den Hochschulen in eher dürftiger Form festgelegt. Russische Patrioten, darunter auch Wladimir Solowjow in seiner abendlichen Talkshow, fordern jedoch, dass Veteranen, die auf dem Schlachtfeld für ihre Tapferkeit ausgezeichnet wurden, ohne weitere Prüfung an den besten russischen Universitäten zugelassen werden sollen. Ihr Ziel ist es, 50 % der Studienplätze an diesen und ähnlichen Einrichtungen für die herausragenden Veteranen zu sichern, so dass nach ihren Worten innerhalb von 5 Jahren eine völlig neue Elite in Russland entstehen wird. Bislang sind das nur Worte, aber wir können davon ausgehen, dass der Duma in Kürze ein entsprechendes Gesetz vorgelegt wird.

In Anbetracht all dessen ist es nicht verwunderlich, dass der Zustrom von Rekruten zur russischen Armee seit Anfang des Jahres auf weit über 150.000 angestiegen ist. Dies erklärt auch, warum Verteidigungsminister Schoigu zuversichtlich sagen kann, dass die Streitkräfte keinen weiteren Bedarf für die Einberufung von Reservisten oder die Erhöhung der jährlichen Zahl der eingezogenen Zivilisten sehen, während die Streitkräfte auf zwei Millionen Mann anwachsen.

Was die Zusammensetzung der ausländischen Touristenkontingente betrifft, so kann ich Ihnen die Informationen geben, die ich von einem Reiseleiter des nahegelegenen Palastmuseums von Zarskoje Selo erhalten habe, das ein Muss für alle ausländischen Besucher ist. Die Chinesen sind noch nicht zurückgekommen, obwohl ihre Ankunft erwartet wird. Es sei darauf hingewiesen, dass vor Covid alle Museen und touristischen Stätten dieser Stadt von chinesischen Gruppen überrannt wurden. Jetzt kommen die Gruppen aus dem Iran, und wie wir gestern im Katharinenpalast gesehen haben, haben sie ihre eigenen Farsi sprechenden Führer und fühlen sich daher wie zu Hause. Die Zeiten ändern sich!

Suicide à la finlandaise

Mi viaje desde mi base de operaciones en Bruselas a San Petersburgo el pasado viernes y sábado se hizo de la misma manera que mis dos últimos viajes aquí, es decir, volando a Helsinki y procediendo al día siguiente en autobús a la capital del norte de Rusia.

El vuelo fue cómodo a bordo de un A-350 de Finnair en el que se ocuparon todos los 300+ asientos. Al observar a los demás pasajeros en el check-in, quedó claro que de alguna manera la aerolínea ha capturado una buena parte de la demanda de vuelos a la India, con Helsinki como enlace. No está claro cómo lograron hacerlo, dado que se les prohíbe usar el espacio aéreo ruso, por lo que sus aviones tienen un largo camino por recorrer en comparación con los centros de tránsito más meridionales de Europa y queman mucho combustible para llevar a los pasajeros del sudeste asiático a su destino. Sin embargo, cualquiera que sea el éxito que la aerolínea haya logrado con los indios no puede comenzar a compensar su pérdida de pasajeros a destinos del Lejano Oriente, es decir, precisamente el tráfico que los finlandeses trataron de capturar cuando expandieron enormemente sus terminales de pasajeros en Helsinki hace varios años.

Los chinos fueron una causa perdida después del inicio de Covid y el bloqueo de su país. No han reaparecido. Los turistas japoneses y occidentales, un flujo de pasajeros aún más preciado, claramente ahora no están haciendo de Helsinki su punto de tránsito europeo, como lo hicieron antes, porque el cierre de la ruta siberiana a los finlandeses, la respuesta espejo de Rusia al cierre de su espacio aéreo a los aviones rusos, pierde todas las ventajas de tiempo y gastos que los finlandeses podrían presumir en el status quo anterior.

Pequeña pérdida, se puede decir. Tomado por sí mismo, sí. Toda la economía finlandesa está experimentando grandes pérdidas como resultado de sus sanciones a Rusia en el comercio y mucho más, pero un visitante de paso no ve eso. Mi punto es que la baja utilización del aeropuerto de Helsinki hoy en día es algo que puedes ver y sentir, incluso si no sabes nada sobre el panorama general. Y recuerde, esta es ahora la temporada alta de viajes, el momento en que Europa está de vacaciones y los viajes aéreos en Europa están en auge.

Al igual que las islas griegas frente a la costa de Anatolia, que no muestran Turquía en los mapas distribuidos a los turistas, los finlandeses se niegan a mirar su propio mapa. Durante el período soviético, Finlandia fue un puente entre Oriente y Occidente tanto en el sentido físico como metafórico. Helsinki era una ciudad modesta y sin pretensiones en ese entonces, incluso si las telas Marimekko le daban al país en su conjunto una imagen de creatividad y pensamiento fantasioso entre los estadounidenses. Parecía aburrida cuando te detenías en ella camino a Moscú; se veía glamorosa solo en el viaje de regreso en tránsito a Europa o América del Norte.

Eran los días en que Finlandia importaba troncos rusos y petróleo y gas y otros productos preciosos a precios de descuento que el Kremlin ofrecía a sus amigos, mientras que exportaba a cambio zapatos hechos de cuero duro que le dejarían el pie adolorido y otros bienes de consumo de baja calidad. Esa fue una época en la que había grandes flujos de finlandeses hacia el área de Petersburgo, donde todos tenían un trago de lo que les parecía vodka gratis, regresando a casa en tren o autobús en estado de ebriedad, con equipaje que traqueteaba de botellas de licor. Ese fue un tiempo en que casi ningún ruso podía ir a Finlandia debido a las restricciones de viaje de su propio gobierno.

Los años noventa abrieron Rusia y su riqueza de materias primas a la depredación de todo Occidente, y la pequeña Finlandia perdió su posición privilegiada. En ese momento el país cambió su orientación y buscó mejorar sus lazos comerciales con sus compañeros miembros de la Unión Europea. Pero, por supuesto, Finlandia dejó de ser un puente casi único hacia el Este ahora que el mundo venía a Rusia desde todas las direcciones. Había muy pocos empresarios finlandeses que entendían las enormes oportunidades que había a sus puertas e hicieron un esfuerzo por aumentar la cuota de mercado allí. Lo sé. En la década de 1990, durante un tiempo, me desempeñé como consultor de una empresa finlandesa de camiones que tenía grandes ambiciones en el mercado ruso y logró algunos éxitos.

Durante la década de 1990, los rusos recibieron pasaportes para viajar al extranjero por simple demanda y para el comienzo del nuevo milenio, cuando la economía rusa revivió y las clases medias se reconstituyeron, alrededor de 10 millones de rusos viajaron al extranjero cada año. Aquí en el noroeste de Rusia los viajes turísticos y de compras a través de la frontera con Finlandia se convirtieron en un lugar muy común. Teníamos amigos en Petersburgo que conducían hasta Lappenranta cada dos semanas para abastecerse de delicias que habían llegado a conocer y disfrutar al comprar en las dos tiendas de alimentos que el gran minorista finlandés Stockmann mantenía en “Pietari” como se nos conoce en Finlandia. Los pequeños comerciantes finlandeses vendían pescado ahumado de río y lago a la multitud transfronteriza rusa a precios de lujo y todas las partes estaban satisfechas consigo mismas. Algunos rusos de clase media estaban tan encantados con las maravillosas carreteras secundarias en el campo finlandés y con la infraestructura en general que compraron propiedades para pasar sus veranos.

En la segunda década del nuevo milenio, Finlandia se unió a otros estados miembros de la UE para cortar los lazos comerciales con Rusia. Después de la anexión de Crimea por parte de Rusia, Finlandia introdujo las sanciones en toda la UE y las relaciones con Rusia se volvieron mucho más frías. Finalmente, tras el inicio de la Operación Militar Especial, Finlandia se convirtió en un enemigo decidido y rencoroso de Rusia. Cerró la puerta a las importaciones de gas y electricidad de Rusia y canceló un contrato multimillonario para comprar una planta de energía nuclear de Rosatom de Rusia.

Paralelamente, el año pasado Finlandia se negó a admitir a los rusos con pasaportes Schengen para transitar por su país en su camino hacia otros destinos europeos, algo que habían cultivado con cuidado en el pasado utilizando los servicios de su consulado en Petersburgo. La razón había sido puramente comercial: recaudar euros y dólares de turistas rusos en tránsito imponiendo requisitos que los obligaban a pasar varios días en Finlandia. Luego, los finlandeses restringieron la emisión de visas de turista a los rusos que tenían la intención de pasar vacaciones en la propia Finlandia. Finalmente, se negaron a renovar las visas a los rusos que poseían propiedades en Finlandia. Esto, junto con el corte de todos los lazos bancarios transfronterizos, significa que estos propietarios pueden atrasarse fácilmente en el pago de impuestos y facturas de servicios públicos. El escenario está listo para las ejecuciones hipotecarias y la confiscación.

Como dije, los propietarios rusos de cabañas en Finlandia son solo personas de clase media, no oligarcas, que tienen lugares mucho mejores para hacer alarde de su riqueza que en el vecino del noroeste. Lo que estamos presenciando es un comportamiento típico de una nación en guerra, cuando en realidad no hay una guerra declarada entre Rusia y Finlandia.

Mientras tanto, hace una semana, el Ministerio de Relaciones Exteriores de Rusia ordenó a los finlandeses que cerraran su consulado en Petersburgo y evacuaran al personal. Esto fue en respuesta a órdenes similares de las autoridades finlandesas que recortaban los servicios diplomáticos rusos en Finlandia. La trayectoria de las relaciones sugiere que no pasará mucho tiempo antes de que ambos países cierren sus respectivas embajadas.

Hay que decir que no solo los intereses económicos finlandeses están siendo sacrificados en el giro vengativo del país contra Rusia. La seguridad del país está en peligro.

La neutralidad de Finlandia durante décadas fue abandonada en aras de unirse a la OTAN en lo que se supone mejorará la seguridad del país al obtener la protección del Artículo 5 en caso de que Rusia alguna vez ataque. Sin embargo, la desventaja es evidente para cualquiera que se moleste en mirar un mapa. La frontera de 1340 km de Finlandia con Rusia es comparable a la línea de confrontación rusa ucraniana de hoy. Y si los aproximadamente 30 millones de ucranianos que permanecen en su país hoy en día, (frente a los 40 millones antes de la guerra debido al flujo de refugiados) no pueden mantener la línea contra las fuerzas armadas rusas, ¿cómo puede una población finlandesa de 5,5 millones tener éxito en esa misión? La respuesta simple es que no puede. Aquellos políticos finlandeses que esperan una guerra de la OTAN contra Rusia que les devuelva los territorios que cedieron a Rusia después de luchar en el lado del Eje en la Segunda Guerra Mundial, y pagar el precio de su traición, son simplemente unos locos.

Estos son los pensamientos que pasan por mi mente en el tramo final de 3 horas del viaje en autobús Helsinki-Petersburgo después de cruzar a Rusia y ver el vasto proyecto de carreteras aún incompleto en el lado ruso. Cuando hace unos cinco años el gobierno ruso comenzó esta extensión de la llamada Carretera Escandinava que se construyó a finales de la década de 1990 y terminó en Vyborg, se podía imaginar que era para facilitar el creciente tráfico de vehículos de pasajeros y camiones entre Rusia y Finlandia. Pero fue sorprendente ver que el trabajo continuó con toda su fuerza incluso después de febrero de 2022, cuando el tráfico de camiones se vio interrumpido por lazos comerciales rotos y cuando el tráfico de pasajeros se redujo a casi nada debido a las restricciones de visa.

En mi opinión, la autopista que ahora está en sus últimos días de construcción y llega hasta la frontera finlandesa, junto con todas las carreteras laterales hacia el bosque que se ven en el camino, tienen una nueva misión: facilitar el movimiento de equipo militar pesado y tropas a la región fronteriza en cualquier momento. Pasará mucho tiempo antes de que la parte finlandesa tenga algo comparable.

¿Se está suicidando Finlandia?  Ciertamente se ve de esa manera.

*****

Cierro el ensayo de hoy con comentarios sobre un par de otros temas no relacionados que, sin embargo, proporcionan una idea de los cambios que hay en la vida cotidiana rusa en este segundo año de guerra.

El primero se refiere al reclutamiento militar. El segundo se refiere a los turistas extranjeros, como lo demuestra una visita al Palacio de Catalina de Tsarskoye Selo, la residencia de verano de los zares, que está a 10 minutos a pie de mi apartamento.

En mi última estancia en Rusia hace apenas seis semanas, no había visto anuncios en las calles para el reclutamiento de “soldados contratados” para luchar en la Operación Militar Especial en Ucrania. Ya en ese entonces había anuncios en la televisión estatal que eran sofisticados visualmente y en el concepto que se estaba promoviendo: que los jóvenes se unieran a sus compañeros y fueran a servir al país. Estos anuncios se han vuelto cada vez más frecuentes en la televisión con el paso del tiempo.

Ahora hay una nueva dimensión. En una parada de autobús cerca de mi casa, se pegó una hoja ancha en la pared de vidrio del apeadero que mostraba en letras muy grandes la oferta de una prima de inscripción de 695,000 rublos (aproximadamente 6,600 euros) a cualquiera que sea aceptado como combatiente contratado por el Ministerio de Defensa. De esta cantidad, 195,000 rublos son proporcionados por el gobierno federal y 500,000 son ofrecidos por la región de San Petersburgo. Cada región rusa decide de forma independiente y voluntaria cuánto ofrecer para complementar la prima federal. Posteriormente, después de un período de entrenamiento que probablemente dura dos o tres meses, los nuevos soldados contratados reciben al menos 200,000 rublos como salario mensual durante su servicio en la zona de la Operación Militar Especial.

Luego, cuando fui de compras a nuestro supermercado Pyatyorochka más cercano, descubrí que un cartel de reclutamiento similar había sido pegado en la puerta de entrada.

Si se me permite situar estas sumas en el contexto de los salarios y pensiones rusos actuales, son muy atractivos. El pensionista promedio que vive en ciudades de toda Rusia puede recibir 20,000 rublos por mes del gobierno, mientras que los salarios promedio de los trabajadores en Petersburgo comienzan en quizás 50,000 – 70,000 rublos, dependiendo de la industria.

Aunque no se menciona en estos anuncios, los programas de noticias han explicado que los combatientes contratados reciben generosos paquetes de beneficios para sus familias. Por supuesto, tienen pagos sustanciales de seguro de vida en caso de muerte mientras están en servicio. De lo contrario, hay fondos disponibles para garantizar que todos sus hijos reciban una educación adecuada. Y en su eventual condición de veteranos, serán elegibles para préstamos hipotecarios preferenciales y para la progresión educativa.

El último punto mencionado sigue siendo objeto de controversia pública. Una directiva emitida recientemente por el Ministerio de Educación ha especificado una adición a las calificaciones de los veteranos para la admisión a instituciones de educación superior en términos bastante mezquinos. Pero los patriotas rusos, incluido Vladimir Solovyov en su programa de entrevistas vespertino, exigen que los veteranos que han recibido premios por valor en el campo de batalla sean admitidos en las mejores universidades rusas sin pasar ninguna otra prueba. Su objetivo es asegurar el 50% de los lugares en estas y otras instituciones relacionadas para los veteranos sobresalientes, de modo que, en sus palabras, dentro de 5 años se forme una élite completamente nueva en Rusia. Hasta ahora esto es solo palabras, pero podemos esperar que la promulgación de legislación se presente ante la Duma en poco tiempo.

Teniendo en cuenta todo lo anterior, no es de extrañar que el flujo de reclutas del ejército ruso haya aumentado desde principios de año, sumando más de 150,000. Y esto explica cómo y por qué el ministro de Defensa Shoigu puede decir con confianza que las fuerzas armadas no ven la necesidad de una mayor convocatoria de reservas o la ampliación de la admisión anual de civiles reclutados a medida que las fuerzas crecen a dos millones de hombres en armas.

En cuanto a quién compone los contingentes de turistas extranjeros hoy en día, ofrezco la información que recibí de uno de los guías turísticos empleados por el cercano museo del palacio de Tsarskoye Selo, que es un sitio turístico de visita obligada de todos los visitantes extranjeros. Los chinos aún no han regresado, aunque se espera su llegada. Tengamos en cuenta que antes de Covid todos los museos y sitios turísticos de esta ciudad estaban invadidos por grupos chinos. Ahora los grupos vienen de Irán, y como vimos ayer en el palacio de Catalina, tienen sus propios guías de habla farsi y se sienten como en casa. ¡Los tiempos están cambiando!

Suicide à la finlandaise *

Mon voyage de Bruxelles à Saint-Pétersbourg, vendredi et samedi derniers, s’est déroulé de la même manière que mes deux derniers voyages ici, c’est-à-dire en prenant l’avion pour Helsinki et en continuant le lendemain en bus jusqu’à la capitale du Nord de la Russie.

Le vol était confortable à bord d’un Finnair A-350, dont les plus de 300 sièges étaient tous occupés. En regardant les autres passagers à l’enregistrement, il était clair que la compagnie aérienne avait réussi à capter une bonne partie de la demande de vols vers l’Inde, avec Helsinki comme liaison. On ne sait pas très bien comment ils y sont parvenus, étant donné qu’il leur est interdit d’utiliser l’espace aérien russe, que leurs avions ont un long chemin à parcourir par rapport aux plateformes de transit européennes plus méridionales et qu’ils consomment beaucoup de carburant pour amener les passagers d’Asie du Sud-Est à destination. Toutefois, quel que soit le succès remporté par la compagnie auprès des Indiens, il ne saurait compenser la perte de passagers vers les destinations d’Extrême-Orient, c’est-à-dire précisément le trafic que les Finlandais ont cherché à capter lorsqu’ils ont considérablement agrandi leurs terminaux de passagers à Helsinki il y a plusieurs années.

Les Chinois ont été une cause perdue après l’apparition de Covid et le blocage de leur pays. Ils ne sont pas réapparus. Les touristes japonais et occidentaux, un flux de passagers encore plus précieux, ne font manifestement plus d’Helsinki leur point de transit européen, comme ils le faisaient auparavant, parce que la fermeture de la route sibérienne aux Finlandais, réponse miroir de la Russie à la fermeture de leur espace aérien aux avions russes, fait perdre tous les avantages en termes de temps et de dépenses dont les Finlandais pouvaient se targuer dans le cadre du statu quo ante.

Une petite perte, direz-vous. Pris isolément, oui. L’ensemble de l’économie finlandaise subit d’énormes pertes résultant des sanctions imposées à la Russie dans le domaine du commerce et dans bien d’autres domaines, mais un visiteur de passage ne s’en rend pas compte. Ce que je veux dire, c’est que la faible utilisation de l’aéroport d’Helsinki aujourd’hui est quelque chose que vous pouvez voir et ressentir même si vous ne savez rien de la situation dans son ensemble. Et n’oubliez pas que nous sommes en pleine saison des voyages, au moment où l’Europe est en vacances et où le transport aérien en Europe est en plein essor.

À l’instar des îles grecques situées au large de l’Anatolie qui n’indiquent pas la Turquie sur les cartes distribuées aux touristes, les Finlandais refusent de regarder leur propre carte. Pendant la période soviétique, la Finlande était un pont entre l’Est et l’Ouest, au sens physique et métaphorique du terme. Helsinki était alors une ville modeste, sans prétention, même si les tissus Marimekko ont donné à l’ensemble du pays une image de créativité et de fantaisie auprès des Américains. Elle était terne lorsqu’on s’y arrêtait sur la route de Moscou ; elle n’était glamour que lors du voyage de retour, en transit vers l’Europe ou l’Amérique du Nord.

C’était l’époque où la Finlande importait des grumes, du pétrole, du gaz et d’autres produits précieux russes à des prix défiant toute concurrence que le Kremlin offrait à ses amis, tandis qu’elle exportait en retour des chaussures faites d’un cuir dur qui vous faisaient mal aux pieds et d’autres biens de consommation d’une qualité médiocre. C’était l’époque où les Finlandais affluaient en masse dans la région de Pétersbourg, où ils buvaient tous un coup de ce qui leur semblait être de la vraie vodka et rentraient chez eux en train ou en bus dans un état d’ébriété avancé, avec dans leurs bagages des bouteilles d’alcool qui s’entrechoquaient. À l’époque, presque aucun Russe ne pouvait se rendre en Finlande en raison des restrictions de voyage imposées par leur propre gouvernement.

Les années 90 ont ouvert la Russie et ses richesses en matières premières à la rapacité de tout l’Occident, et la petite Finlande a perdu sa position privilégiée. C’est à cette époque que le pays a changé d’orientation et a cherché à améliorer ses liens commerciaux avec les autres membres de l’Union européenne. Mais bien sûr, la Finlande a cessé d’être un pont presque unique vers l’Est, maintenant que le monde arrivait en Russie de toutes les directions. Quelques rares entrepreneurs finlandais ont encore compris les énormes possibilités qui s’offraient à eux et se sont efforcés d’y conquérir des parts de marché. J’en sais quelque chose. Dans les années 1990, j’ai été consultant auprès d’une société de transport finlandaise qui avait de grandes ambitions sur le marché russe et qui a connu quelques succès.

Au cours des années 1990, les Russes ont reçu des passeports pour voyager à l’étranger sur simple demande et, au début du nouveau millénaire, lorsque l’économie russe a redémarré et que les classes moyennes se sont reconstituées, environ 10 millions de Russes ont voyagé à l’étranger chaque année.  Ici, dans le nord-ouest de la Russie, les voyages de tourisme et de shopping à travers la frontière finlandaise sont devenus très courants. Nous avions des amis à Pétersbourg qui se rendaient à Lappeenranta toutes les deux semaines pour s’approvisionner en produits fins qu’ils avaient appris à connaître et à apprécier en faisant leurs achats dans les deux magasins d’alimentation que le grand distributeur finlandais Stockmann tenait à « Pietari », comme on l’appelle en Finlande. De petits marchands finlandais vendaient du poisson fumé de rivière et de lac à la foule russe transfrontalière à des prix alléchants et toutes les parties étaient contentes de leurs affaires. Certains Russes de la classe moyenne ont été tellement enchantés par les merveilleuses routes secondaires de la campagne finlandaise et par l’infrastructure générale qu’ils ont acheté des propriétés pour y passer leurs étés.

Au cours de la deuxième décennie du nouveau millénaire, la Finlande a rejoint d’autres États membres de l’UE en coupant les liens commerciaux avec la Russie. Après l’annexion de la Crimée par la Russie, la Finlande a introduit des sanctions à l’échelle de l’UE et les relations avec la Russie se sont nettement refroidies. Enfin, après le début de l’opération militaire spéciale, la Finlande est devenue un ennemi déterminé et virulent de la Russie. Elle a fermé la porte aux importations de gaz et d’électricité en provenance de Russie et a annulé un contrat de plusieurs milliards de dollars portant sur l’achat d’une centrale nucléaire à l’entreprise russe Rosatom.

Parallèlement, la Finlande a refusé l’an dernier aux Russes détenteurs d’un passeport Schengen de transiter par son territoire vers d’autres destinations européennes, ce qu’elle avait cultivé avec soin dans le passé en utilisant les services de son consulat à Pétersbourg. La raison était purement commerciale : il s’agissait d’encaisser les euros et les dollars des touristes russes en transit en imposant de passer plusieurs jours en Finlande pendant le trajet. Ensuite, les Finlandais ont empêché la délivrance de visas touristiques aux Russes qui avaient l’intention de passer leurs vacances en Finlande même. Enfin, ils ont refusé de renouveler les visas des Russes qui possédaient des biens en Finlande. Ces mesures, associées à la suppression de tous les liens bancaires transfrontaliers, signifient que ces propriétaires peuvent facilement prendre du retard dans le paiement de leurs impôts et de leurs factures de services publics. Le décor est planté pour les saisies et les confiscations.

Comme je l’ai dit, les propriétaires russes de chalets en Finlande sont des gens de la classe moyenne, pas des oligarques qui ont de bien meilleurs endroits pour étaler leur richesse que le minable voisin du nord-ouest. Nous assistons à un comportement typique d’une nation en guerre, alors qu’il n’y a pas de guerre déclarée entre la Russie et la Finlande.

Il y a une semaine, le ministère russe des affaires étrangères a ordonné aux Finlandais de fermer leur consulat à Pétersbourg et d’évacuer leur personnel. Cette décision faisait suite à des ordres similaires des autorités finlandaises, qui ont supprimé les services diplomatiques russes en Finlande. L’évolution des relations laisse penser que les deux pays ne tarderont pas à fermer leurs ambassades respectives.

Il faut dire que les intérêts économiques finlandais ne sont pas les seuls à être sacrifiés dans le revirement vengeur du pays à l’égard de la Russie. La sécurité du pays est mise en péril.

La neutralité de la Finlande, qui dure depuis des décennies, a été abandonnée au profit de l’adhésion à l’OTAN, censée renforcer la sécurité du pays en lui permettant de bénéficier de la protection de l’article 5 en cas d’attaque russe. Cependant, l’inconvénient est évident pour quiconque prend la peine de regarder une carte. Les 1 340 km de frontière entre la Finlande et la Russie sont comparables à la ligne de confrontation russo-ukrainienne d’aujourd’hui. Et si les quelque 30 millions d’Ukrainiens qui restent aujourd’hui dans leur pays (alors qu’ils étaient 40 millions avant la guerre actuelle en raison des flux de réfugiés) ne peuvent pas tenir la ligne face aux forces armées russes, comment une population finlandaise de 5,5 millions d’habitants pourrait-elle réussir dans cette mission ? La réponse est simple : elle ne le peut pas. Les hommes politiques finlandais qui espèrent une guerre de l’OTAN avec la Russie qui leur permettrait de récupérer les territoires qu’ils ont cédés à la Russie après avoir combattu du côté de l’Axe pendant la Seconde Guerre mondiale et payé le prix de leur trahison, sont tout simplement des fous.

Telles sont les pensées qui me traversent l’esprit lors de la dernière étape de trois heures du voyage en bus Helsinki-Pétersbourg, après avoir traversé la Russie et observé le vaste projet d’autoroute encore inachevé du côté russe. Lorsqu’il y a environ cinq ans, le gouvernement russe a commencé à prolonger l’autoroute dite Scandinave, qui avait été construite à la fin des années 1990 et se terminait à Vyborg, on pouvait imaginer qu’il s’agissait de faciliter le trafic croissant de véhicules de tourisme et de camions entre la Russie et la Finlande. Mais il est stupéfiant de constater que les travaux se sont poursuivis à plein régime même après février 2022, alors que le trafic de camions était asphyxié par la rupture des liens commerciaux et que le trafic de passagers était réduit à quasiment rien en raison des restrictions en matière de visas.

À mon avis, l’autoroute qui en est à ses derniers jours de construction et qui atteint la frontière finlandaise, ainsi que toutes les routes latérales dans la forêt que l’on voit sur le chemin, ont une nouvelle mission : faciliter le déplacement d’équipements militaires lourds et de troupes vers la région frontalière au pied levé. Il faudra attendre très longtemps avant que la partie finlandaise ne dispose de quelque chose de comparable.

La Finlande est-elle en train de se suicider ?  C’est en tout cas ce qu’il semble.

*****

Je termine l’essai d’aujourd’hui par des remarques sur deux autres sujets sans rapport, mais qui donnent néanmoins une idée des changements intervenus dans la vie quotidienne des Russes au cours de cette deuxième année de guerre.

Le premier concerne le recrutement militaire. Le second concerne les touristes étrangers, comme en témoigne une visite au palais Catherine de Tsarskoïe Selo, la résidence d’été des tsars, qui se trouve à dix minutes de marche de mon appartement.

Lors de mon dernier séjour en Russie, il y a tout juste six semaines, je n’avais vu aucune publicité dans les rues pour le recrutement de « soldats sous contrat » destinés à combattre dans le cadre de l’opération militaire spéciale en Ukraine. À l’époque, la télévision d’État diffusait déjà des spots publicitaires sophistiqués, tant sur le plan visuel que sur celui du concept promu : des jeunes hommes rejoignent leurs pairs et partent servir le pays. Ces publicités sont devenues de plus en plus fréquentes à la télévision au fil du temps.

Aujourd’hui, il y a une nouvelle dimension. À l’arrêt de bus situé juste à côté de chez moi, une feuille a été collée sur la paroi vitrée de l’abri, indiquant en très gros caractères l’offre d’une prime d’engagement de 695 000 roubles (environ 6 600 euros) à toute personne admise comme combattant sous contrat par le ministère de la Défense. Sur ce montant, 195 000 roubles sont fournis par le gouvernement fédéral et 500 000 sont offerts par la région de Saint-Pétersbourg. Chaque région russe décide indépendamment et volontairement du montant qu’elle offre pour compléter la prime fédérale.  Ensuite, après une période d’entraînement qui dure probablement deux ou trois mois, les nouveaux combattants sous contrat reçoivent un salaire d’au moins 200 000 roubles par mois pendant leur séjour dans la zone de l’opération militaire spéciale.

Puis, lorsque je suis allé faire mes courses au supermarché Pyatyorochka tout proche, j’ai constaté qu’une affiche de recrutement similaire avait été collée sur la porte d’entrée.

Si je peux me permettre de replacer ces sommes dans le contexte des salaires et des pensions russes actuels, elles sont très attrayantes. Le retraité moyen vivant dans les villes de Russie peut recevoir 20 000 roubles par mois du gouvernement, tandis que les salaires moyens des travailleurs à Pétersbourg commencent à 50 000 – 70 000 roubles, selon le secteur d’activité.

Bien que cela ne soit pas mentionné dans ces publicités, les émissions d’information ont expliqué que les combattants sous contrat reçoivent de généreux avantages pour leur famille. Bien entendu, ils bénéficient d’une assurance-vie substantielle en cas de décès pendant leur service. Par ailleurs, des fonds sont disponibles pour veiller à ce que leurs enfants reçoivent tous une éducation adéquate. Et en tant qu’anciens combattants, ils pourront obtenir des prêts hypothécaires préférentiels et accéder à l’enseignement supérieur.

Ce dernier point fait encore l’objet d’une controverse publique. Une directive récemment publiée par le ministère de I‘Education a spécifié l’ajout de notes de qualification des anciens combattants pour l’admission dans les établissements d’enseignement supérieur de manière assez limitée. Mais les patriotes russes, dont Vladimir Solovyov dans son talk-show du soir, demandent que les anciens combattants qui ont reçu des récompenses pour leur bravoure sur le champ de bataille soient admis dans les meilleures universités russes sans passer aucun autre test. Leur objectif est d’obtenir 50 % des places dans ces établissements et d’autres institutions connexes pour les vétérans exceptionnels, de sorte que, selon eux, une élite entièrement nouvelle sera créée en Russie d’ici cinq ans. Pour l’instant, il ne s’agit que de paroles, mais on peut s’attendre à ce qu’une loi d’application soit bientôt soumise à la Douma.

Compte tenu de tout ce qui précède, il n’est pas étonnant que le flux des recrues de l’armée russe ait augmenté depuis le début de l’année, dépassant largement les 150 000. Cela explique pourquoi et comment le ministre de la Défense Choïgou peut affirmer en toute confiance que les forces armées ne voient pas la nécessité de faire appel à d’autres réservistes ou d’augmenter le nombre annuel de civils enrôlés, alors que les forces armées atteignent deux millions d’hommes en armes.

En ce qui concerne la composition des contingents de touristes étrangers aujourd’hui, je vous livre les informations que j’ai reçues de l’un des guides touristiques employés par le musée du palais de Tsarskoïe Selo, situé à proximité, qui est un site touristique incontournable pour tous les visiteurs d’outre-mer. Les Chinois ne sont pas encore revenus, mais leur arrivée est attendue. Il est à noter qu’avant le Covid, tous les musées et sites touristiques de cette ville étaient pris d’assaut par des groupes chinois. Aujourd’hui, les groupes viennent d’Iran et, comme nous l’avons vu hier au palais Catherine, ils ont leurs propres guides parlant farsi et se sentent donc comme chez eux.  Les temps changent !

*(en français dans le texte)

Suicide à la finlandaise

My trip from my home base in Brussels to St Petersburg this past Friday-Saturday was done the same way as my last two trips here, i.e., by flying to Helsinki and proceeding the next day by bus to Russia’s Northern Capital.

The flight was comfortable aboard a Finnair A-350 on which every one of the 300+ seats was taken. Looking at the fellow passengers at check-in it was clear that somehow the airline has captured a good share of demand for flights to India, with Helsinki as the link. How they managed to do so is not clear, given that they are barred from using Russian air space, so that their planes have a long way to go compared to more southerly European transit hubs and they burn a lot of fuel getting Southeast Asian passengers to destination. However, whatever success the airline has achieved with Indians cannot begin to compensate their loss of passengers to Far Eastern destinations, i.e., precisely the traffic the Finns sought to capture when they greatly expanded their passenger terminals in Helsinki several years ago.

 The Chinese were a lost cause after the onset of Covid and their country’s lock-down. They have not reappeared. The Japanese and Western tourists, a still more prized passenger flow, are clearly not making Helsinki their European transit point now, as they once did, because closure of the Siberian route to the Finns, Russia’s mirror like response to the closure of their air space to Russian planes, forfeits all the time and expense advantages that the Finns could boast in the status quo ante.

Small loss, you may say. Taken by itself, yes. The whole Finnish economy is experiencing vast losses resulting from its sanctions on Russia in commerce and much else, but a visitor passing through does not see that. My point is that the low utilization of Helsinki Airport today is something you can see and feel even if you know nothing about the big picture. And do remember, this is now the peak travel season, the time when Europe is on holiday and air travel in Europe is booming.

Like the Greek islands just off the coast of Anatolia which do not show Turkey on maps distributed to tourists, so the Finns are refusing to look at their own map. During the Soviet period, Finland was a bridge between East and West in both the physical and metaphorical sense. Helsinki was a modest, unassuming city back then, even if Marimekko fabrics gave the country as a whole an image of creativity and fanciful thinking among Americans. It looked dull when you stopped off on the way to Moscow; it looked glamorous only on the return trip in transit to Europe or North America.

Those were the days when Finland imported Russian logs and oil and gas and other precious commodities at knock-down prices that Kremlin offered to its friends, while it exported in return shoes made of tough leather that would leave you foot sore and other consumer goods of less than prime quality. That was a time when there were large flows of Finns down to the Petersburg area, where they all had a tipple of what looked to them like free vodka, heading home by train or bus in an inebriated state, with baggage that rattled from liquor bottles. That was a time when almost no Russians could go to Finland because of travel restrictions of their own government.

The nineteen nineties opened Russia and its raw material wealth to the depredation of the whole West, and little Finland lost its privileged position. At this time the country changed its orientation and looked to improve its commercial ties with its fellow members of the European Union.  But of course, Finland ceased being a nearly unique bridge to the East now that the world was coming to Russia from all directions. There were a very few Finnish entrepreneurs who still understood what outsized opportunities there were at its doorstep and made an effort to build market share there. I know. In the 1990s for a time I served as a consultant to a Finnish trucking company which had great ambitions in the Russian market and achieved some successes.

During the 1990s, Russians received passports for travel abroad upon simple demand and by the beginning of the new millennium, when the Russian economy revived and the middle classes reconstituted themselves, about 10 million Russians traveled abroad each year.  Here in Northwest Russia tourist cum shopping trips across the border to Finland became very common place. We had friends in Petersburg who drove up to Lappenranta every other week to stock up on delicacies that they had come to know and enjoy when shopping in the two food stores that the large Finnish retailer Stockmann maintained in “Pietari” as we are known in Finland. Small Finnish merchants sold smoked river and lake fish to the Russian cross-border crowd at fancy prices and all sides were pleased with themselves.  Some middle class Russians were so delighted by the wonderful secondary roads in the Finnish countryside and with the general infrastructure that they bought properties to spend their summers.

In the second decade of the new millennium, Finland joined other EU member states in cutting commercial ties with Russia. After the annexation of Crimea by Russia, Finland introduced the EU wide sanctions and relations with Russia became much cooler.  Finally, following the start of the Special Military Operation, Finland became a determined and spiteful enemy of Russia. It closed the door to gas and electricity imports from Russia and it cancelled a multibillion dollar contract to buy a nuclear power plant from Russia’s Rosatom.

In parallel, last year Finland refused to admit Russians with Schengen passports to transit their country on their way to other European destinations, something which they had cultivated with care in the past using the services of their consulate in Petersburg. The reason had been purely commercial: to rake in tourist euros and dollars from the transiting Russians by imposing requirements that several days be spent in Finland on the way. Then the Finns choked off issuance of tourist visas to Russians who were intent on spending vacation time in Finland itself. Finally, they refused to renew visas to Russians who owned property in Finland. This, together with the cut-off of all cross border banking ties, means that these property owners can easily fall behind in paying taxes and utility bills. The stage is set for foreclosures and confiscation.

As I said, the Russian owners of cottages in Finland are just middle class folks, not oligarchs, who have far better places to flaunt their wealth than in the pokey neighbor to the northwest. What we are witnessing is behavior typical of a nation at war, when in fact there is no declared war between Russia and Finland. 

Meanwhile, a week ago the Russian Foreign Ministry ordered the Finns to shut their consulate in Petersburg and evacuate staff. This was in response to similar orders by Finnish authorities cutting Russian diplomatic services in Finland. The trajectory of relations suggests it will not be long before both countries shut their respective embassies.

It must be said that not only Finnish economic interests are being sacrificed in the country’s vengeful turn against Russia. The country’s security is being put in jeopardy.

The decades-long neutrality of Finland was abandoned for the sake of joining NATO in what is supposed to enhance the country’s security by gaining Article 5 protection should Russia ever attack.  However, the downside is apparent to anyone bothering to look at a map.  The 1340 km border of Finland with Russia is comparable to the Ukrainian Russian line of confrontation today.  And if the 30 million or so Ukrainians who remain in their country today, (down from 40 million before the present war due to outward flow of refugees) cannot hold the line against the Russian armed forces, how can a Finnish population of 5.5 million succeed in that mission? The simple answer is that it cannot. Those Finnish politicians who are hoping for a NATO war with Russia which would win back for them the territories they ceded to Russia after fighting on the Axis side in WWII, and paying the price for their treachery, are simply madmen.

These are the thoughts which pass through my mind on the final 3 hour leg of the Helsinki-Petersburg bus trip after crossing over into Russia and watching the still incomplete vast highway project on the Russian side. When about five years ago the Russian government began this extension of the so-called Scandinavian Highway that was built at the end of the 1990s and ended in Vyborg, you could imagine that it was to facilitate the growing passenger vehicle and truck traffic between Russia and Finland. But it was stunning to see that the work continued at full force even after February 2022, when truck traffic was choked off by broken commercial ties and when passenger traffic dwindled to almost nothing due to visa restrictions.

To my thinking the superhighway that is  now in its final days of construction and reaches to the Finnish frontier, together with all the lateral roads into the forest that you see on the way, have a new mission: to facilitate the movement of heavy military equipment and troops to the border region on a moment’s notice.  It will be a very long time before the Finnish side has anything comparable.

Is Finland committing suicide?  It certainly looks that way.

                                                                  *****

I close today’s essay with remarks on a couple of other unrelated subjects that nonetheless provide a feel for what changes there are in Russian daily life in this second year of war.

The first relates to military recruitment.  The second pertains to foreign tourists as evidenced by a visit to the Catherine Palace of Tsarskoye Selo, the summer residence of the tsars, that is a 10 minute walk from my apartment.

On my last stay in Russia just six weeks ago, I had seen no advertisements on the streets for the recruitment of “contract soldiers” to fight in the Special Military Operation in Ukraine.  There were already back then spot ads on state television which were sophisticated visually and in the concept being promoted:  that young men join their peers and go to serve the country. These ads have become more and more frequent on television with the passage of time.

Now there is a new dimension.  At a bus stop just near my house, a broadsheet was pasted onto the glass wall of the shelter showing in very big script the offer of a 695,000 ruble (approximately 6,600 euros) sign-up premium to anyone who is accepted as a contract fighter by the Ministry of Defense. Of this amount, 195,000 rubles is provided by the federal government and 500,000 is offered by the region of St Petersburg. Each Russian region decides independently and voluntarily how much to offer to top up the federal premium.  Then, following a training period which probably lasts two or three months, the new contract fighters are paid at least 200,000 rubles per month salary during their time in the zone of the Special Military Operation. 

Then, when I went shopping at our nearby Pyatyorochka supermarket, I found that a similar recruitment poster had been glued to the entrance door.

If I may put these sums in the context of present-day Russian salaries and pensions, they are highly attractive. The average pensioner living in cities across Russia may receive 20,000 rubles per month from the government, while average workers’ salaries In Petersburg begin at perhaps 50,000 – 70,000 rubles, depending on the industry.

Although it goes unmentioned in these advertisements, news programs have explained that the contract fighters receive generous benefits packages for their families. As a matter of course, they have substantial life insurance payouts in case of death while in service. Otherwise there is funding available to ensure that their children will all get proper schooling. And in their eventual status as veterans, they will be eligible for preferential mortgage loans and for educational advancement.

The last named point is still the subject of public controversy. A recently issued directive from the Ministry of Education has specified the addition to veterans’ qualification ratings for admission to institutions of higher learning in rather niggardly terms. But Russian patriots, including Vladimir Solovyov on his evening talk show, are demanding that veterans who have been given awards for valor on the field of battle should be admitted to the best Russian universities without passing any other test. Their objective is to secure 50% of the places in these and related institutions for the outstanding veterans, so that, in their words, within 5 years a wholly new elite will be created in Russia.   So far this is just talk, but we may expect enacting legislation to be placed before the Duma before long.

 Considering all of the foregoing, it is no wonder that the flow of recruits to the Russian army has swelled since the start of the year, numbering well over 150,000.  And this explains how and why Minister of Defense Shoigu can confidently say that the armed forces see no need for further call-up of reserves or enlargement of the annual intake of drafted civilians as the forces grow to two million men at arms..

As regards who makes up foreign tourist contingents today, I offer the information I received from one of the tour guides employed by the nearby palace museum of Tsarskoye Selo, which is a must-see tourist site of all overseas visitors.  The Chinese have not yet come back, though their arrival is expected. Note that before Covid all museums and tourist sites of this city were overrun with Chinese groups.  Now the groups are coming from Iran, and as we saw yesterday at the Catherine palace, they have their own Farsi-speaking guides and so feel very much at home.  Times are a-changing!

©Gilbert Doctorow, 2023

Why the West HATES Russia!

At the start of the past week, interview host Natali Morris and I had a 20 minute chat which has just been released on youtube  https://www.youtube.com/watch?v=jUVftV1Hb2I 

and also was posted on Twitter and on Rumble https://rumble.com/v2ys71x-why-the-west-hates-russia.html under the provocative title “Why the West HATES Russia?”

I am grateful to the hosts for bringing the issues in my 2015 book Does Russia Have a Future? to the wide audience of their 2 million subscribers via this professionally prepared and edited broadcast.

The interviewer uses a journalistic technique similar to the winning formula of Tucker Carlson and the results, I believe, will both entertain and inform the audience.

Translations below into Spanish (Hugo Guido), German (Andreas Mylaeus) and French (Youri)

¡Por qué Occidente odia a Rusia!

Al comienzo de la semana pasada, la presentadora de entrevistas Natali Morris y yo tuvimos una charla de 20 minutos que acaba de ser publicada en youtube https://www.youtube.com/watch?v=jUVftV1Hb2I

y también fue publicada en Twitter y en Rumble https://rumble.com/v2ys71x-why-the-west-hates-russia.html bajo el provocativo título “¿Por qué Occidente odia a Rusia?”

Estoy agradecido a los anfitriones por hacer referencia a los temas de mi libro de 2015 ¿Does Russia Have a Future? y a la amplia audiencia de sus 2 millones de suscriptores a través de esta transmisión preparada y editada profesionalmente.

El entrevistador utiliza una técnica periodística similar a la fórmula ganadora de Tucker Carlson y los resultados, creo, entretendrán e informarán a la audiencia.

Warum der Westen Russland HASST!

Zu Beginn der vergangenen Woche hatten die Interviewerin Natali Morris und ich ein 20-minütiges Gespräch, das soeben auf Youtube veröffentlicht wurde https://www.youtube.com/watch?v=jUVftV1Hb2I 

und auch auf Twitter und auf Rumble https://rumble.com/v2ys71x-why-the-west-hates-russia.html  unter dem provokativen Titel “Why the West HATES Russia?”

Ich bin den Moderatoren dankbar, dass sie die Themen meines 2015 erschienenen Buches Does Russia Have a Future? (Hat Russland eine Zukunft?) in dieser professionell vorbereiteten und bearbeiteten Sendung einem breiten Publikum von 2 Millionen Abonnenten nahebringen.

Der Interviewer wendet eine journalistische Technik an, die der Erfolgsformel von Tucker Carlson ähnelt, und ich glaube, dass die Ergebnisse das Publikum sowohl unterhalten als auch informieren werden.

Pourquoi l’Occident HAIT la Russie !

Au début de la semaine dernière, l’animatrice Natali Morris et moi-même avons eu un entretien de 20 minutes qui vient d’être publié sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=jUVftV1Hb2I

et a également été publié sur Twitter et sur Rumble https://rumble.com/v2ys71x-why-the-west-hates-russia.html sous le titre provocateur « Pourquoi l’Occident HAIT la Russie ».

Je suis reconnaissant aux animateurs d’avoir porté les questions de mon livre de 2015, Does Russia Have a Future ? au large public de leurs 2 millions d’abonnés par le biais de cette émission préparée et éditée de manière professionnelle.

L’intervieweur utilise une technique journalistique similaire à la formule gagnante de Tucker Carlson et les résultats, je crois, vont à la fois divertir et informer le public.

Translations of “Ben Cohen, Man of Peace”

Translations below into German (Andreas Mylaeus), French (Youri) and Spanish (Hugo Guido)

Ben Cohen, Mann des Friedens, Verteidiger von Julian Assange

In der englischen Umgangssprache sprechen wir bewundernd von Menschen, die “ihren Worten Taten folgen lassen” (“put their money where their mouth is”). Übersetzt ins korrekte Englisch: Wir neigen dazu, Menschen zu bewundern, die eine Sache nicht nur mit schönen Worten unterstützen, sondern auch zum Portemonnaie greifen, um die Sache finanziell zu unterstützen.

In der heutigen Zeit, in der es Dutzende von Millionären gibt (“a dime a dozen” = wörtlich: ein Dutzend für 10 Cent) und man Milliardär sein muss, um aufzufallen, ist es höchst bedauerlich, dass die Milliardäre unter uns, viele davon geniale Unternehmer aus dem Silicon Valley, dazu neigen, Neandertaler zu sein, wenn es um soziale Gerechtigkeit im Inland geht, und Neokonservative, wenn es um Außenpolitik und die Aufrechterhaltung der amerikanischen globalen Hegemonie geht.

Amazon-Eigentümer Jeff Bezos bestätigt diese Verallgemeinerung als Eigentümer der Washington Post, die in der amerikanischen Freidenkergemeinde als “Pravda on the Potomac” bekannt ist. Meta-Eigner Marc Zuckerberg ist ein weiterer Beweis. Ich habe ihn live gehört, als er in Harvard die Ehrendoktorwürde erhielt. Ich war bei meinem 50. Klassentreffen dabei, und Zuckerberg gab uns reichlich Stoff für die anschließenden Cocktailpartys. Er hielt eine Rede, die er wohl als seine Jungfernrede für die Kandidatur zur US-Präsidentschaft betrachtete. Sein glühendes Vertrauen in die Macht der Technologie, um politische Probleme zu lösen und “uns alle zusammenzubringen”, ist nicht nur die Illusion dieses einen Mannes, sondern einer ganzen Kohorte von Technologiegenies, die so viel Geld haben, dass sie dazu neigen, es für die falschen Zwecke zu spenden.

Um einen Milliardär mit einem ganz anderen politischen Profil zu finden, muss man also in der heimeligen Domäne der Eisverkäufer suchen. Ben Cohen, Mitbegründer von Ben & Jerry’s, das jetzt zu Unilever gehört, passt genau auf diese Beschreibung. Er ist der großzügige Finanzier der Denkfabrik The Eisenhower Media Network, die vor einem Monat eine ganzseitige Anzeige in der Printausgabe der New York Times kaufte, um eine sofortige Einstellung der Feindseligkeiten in der Ukraine und die Aufnahme von Friedensverhandlungen zu fordern. Jetzt hat er sich selbst übertroffen, indem er einen großen Schritt weiter gegangen ist und seinen Körper für seine politischen, rechtlichen und ethischen Überzeugungen aufs Spiel gesetzt hat. Gestern wurde er vor dem Gebäude des Justizministeriums in Washington D.C. verhaftet, als er gegen die Inhaftierung von Julian Assange protestierte. Cohen verglich die vier Jahre, die Assange in Isolationshaft verbracht hat und auf seine Auslieferung an die Vereinigten Staaten wartet, mit Folter.

Möge Ben Cohen uns ein Beispiel sein: Schöne Worte sind ein Anfang, finanzielle Beiträge sind ein Schritt nach vorn, und gewaltloser Protest gegen schweres Unrecht ist der höchste Beweis für Anstand.

Ben Cohen, homme de paix, défenseur de Julian Assange

En anglais vernaculaire, on parle avec admiration des personnes qui « mettent leur argent là où est leur bouche ». Traduction en anglais correct : nous avons tendance à admirer les personnes qui ne se contentent pas de soutenir une cause par de belles paroles, mais qui mettent la main à la poche pour la soutenir financièrement.

À une époque où les millionnaires sont, comme on dit, « treize à la douzaine », et où il faut être milliardaire pour se démarquer, il est très regrettable que les milliardaires en question, dont beaucoup sont des entrepreneurs de génie de la Silicon Valley, aient tendance à être des Néandertaliens lorsqu’il s’agit de justice sociale dans les affaires intérieures et des Néoconservateurs lorsqu’il s’agit de politique étrangère et de perpétuer l’hégémonie mondiale des États-Unis.

Jeff Bezos, propriétaire d’Amazon, confirme cette généralisation en tant que propriétaire du Washington Post, qui est familièrement connu sous le nom de « Pravda sur le Potomac » dans la communauté américaine de la libre-pensée. Marc Zuckerberg, propriétaire de Meta, en est une autre preuve. Je l’ai entendu en direct lorsqu’il a reçu son doctorat honorifique à Harvard. J’étais là pour la réunion de ma 50e promotion et Zuckerberg nous a donné beaucoup de matière pour les cocktails qui ont suivi. Il a prononcé ce qu’il a dû considérer comme son premier discours en vue d’une candidature à la présidence des États-Unis. Sa confiance éclatante dans le pouvoir de la technologie pour résoudre les problèmes politiques et « nous rassembler » n’est pas seulement l’illusion de ce seul homme, mais de toute la cohorte des génies de la technologie qui regorgent d’argent qu’ils ont tendance à donner à toutes les mauvaises causes.

Par conséquent, pour trouver un milliardaire au profil politique totalement différent, il faut se tourner vers le domaine familial des vendeurs de glaces. Ben Cohen, cofondateur de Ben & Jerry’s, aujourd’hui propriété d’Unilever, correspond parfaitement à cette description. Il est le généreux financier du groupe de réflexion The Eisenhower Media Network qui, il y a un mois, a acheté une pleine page de publicité dans l’édition imprimée du New York Times pour appeler à une cessation immédiate des hostilités en Ukraine et à l’ouverture de négociations de paix. Aujourd’hui, il s’est surpassé en faisant un grand pas en avant et en mettant son intégrité physique en jeu au nom de ses convictions politiques, juridiques et éthiques. Hier, il a été arrêté devant le bâtiment du ministère de la justice à Washington, D.C., alors qu’il protestait contre l’emprisonnement de Julian Assange. Cohen a comparé à de la torture les quatre années qu’Assange a passées à l’isolement dans l’attente de son extradition vers les États-Unis.

Que Ben Cohen nous serve d’exemple : les belles paroles sont un début, les contributions financières sont un pas en avant, et la protestation non violente contre une injustice grave est la plus haute preuve de dignité.

Ben Cohen, hombre de paz, defensor de Julian Assange

En inglés vernáculo, hablamos con admiración de las personas que “ponen su dinero donde está su boca”. Traducción al inglés: tendemos a admirar a las personas que no solo apoyan una causa con bellas palabras, sino que meten la mano en sus bolsillos para apoyar la causa financieramente.

En esta época en que los millonarios son, como dicen, “de lo más común”, y tienes que ser multimillonario para destacar, es muy lamentable que los multimillonarios entre nosotros, muchos de ellos genios empresarios de Silicon Valley, tiendan a ser neandertales cuando se trata de justicia social en asuntos internos y neoconservadores cuando se trata de política exterior y perpetuación de la hegemonía global estadounidense.

El propietario de Amazon, Jeff Bezos, confirma esa generalización como propietario de The Washington Post, que familiarmente se conoce como “Pravda en el Potomac” en la comunidad estadounidense de librepensamiento. El propietario de Meta, Marc Zuckerberg, es otra prueba. Lo escuché en vivo cuando recibió su doctorado honorario en Harvard. Estuve allí para mi reunión de clase 50 y Zuckerberg nos dio mucho material para los cócteles que siguieron. Pronunció lo que debe haber pensado como su discurso inaugural para una carrera a la presidencia de los Estados Unidos. Su brillante confianza en el poder de la tecnología para resolver problemas políticos y “unirnos a todos” no es solo la ilusión de este hombre, sino de toda la cohorte de genios de la tecnología que están llenos de dinero que tienden a donar a todas las causas equivocadas.

En consecuencia, para encontrar un multimillonario con un perfil político completamente diferente, se debe buscar en el dominio hogareño de los vendedores de helados. Ben Cohen, cofundador de Ben & Jerry’s, ahora propiedad de Unilever, se ajusta a la descripción. Es el generoso financista detrás del think tank, The Eisenhower Media Network, que hace un mes compró un anuncio de página completa en la edición impresa de The New York Times para pedir un cese inmediato de las hostilidades en Ucrania y el inicio de las negociaciones de paz. Ahora se ha superado a sí mismo dando un gran paso y arriesgándose en nombre de sus convicciones políticas, legales y éticas. Ayer fue arrestado frente al edificio del Departamento de Justicia en Washington, DC mientras protestaba por el encarcelamiento de Julian Assange. Cohen comparó los cuatro años que Assange ha pasado en confinamiento solitario esperando la extradición a los Estados Unidos con tortura.

Que Ben Cohen sea un ejemplo para nosotros: las bellas palabras son un comienzo, las contribuciones financieras son un paso adelante y la protesta no violenta contra la grave injusticia es la prueba más alta de decencia.

Ben Cohen, Man of Peace, Defender of Julian Assange

In vernacular English, we speak admiringly of people who “put their money where their mouth is.” Translation into proper English: we tend to admire people who not only support a cause with fine words but dip into their pocket book to support the cause financially.

In this day and age when millionaires are, as they say, “a dime a dozen,” and you have to be a billionaire to stand out, it is highly regrettable that the billionaires among us, many of them Silicon Valley genius entrepreneurs, tend to be Neanderthals when it comes to social justice in domestic affairs and Neoconservatives when it comes to foreign policy and perpetuation of the American global hegemony. 

Amazon owner Jeff Bezos confirms that generalization as owner of The Washington Post, which is familiarly known as “Pravda on the Potomac” in the American freethinking community. Meta owner Marc Zuckerberg is another proof. I heard him live when he received his honorary doctorate at Harvard. I was there for my 50th Class Reunion and Zuckerberg gave us plenty of material for the cocktail parties that followed. He delivered what he must have thought of as his maiden speech for a run at the U.S. presidency. His glowing confidence in the power of technology to solve political issues and ‘bring us all together’ is not just the delusion of this one man, but of the whole cohort of technology geniuses who are flush with money that they tend to donate to all the wrong causes.

Accordingly, to find a billionaire with a wholly different political profile you have to look in the homely domain of ice cream vendors. Ben Cohen, co-founder of Ben & Jerry’s, now owned by Unilever, fits the description to a tee.  He is the generous financier behind the think tank, The Eisenhower Media Network, which a month ago bought a full page advertisement in the print edition of The New York Times to call for an immediate cessation of hostilities in Ukraine and start of peace negotiations. Now he has outdone himself by going one big step further and put his body on the line on behalf of his political, legal and ethical convictions. Yesterday he was arrested outside the Department of Justice building in Washington, D.C. while protesting the imprisonment of Julian Assange. Cohen likened the four years that Assange has spent in solitary confinement awaiting extradition to the United States to torture.

May Ben Cohen be an example to us: fine words are a start, financial contributions are a step forward, and nonviolent protest against grievous injustice is the highest proof of decency. ©Gilbert Doctorow

Translations of “Fake News”

Translations below into French (Youri), Spanish (Hugo Guido) and German (Andreas Mylaeus)

« Fake News » de NBC sur les discussions américano-russes concernant une « voie de sortie » de la guerre en Ukraine en avril 2023 qui n’a jamais eu lieu.

Les portails d’information en Ukraine et ailleurs en Europe ont rapidement repris un article de NBCNews.com intitulé « D’anciens responsables américains ont tenu des discussions secrètes sur l’Ukraine avec des Russes importants ». Le sous-titre poursuit : « L’objectif des discussions est de jeter les bases d’éventuelles négociations pour mettre fin à la guerre », ont déclaré à NBC News des personnes informées des discussions.

L’idée même que de telles discussions aient pu avoir lieu a suscité des commentaires désobligeants de la part des suspects habituels qui ne manqueraient pas une occasion de se faire remarquer : l’ancien ambassadeur des États-Unis en Russie, Michael McFaul, et Matt Dimmick, ancien directeur pour la Russie et l’Europe de l’Est au sein du Conseil de sécurité nationale. Ces commentaires font partie du rapport de NBC.

Cette information a également été diffusée par la télévision publique russe dans l’émission Sixty Minutes, en début de soirée, sous le titre « Fake News » (fausses nouvelles). Le débat s’est ouvert sur une annonce du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en réponse à ce qui est dit dans le deuxième paragraphe de l’article de la NBC, qui se lit comme suit :

« Dans un exemple de haut niveau illustrant la diplomatie qui se déroule en coulisses, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rencontré des membres du groupe pendant plusieurs heures en avril à New York, ont déclaré quatre anciens fonctionnaires et deux fonctionnaires actuels à NBC News ».

Selon M. Lavrov, aucune réunion de ce type n’a jamais eu lieu et il n’y a pas de canaux de communication en coulisses.

Le panel de Sixty Minutes s’est ensuite mis en branle, comme on dit.

Ils ont énuméré les anciens responsables américains qui auraient participé à la réunion – Charles Kupchan, Richard Haass et Thomas Graham, tous membres du Conseil des relations étrangères et, comme ils l’ont souligné avec un humour grinçant, tous sont décidément très anciens. Leur apogée remonte à plusieurs décennies et aujourd’hui, aucun d’entre eux n’occupe un rang qui justifierait que Lavrov passe du temps avec eux, et encore moins qu’il discute des principes de base d’un règlement négocié de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Il s’agit simplement d’une bande de vieux universitaires qui se réunissent pour se remémorer les négociations sur le contrôle des armements d’un passé lointain et d’autres questions similaires depuis longtemps oubliées.

Après avoir publié sa fausse nouvelle, NBC a consacré la majeure partie de son article à expliquer le fonctionnement et l’utilité générale des communications par canal détourné, appelées « Track Two talks » (discussions de deuxième niveau).

Il est certain que les canaux détournés ont joué un rôle constructif dans les relations entre les États-Unis et la Russie dans un passé pas si lointain, mais je doute que le journaliste Josh Lederman en ait la moindre idée. L’ancien mentor et associé de Thomas Graham, Henry Kissinger, a été l’un des principaux initiateurs d’une telle démarche à l’été et au début de l’automne 2008, alors qu’il était lui aussi un ancien acteur politique inactif. Mais Kissinger était et reste Kissinger, et non un quelconque larbin. C’était juste après la guerre entre la Russie et la Géorgie, lorsque les relations entre les deux pays étaient très tendues, presque aussi graves qu’aujourd’hui. Et surtout, à l’époque, le canal de Kissinger n’était pas le seul à fonctionner. Parallèlement, il existait un autre canal dirigé par quelques membres du Sénat américain. Le résultat final a été un document sur les mesures à prendre pour améliorer les relations bilatérales, connu sous le nom de « re-set » dans les premiers jours de la première administration Obama. La question de savoir si cette initiative était suffisamment créative pour aller au-delà des discours d’ambiance et jeter les bases d’un véritable changement dans les relations est une autre affaire. La réponse à cette question est bien sûr « non ».

Kupchan, Haass et Graham ne peuvent être comparés aux acteurs du canal de communication de 2008 et il n’est pas étonnant que le panel de Sixty Minutes leur ait fait un pied de nez. Pour ma part, j’ai dans le passé pris la mesure de deux de ces trois penseurs et j’ai trouvé que Haass et Kupchan ont la tête embrouillée et que leurs écrits sont bourrés de contradictions. Ce qu’ils écrivent et publient dans le magazine interne Foreign Affairs est soi-disant contrôlé par leurs pairs, mais cela ne sert à rien. Lorsque tout le monde est aligné et que personne n’est en désaccord, lorsqu’il n’y a pas de débats, mais uniquement des petites tapes dans le dos, la qualité de la pensée s’en ressent.

Voir ma critique de l’article de Kupchan « Nato’s final frontier : Pourquoi la Russie devrait rejoindre l’Alliance atlantique » dans Stepping out of Line (2012) pp. 199 -208 et mon article « Richard Haass : the Absent Voice at Valdai-Sochi » dans Does Russia Have a Future (2015) pp 259-262.

Noticias falsas” de NBC sobre las conversaciones entre Estados Unidos y Rusia sobre una “rampa de salida” para la guerra de Ucrania en abril de 2023 que nunca tuvo lugar

Los portales de noticias en Ucrania y en otras partes de Europa se apresuraron a recoger un artículo destacado hoy en NBCNews.com titulado “Ex funcionarios estadounidenses han mantenido conversaciones secretas sobre Ucrania con rusos prominentes”. El subtítulo continúa: “El objetivo de las discusiones es sentar las bases para posibles negociaciones para poner fin a la guerra, dijeron personas informadas sobre las conversaciones a NBC News”.

La sola idea de que tales conversaciones podrían haber tenido lugar provocó comentarios despectivos de los sospechosos habituales que no perderían la oportunidad de estar en el ojo público: el ex embajador de Estados Unidos en Rusia, Michael McFaul, y Matt Dimmick, ex director de Rusia y Europa del Este en el Consejo de Seguridad Nacional. Dichos comentarios forman parte del informe de NBC.

Esta noticia también apareció en la televisión estatal rusa en la edición vespertina de Sixty Minutes bajo el título “Noticias Falsas”. Su panel de discusión comenzó con un anuncio del Ministerio de Relaciones Exteriores de la FR, respondiendo a lo que se dice en el segundo párrafo del artículo de NBC:

“En un ejemplo de alto nivel de la diplomacia de canal secundario que tiene lugar detrás de escena, el ministro de Relaciones Exteriores de Rusia, Sergey Lavrov, se reunió con miembros del grupo durante varias horas en abril en Nueva York, dijeron cuatro ex funcionarios y dos funcionarios actuales a NBC News.

Según Lavrov, nunca se llevó a cabo tal reunión y no hay canales secundarios.

Y luego el panel de Sixty Minutes comenzó a darse gusto, como decimos.

Enumeraron a los ex funcionarios estadounidenses que se dice participaron en la reunión: Charles Kupchan, Richard Haass y Thomas Graham, todos miembros del Consejo de Relaciones Exteriores y, como enfatizaron con humor truculento, todos son decididamente muy antiguos. Su apogeo fue hace décadas y hoy ninguno de ellos tiene un rango que justifique que Lavrov pase tiempo con ellos, y mucho menos discuta los principios básicos para algún acuerdo negociado de la guerra entre Rusia y Ucrania. Son solo un grupo de viejos académicos que se reúnen para recordar las negociaciones de control de armas de un pasado lejano y cuestiones similares que hace mucho tiempo quedaron de lado.

Después de publicar su historia de noticias falsas, NBC pasó la mayor parte de su artículo hablando sobre cómo funcionan las comunicaciones de canal secundario, denominadas Track Two talks, y qué utilidad tienen en general.

Sin duda, los canales secundarios han servido a un propósito constructivo en las relaciones entre Estados Unidos y Rusia en un pasado no muy lejano, aunque dudo que el periodista Josh Lederman tenga idea de esto. El antiguo mentor y asociado de Thomas Graham, Henry Kissinger, había sido un importante iniciador de tal alcance en el verano-principios del otoño de 2008, cuando él también era un ex actor político no activo. Pero entonces Kissinger era y es Kissinger, no un lacayo. Eso fue justo después de la guerra entre Rusia y Georgia, cuando las relaciones entre los dos países eran muy tensas, casi tan seriamente como lo son hoy. Y, lo más importante, en ese momento Kissinger no era el único canal secundario operando. Paralelamente había otro canal encabezado por un par de miembros del Senado de los Estados Unidos. El resultado final fue un documento sobre los pasos para mejorar las relaciones bilaterales que se conoció como el “reinicio” en los días iniciales de la primera administración Obama. Si esa iniciativa fue lo suficientemente creativa como para ir más allá de las apariencias y sentar las bases para un cambio real en la relación es un asunto diferente. La respuesta a eso, por supuesto, es “no”.

Los Kupchan, Haass y Graham no se pueden comparar con los operadores del canal secundario de 2008 y no fue de extrañar que el panel de Sixty Minutes les diera la espalda. Yo, por mi parte, en el pasado he tomado la medida de dos de estos tres y descubrí que como pensadores Haass y Kupchan son confusos y sus escritos están sumidos en contradicciones. Supuestamente, lo que escriben y publican en la revista Foreign Affairs del órgano de la casa es examinado por sus pares, pero no ayuda ni un ápice. Cuando todos están alineados y nadie está en desacuerdo, cuando no hay debates, solo palmadas en la espalda, entonces la calidad del pensamiento se hunde.

Ver mi crítica al artículo de Kupchan ‘Nato’s final frontier: Why Russia should join the Atlantic Alliance’ en Stepping out of Line (2012) pp  . 199 -208 y mi artículo “Richard Haass: the Absent Voice at Valdai-Sochi” en Does Russia Have a Future (2015) pp 259-262

“Fake News” von NBC über US-amerikanisch-russische Gespräche über einen “Ausweg” zum Ukraine-Krieg im April 2023, die nie stattgefunden haben

Nachrichtenportale in der Ukraine und anderswo in Europa griffen heute schnell einen Artikel von NBCNews.com auf mit dem Titel “Ehemalige US-Beamte haben geheime Ukraine-Gespräche mit prominenten Russen geführt”. Im Untertitel heißt es weiter: “Ziel der Gespräche ist es, die Grundlage für mögliche Verhandlungen zur Beendigung des Krieges zu schaffen, so Personen, die mit den Gesprächen vertraut sind, gegenüber NBC News.”

Allein die Vorstellung, dass solche Gespräche stattgefunden haben könnten, rief abfällige Kommentare von den üblichen Verdächtigen hervor, die keine Gelegenheit auslassen, sich in der Öffentlichkeit zu profilieren: der ehemalige US-Botschafter in Russland, Michael McFaul, und Matt Dimmick, ein ehemaliger Direktor für Russland und Osteuropa beim Nationalen Sicherheitsrat. Diese Kommentare sind Teil des NBC-Berichts.

Diese Nachricht wurde auch im russischen Staatsfernsehen in der Vorabendausgabe von Sechzig Minuten unter dem Titel “Fake News” ausgestrahlt. Die Podiumsdiskussion wurde mit einer Ankündigung des Außenministeriums der Russischen Föderation eröffnet, in der auf den zweiten Absatz des NBC-Artikels eingegangen wird, in dem es heißt:

“In einem hochrangigen Beispiel für die Diplomatie, die hinter den Kulissen stattfindet, traf sich der russische Außenminister Sergej Lawrow im April in New York mehrere Stunden lang mit Mitgliedern der Gruppe, wie vier ehemalige und zwei aktuelle Beamte gegenüber NBC News erklärten.”

Laut Lawrow hat ein solches Treffen nie stattgefunden, und es gibt keine Hintertürchen.

Und dann legte das “Sechzig Minuten“-Gremium los.

Sie zählten die ehemaligen US-Beamten auf, die an dem Treffen teilgenommen haben sollen – Charles Kupchan, Richard Haass und Thomas Graham, allesamt Mitglieder des Rates für Auswärtige Beziehungen (Foreign Relations Council) und, wie sie mit boshaftem Humor betonten, allesamt ausgesprochene Ex-Mitglieder. Ihre Glanzzeit liegt Jahrzehnte zurück, und heute hat keiner von ihnen einen Rang inne, der es rechtfertigen würde, dass Lawrow überhaupt Zeit mit ihnen verbringt, geschweige denn, dass er die Grundlagen für eine Verhandlungslösung im russisch-ukrainischen Krieg erörtert. Sie sind nur ein Haufen alter Akademiker, die sich treffen, um in Erinnerungen an die Rüstungskontrollverhandlungen der fernen Vergangenheit und ähnliche, längst beendete Themen zu schwelgen.

Nachdem NBC seine Fake-News-Story veröffentlicht hatte, verbrachte der Sender den größten Teil seines Artikels damit, darüber zu sprechen, wie die als “Track Two”-Gespräche bezeichnete Rückkanal-Kommunikation (backchannel-communication) funktioniert und welchen Nutzen sie im Allgemeinen hat.

Sicherlich haben Rückkanäle in der nicht allzu fernen Vergangenheit einen konstruktiven Zweck in den amerikanisch-russischen Beziehungen erfüllt, obwohl ich bezweifle, dass der Journalist Josh Lederman davon eine Ahnung hat. Thomas Grahams ehemaliger Mentor und Mitarbeiter, Henry Kissinger, war ein wichtiger Initiator eines solchen Kontakts im Sommer/Frühherbst 2008, als auch er ein ehemaliger, nicht aktiver politischer Akteur war. Aber Kissinger war und ist Kissinger und nicht irgendein Lakai. Das war in der Zeit kurz nach dem Krieg zwischen Russland und Georgien, als die Beziehungen zwischen den beiden Ländern sehr angespannt waren, fast so ernst wie heute. Und, was am wichtigsten ist, Kissingers Kanal war damals nicht der einzige Rückkanal. Parallel dazu gab es einen weiteren Kanal, der von einigen Mitgliedern des US-Senats geführt wurde. Das Endergebnis war ein Papier über Schritte zur Verbesserung der bilateralen Beziehungen, das in den ersten Tagen der ersten Obama-Regierung als “re-set” bekannt wurde. Ob diese Initiative kreativ genug war, um über eine atmosphärische Verbesserung hinauszugehen und den Grundstein für eine echte Veränderung der Beziehungen zu legen, ist eine andere Frage. Die Antwort darauf lautet natürlich “Nein”.

Leute wie Kupchan, Haass und Graham sind nicht mit den Betreibern des Rückkanals von 2008 zu vergleichen, und es war kein Wunder, dass das Sechzig-Minuten-Panel die Nase über sie gerümpft hat. Ich für meinen Teil habe in der Vergangenheit zwei dieser drei als Denker beurteilt und fand, dass Haass und Kupchan wirr im Kopf und ihre Schriften voller Widersprüche sind. Angeblich wird das, was sie schreiben und im hauseigenen Magazin Foreign Affairs veröffentlichen, von Fachleuten überprüft, aber das hilft nicht im Geringsten. Wenn alle einer Meinung sind und keiner widerspricht, wenn es keine Debatten gibt, sondern nur noch Schulterklopfen stattfindet, dann sinkt die Qualität des Denkens.

Siehe meine Kritik an Kupchans Artikel “Nato’s final frontier: Why Russia should join the Atlantic Alliance” (“Die letzte Grenze der Nato: Warum Russland dem Atlantischen Bündnis beitreten sollte”) in Stepping out of Line (2012) S. 199-208 und meinen Artikel “Richard Haass: the Absent Voice at Valdai-Sochi” (“Richard Haass: die abwesende Stimme bei Valdai-Sochi”) in Does Russia Have a Future (2015) S. 259-262.