Prime time news programming on Russian State Television has lost its way

This evening’s Vesti broadcast on Rossiya 1 was all too typical of the narrowing horizons of prime time news programs. It opened with lengthy reporting on the devastation wrought in the city of Gorlovka, Donetsk oblast, by more than 20 incoming Ukrainian rocket artillery projectiles that struck residential apartments in the middle of last night, including from the U.S. made HIMARS system. One person was killed and a dozen more were hospitalized with various injuries.

The next news segment, substantially longer, was reporting from the front lines showing the incessant artillery and drone strikes that Russian forces are delivering near Gorlovka and elsewhere in the oblast at hardened Ukrainian defensive positions, at their infantry, artillery pieces and armored vehicles.

After that the news program moved on to reporting the disruptions to intercity traffic in central Russia due to heavy snowstorms and drifts that have shut down major highways. Truck drivers waiting out the storm were interviewed, as were the emergency workers who are supervising the snow removal and providing hot food to those in need.

From there the Vesti program shifted to commentary about today’s events at the Russian national exhibition (Forum) in Moscow’s VDNKh grounds. And of course there had to follow news about President Putin’s latest activities.

A cult of personality first appeared on Russian state television five years ago with the launch of the embarrassingly servile Sunday evening show entitled Moscow, Kremlin, Putin hosted by the youthful Pavel Zarubin, a protégé of Vladimir Solovyov and of state television news boss Dmitry Kiselyov. The cult has become ever more insistent now that the Russian electoral season is underway and every Vesti show has to give us a good dose of speeches and ribbon cutting ceremonies.

What is missing entirely from Vesti these days is international news.  So it goes day after day in formulaic fashion. This, despite the fact that there is no shortage of hair-raising news from Gaza, from Iran and Pakistan, from the Houthi-U.S. confrontation in the Red Sea, among other global hot spots that Russians might just want to know about.

I do not mean to suggest that Vesti news has no merit. The military reporting from the field may be commended for giving the microphone to real Russian soldiers who are not propagandists but are speaking openly about their daily experience.  Thus, we hear from the horse’s mouth that those manning the artillery who are firing with high accuracy at Ukrainian targets 37 km away, well behind the enemy lines, are obliged to move their artillery pieces within minutes of firing because there will be artillery counter strikes from the other side.  This is a piece of information that puts in perspective the generalizations we in the West are told about how the Ukrainians are starved for ammunition and are firing 8 or 10 times fewer artillery projectiles daily than the Russians. It also tells us that Ukrainian reconnaissance via their own drones or otherwise is not that bad.

In criticizing Vesti I do not mean to suggest that Russian state television generally offers no information about the outside world.  That you find in abundance on the talk shows Sixty Minutes and Evening with Vladimir Solovyov. Besides providing live reporting from Russia’s bureau chiefs in Berlin, New York and elsewhere, these shows draw heavily on Western news broadcasts about the major international developments of the day as well as about political events in the West: they feature video clips from CNN, Euronews and other international channels to provide material for analysis by their expert panelists. And those panelists often include area specialists on the Middle East, on China and Southeast Asia or in other topical regions who are given the microphone long enough to set out their broad concepts of what underlies the news at a serious intellectual level.

Both the aforementioned programs have deeply patriotic presenters, but they also strive for balance. True, Solovyov’s film clips and narratives from his almost weekly visits to the front extol the bravery and intelligence of the soldiers and officers with whom he meets. He sings the praises of the Russian military industrial complex, both state factories and the many private enterprises that have become suppliers of critical equipment. And yet he also gives air time to experts who explain at length why and how the Ukrainians may successfully continue the war for years in a defensive posture, so that it would be a grave mistake to be overconfident. This is precisely what I heard on Solovyov’s show this past Thursday. I rather doubt that Colonel Douglas Macgregor or Scott Ritter have lent an ear to these remarks. They should!

My intention is to demonstrate that Russia is a complex society which cannot be described in a useful manner by the simplistic words of infatuation or words of utter condemnation and vilification that predominate in U.S. and European reporting.

©Gilbert Doctorow, 2024

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

Les programmes d’information de la télévision d’État russe aux heures de grande écoute ont perdu de leur intérêt

L’émission Vesti diffusée ce soir sur Rossiya 1 n’était que trop typique des horizons de plus en plus étroits des programmes d’information diffusés aux heures de grande écoute. Elle a débuté par un long reportage sur les ravages causés dans la ville de Gorlovka, dans l’oblast de Donetsk, par plus de 20 projectiles d’artillerie ukrainiens qui ont frappé des appartements résidentiels au milieu de la nuit dernière, y compris des projectiles du système américain HIMARS. Une personne a été tuée et une douzaine d’autres ont été hospitalisées pour diverses blessures.

La séquence suivante, beaucoup plus longue, était un reportage sur les lignes de front montrant les incessantes frappes d’artillerie et de drones que les forces russes effectuent près de Gorlovka et ailleurs dans l’oblast sur des positions défensives ukrainiennes renforcées, sur leur infanterie, leurs pièces d’artillerie et leurs véhicules blindés.

Le programme d’information est ensuite passé aux perturbations du trafic interurbain dans le centre de la Russie en raison des fortes tempêtes de neige et des amoncellements de neige qui ont entraîné la fermeture des principaux axes routiers. Les chauffeurs de camions qui attendent la fin de la tempête ont été interviewés, de même que les secouristes qui supervisent le déneigement et fournissent de la nourriture chaude à ceux qui en ont besoin.

Le programme de Vesti est ensuite passé à des commentaires sur les événements de la journée à l’exposition nationale russe (Forum) dans les locaux du VDNKh à Moscou. Et bien sûr, il fallait suivre les dernières activités du président Poutine.

Le culte de la personnalité est apparu pour la première fois à la télévision publique russe il y a cinq ans, avec le lancement de l’embarrassante et servile émission du dimanche soir intitulée Moscou, Kremlin, Poutine, animée par le jeune Pavel Zarubin, protégé de Vladimir Solovyov et du patron de l’information de la télévision publique, Dmitry Kiselyov. Ce culte est devenu de plus en plus insistant depuis que la saison électorale russe a commencé et chaque émission de Vesti doit nous donner une bonne dose de discours et de cérémonies d’inauguration.

Ce qui manque totalement à Vesti ces jours-ci, c’est l’actualité internationale.  C’est ainsi que les choses se déroulent jour après jour, selon la même formule. Et ce, bien qu’il n’y ait pas de pénurie d’informations bouleversantes en provenance de Gaza, de l’Iran et du Pakistan, de la confrontation entre les Houthis et les États-Unis dans la mer Rouge, entre autres points chauds de la planète que les Russes voudraient bien connaître.

Je ne veux pas dire que Vesti news n’a aucun mérite. Les reportages militaires sur le terrain méritent d’être salués pour avoir donné le micro à de vrais soldats russes qui ne sont pas des propagandistes, mais qui parlent ouvertement de leur expérience quotidienne.  Ainsi, nous apprenons de la bouche même du soldat que les servants de l’artillerie qui tirent avec une grande précision sur des cibles ukrainiennes situées à 37 km, loin derrière les lignes ennemies, sont obligés de déplacer leurs pièces d’artillerie dans les minutes qui suivent le tir parce qu’il y aura des contre-attaques d’artillerie de la part de l’autre camp. Cet élément d’information relativise les généralisations que l’on fait en Occident sur le fait que les Ukrainiens manquent de munitions et tirent quotidiennement 8 ou 10 fois moins de projectiles d’artillerie que les Russes. Elle nous apprend également que la reconnaissance ukrainienne par le biais de leurs propres drones ou autres n’est pas si mauvaise.

En critiquant Vesti, je ne veux pas dire que la télévision d’État russe n’offre généralement aucune information sur le monde extérieur.  Ces informations sont abondantes dans les talk-shows Sixty Minutes et Evening with Vladimir Solovyov. Outre les reportages en direct des chefs de bureau russes à Berlin, New York et ailleurs, ces émissions s’inspirent largement des émissions d’information occidentales sur les principaux événements internationaux du jour ainsi que sur les événements politiques en Occident : elles présentent des clips vidéo de CNN, Euronews et d’autres chaînes internationales afin de fournir du matériel pour l’analyse de leurs experts. Ces derniers sont souvent des spécialistes du Moyen-Orient, de la Chine et de l’Asie du Sud-Est ou d’autres régions d’actualité, qui prennent le micro suffisamment longtemps pour exposer leur conception générale de ce qui sous-tend l’actualité à un niveau intellectuel sérieux.

Les deux programmes susmentionnés sont animés par des présentateurs profondément patriotiques, mais ils s’efforcent également de trouver un équilibre. Certes, les extraits de films et les récits de Solovyov, qui se rend presque chaque semaine sur le front, vantent la bravoure et l’intelligence des soldats et des officiers qu’il rencontre. Il chante les louanges du complexe militaro-industriel russe, qu’il s’agisse des usines d’État ou des nombreuses entreprises privées qui sont devenues des fournisseurs d’équipements essentiels. Pourtant, il accorde également du temps d’antenne à des experts qui expliquent longuement pourquoi et comment les Ukrainiens peuvent réussir à poursuivre la guerre pendant des années dans une position défensive, de sorte que ce serait une grave erreur de se montrer trop confiant. C’est précisément ce que j’ai entendu dans l’émission de Solovyov jeudi dernier. Je doute que le colonel Douglas Macgregor ou Scott Ritter aient prêté l’oreille à ces propos. Ils devraient pourtant le faire !

Mon intention est de démontrer que la Russie est une société complexe qui ne peut être décrite de manière utile par les mots simplistes d’engouement ou de condamnation totale et de dénigrement qui prédominent dans les reportages américains et européens.

Die Nachrichtensendungen des russischen Staatsfernsehens zur Hauptsendezeit sind vom Weg abgekommen

Die heutige Abendsendung von Vesti auf Rossiya 1 war nur allzu typisch für die Verengung des Horizonts der Nachrichtensendungen zur Hauptsendezeit. Zu Beginn wurde ausführlich über die Verwüstungen berichtet, die in der Stadt Gorlowka in der Oblast Donezk durch mehr als 20 eintreffende ukrainische Raketengeschosse angerichtet wurden, die mitten in der vergangenen Nacht in Wohnhäusern einschlugen, darunter auch Geschosse aus dem US-amerikanischen HIMARS-System. Eine Person wurde getötet und ein Dutzend weiterer Personen wurde mit verschiedenen Verletzungen ins Krankenhaus eingeliefert.

Die nächste, wesentlich längere Nachrichtensendung war ein Bericht von der Front, der die unaufhörlichen Artillerie- und Drohnenangriffe der russischen Streitkräfte in der Nähe von Gorlowka und anderswo in der Oblast auf gehärtete ukrainische Verteidigungsstellungen, auf deren Infanterie, Artilleriegeschütze und gepanzerte Fahrzeuge zeigte.

Danach berichtete die Nachrichtensendung über die Beeinträchtigung des Fernverkehrs in Zentralrussland durch schwere Schneestürme und Verwehungen, die die wichtigsten Autobahnen lahmgelegt haben. Lkw-Fahrer, die den Sturm abwarten, wurden ebenso interviewt wie die Rettungskräfte, die die Schneeräumung überwachen und die Bedürftigen mit warmem Essen versorgen.

Anschließend berichtete Vesti über die heutigen Ereignisse auf der russischen Nationalausstellung (Forum) auf dem VDNKh-Gelände in Moskau. Und natürlich mussten auch Nachrichten über die jüngsten Aktivitäten von Präsident Putin folgen.

Der Personenkult im russischen Staatsfernsehen begann vor fünf Jahren mit der Einführung der peinlich unterwürfigen Sonntagabendshow “Moskau, Kreml, Putin”, die von dem jungen Pawel Zarubin, einem Protegé von Wladimir Solowjow und dem Nachrichtenchef des Staatsfernsehens Dmitri Kisseljow, moderiert wurde. Der Kult wird jetzt, da die russische Wahlsaison im Gange ist und jede Vesti-Sendung eine gute Dosis an Reden und Zeremonien zum Durchschneiden von Bändern bieten muss, immer eindringlicher.

Was in diesen Tagen bei Vesti völlig fehlt, sind internationale Nachrichten. So geht es Tag für Tag nach dem gleichen Schema weiter. Und das, obwohl es an haarsträubenden Nachrichten aus dem Gazastreifen, aus dem Iran und Pakistan, von der Konfrontation zwischen den Houthis und den USA im Roten Meer und anderen globalen Brennpunkten, über die die Russen vielleicht etwas wissen wollen, nicht mangelt.

Ich will damit nicht sagen, dass die Vesti-Nachrichten keine Verdienste haben. Die Militärberichterstattung aus dem Feld ist lobenswert, weil sie echten russischen Soldaten das Mikrofon gibt, die keine Propagandisten sind, sondern offen über ihre täglichen Erfahrungen sprechen. So erfahren wir aus erster Hand, dass die Artilleristen, die mit hoher Präzision auf 37 km entfernte ukrainische Ziele schießen, die sich weit hinter den feindlichen Linien befinden, gezwungen sind, ihre Artilleriegeschütze innerhalb von Minuten nach dem Abschuss zu verlegen, da es von der anderen Seite zu Artillerie-Gegenangriffen kommen wird. Diese Information relativiert die Verallgemeinerungen, die uns im Westen erzählt werden, dass die Ukrainer unter Munitionsmangel leiden und täglich acht- bis zehnmal weniger Artilleriegeschosse abfeuern als die Russen. Es sagt uns auch, dass die ukrainische Aufklärung durch ihre eigenen Drohnen oder auf andere Weise gar nicht so schlecht ist.

Mit meiner Kritik an Vesti will ich nicht behaupten, dass das russische Staatsfernsehen generell keine Informationen über die Außenwelt bietet. Diese gibt es in den Talkshows Sechzig Minuten und Abend mit Wladimir Solowjow in Hülle und Fülle. Neben der Live-Berichterstattung aus den russischen Büros in Berlin, New York und anderswo stützen sich diese Sendungen in hohem Maße auf westliche Nachrichtensendungen über die wichtigsten internationalen Entwicklungen des Tages sowie über politische Ereignisse im Westen: Sie zeigen Videoclips von CNN, Euronews und anderen internationalen Kanälen, um Material für die Analyse durch ihre fachkundigen Gesprächspartner zu liefern. Zu diesen Diskussionsteilnehmern gehören häufig Spezialisten für den Nahen Osten, China, Südostasien oder andere aktuelle Regionen, die lange genug das Mikrofon ergreifen, um ihre allgemeinen Vorstellungen von dem, was den Nachrichten zugrunde liegt, auf einem seriösen intellektuellen Niveau darzulegen.

Die beiden genannten Sendungen haben zutiefst patriotische Moderatoren, bemühen sich aber auch um Ausgewogenheit. Natürlich preist Solowjow in seinen Filmausschnitten und Erzählungen von seinen fast wöchentlichen Besuchen an der Front die Tapferkeit und Intelligenz der Soldaten und Offiziere, die er trifft. Er singt ein Loblied auf den russischen militärisch-industriellen Komplex, sowohl auf die staatlichen Fabriken als auch auf die vielen privaten Unternehmen, die zu Lieferanten wichtiger Ausrüstung geworden sind. Und doch lässt er auch Experten zu Wort kommen, die ausführlich erklären, warum und wie die Ukrainer den Krieg über Jahre hinweg in einer defensiven Haltung erfolgreich fortsetzen können, so dass es ein schwerer Fehler wäre, übermütig zu sein. Genau das habe ich am vergangenen Donnerstag in Solovyovs Sendung gehört. Ich bezweifle, dass Colonel Douglas Macgregor oder Scott Ritter diese Äußerungen gehört haben. Das sollten sie aber!

Ich möchte zeigen, dass Russland eine komplexe Gesellschaft ist, die nicht mit den simplen Worten der Verliebtheit oder der völligen Verurteilung und Verunglimpfung, die in der US-amerikanischen und europäischen Berichterstattung vorherrschen, sinnvoll beschrieben werden kann.

TNT Radio, ‘The Freeman Report’ with James Freeman

Former UK Member of Parliament James Freeman runs a very lively radio show which deals regularly with international events. It was my pleasure to be re-invited by his team two days ago for a 15 minute interview dealing with latest developments in the Ukraine war, with Russian-Middle East relations and with Putin’s popularity ratings today.

The interview begins 20 minutes into the show. I was especially pleased to have had the opportunity to explain why the expectations set out week after week by Russia’s cheerleaders in the West of a massive Russian attack on Ukraine that delivers a knock-out blow have failed to take into account the realities of peer to peer warfare. The interview also afforded me the chance to debunk the notion widely disseminated by Western media last spring that the Putin ‘regime’ was on the ropes due to internal opposition exemplified by the attempted mutiny of Yevgeni Prigozhin’s Wagner Group. Finally, I was able to discuss the likelihood that Russia is presently concluding treaties of mutual defense with Iran and North Korea akin to the ‘Article 5’ provisions of the NATO alliance, meaning ‘one for all and all for one.’  If so, then NATO will soon be put on notice that the game is up, that the chances of militarily defeating any one member of the ‘Axis of Evil,’ in Washington’s political language, is nil.

I recommend to readers the 18 minute long introduction to the program by James Freeman wherein he raises the very important fact of the military dimension of the progressing multipolarism in the world, a dimension that is apart from and complimentary to the political and economic dimensions. He does this by alluding to the spread of hypersonic missile technology in a number of leading countries. Indeed, it would appear that the United States is presently a laggard and not a generation ahead in this critical area which overturns the principles of deterrence from the Cold War days when a couple of superpowers had it all.

The list of countries newly deploying hypersonic missiles is dominated by countries in the Global South. This lends support to the idea discussed by panelists on last night’s Vladimir Solovyov talk show on Russian state television that the coming World War III will differ from the first two world wars in that it will be a nuclear exchange between adversaries in the Northern Hemisphere which decimates them alone. The beneficiaries and survivors, namely China and southeastern Asia, are all states with their own advanced economies and strong militaries. What will result from this war, they say, is the utter destruction of European – Christian civilization while the rest of the world goes on its way.

Is anybody in Washington or Brussels listening?

©Gilbert Doctorow, 2024

See  https://tntradiolive.podbean.com/e/gilbert-doctorow-basil-valentine-on-the-freeman-report-with-james-freeman-17-january-2024/ 

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

TNT Radio, “The Freeman Report” avec James Freeman

L’ancien député britannique James Freeman anime une émission de radio très vivante qui traite régulièrement des événements internationaux. J’ai eu le plaisir d’être réinvité par son équipe il y a deux jours pour une interview de 15 minutes portant sur les derniers développements de la guerre en Ukraine, sur les relations entre la Russie et le Moyen-Orient et sur la cote de popularité de Poutine aujourd’hui.

L’interview commence 20 minutes après le début de l’émission. Je suis particulièrement heureux d’avoir eu l’occasion d’expliquer pourquoi les attentes formulées semaine après semaine par les supporters occidentaux de la Russie, à savoir une attaque massive de la Russie contre l’Ukraine qui porterait un coup fatal, n’ont pas tenu compte des réalités de la guerre menée d’égal à égal. L’entretien m’a également permis de démentir l’idée largement diffusée par les médias occidentaux au printemps dernier selon laquelle le « régime » de Poutine était dans les cordes en raison d’une opposition interne illustrée par la tentative de mutinerie du groupe Wagner d’Evgeni Prigojine. Enfin, j’ai pu discuter de la probabilité que la Russie soit en train de conclure des traités de défense mutuelle avec l’Iran et la Corée du Nord, semblables aux dispositions de l’article 5 de l’alliance de l’OTAN, qui signifie « un pour tous et tous pour un ».  Si c’est le cas, l’OTAN sera bientôt informée que les jeux sont faits, que les chances de vaincre militairement l’un des membres de l’« Axe du mal », dans le langage politique de Washington, sont nulles.

Je recommande aux lecteurs l’introduction de 18 minutes de l’émission par James Freeman, dans laquelle il soulève le fait très important de la dimension militaire de la progression du multipolarisme dans le monde, une dimension qui est à la fois distincte et complémentaire des dimensions politiques et économiques. Pour ce faire, il fait allusion à la diffusion de la technologie des missiles hypersoniques dans un certain nombre de pays de premier plan. En effet, il semblerait que les États-Unis soient actuellement à la traîne et n’aient pas une génération d’avance dans ce domaine critique qui bouleverse les principes de dissuasion de l’époque de la guerre froide, lorsque deux superpuissances avaient tout en main.

La liste des pays qui viennent de déployer des missiles hypersoniques est dominée par des pays du Sud. Cela corrobore l’idée discutée par les panélistes de l’émission Vladimir Solovyov, diffusée hier soir sur la télévision publique russe, selon laquelle la prochaine Troisième Guerre mondiale sera différente des deux premières en ce sens qu’il s’agira d’un échange nucléaire entre adversaires de l’hémisphère nord, qui les décimera à eux seuls. Les bénéficiaires et les survivants, à savoir la Chine et l’Asie du Sud-Est, sont tous des États dotés d’une économie avancée et d’une armée puissante. Ce qui résultera de cette guerre, disent-ils, c’est la destruction totale de la civilisation européenne et chrétienne, tandis que le reste du monde poursuivra son chemin.

Quelqu’un à Washington ou à Bruxelles écoute-t-il ?

TNT Radio, “Der Freeman-Bericht” mit James Freeman

Der ehemalige britische Parlamentsabgeordnete James Freeman betreibt eine sehr lebendige Radiosendung, die sich regelmäßig mit internationalen Ereignissen befasst. Ich hatte das Vergnügen, vor zwei Tagen erneut von seinem Team zu einem 15-minütigen Interview eingeladen zu werden, in dem es um die jüngsten Entwicklungen im Ukraine-Krieg, um die Beziehungen zwischen Russland und dem Nahen Osten und um Putins heutige Beliebtheitswerte ging.

Das Interview beginnt 20 Minuten nach Beginn der Sendung. Ich habe mich besonders gefreut, dass ich die Gelegenheit hatte, zu erklären, warum die Erwartungen, die Russlands Cheerleader im Westen Woche für Woche an einen massiven russischen Angriff auf die Ukraine knüpfen, der einen K.O.-Schlag versetzt, den Realitäten eines Krieges auf Augenhöhe nicht Rechnung tragen. Das Interview bot mir auch die Gelegenheit, die im letzten Frühjahr von den westlichen Medien verbreitete Vorstellung zu entkräften, dass das Putin-“Regime” aufgrund einer internen Opposition, die durch den Meutereiversuch der Wagner-Gruppe von Jewgeni Prigoschin veranschaulicht wurde, in den Seilen hängen würde. Schließlich konnte ich die Wahrscheinlichkeit erörtern, dass Russland derzeit mit dem Iran und Nordkorea Verträge zur gegenseitigen Verteidigung abschließt, die den “Artikel 5”-Bestimmungen des NATO-Bündnisses ähneln, d.h. “einer für alle und alle für einen”. Wenn dies der Fall ist, wird die NATO bald darauf aufmerksam gemacht werden, dass das Spiel vorbei ist, dass die Chancen, ein Mitglied der “Achse des Bösen”, wie es in der politischen Sprache Washingtons heißt, militärisch zu besiegen, gleich Null sind.

Ich empfehle den Lesern die 18-minütige Einführung in das Programm von James Freeman, in der er die sehr wichtige Tatsache der militärischen Dimension des fortschreitenden Multipolarismus in der Welt anspricht, eine Dimension, die mit der politischen und wirtschaftlichen Dimension koexistiert und diese ergänzt. Er tut dies, indem er auf die Verbreitung von Hyperschall-Raketentechnologie in einer Reihe von führenden Ländern anspielt. Es hat den Anschein, dass die Vereinigten Staaten in diesem kritischen Bereich, der die Grundsätze der Abschreckung aus den Tagen des Kalten Krieges, als einige wenige Supermächte alles beherrschten, über den Haufen wirft, nicht eine Generation voraus, sondern ein Nachzügler sind.

Die Liste der Länder, die jetzt Hyperschallraketen einsetzen, wird von Ländern des globalen Südens dominiert. Dies untermauert den Gedanken, der gestern Abend in der Talkshow von Wladimir Solowjow im russischen Staatsfernsehen diskutiert wurde, dass sich der kommende Dritte Weltkrieg von den ersten beiden Weltkriegen dadurch unterscheiden wird, dass er ein nuklearer Schlagabtausch zwischen Gegnern in der nördlichen Hemisphäre sein wird, der diese allein dezimiert. Die Nutznießer und Überlebenden, nämlich China und Südostasien, sind allesamt Staaten mit eigenen fortgeschrittenen Volkswirtschaften und starken Streitkräften. Das Ergebnis dieses Krieges wird die völlige Zerstörung der europäisch-christlichen Zivilisation sein, während der Rest der Welt seinen Weg geht.

Hört denn niemand in Washington oder Brüssel zu?

Siehe  https://tntradiolive.podbean.com/e/gilbert-doctorow-basil-valentine-on-the-freeman-report-with-james-freeman-17-january-2024/ 

Sputnik International on latest French and German announcements of further military aid to Kiev

I recommend to this readership an article just published by Sputnik International that examines the new planned arms deliveries of France and Germany as they take up the slack left by Washington’s political infighting and temporary inability to approve appropriations for Kiev.

My fellow interviewee, Adriel Kasonta, former chairman of the International Affairs Committee of the Bow Group think tank, makes the argument that U.S. policy makers consciously scheme to use their leverage over France and Germany and stage manage Macron and Scholz into bringing the rest of the EU into continued and rising support for America’s proxy war on Russia.

Here I would introduce the old distinction between the subjective and the objective.  Objectively this is what Blinken and Sullivan are achieving. However subjectively, I doubt that these and other major influencers and implementers of the foreign policy of the Biden Administration think in these terms. The obvious shallowness of these personalities persuades me that they actually believe the Cold War propaganda they disseminate daily in favor of democracies, the rules based order, etc. and against autocracies, especially ‘aggressive’ autocracies like Russia. In this realm even individuals with high IQs, and I would put Sullivan in that category, behave like idiots, not like crafty schemers per Kasonta.

See  https://sputnikglobe.com/20240118/how-us-coerces-france–germany-to-fund-zelenskys-failing-conflict-1116238433.html

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus). Both translations include the full Sputnik article.

Sputnik International sur les dernières annonces de la France et de l’Allemagne concernant la poursuite de l’aide militaire à Kiev

Je recommande à ce lectorat un article qui vient d’être publié par Sputnik International et qui examine les nouvelles livraisons d’armes prévues par la France et l’Allemagne, qui prennent le relais des querelles politiques de Washington et de son incapacité temporaire à approuver les crédits destinés à Kiev.

Mon collègue interviewé, Adriel Kasonta, ancien président de la commission des affaires internationales du groupe de réflexion Bow Group, avance l’argument selon lequel les décideurs politiques américains ont sciemment planifié d’utiliser leur influence sur la France et l’Allemagne et de mettre en scène Macron et Scholz pour amener le reste de l’UE à apporter un soutien continu et croissant à la guerre par procuration menée par les États-Unis contre la Russie.

J’introduirais ici la vieille distinction entre le subjectif et l’objectif.  Objectivement, c’est ce que Blinken et Sullivan sont en train de réaliser. Toutefois, d’un point de vue subjectif, je doute que ces personnalités, ainsi que d’autres grands influenceurs et exécutants de la politique étrangère de l’administration Biden, pensent en ces termes. La superficialité évidente de ces personnalités me persuade qu’elles croient réellement à la propagande de la guerre froide qu’elles diffusent quotidiennement en faveur des démocraties, de l’ordre fondé sur des règles, etc. et contre les autocraties, en particulier les autocraties « agressives » comme la Russie. Dans ce domaine, même les individus dotés d’un QI élevé, et je classerais Sullivan dans cette catégorie, se comportent comme des idiots, et non comme des intrigants rusés selon Kasonta.

Comment les États-Unis forcent la France et l’Allemagne à financer                   le conflit raté de Zelensky

Deux experts en affaires internationales ont parlé à Sputnik de la manière dont l’Amérique convainc ses alliés européens d’injecter de l’argent en Ukraine alors que le pays en question est lui-même en difficulté.

La France et l’Allemagne ont récemment annoncé qu’elles continueraient à soutenir l’Ukraine jusqu’en 2024. L’aide américaine étant au point mort en raison de querelles politiques là-bas, Washington s’est de plus en plus appuyé sur les puissances européennes pour combler la différence.

Mais après l’échec de la contre-offensive de Kiev en 2023, il est clair, même dans les capitales européennes, que les chances de succès du pays sont faibles, car certains politiciens avisés sont arrivés au pouvoir en promettant de mettre fin aux livraisons d’armes. Comment les États-Unis parviennent-ils alors à rallier à leurs efforts certaines des plus grandes économies d’Europe occidentale ? Sputnik s’est entretenu avec deux experts en affaires internationales pour en savoir plus.

« L’Allemagne est un pays très intéressant », a déclaré l’analyste Adriel Kasonta, basé à Londres. « Les Américains ont une grande influence en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale. Et depuis que les Américains ont établi leurs bases en Allemagne et ont décidé d’occuper l’Allemagne d’une manière ou d’une autre et d’y rester pour s’assurer que l’Allemagne ne devienne pas une superpuissance sur le continent, ils exercent une très grande influence sur ce pays ».

« Pour remplir ses obligations envers l’hégémon occidental, les États-Unis, l’Allemagne doit déployer ou montrer un effort supplémentaire dans tout ce que font les pays européens », a déclaré l’ancien président de la commission des affaires internationales du groupe de réflexion Bow Group. « Par exemple, si les États-Unis s’opposent à l’accusation de l’Afrique du Sud contre Israël, l’Allemagne doit être le premier pays à s’y opposer après les États-Unis ».

« Si les États-Unis disent que la Russie est un ennemi, alors l’Allemagne doit être le premier pays d’Europe à battre le même tambour, le tambour de la guerre, et à maintenir le ravitaillement », a-t-il déclaré.

Kasonta a également affirmé que l’Allemagne bénéficiait de l’afflux de migrants ukrainiens provoqué par le conflit, qualifiant le pays d’« économie de migrants ». Une main-d’œuvre bon marché provenant de tout le continent est essentielle à la force économique de l’Allemagne, d’autant plus que les sanctions occidentales contre la Russie se retournent contre elle en faisant grimper les coûts de l’énergie. Toutefois, cette politique n’est pas sans conséquences, sous la forme d’une opposition intérieure croissante de la part de l’opinion publique allemande.

L’analyste des affaires russes Gilbert Doctorow souligne également que la perte du gaz russe a eu un « impact très préjudiciable sur la compétitivité de l’industrie allemande et sur les investissements dans de nouvelles productions ».

L’expert en relations internationales note que la France a une relation avec les États-Unis différente de celle de l’Allemagne, mais qu’elle a néanmoins ses propres raisons de continuer à soutenir l’effort militaire de l’Ukraine.

« Tous deux s’investissent fortement dans la cause ukrainienne et veillent à ce qu’il n’y ait pas de victoire russe, ce qui serait un désastre majeur pour l’OTAN et pour la totalité du concept existant de sécurité européenne que ces pays partagent », a-t-il expliqué.

« Leur contrôle sur leur propre politique intérieure sera fortement compromis s’ils tournent le dos à la propagande ukrainienne qu’ils promeuvent depuis deux ans », a ajouté Doctorow. « Avec les élections parlementaires européennes qui auront lieu en juin, ils pourraient être lourdement sanctionnés dans les urnes ».

Tout comme le chancelier allemand Olaf Scholz, le président français Emmanuel Macron s’est tellement engagé dans le récit du conflit dans le Donbass comme une bataille existentielle pour l’Europe qu’il aurait du mal à faire brusquement marche arrière dans le soutien de son pays.

Kasonta a affirmé que l’émergence des hostilités avec l’Ukraine a été néfaste pour le continent dans son ensemble, car elle empêche la Russie de s’unir au reste du continent et de former une véritable force contre-hégémonique.

« Nous nous servirons de vous en vous mettant en difficulté avec votre voisin le plus proche, qui est la Russie », a-t-il déclaré, résumant la pensée des décideurs politiques américains. « Nous vous mettrons dans une situation telle que vous ne pourrez pas sortir facilement du conflit parce que nous avons d’autres chats à fouetter à l’horizon. Et ce poisson à frire à l’horizon, c’est le conflit avec la Chine ».

Kasonta ajoute que les États-Unis ont déjà atteint un objectif important du conflit, qui était d’accroître les ventes d’armes en faisant pression sur les forces armées des deux côtés de l’Atlantique pour qu’elles améliorent leurs arsenaux.

Bien que leur objectif de porter un coup significatif à la Russie ait clairement échoué, Kasonta affirme que les gouvernements occidentaux sont incapables d’admettre leur échec au public. « Dans les capitales de ces pays occidentaux, on pense qu’ils ne peuvent pas admettre qu’ils ont tort parce qu’ils croient peut-être que d’une manière ou d’une autre, cela passera, que d’une manière ou d’une autre, il arrivera quelque chose », a-t-il déclaré.

« La communauté internationale, et en particulier les habitants de l’Europe occidentale, se sont fait leur propre opinion sur ce qu’il se passe », a-t-il ajouté. « Ils se sont fait une opinion sur leurs propres gouvernements. Ils se sont sentis trahis par leurs gouvernements bien avant le début du conflit en Ukraine. Mais je pense que le conflit en Ukraine est le dernier clou dans le cercueil de l’establishment néolibéral actuel en Occident ».

« Comme je l’ai dit, de toute façon, les gouvernements occidentaux ont échoué ».

Sputnik International über die jüngsten französischen und deutschen Ankündigungen weiterer Militärhilfe für Kiew

Ich empfehle dieser Leserschaft einen Artikel, der soeben von Sputnik International veröffentlicht wurde und in dem die neuen geplanten Waffenlieferungen Frankreichs und Deutschlands untersucht werden, da sie die Lücke schließen, die durch Washingtons politische Querelen und die vorübergehende Unfähigkeit, Mittel für Kiew zu bewilligen, entstanden ist.

Mein mit-Interviewpartner Adriel Kasonta, ehemaliger Vorsitzender des Ausschusses für internationale Angelegenheiten der Denkfabrik Bow Group, argumentiert, dass die US-Politiker bewusst planen, ihren Einfluss auf Frankreich und Deutschland zu nutzen und Macron und Scholz so zu inszenieren, dass sie den Rest der EU dazu bringen, Amerikas Stellvertreterkrieg gegen Russland weiterhin und zunehmend zu unterstützen.

Hier würde ich die alte Unterscheidung zwischen dem Subjektiven und dem Objektiven einführen. Objektiv ist das, was Blinken und Sullivan erreichen. Subjektiv bezweifle ich jedoch, dass diese und andere wichtige Einflussnehmer und Umsetzer der Außenpolitik der Biden-Administration in diesem Sinne denken. Die offensichtliche Oberflächlichkeit dieser Persönlichkeiten überzeugt mich davon, dass sie tatsächlich die Propaganda des Kalten Krieges glauben, die sie täglich zugunsten von Demokratien, der auf Regeln basierenden Ordnung usw. und gegen Autokratien, insbesondere “aggressive” Autokratien wie Russland, verbreiten. In diesem Bereich verhalten sich selbst Personen mit hohem IQ, und ich würde Sullivan in diese Kategorie einordnen, wie Idioten und nicht wie gewiefte Intriganten nach Kasonta.

Siehe  https://sputnikglobe.com/20240118/how-us-coerces-france–germany-to-fund-zelenskys-failing-conflict-1116238433.html

Wie die USA Frankreich und Deutschland dazu zwingen, Zelenskys scheiternden Konflikt zu finanzieren

Zwei Experten für internationale Angelegenheiten haben mit Sputnik darüber gesprochen, wie Amerika seine europäischen Verbündeten davon überzeugt, Geld in die Ukraine zu stecken, obwohl das jeweilige Land selbst in Schwierigkeiten steckt.

Frankreich und Deutschland haben vor kurzem angekündigt, dass sie die Ukraine bis 2024 weiter unterstützen werden. Da die US-Hilfe aufgrund dortiger politischer Querelen zum Stillstand gekommen ist, hat sich Washington zunehmend auf die europäischen Mächte gestützt, um die Differenz auszugleichen.

Doch nach dem Scheitern der Kiewer Gegenoffensive im Jahr 2023 ist auch in den europäischen Hauptstädten klar, dass die Erfolgsaussichten des Landes gering sind, da einige kluge Politiker mit dem Versprechen an die Macht kamen, die Waffenlieferungen einzustellen. Wie schaffen es die Vereinigten Staaten dann, einige der größten westeuropäischen Volkswirtschaften für ihre Bemühungen zu gewinnen? Sputnik hat mit zwei Experten für internationale Angelegenheiten gesprochen, um mehr darüber zu erfahren.

“Deutschland ist ein sehr interessantes Land”, sagte der in London ansässige Analyst Adriel Kasonta. “Die Amerikaner haben seit dem Zweiten Weltkrieg einen großen Einfluss in Deutschland. Und als die Amerikaner ihre Stützpunkte in Deutschland eingerichtet und beschlossen haben, Deutschland auf die eine oder andere Weise zu besetzen und dort zu bleiben, um sicherzustellen, dass Deutschland nicht zu einer Supermacht auf dem Kontinent aufsteigt, üben sie einen sehr großen Einfluss auf dieses Land aus.”

“Um seine Verpflichtungen gegenüber dem westlichen Hegemon, den Vereinigten Staaten, zu erfüllen, muss Deutschland bei allem, was die europäischen Länder tun, eine zusätzliche Anstrengung unternehmen oder zeigen”, erklärte der ehemalige Vorsitzende des Ausschusses für internationale Angelegenheiten der Denkfabrik Bow Group. “Wenn zum Beispiel die Vereinigten Staaten Einspruch gegen die Anklage Südafrikas gegen Israel erheben, muss Deutschland das erste Land sein, das nach den Vereinigten Staaten Einspruch erhebt.”

“Wenn die Vereinigten Staaten sagen, dass Russland ein Feind ist, dann muss Deutschland das erste Land in Europa sein, das die gleiche Trommel und zwar die Trommel des Krieges schlägt und den Nachschub aufrechterhält”, sagte er.

Kasonta sagte auch, dass Deutschland von dem durch den Konflikt verursachten Zustrom ukrainischer Migranten profitiert, und nannte das Land “die Migrantenwirtschaft”. Billige Arbeitskräfte aus dem ganzen Kontinent sind für die wirtschaftliche Stärke Deutschlands von entscheidender Bedeutung, vor allem da die westlichen Sanktionen gegen Russland nach hinten losgehen und die Energiekosten in die Höhe treiben. Diese Politik bleibt jedoch nicht ohne Folgen, da sich in der deutschen Öffentlichkeit zunehmend Widerstand regt.

Der Analyst für russische Angelegenheiten, Gilbert Doctorow, weist darauf hin, dass der Verlust des russischen Gases einen “sehr schädlichen Einfluss auf die [Wettbewerbsfähigkeit] der deutschen Industrie und auf Investitionen in neue Produktion” hat.

Der Experte für internationale Beziehungen merkte an, dass Frankreich eine andere Beziehung zu den Vereinigten Staaten habe als Deutschland, aber dennoch seine eigenen Gründe für die fortgesetzte Unterstützung der militärischen Bemühungen der Ukraine habe.

“Beide sind sehr an der Ukraine interessiert und wollen sicherstellen, dass es keinen russischen Sieg gibt, was eine große Katastrophe für die NATO und das gesamte bestehende europäische Sicherheitskonzept wäre, das diese Länder teilen”, erklärte er.

“Ihre Kontrolle über ihre eigene Innenpolitik wird stark beeinträchtigt, wenn sie sich von der Ukraine-Propaganda abwenden, die sie in den letzten zwei Jahren gefördert haben”, so Doctorow weiter. “Angesichts der bevorstehenden europaweiten Parlamentswahlen im Juni könnten sie an den Wahlurnen schwer bestraft werden.”

Zusammen mit dem deutschen Bundeskanzler Olaf Scholz hat sich der französische Präsident Emmanuel Macron so sehr dem Narrativ des Konflikts im Donbass als existenzieller Schlacht für Europa verschrieben, dass es ihm schwerfallen würde, die Unterstützung seines Landes plötzlich aufzugeben.

Kasonta sagte, dass die Entstehung von Feindseligkeiten mit der Ukraine schlecht für den Kontinent als Ganzes sei, weil sie Russland daran hindere, sich mit dem Rest des Kontinents zu vereinen und eine wirkliche gegen-hegemoniale Kraft zu bilden.

“Wir werden euch benutzen, indem wir euch in Schwierigkeiten mit eurem nächsten Nachbarn, nämlich Russland, bringen”, fasste er die Denkweise der US-Politiker zusammen. “Wir werden euch in eine Situation bringen, aus der ihr euch nicht so leicht befreien könnt, weil wir am Horizont einen anderen Fisch an der Angel haben. Und dieser Fisch, der am Horizont zu braten ist, ist der Konflikt mit China.”

Kasonta fügte hinzu, dass die Vereinigten Staaten bereits ein wichtiges Ziel des Konflikts erreicht hätten, nämlich die Ausweitung der Waffenverkäufe, indem sie die Streitkräfte auf beiden Seiten des Atlantiks unter Druck setzten, ihre Arsenale aufzurüsten.

Obwohl ihr Ziel, Russland einen empfindlichen Schlag zu versetzen, eindeutig gescheitert ist, argumentiert Kasonta, dass die westlichen Regierungen nicht in der Lage sind, ihr Scheitern in der Öffentlichkeit zuzugeben. “Das Denken in den Hauptstädten dieser westlichen Länder ist, dass sie nicht zugeben können, dass sie sich geirrt haben, weil sie vielleicht glauben, dass dies irgendwie ungeschehen gemacht werden kann, dass irgendwie etwas passieren wird”, sagte er.

“Die internationale Gemeinschaft und insbesondere die Menschen in Westeuropa haben sich ihre eigene Meinung über die Geschehnisse gebildet”, fügte er hinzu. “Sie haben sich eine Meinung über ihre eigenen Regierungen gebildet. Sie fühlten sich schon lange vor dem Ausbruch des Konflikts in der Ukraine von ihren Regierungen verraten. Aber ich denke, dass der Konflikt in der Ukraine der letzte Nagel im Sarg des derzeitigen neoliberalen Establishments im Westen ist.”“Wie ich schon gesagt habe, haben die Regierungen im Westen so oder so versagt.”

Belarus’s New Nuclear Doctrine:  WION, Indian English language global news service

Back from vacation, this morning I was back on the air per an invitation from the Indian broadcaster WION to comment on latest announcements from Minsk that a new Belarus doctrine on use of nuclear weapons is being rolled out.

At this point, very little is known about the content of that doctrine, though it clearly pertains to tactical nuclear devices from Russia that have been stationed in the country since last summer. Nonetheless, it appears relevant to link this announcement with the statement a couple of days ago by former Russian president Dmitry Medvedev that Russia is prepared to use nuclear weapons as a response to any attack, including by conventional arms, directed at its missile arsenals in the Russian heartland. And Medvedev’s statement may be placed in the context of German, British and French plans to deliver to Kiev in the near future long range missiles with striking distance well into the territory of the Russian Federation.

See https://www.youtube.com/watch?v=ElCTjWdfx80

Translation below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

La nouvelle doctrine nucléaire du Belarus :  WION, service d’information mondial indien en langue anglaise

De retour de vacances, j’ai repris l’antenne ce matin à l’invitation du radiodiffuseur indien WION pour commenter les dernières annonces de Minsk concernant la nouvelle doctrine biélorusse sur l’utilisation des armes nucléaires.

À ce stade, on ne sait pas grand-chose du contenu de cette doctrine, bien qu’elle concerne clairement les dispositifs nucléaires tactiques russes stationnés dans le pays depuis l’été dernier. Néanmoins, il semble pertinent d’établir un lien entre cette annonce et la déclaration faite il y a quelques jours par l’ancien président russe Dmitri Medvedev, selon laquelle la Russie est prête à utiliser des armes nucléaires en réponse à toute attaque, y compris par des armes conventionnelles, dirigée contre ses arsenaux de missiles situés au cœur de la Russie. La déclaration de Medvedev peut être replacée dans le contexte des projets allemands, britanniques et français visant à livrer à Kiev, dans un avenir proche, des missiles à longue portée dont la distance de frappe s’étend bien au-delà du territoire de la Fédération de Russie.

Transcription de l’interview

Crispino Nunes :

Le Belarus travaille à l’élaboration d’une nouvelle doctrine militaire qui prévoit l’utilisation d’armes nucléaires. Le ministre de la défense du Belarus a déclaré mardi que l’allié russe présenterait bientôt une nouvelle doctrine. Cette nouvelle doctrine intervient dans le cadre de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. L’année dernière, la Russie a envoyé des armes nucléaires tactiques au Belarus. La Russie a également utilisé le territoire du Belarus comme un tremplin pour envoyer ses troupes en Ukraine en 2022. Moscou maintient également des bases militaires et des armes au Belarus. La Russie a déclaré qu’elle conserverait le contrôle de ces armes. Ces armes sont destinées à être utilisées sur le champ de bataille et ont une courte portée et des performances relativement faibles.

À l’heure actuelle, la manière dont la nouvelle doctrine peut être appliquée aux armes russes n’est pas claire. La doctrine sera soumise à l’approbation de l’assemblée du peuple biélorusse. L’assemblée est un organe représentatif qui fonctionne en parallèle avec le Parlement biélorusse.

Le Belarus possédait des armes nucléaires tactiques et à longue portée lorsqu’il faisait partie de l’Union soviétique. Ces armes ont été transférées à la Russie après l’effondrement de l’URSS. Cette doctrine est la seule fois où le Belarus s’est engagé dans une doctrine nucléaire après la chute de l’Union soviétique.

Nous sommes maintenant rejoints par Gilbert Doctorow, analyste des affaires internationales, auteur et historien bruxellois. Merci de nous avoir rejoints pour cette émission.

Dr. Gilbert Doctorow :

C’est un plaisir pour moi.

Crispino Nunes :

Ma première question est la suivante : Comment l’Europe voit-elle la doctrine nucléaire du Belarus à l’heure actuelle ?

Dr. Gilbert Doctorow :

La doctrine nucléaire du Belarus, qui est en cours de mise en œuvre, mais dont les contours ne sont pas encore très clairs, doit être replacée dans un contexte plus large où la Russie réajuste sa position nucléaire, sa propre doctrine nucléaire, en fonction de l’évolution des circonstances et des menaces qui résultent de la guerre en Ukraine.

Il faut dire qu’il y a deux jours, M. Dmitri Medvedev, l’ancien président russe entre le premier mandat de M. Poutine et la suite de son mandat après la modification de la Constitution, a pris position. M. Medvedev, en tant que président, était un agneau et était très doux et sympathique envers l’Occident. Dans son rôle actuel de membre du Conseil de sécurité au sein de la Fédération de Russie, il est devenu un nationaliste assez féroce et est une voix de premier plan pour les conservateurs.

Il y a deux jours, il a déclaré que la Russie était prête à utiliser des armes nucléaires tactiques au cas où elle serait attaquée par des armes conventionnelles visant sa base de missiles située au cœur de la Russie.

Il s’agit d’un changement de politique – plutôt d’une clarification de la politique – qui s’annonçait depuis un certain temps à petits pas, et dont nous voyons aujourd’hui les grandes étapes. Et pourquoi cela se produit-il maintenant ? Je pense que l’on peut affirmer sans risque de se tromper que les services de renseignement russes sont conscients de la possibilité d’attaques spectaculaires dans le cœur de la Russie à la suite de la politique de la Vabanque, de la politique de la fuite en avant, qui est actuellement mise en place à Washington, à Londres, à Berlin et à Bruxelles, afin de sauver ce qui peut l’être de la cause perdue de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et de la poursuite de l’existence de l’Ukraine en tant qu’État souverain majeur dans l’espace européen.

Les Russes ont entendu M. Podolyak et d’autres hauts responsables ukrainiens dire que la guerre ne se passait pas très bien pour eux, mais qu’ils avaient encore quelques tours dans leur sac. Et ces tours pourraient bien être l’utilisation de missiles à longue portée fournis par l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, pour frapper les bases de défense au sein de la Fédération de Russie.

La Russie met tout le monde en garde, et la Biélorussie est partie prenante de cette politique pour dire : « Si vous faites cela, vous aurez une réponse nucléaire ! »

Crispino Nunes :

Nous suivrons de très près l’évolution de la situation. Dr. Gilbert Doctorow, merci de nous avoir rejoints pour nous donner votre point de vue sur cette question.

Dr. Gilbert Doctorow :

Merci de m’avoir invité.

Die neue Nukleardoktrin von Belarus: WION, indischer englischsprachiger globaler Nachrichtendienst

Nach meiner Rückkehr aus dem Urlaub war ich heute Morgen auf Einladung des indischen Rundfunksenders WION wieder auf Sendung, um die jüngsten Ankündigungen aus Minsk zu kommentieren, wonach eine neue weißrussische Doktrin über den Einsatz von Atomwaffen eingeführt wird.

Zum jetzigen Zeitpunkt ist über den Inhalt dieser Doktrin nur sehr wenig bekannt, obwohl sie sich eindeutig auf taktische Nuklearwaffen aus Russland bezieht, die seit letztem Sommer im Land stationiert sind. Dennoch erscheint es sinnvoll, diese Ankündigung mit der Erklärung des ehemaligen russischen Präsidenten Dmitri Medwedew vor einigen Tagen in Verbindung zu bringen, wonach Russland bereit ist, auf jeden Angriff, auch mit konventionellen Waffen, auf seine Raketenarsenale im russischen Kernland mit Atomwaffen zu reagieren. Die Erklärung Medwedews ist im Zusammenhang mit den Plänen Deutschlands, Großbritanniens und Frankreichs zu sehen, in naher Zukunft Langstreckenraketen an Kiew zu liefern, deren Reichweite weit in das Gebiet der Russischen Föderation hineinreicht.

Siehe https://www.youtube.com/watch?v=ElCTjWdfx80

Transcripts below of the interview in English and German translation provided by Andreas Mylaeus

Transcript

Crispino Nunes:

Belarus is working on a new military doctrine, which will make for the use of nuclear weapons. Now the Defense Minister of Belarus said on Tuesday that Russian ally will put forth a new doctrine soon. The new doctrine comes amid the ongoing Russia Ukraine war. Russia sent tactical nuclear weapons to be stationed in Belarus last year. Russia has also used Belarus territory as a springboat to send its troops into Ukraine in 2022. Moscow also maintains military bases and weapons in Belarus. Russia has said it will maintain control over those weapons. These weapons are intended for battlefield use and have short range and comparatively low yields.

Currently it is not clear how the new doctrine can be applied to Russian weapons. The doctrine will be presented for approval to all Belarusian people’s assembly. The assembly is a representative body that operates in parallel with the Belarusian Parliament.

Belarus had both tactical and long range nuclear weapons when it was part of the Soviet Union. The weapons were transferred by them to Russia after USSR’s collapse. This doctrine is the only time that Belarus has delved into a nuclear doctrine after the fall of the Soviet Union.

We are now joined by Dr. Gilbert Doctorow, international affairs analyst, author, and historian from Brussels. Thank you for joining us on the broadcast.

Dr. Gilbert Doctorow:

My pleasure.

Crispino Nunes:

My first question to you: How do you see Europe seeing Belarus’s nuclear doctrine at this point in time?

Dr. Gilbert Doctorow:

The Belarus nuclear doctrine, which is being rolled out, but still remains a bit unclear what the contours of it are. It has to be put put into a broader context of Russia readjusting its nuclear posture, its own nuclear doctrine in accordance with the changing circumstances, the changing threats that it sees coming out of the war in Ukraine.

It has to be said that two days ago Mr. Dmitri Medwedew, the former Russian President, during the period between Mr. Putin’s initial time in office and then his continued time in office following the amendment to the constitution. Mr. Medwedew, who was then a lamb as president and very mild and sympathetic to the West, has become a rather fierce nationalist in his presentent incarnation as a member of the Security Council within Russia and is a leading voice of conservatives.

And he said two days ago, that Russia was prepared to use tactical nuclear weapons in case it was attacked by conventional weapons that are aimed at its missile basis in Russian heartland.

Now this is a change of policy – it’s rather a clarification of policy – that has been coming for some time in baby steps – now we’re seeing the bigger steps. And why is this happening now? I think it’s safe to say that Russian intelligence is aware of possible dramatic attacks coming into the Russian heartland as a result of the Vabanque, the Go-For-Broke policies, that are created now in Washington, in London, in Berlin and Brussels, in order to save what can be saved of the lost cause of Ukrainian NATO membership and Ukrainian continued existence as a major sovereign state in with in Europe.

The Russians have heard Mr. Podolyak and other top Ukrainian officials say, that yes the war has not going going very well for them but they have a few more tricks up their sleeve. And the tricks up their sleeve could very well be the use of long range missiles that are provided by Germany, by France and Britain, to strike at defense bases within the Russian Federation.

Russia is putting everyone on notice, and Belarus is a party in this policy. to say: „You do that and you’ll get a nuclear response!“

Crispino Nunes:

We will be tracking the developments very closely. Dr. Gilbert Doctorow, thank you for joining us on the broadcast to give us your viewpoints on this matter.

Dr. Gilbert Doctorow:

Thanks for inviting me.

Transkript

Crispino Nunes:

Weißrussland arbeitet an einer neuen Militärdoktrin, die auch den Einsatz von Atomwaffen vorsieht. Nun sagte der weißrussische Verteidigungsminister am Dienstag, dass der russische Verbündete bald eine neue Doktrin vorlegen wird. Die neue Doktrin kommt inmitten des laufenden Russland-Ukraine-Krieges. Russland hat im vergangenen Jahr taktische Atomwaffen nach Weißrussland geschickt. Außerdem hat Russland das weißrussische Territorium als Sprungbrett genutzt, um seine Truppen 2022 in die Ukraine zu schicken. Moskau unterhält auch Militärbasen und Waffen in Weißrussland. Russland hat erklärt, dass es die Kontrolle über diese Waffen behalten wird. Diese Waffen sind für den Einsatz auf dem Schlachtfeld bestimmt und haben eine kurze Reichweite und eine vergleichsweise geringe Sprengkraft.

Derzeit ist nicht klar, wie die neue Doktrin auf russische Waffen angewendet werden kann. Die Doktrin wird der gesamten belarussischen Volksversammlung zur Genehmigung vorgelegt. Bei der Versammlung handelt es sich um ein repräsentatives Gremium, das parallel zum belarussischen Parlament arbeitet.

Weißrussland verfügte als Teil der Sowjetunion sowohl über taktische als auch über Langstrecken-Atomwaffen. Die Waffen wurden nach dem Zusammenbruch der UdSSR an Russland abgegeben. Diese Doktrin ist das einzige Mal, dass Belarus nach dem Zerfall der Sowjetunion eine Nukleardoktrin entwickelt hat.

Bei uns ist jetzt Dr. Gilbert Doctorow, Analyst für internationale Angelegenheiten, Autor und Historiker aus Brüssel. Vielen Dank für Ihre Teilnahme an dieser Sendung.

Dr. Gilbert Doctorow:

Sehr gerne.

Crispino Nunes:

Meine erste Frage an Sie: Wie sieht Europa aus Ihrer Sicht die Nukleardoktrin von Belarus zum jetzigen Zeitpunkt?

Dr. Gilbert Doctorow:

Die weißrussische Nukleardoktrin wird gerade eingeführt wird. Die Konturen sind aber noch etwas unklar. Sie muss aber in einen breiteren Kontext gestellt werden, in dem Russland seine nukleare Haltung, seine eigene Nukleardoktrin in Übereinstimmung mit den sich verändernden Umständen, den sich verändernden Bedrohungen, die es durch den Krieg in der Ukraine sieht, neu justiert.

Es muss gesagt werden, dass vor zwei Tagen Herr Dmitri Medwedew, der ehemalige russische Präsident in der Zeit zwischen der ersten Amtszeit von Herrn Putin und seiner weiteren Amtszeit nach der Änderung der Verfassung, Stellung genommen hat. Herr Medwedew, war damals als Präsident ein Lamm und dem Westen gegenüber sehr mild und sympathisch. Er ist in seiner jetzigen Inkarnation als Mitglied des Sicherheitsrates innerhalb Russlands zu einem ziemlich starken Nationalisten geworden und ist eine führende Stimme der Konservativen.

Und er hat vor zwei Tagen gesagt, Russland sei bereit, taktische Atomwaffen einzusetzen, falls es von konventionellen Waffen angegriffen würde, die auf seine Raketenbasen im russischen Kernland gerichtet sind.

Dies ist ein Politikwechsel – bzw. eher eine Klarstellung der Politik –, die sich seit einiger Zeit in kleinen Schritten vollzieht. Jetzt sehen wir die größeren Schritte. Und warum geschieht das jetzt?

Ich denke, man kann mit Sicherheit sagen, dass der russische Geheimdienst sich möglicher dramatischer Angriffe auf das russische Kernland bewusst ist, die als Ergebnis der Vabanque-, der Go-For-Broke-Politik kommen, die jetzt in Washington, in London, in Berlin und Brüssel gemacht wird, um zu retten, was von der verlorenen Sache der ukrainischen NATO-Mitgliedschaft und der weiteren Existenz der Ukraine als wichtiger souveräner Staat in Europa noch zu retten ist.

Die Russen haben Herrn Podoljak und andere hochrangige ukrainische Beamte sagen hören, dass der Krieg für sie zwar nicht sehr gut läuft, dass sie aber noch ein paar Tricks im Ärmel haben. Und die Tricks in ihrem Ärmel könnten sehr wohl der Einsatz von Langstreckenraketen sein, die von Deutschland, Frankreich und Großbritannien bereitgestellt werden, um Verteidigungsbasen in der Russischen Föderation anzugreifen.

Russland lässt alle wissen, und Weißrussland ist eine Partei in dieser Politik: “Wenn ihr das tut, werdet ihr eine nukleare Antwort bekommen!”

Crispino Nunes:

Wir werden die Entwicklungen sehr genau verfolgen. Dr. Gilbert Doctorow, wir danken Ihnen, dass Sie uns in dieser Sendung Ihren Standpunkt zu diesem Thema darlegen.

Dr. Gilbert Doctorow:

Danke für die Einladung.

How the Ukraine war may end as forecast by leading Western and Russian analysts: a REN TV (Moscow) feature program

How the Ukraine war may end as forecast by leading Western and Russian analysts: a REN TV (Moscow) feature program

I have remarked on various occasions that going back to 2016 I have been an invited guest on Russian commercial and state television channels directed at the RF domestic audience. Among these broadcasters was REN TV, who occasionally call upon me nowadays as well to join other commentators for feature programs on the Ukraine war.

One week ago, I spent half an hour with them on Skype responding to a long list of questions. The hour long program into which my responses were integrated was aired this past Saturday, and yesterday I received the link:

The program is in Russian. I and the other Western participants, with one exception, all were asked to give our answers in English, and the show’s producers then applied a Russian voice over. As for my Western ‘co-panelists,’ I am pleased to say that I was in good company, among them Larry Johnson and Alexander Rahr. The Russian commentators were also well credentialed.

What emerges from this program is the following:

  1. The Russians are inflicting destruction and death on the Ukrainian armed forces, all of which is shown graphically throughout the film
  2. The failure of the Ukrainian counter-offensive opened the way to a political struggle at the top in Kiev, between Zelensky and his military commander general Zaluzhny, with other ambitious contenders like Tymoshenko adding to the cacophony.
  3. There is a real possibility of a coup d’etat against the Zelensky government led by the military
  4. Meanwhile, Western backers of Kiev have lost their enthusiasm and the flow of military and financial aid is drying up
  5. Continuation of the war will likely lead to further territorial losses for Kiev, with the Russians taking the Black Sea littoral while Hungary, Romania and Poland all seize their historic territories where their own ethnic groups are strongly present today.
  6. The utter collapse of the Ukrainian military is now a real possibility and would result in capitulation and surrender on Russian terms, meaning neutrality, removal of the neo-Nazi elements from the ruling elites and a reorganization of the military into a small army relying on domestically produced supplies
  7. Zelensky may be murdered by any one of several foreign intelligence agencies, and his best future will be to leave Ukraine for some foreign residence while the going is good

©Gilbert Doctorow, 2024

Translations below into French (Youri) and German (Andreas Mylaeus)

Comment la guerre en Ukraine pourrait se terminer selon les prévisions

des principaux analystes occidentaux et russes :

un programme de REN TV (Moscou)

J’ai fait remarquer à plusieurs reprises que, depuis 2016, j’ai été invité sur des chaînes de télévision commerciales et publiques russes destinées au public national de la Fédération de Russie. Parmi ces chaînes figurait REN TV, qui fait parfois appel à moi pour rejoindre d’autres commentateurs dans le cadre d’émissions consacrées à la guerre en Ukraine.

Il y a une semaine, j’ai passé une demi-heure avec eux sur Skype à répondre à une longue liste de questions. L’émission d’une heure dans laquelle mes réponses ont été intégrées a été diffusée samedi dernier et j’ai reçu le lien hier :

L’émission est en russe. Les autres participants occidentaux et moi-même, à une exception près, avons tous été invités à donner nos réponses en anglais, et les producteurs de l’émission ont ensuite utilisé une voix off russe. En ce qui concerne mes « co-panélistes » occidentaux, je suis heureux de dire que j’étais en bonne compagnie, parmi lesquels Larry Johnson et Alexander Rahr. Les commentateurs russes étaient également très compétents.

Il ressort de ce programme le constat suivant :

1. Les Russes infligent des destructions et des décès aux forces armées ukrainiennes, ce qui est montré de manière graphique tout au long du film

2. L’échec de la contre-offensive ukrainienne a ouvert la voie à une lutte politique au sommet de Kiev, entre Zelensky et son commandant militaire, le général Zaluzhny, avec d’autres candidats ambitieux comme Timoshenko qui ajoutent à la cacophonie.

3. La possibilité d’un coup d’État contre le gouvernement Zelensky mené par les militaires est réelle

4. Entre-temps, les bailleurs de fonds occidentaux de Kiev ont perdu leur enthousiasme et le flux d’aide militaire et financière se tarit.

5. La poursuite de la guerre entraînera probablement de nouvelles pertes territoriales pour Kiev, les Russes s’emparant du littoral de la mer Noire tandis que la Hongrie, la Roumanie et la Pologne s’empareront de leurs territoires historiques où leurs propres groupes ethniques sont aujourd’hui fortement présents.

6. L’effondrement total de l’armée ukrainienne est désormais une possibilité réelle et entraînerait une capitulation aux conditions russes, c’est-à-dire la neutralité, l’élimination des éléments néo-nazis des élites dirigeantes et la réorganisation de l’armée en une petite armée s’appuyant sur des fournitures produites dans le pays.

7. Zelensky pourrait être assassiné par l’une ou l’autre des agences de renseignement étrangères, et son meilleur avenir serait de quitter l’Ukraine pour s’installer à l’étranger tant que les choses vont bien.

https://gilbertdoctorow.com/

16. Januar 2024

Wie der Ukraine-Krieg laut Prognosen führender westlicher und russischer Analysten enden könnte: ein Beitrag von REN TV (Moskau)

Ich habe bei verschiedenen Gelegenheiten darauf hingewiesen, dass ich seit 2016 bei kommerziellen und staatlichen russischen Fernsehsendern, die sich an das einheimische Publikum der RF richten, zu Gast bin. Zu diesen Sendern gehörte auch REN TV, der mich auch heute noch gelegentlich einlädt, um gemeinsam mit anderen Kommentatoren Beiträge über den Ukraine-Krieg zu senden.

Vor einer Woche verbrachte ich eine halbe Stunde per Skype mit ihnen und beantwortete eine lange Liste von Fragen. Die einstündige Sendung, in die meine Antworten integriert wurden, wurde am vergangenen Samstag ausgestrahlt, und gestern erhielt ich den Link:

Die Sendung ist auf Russisch. Ich und die anderen westlichen Teilnehmer, mit einer Ausnahme, wurden alle gebeten, ihre Antworten auf Englisch zu geben, und die Produzenten der Sendung haben dann eine russische Synchronisation vorgenommen. Was meine westlichen “Mitdiskutanten” angeht, so war ich erfreulicherweise in guter Gesellschaft, darunter Larry Johnson und Alexander Rahr. Auch die russischen Kommentatoren waren sehr gut qualifiziert.

Aus dieser Sendung geht Folgendes hervor:

1.       Die Russen fügen den ukrainischen Streitkräften Zerstörung und Tod zu, was im gesamten Film anschaulich gezeigt wird.

2.       Das Scheitern der ukrainischen Gegenoffensive öffnete den Weg für einen politischen Kampf an der Spitze in Kiew, zwischen Zelenski und seinem militärischen Befehlshaber General Zaluzhny, wobei andere ehrgeizige Anwärter wie Timoschenko die Kakophonie noch verstärken.

3.       Es besteht die reale Möglichkeit eines Staatsstreichs gegen die Regierung Zelenskij unter Führung des Militärs.

4.       In der Zwischenzeit haben die westlichen Unterstützer Kiews ihren Enthusiasmus verloren, und der Fluss der militärischen und finanziellen Hilfe versiegt.

5.       Die Fortsetzung des Krieges wird wahrscheinlich zu weiteren territorialen Verlusten für Kiew führen, wobei die Russen die Schwarzmeerküste einnehmen werden, während Ungarn, Rumänien und Polen ihre historischen Gebiete zurückerobern, in denen ihre eigenen ethnischen Gruppen heute stark vertreten sind.

6.       Der völlige Zusammenbruch des ukrainischen Militärs ist nun eine reale Möglichkeit und würde zu einer Kapitulation und Übergabe zu russischen Bedingungen führen, d.h. Neutralität, Entfernung der neonazistischen Elemente aus den herrschenden Eliten und Umstrukturierung des Militärs zu einer kleinen Armee, die sich auf im Inland produzierte Güter stützt.

7.       Zelensky kann von jedem beliebigen ausländischen Geheimdienst ermordet werden, und seine beste Zukunft wird darin bestehen, die Ukraine zu verlassen und ins Ausland zu gehen, solange es noch gut geht.

Are there any winners in the Russia-Ukraine war?

Yesterday I was reading a speech about the Russia-Ukraine war that was recently delivered by one of  America’s most experienced and independent-minded diplomats who is now in semi-retirement. The speech exemplified both the merits and the drawbacks of his profession.

By nature, diplomats look for compromises that can result in negotiated settlements to conflicts.  In the given instance, the logic of diplomacy is to say that none of the protagonists in the Russia-Ukraine war, both those named and those unnamed, meaning the foreign backers of the Zelensky regime, has achieved its maximal goals, and so all should sit down at a table and reach a settlement that satisfies none but puts an end to the killing.

However, sometimes there are clear winners and losers

If one has to look for a loser, Ukraine is the stand-out. It has lost in every dimension: lost territory; more than 500,000 killed and maimed soldiers; destroyed military hardware, including the Wunderwaffe received from the USA and Europe; economic collapse; heavy losses of population as millions of refugees fled West and East. This irremediable disaster is every day acknowledged by more mainstream media in the West and explains the reluctance of politicians in Washington and Brussels to continue funding the war.

As for winners, most commentators in the West, including the referenced diplomat in his recent speech, are reluctant to admit the obvious. The big winners from this war are the United States and Russia.

These commentators measure the success or failure of the United States in this latest foreign adventure against its stated aim at the outset: to deal devastating blows to the Russian armed forces and to the Russian economy, thereby ensuring that the country would be unable to unleash an aggressive war against any of its neighbors for decades to come. If I may translate this into standard English: to eliminate Russia from the short list of world powers and enable the United States to move on to its greater task of vanquishing China, and so ruling the roost unchallenged.

Of course, the United States has failed in this mission as we will see in a moment when we look at the other side of the coin, namely how Russia has fared.

But it would be an unforgivable mistake to take Washington at its word. I venture to say that the greater objective, which could not be stated publicly, was to reinforce American subjugation of Europe for the sake of financial gain and to bulk up for the showdown with China.

In this regard, the Ukraine war has paid off handsomely for Washington. The destruction of Nord Stream with the complicity of the German government completed the severance of Europe from cheap Russian pipeline gas that had been a steadfast American objective since the mid-1990s. Instead, Europe became dependent on American LNG, propelling the United States into a world beating position on energy markets and yielding windfall profits from sales to the Old Continent.

Inflated energy costs hastened the deindustrialization of Europe and redirection of investments in industrial capacity by European firms to the United States, where energy costs are three or four times lower. Meanwhile, cleaning out the stores of military weaponry in Europe to assist Kiev under Washington’s direction has meant that all European NATO countries are utterly dependent on new U.S. weaponry to refill their arsenals. Without such deliveries, they cannot presently resist a Russian ground offensive for more than a few days of intensive artillery battles. The European leadership understands this fatal weakness very well and it makes them utterly compliant with Washington’s wishes in all matters.

However, I believe this subjugation of Europe is against the laws of nature and is untenable. In the foreseeable future, there will be a revolt against Washington and/or the collapse of the European Union over its role as facilitator of American domination.  We may expect the political forces now categorized by Western media as the ‘Extreme Right’ to lead the fight for national liberation and overthrow the shackles that Washington has forged. The June 2024 Europe-wide elections will be an important test.

What about Russia?

Serious commentators in the West all recognize that the Russian economy has shown unexpected resilience and that the war economy has yielded positive growth, while Europe stagnates or enters recession.  Curiously, attention is drawn to the important role of military orders in Russia’s expanding economy as if that were a negative factor for predicting Russia’s future economic prospects.  But if the military industrial complex has been for decades and remains today a major sponsor of research and industrial innovation in the United States, which is obvious as day to any investor in Boeing, for example, then why should it be any different for the Russian economy.  To those with eyes to see and with minds open to the facts, it is clear that Russia is going through very fast paced reindustrialization in all sectors. 

Observers of China have long told us that the country cannot easily be replaced by Vietnam or India as the world’s factory because they have learned to optimize the organization of production on the factory floor and in this regard they have gone well beyond the Western companies whose designs they turn into goods. 

Meanwhile Russia has made its own breakthroughs. The time spent from establishing new product requirements for the armed forces in the field through the time needed to design and manufacture suitable products en masse was reduced from 7 years to 7 months during 2023 and this energy is spreading across the economy. The links between basic science, applied science and serial production were always very weak in Russia. No longer.

Import substitution has been a slogan in Russia ever since the West imposed harsh sanctions on the economy in the summer of 2014. Now, with the generalized reindustrialization of Russia, the notion has grown legs.

At the same time, Russia has continued its program of heavy investments in civilian infrastructure. The emphasis, of course, is on European Russia, which is being knit ever more closely together by newly opened world class intercity highways, high speed trains and new airports served by Russian built civilian planes. But more and more funding has been assigned to logistical solutions for the Far North, Eastern Siberia and the Pacific Maritime regions in support of the Northern sea route and in support of the extractive industries. All of this lays the groundwork for a fast growing national economy in the future.

And what about Russia’s military strength?

At the level of strategic weapons systems, the past couple of years have witnessed the completion of a modernization program for Russia’s nuclear triad that puts the country well ahead of the United States in this domain. Among the strategic weapons that are now being put into regular service are a new ICBM that carries multiple hypersonic attack missiles that can pulverize whole nations at a go.

But let us recall that even in the 1990s Russia’s status as a nuclear superpower was not doubted even if loudmouth American politicians insisted that the nukes were useless since a nuclear exchange would yield no winners. Instead, they pointed to the utterly demoralized and underequipped Russian conventional forces that performed so poorly in the Chechen wars at the end of the last century and were said to remain underpowered and unimpressive during the Georgian war of 2008.

The situation today is vastly different. The challenges of the Ukraine war have compelled Russia to equip and train what are arguably the strongest conventional armed forces on the Continent if not in the world.

A lot of Russian IT geniuses may have emigrated to the United States since the 1990s to work for Google and others in Silicon Valley. Still more fled abroad in the opening months of the Special Military Operation. But there is always a surfeit of talent in a field like this, and the loyal souls who stayed at their work desks have created Electronic Warfare technologies, reconnaissance and attack drones, as well as other essential instruments of defense and offense for the battlefield that even Russophobes at The Financial Times are compelled to recognize as world beating, as we saw on their pages several days ago. Russian tanks, armored personnel carriers, attack helicopters every day prove their superiority to NATO analogues on the battlefield, and this helps explain the 8:1 or 10:1 advantage in the kill rate of the Russian armies against the combined Ukraine-NATO troops today.

Until very recently, it was commonplace to find our mainstream commentators speaking of China as having the world’s second strongest military after the United States. Now I am reading on the pages of the FT that endemic corruption has been a blight on the Chinese military. It would appear that by trashing China, the editorial board is preparing the way for stating what is there for all to see: that Russia is now the number two military in the world.

Why is Russia not number one? Because Russia’s leadership has its mind on the ball. The Soviet Union sought to be a superpower, meaning capable of projecting force all across the globe.  The Russian Federation has no such ambition. It seeks to be a hegemon in its own part of the world, meaning the Former Soviet Union and Eastern Europe, and to be a major player at the global Board of Governors alongside peers that include the USA and China, among others.  To do this Russia has almost no need for military bases abroad, and it has no more than you can count on one hand.  It has no need of aircraft carriers, which it does not build, concentrating instead on corvette sized naval vessels that are armed  with hypersonic and other devastating missiles, as well as nuclear submarines carrying ICBMs and also hypersonic missiles for use in regional hotspots. These are being turned out and commissioned in the shipyards at a fast rate, as we heard and saw over the past couple of months of official commissioning. Those shipyards, are, by the way, now run by one of the most capable managers in the country, VTB Bank CEO Andrei Kostin.

The lecturer whose speech I read yesterday spoke of Russia’s cutting ties with Western Europe as the end of 300 years of immersion in European culture, and the present pivot of Russian foreign policy to China and the Global South as driven by necessity, a kind of forced isolation.

To be sure, the current split from Europe may last a generation, since feelings are very bitter on both sides. However, even in present conditions, the ‘cancel Russia’ policies in Europe that we saw at the start of the Ukraine war are fading.  In the domain of culture above all Russia is indispensable if audiences are not to die of boredom, and Russian divas are once again on our opera stages. I have little doubt that Russian stars of other performing arts will soon reappear here. When some kind of settlement to the war finally occurs, Russia will slowly make a comeback in Europe.

However, it is a false and under-informed opinion to see Russia’s pivot to what we used to call the Third World as something new.  The foreign policy orientation of the Soviet Union was internationalist in the broadest sense. It made fast and true friends across Africa by supporting the national liberation movements. It did the same by supporting Castro and other leaders in Latin America striving to get out from under the boot of Washington in their hemisphere. As for East Asia, apart from China, with which relations blew hot and cold, there was active cultivation of relations with Indonesia, with the countries of Indochina during Soviet times. But whereas the objective of Soviet policy was formation of blocs where possible, the RF objective is to release countries from control by Washington and its allies so that they may pursue their own national interests, which may diverge from Russia’s in many ways.

The single most flagrant error in the analysis of the enlightened and independent minded diplomat whose lecture caught my attention was to measure Russia’s success or failure in the Ukraine war by what we impute to Russia and not what Russians themselves define as their aims. In this war, Vladimir Putin listed three tasks at the outset: to demilitarize Ukraine, to denazify the country and to ensure it does not join NATO. The most important among them is, of course, ‘demilitarization’ which means crushing the Ukrainian armed forces. From this the other two follow necessarily. And destruction of the Ukrainian army is now a realistic expectation in the foreseeable future.

I have little doubt that this war will end, quite possibly in the coming six months, with a peace settlement that amounts to Ukrainian and Western capitulation to Russia’s demands.  Winners take all!

©Gilbert Doctorow, 2024

P.S. – Tomorrow I leave for a one week winter vacation. I may come online during this period only if there are major developments in the war, otherwise we will be back in touch as from 16 January.

Translations below into German (Andreas Mylaeus) and French (Youri)

Gibt es Gewinner im Russland-Ukraine-Krieg?

Gestern habe ich eine Rede über den Krieg zwischen Russland und der Ukraine gelesen, die kürzlich von einem der erfahrensten und unabhängigsten Diplomaten Amerikas gehalten wurde, der sich jetzt in Altersteilzeit befindet. Die Rede veranschaulichte sowohl die Vorzüge als auch die Nachteile seines Berufs.

Es liegt in der Natur der Sache, dass Diplomaten nach Kompromissen suchen, um Konflikte auf dem Verhandlungswege beizulegen. Im vorliegenden Fall besteht die Logik der Diplomatie darin, zu sagen, dass keiner der Protagonisten im russisch-ukrainischen Krieg, weder die genannten noch die ungenannten, d.h. die ausländischen Unterstützer des Zelenski-Regimes, seine maximalen Ziele erreicht hat, so dass sich alle an einen Tisch setzen und eine Einigung erzielen sollten, die niemanden zufrieden stellt, aber dem Töten ein Ende setzt.

Manchmal gibt es jedoch klare Gewinner und Verlierer.

Wenn man nach einem Verlierer suchen muss, ist die Ukraine der herausragende Verlierer. Sie hat in jeder Hinsicht verloren: verlorenes Territorium; mehr als 500.000 getötete und verstümmelte Soldaten; zerstörte militärische Ausrüstung, einschließlich der Wunderwaffen (sic!), die sie von den USA und Europa erhalten hat; wirtschaftlicher Zusammenbruch; schwere Bevölkerungsverluste, da Millionen von Flüchtlingen nach Westen und Osten geflohen sind. Diese unabänderliche Katastrophe wird jeden Tag von mehr Mainstream-Medien im Westen anerkannt und erklärt den Widerwillen der Politiker in Washington und Brüssel, den Krieg weiter zu finanzieren.

Was die Gewinner betrifft, so zögern die meisten Kommentatoren im Westen, einschließlich des zitierten Diplomaten in seiner jüngsten Rede, das Offensichtliche zuzugeben. Die großen Gewinner dieses Krieges sind die Vereinigten Staaten und Russland.

Diese Kommentatoren messen den Erfolg oder Misserfolg der Vereinigten Staaten in diesem jüngsten Auslandsabenteuer an ihrem zu Beginn erklärten Ziel: den russischen Streitkräften und der russischen Wirtschaft verheerende Schläge zu versetzen und damit sicherzustellen, dass das Land auf Jahrzehnte hinaus keinen Angriffskrieg gegen einen seiner Nachbarn führen kann. Mit anderen Worten: Russland sollte von der kurzen Liste der Weltmächte gestrichen werden, damit die Vereinigten Staaten sich ihrer großen Aufgabe widmen können, China zu besiegen und so unangefochten die Vorherrschaft zu übernehmen.

Natürlich sind die Vereinigten Staaten bei dieser Aufgabe gescheitert, wie wir gleich sehen werden, wenn wir uns die andere Seite der Medaille ansehen, nämlich wie es Russland ergangen ist.

Aber es wäre ein unverzeihlicher Fehler, Washington beim Wort zu nehmen. Ich wage zu behaupten, dass das größere Ziel, das nicht öffentlich bekannt gegeben werden konnte, darin bestand, die Unterwerfung Europas durch die USA zu verstärken, um finanzielle Vorteile zu erzielen und sich für den Showdown mit China zu rüsten.

In dieser Hinsicht hat sich der Krieg in der Ukraine für Washington sehr gelohnt. Die Zerstörung von Nord Stream mit der Komplizenschaft der deutschen Regierung vollendete die Abtrennung Europas vom billigen russischen Pipeline-Gas, das seit Mitte der 1990er Jahre ein unerschütterliches amerikanisches Ziel gewesen war. Stattdessen wurde Europa von amerikanischem Flüssiggas abhängig, was die Vereinigten Staaten in eine weltweit führende Position auf den Energiemärkten katapultierte und ihnen Windfall-Profite aus den Verkäufen an den Alten Kontinent einbrachte.

Inflationäre Energiekosten beschleunigten die Deindustrialisierung Europas und die Verlagerung von Investitionen in industrielle Kapazitäten durch europäische Unternehmen in die Vereinigten Staaten, wo die Energiekosten drei- bis viermal niedriger sind. In der Zwischenzeit hat das Ausmisten der Waffenlager in Europa zur Unterstützung Kiews auf Anweisung Washingtons dazu geführt, dass alle europäischen NATO-Länder völlig abhängig von neuen US-Waffen sind, um ihre Arsenale aufzufüllen. Ohne solche Lieferungen können sie einer russischen Bodenoffensive derzeit nicht länger als ein paar Tage intensiver Artilleriegefechte widerstehen. Die europäische Führung ist sich dieser fatalen Schwäche sehr wohl bewusst, und sie macht sie in allen Belangen völlig willfährig gegenüber Washingtons Wünschen.

Ich glaube jedoch, dass diese Unterwerfung Europas gegen die Naturgesetze verstößt und unhaltbar ist. In absehbarer Zeit wird es eine Revolte gegen Washington und/oder einen Zusammenbruch der Europäischen Union geben, weil sie die amerikanische Vorherrschaft unterstützt. Es ist zu erwarten, dass die politischen Kräfte, die von den westlichen Medien heute als “extreme Rechte” bezeichnet werden, den Kampf für die nationale Befreiung anführen und die von Washington geschmiedeten Fesseln sprengen werden. Die europaweiten Wahlen im Juni 2024 werden ein wichtiger Test sein.

Was ist mit Russland?

Seriöse Kommentatoren im Westen erkennen alle an, dass die russische Wirtschaft eine unerwartete Widerstandsfähigkeit gezeigt hat und dass die Kriegswirtschaft ein positives Wachstum hervorgebracht hat, während Europa stagniert oder in eine Rezession gerät. Seltsamerweise wird die Aufmerksamkeit auf die wichtige Rolle der militärischen Aufträge in Russlands expandierender Wirtschaft gelenkt, als ob dies ein negativer Faktor für die Vorhersage von Russlands zukünftigen Wirtschaftsaussichten wäre. Aber wenn der militärisch-industrielle Komplex jahrzehntelang ein wichtiger Sponsor von Forschung und industrieller Innovation in den Vereinigten Staaten war und auch heute noch ist, was für jeden Investor, der z.B. in Boeing investiert, offensichtlich ist, warum sollte es dann für die russische Wirtschaft anders sein? Für diejenigen, die mit offenen Augen durch die Welt gehen, ist klar, dass Russland in allen Sektoren eine rasante Reindustrialisierung durchläuft.

Beobachter Chinas sagen uns seit langem, dass das Land nicht ohne weiteres durch Vietnam oder Indien als Fabrik der Welt ersetzt werden kann, weil es gelernt hat, die Organisation der Produktion in den Fabriken zu optimieren, und in dieser Hinsicht die westlichen Unternehmen, deren Entwürfe es in Waren umsetzt, weit hinter sich gelassen hat.

Inzwischen hat Russland seine eigenen Durchbrüche erzielt. Die Zeit, die von der Festlegung neuer Produktanforderungen für die Streitkräfte im Feld bis zur Entwicklung und Herstellung geeigneter Produkte in Massenproduktion vergeht, wurde im Jahr 2023 von sieben Jahren auf sieben Monate verkürzt, und diese Energie überträgt sich auf die gesamte Wirtschaft. Die Verbindung zwischen Grundlagenwissenschaft, angewandter Wissenschaft und Serienproduktion war in Russland immer sehr schwach. Das ist jetzt vorbei.

Importsubstitution ist in Russland ein Schlagwort, seit der Westen im Sommer 2014 harte Sanktionen gegen die Wirtschaft verhängt hat. Jetzt, mit der allgemeinen Reindustrialisierung Russlands, hat das Konzept an Boden gewonnen.

Gleichzeitig hat Russland sein Programm für umfangreiche Investitionen in die zivile Infrastruktur fortgesetzt. Der Schwerpunkt liegt natürlich auf dem europäischen Russland, das durch neu eröffnete Weltklasse-Autobahnen, Hochgeschwindigkeitszüge und neue Flughäfen, die von in Russland gebauten Zivilflugzeugen bedient werden, immer enger zusammenwächst. Aber es werden auch immer mehr Mittel für logistische Lösungen für den Fernen Norden, Ostsibirien und die pazifischen Seeregionen bereitgestellt, um den nördlichen Seeweg zu unterstützen und die Rohstoffindustrie zu fördern. All dies legt den Grundstein für eine schnell wachsende Volkswirtschaft in der Zukunft.

Und wie sieht es mit der militärischen Stärke Russlands aus?

Auf der Ebene der strategischen Waffensysteme wurde in den letzten Jahren ein Modernisierungsprogramm für Russlands nukleare Triade abgeschlossen, das das Land in diesem Bereich weit vor die Vereinigten Staaten stellt. Zu den strategischen Waffen, die jetzt in den regulären Dienst gestellt werden, gehört eine neue Interkontinentalrakete, die mehrere Hyperschall-Angriffsraketen tragen kann, mit denen ganze Nationen auf einen Schlag pulverisiert werden können.

Erinnern wir uns aber daran, dass selbst in den 1990er Jahren Russlands Status als nukleare Supermacht nicht angezweifelt wurde, auch wenn großmäulige amerikanische Politiker darauf bestanden, dass die Atomwaffen nutzlos seien, da ein nuklearer Schlagabtausch keine Gewinner hervorbringen würde. Stattdessen verwiesen sie auf die völlig demoralisierten und unzureichend ausgerüsteten russischen konventionellen Streitkräfte, die in den Tschetschenienkriegen Ende des letzten Jahrhunderts so schlecht abgeschnitten hätten und auch im Georgienkrieg von 2008 angeblich zu schwach und unscheinbar gewesen seien.

Die Situation ist heute eine ganz andere. Die Herausforderungen des Ukraine-Krieges haben Russland dazu gezwungen, die wohl stärksten konventionellen Streitkräfte auf dem Kontinent, wenn nicht sogar in der Welt, auszurüsten und auszubilden.

Viele russische IT-Genies mögen seit den 1990er Jahren in die Vereinigten Staaten ausgewandert sein, um für Google und andere im Silicon Valley zu arbeiten. Noch mehr sind in den ersten Monaten der militärischen Sonderoperation ins Ausland geflohen. Aber in einem Bereich wie diesem gibt es immer einen Überschuss an Talenten, und die treuen Seelen, die an ihren Arbeitsplätzen geblieben sind, haben Technologien für die elektronische Kriegsführung, Aufklärungs- und Angriffsdrohnen sowie andere wichtige Verteidigungs- und Angriffsinstrumente für das Schlachtfeld entwickelt, die selbst die Russophobiker der Financial Times als weltmeisterlich anerkennen müssen, wie wir vor einigen Tagen auf ihren Seiten gesehen haben. Russische Panzer, gepanzerte Mannschaftstransporter und Kampfhubschrauber beweisen jeden Tag ihre Überlegenheit gegenüber den NATO-Analoga auf dem Schlachtfeld, und dies erklärt den 8:1 oder 10:1 Vorteil in der Verlustrate der russischen Armeen gegenüber den kombinierten Ukraine-NATO-Truppen heute.

Bis vor kurzem war es üblich, dass unsere Mainstream-Kommentatoren davon sprachen, dass China nach den Vereinigten Staaten das zweitstärkste Militär der Welt hat. Jetzt lese ich auf den Seiten der FT, dass die endemische Korruption das chinesische Militär in den Ruin getrieben habe. Es hat den Anschein, dass die Redaktion mit ihrer Verunglimpfung Chinas den Weg für die Feststellung ebnet, was für alle sichtbar ist: dass Russland jetzt das zweitstärkste Militär der Welt ist.

Warum ist Russland nicht die Nummer eins? Weil die russische Führung sich auf den Ball konzentriert. Die Sowjetunion strebte danach, eine Supermacht, d.h. in der Lage zu sein, ihre Macht auf dem ganzen Globus auszuüben. Die Russische Föderation hat keine solchen Ambitionen. Sie will in ihrem eigenen Teil der Welt, d.h. in der ehemaligen Sowjetunion und in Osteuropa, ein Hegemon sein und im globalen Gouverneursrat neben anderen Ländern wie den USA und China eine wichtige Rolle spielen. Um dies zu erreichen, braucht Russland so gut wie keine Militärstützpunkte im Ausland, und es hat nicht mehr, als man an einer Hand abzählen kann. Es braucht keine Flugzeugträger, die es auch nicht baut, und konzentriert sich stattdessen auf korvettengroße Marineschiffe, die mit Hyperschall- und anderen zerstörerischen Raketen bewaffnet sind, sowie auf Atom-U-Boote mit Interkontinentalraketen und ebenfalls Hyperschallraketen für den Einsatz in regionalen Krisenherden. Diese werden in den Werften in einem rasanten Tempo fertiggestellt und in Betrieb genommen, wie wir in den letzten Monaten der offiziellen Inbetriebnahme gehört und gesehen haben. Diese Werften werden übrigens jetzt von einem der fähigsten Manager des Landes, dem Vorstandsvorsitzenden der VTB Bank, Andrej Kostin, geleitet.

Der Vortragende, dessen Rede ich gestern gelesen habe, sprach davon, dass Russlands Abbruch der Beziehungen zu Westeuropa das Ende von 300 Jahren des Eintauchens in die europäische Kultur bedeute und dass die gegenwärtige Ausrichtung der russischen Außenpolitik auf China und den globalen Süden von der Notwendigkeit einer Art erzwungener Isolation bestimmt sei.

Die derzeitige Abspaltung von Europa kann zwar noch eine Generation dauern, da die Gefühle auf beiden Seiten sehr bitter sind. Aber selbst unter den gegenwärtigen Bedingungen verblasst die Politik der “Annullierung Russlands” in Europa, die wir zu Beginn des Ukraine-Krieges erlebt haben. Vor allem im Bereich der Kultur ist Russland unverzichtbar, wenn das Publikum nicht vor Langeweile sterben soll, und russische Diven sind wieder auf unseren Opernbühnen zu sehen. Ich zweifle kaum daran, dass russische Stars der anderen darstellenden Künste hier bald wieder auftauchen werden. Wenn der Krieg endlich in irgendeiner Form beigelegt ist, wird Russland langsam wieder in Europa Fuß fassen.

Es ist jedoch eine falsche und unzureichend informierte Meinung, Russlands Hinwendung zu dem, was wir früher als Dritte Welt bezeichneten, als etwas Neues zu betrachten. Die außenpolitische Ausrichtung der Sowjetunion war im weitesten Sinne internationalistisch. Durch die Unterstützung der nationalen Befreiungsbewegungen hat sie in ganz Afrika schnell und wahrhaftig Freunde gefunden. Dasselbe tat sie, indem sie Castro und andere Führer in Lateinamerika unterstützte, die sich bemühten, in ihrer Hemisphäre nicht mehr unter dem Stiefel Washingtons zu stehen. Was Ostasien betrifft, so wurden neben China, zu dem die Beziehungen heiß und kalt waren, die Beziehungen zu Indonesien und zu den Ländern Indochinas zu Sowjetzeiten aktiv gepflegt. Doch während das Ziel der sowjetischen Politik die Bildung von Blöcken war, wo immer dies möglich war, besteht das Ziel der RF darin, die Länder von der Kontrolle Washingtons und seiner Verbündeten zu befreien, damit sie ihre eigenen nationalen Interessen verfolgen können, die sich in vielerlei Hinsicht von denen Russlands unterscheiden können.

Der eklatanteste Fehler in der Analyse des aufgeklärten und unabhängig denkenden Diplomaten, dessen Vortrag meine Aufmerksamkeit erregte, bestand darin, den Erfolg oder Misserfolg Russlands im Ukraine-Krieg daran zu messen, was wir Russland unterstellen, und nicht daran, was die Russen selbst als ihre Ziele definieren. Wladimir Putin hat in diesem Krieg von Anfang an drei Aufgaben genannt: die Ukraine zu entmilitarisieren, das Land zu entnazifizieren und sicherzustellen, dass es nicht der NATO beitritt. Die wichtigste dieser Aufgaben ist natürlich die “Entmilitarisierung”, was die Zerschlagung der ukrainischen Streitkräfte bedeutet. Daraus ergeben sich zwangsläufig die beiden anderen. Und die Vernichtung der ukrainischen Armee ist nun eine realistische Erwartung für die absehbare Zukunft.

Ich habe kaum Zweifel daran, dass dieser Krieg möglicherweise schon in den nächsten sechs Monaten mit einer Friedensregelung enden wird, die auf eine Kapitulation der Ukraine und des Westens vor den Forderungen Russlands hinausläuft. Die Gewinner bekommen alles!

©Gilbert Doctorow, 2024

P.S. – Morgen fahre ich in einen einwöchigen Winterurlaub. Ich werde in dieser Zeit nur online sein, wenn es wichtige Entwicklungen im Krieg gibt, ansonsten werden wir ab dem 16. Januar wieder in Kontakt sein.

Y a-t-il des gagnants dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine ?

Hier, je lisais un discours sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine, prononcé récemment par l’un des diplomates américains les plus expérimentés et les plus indépendants d’esprit, aujourd’hui en semi-retraite. Ce discours illustre à la fois les mérites et les inconvénients de sa profession.

Par nature, les diplomates recherchent des compromis susceptibles de déboucher sur des règlements négociés des conflits. Dans le cas présent, la logique de la diplomatie consiste à dire qu’aucun des protagonistes de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qu’ils soient nommés ou non, c’est-à-dire les bailleurs de fonds étrangers du régime de Zelensky, n’a atteint ses objectifs maximaux, et que tous devraient donc s’asseoir à une table et parvenir à un accord qui ne satisfasse aucun d’entre eux mais mette fin aux massacres.

Cependant, il y a parfois des gagnants et des perdants clairs.

S’il faut chercher un perdant, c’est bien l’Ukraine. Elle a perdu sur tous les plans : territoire perdu, plus de 500 000 soldats tués et mutilés, matériel militaire détruit, y compris la Wunderwaffe reçue des États-Unis et de l’Europe, effondrement économique, lourdes pertes de population, des millions de réfugiés ayant fui l’Ouest et l’Est. Ce désastre irrémédiable est chaque jour davantage reconnu par les grands médias occidentaux et explique la réticence des responsables politiques de Washington et de Bruxelles à continuer de financer la guerre.

En ce qui concerne les gagnants, la plupart des commentateurs occidentaux, y compris le diplomate référencé dans son récent discours, sont réticents à admettre l’évidence. Les grands gagnants de cette guerre sont les États-Unis et la Russie.

Ces commentateurs mesurent le succès ou l’échec des États-Unis dans cette dernière aventure étrangère à l’aune de leur objectif déclaré au départ : porter des coups dévastateurs aux forces armées et à l’économie russes, garantissant ainsi que le pays sera incapable de déclencher une guerre agressive contre l’un de ses voisins pendant les décennies à venir. Si vous me permettez de traduire cela en anglais standard : éliminer la Russie de la liste restreinte des puissances mondiales et permettre aux États-Unis de s’atteler à leur tâche plus importante, à savoir vaincre la Chine, et ainsi régner sans partage sur le monde.

Certes, les États-Unis ont échoué dans cette mission, comme nous le verrons dans un instant en examinant le revers de la médaille, à savoir le sort réservé à la Russie.

Mais ce serait une erreur impardonnable de croire Washington sur parole. J’ose dire que l’objectif le plus important, qui ne pouvait être énoncé publiquement, était de renforcer l’assujettissement américain de l’Europe dans un but de gain financier et de se préparer à l’épreuve de force avec la Chine.

À cet égard, la guerre en Ukraine s’est avérée très payante pour Washington. La destruction de Nord Stream avec la complicité du gouvernement allemand a achevé de couper l’Europe du gaz russe bon marché acheminé par gazoduc, ce qui était un objectif américain inébranlable depuis le milieu des années 1990. Au lieu de cela, l’Europe est devenue dépendante du GNL américain, ce qui a propulsé les États-Unis dans une position de leader mondial sur les marchés de l’énergie et leur a permis de réaliser des bénéfices exceptionnels sur les ventes au Vieux Continent.

L’inflation des coûts énergétiques a accéléré la désindustrialisation de l’Europe et la réorientation des investissements dans la capacité industrielle des entreprises européennes vers les États-Unis, où les coûts énergétiques sont trois ou quatre fois moins élevés. Entre-temps, le nettoyage des stocks d’armes militaires en Europe pour aider Kiev sous la direction de Washington a eu pour conséquence que tous les pays européens membres de l’OTAN sont totalement dépendants des nouvelles armes américaines pour remplir leurs arsenaux. Sans ces livraisons, ils ne peuvent actuellement pas résister à une offensive terrestre russe plus de quelques jours de batailles d’artillerie intensives. Les dirigeants européens comprennent très bien cette faiblesse fatale, qui les pousse à se conformer totalement aux souhaits de Washington dans tous les domaines.

Cependant, je pense que cette soumission de l’Europe est contraire aux lois de la nature et qu’elle n’est pas tenable. Dans un avenir prévisible, il y aura une révolte contre Washington et/ou l’effondrement de l’Union européenne en raison de son rôle de facilitateur de la domination américaine. On peut s’attendre à ce que les forces politiques que les médias occidentaux qualifient aujourd’hui d’« extrême droite » mènent la lutte pour la libération nationale et renversent les chaînes que Washington a forgées. Les élections européennes de juin 2024 constitueront un test important.

Qu’en est-il de la Russie ?

Les commentateurs occidentaux sérieux reconnaissent tous que l’économie russe a fait preuve d’une résistance inattendue et que l’économie de guerre a produit une croissance positive, alors que l’Europe stagne ou entre en récession. Curieusement, l’attention est attirée sur le rôle important des commandes militaires dans l’économie russe en expansion, comme s’il s’agissait d’un facteur négatif pour prédire les perspectives économiques futures de la Russie. Mais si le complexe militaro-industriel a été pendant des décennies et reste aujourd’hui un sponsor majeur de la recherche et de l’innovation industrielle aux États-Unis, ce qui est évident pour tout investisseur dans Boeing, par exemple, alors pourquoi en serait-il autrement pour l’économie russe ?  Pour ceux qui ont les yeux pour voir et l’esprit ouvert aux faits, il est clair que la Russie connaît une réindustrialisation très rapide dans tous les secteurs.

Les observateurs de la Chine nous disent depuis longtemps que le pays ne peut pas être facilement remplacé par le Viêt Nam ou l’Inde en tant qu’usine du monde, car ils ont appris à optimiser l’organisation de la production dans les ateliers et, à cet égard, ils sont allés bien au-delà des entreprises occidentales dont ils transforment les projets en produits.

Entre-temps, la Russie a réalisé ses propres avancées. Le temps nécessaire à la conception et à la fabrication en série des produits adéquats, depuis la définition des besoins en nouveaux produits pour les forces armées sur le terrain, a été ramené de 7 ans à 7 mois en 2023, et cette énergie se propage dans l’ensemble de l’économie. Les liens entre la science fondamentale, la science appliquée et la production en série ont toujours été très faibles en Russie. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

La substitution des importations est un slogan en Russie depuis que l’Occident a imposé des sanctions sévères à l’économie au cours de l’été 2014. Aujourd’hui, avec la réindustrialisation généralisée de la Russie, la notion a pris de l’ampleur.

Dans le même temps, la Russie a poursuivi son programme d’investissements lourds dans les infrastructures civiles. L’accent est mis, bien sûr, sur la Russie européenne, qui est de plus en plus étroitement reliée par des autoroutes interurbaines de classe mondiale, des trains à grande vitesse et de nouveaux aéroports desservis par des avions civils construits en Russie. Mais de plus en plus de fonds ont été alloués à des solutions logistiques pour le Grand Nord, la Sibérie orientale et les régions maritimes du Pacifique, afin de soutenir la route maritime du Nord et les industries extractives. Tout cela jette les bases d’une économie nationale à croissance rapide pour l’avenir.

Qu’en est-il de la puissance militaire de la Russie ?

Au niveau des systèmes d’armes stratégiques, ces deux dernières années ont vu l’achèvement d’un programme de modernisation de la triade nucléaire russe qui place le pays loin devant les États-Unis dans ce domaine. Parmi les armes stratégiques actuellement mises en service, on trouve un nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) qui transporte plusieurs missiles d’attaque hypersoniques capables de pulvériser des nations entières d’un seul coup.

Mais rappelons que même dans les années 1990, le statut de la Russie en tant que superpuissance nucléaire n’était pas mis en doute, même si les politiciens américains à grande gueule insistaient sur le fait que les armes nucléaires étaient inutiles puisqu’un échange nucléaire ne ferait aucun gagnant. Au lieu de cela, ils mettaient en avant les forces conventionnelles russes, totalement démoralisées et sous-équipées, qui avaient obtenu de si mauvais résultats lors des guerres de Tchétchénie à la fin du siècle dernier et dont on disait qu’elles restaient sous-performantes et peu impressionnantes lors de la guerre de Géorgie en 2008.

La situation est aujourd’hui très différente. Les défis de la guerre en Ukraine ont contraint la Russie à équiper et à former des forces armées conventionnelles qui sont sans doute les plus puissantes du continent, voire du monde.

Depuis les années 1990, de nombreux génies russes de l’informatique ont émigré aux États-Unis pour travailler pour Google et d’autres entreprises de la Silicon Valley. D’autres encore ont fui à l’étranger au cours des premiers mois de l’opération militaire spéciale. Mais il y a toujours une surabondance de talents dans un domaine comme celui-ci, et les âmes loyales qui sont restées à leur poste de travail ont créé des technologies de guerre électronique, des drones de reconnaissance et d’attaque, ainsi que d’autres instruments essentiels de défense et d’attaque pour le champ de bataille que même les russophobes du Financial Times sont obligés de reconnaître comme étant les meilleurs au monde, comme nous l’avons vu dans leurs pages il y a plusieurs jours. Les chars, les véhicules blindés de transport de troupes et les hélicoptères d’attaque russes prouvent chaque jour leur supériorité sur leurs homologues de l’OTAN sur le champ de bataille, ce qui contribue à expliquer l’avantage de 8 :1 ou 10 :1 dans le taux de mortalité des armées russes par rapport aux troupes combinées de l’Ukraine et de l’OTAN aujourd’hui.

Jusqu’à très récemment, il était courant de voir nos principaux commentateurs dire que la Chine possédait la deuxième armée la plus puissante du monde après les États-Unis. Aujourd’hui, je lis dans les pages du FT que la corruption endémique a été un fléau pour l’armée chinoise. Il semblerait qu’en dénigrant la Chine, le comité éditorial prépare le terrain pour dire ce que tout le monde peut voir : la Russie est désormais la deuxième armée du monde.

Pourquoi la Russie n’est-elle pas numéro un ? Parce que les dirigeants russes n’ont pas la tête à ça. L’Union soviétique cherchait à devenir une superpuissance, c’est-à-dire capable de projeter sa force dans le monde entier.  La Fédération de Russie n’a pas cette ambition. Elle cherche à être un hégémon dans sa propre partie du monde, à savoir l’ex-Union soviétique et l’Europe de l’Est, et à être un acteur majeur au sein du Conseil des gouverneurs mondial, aux côtés de pairs tels que les États-Unis et la Chine, entre autres. Pour ce faire, la Russie n’a pratiquement pas besoin de bases militaires à l’étranger, et celles-ci se comptent sur les doigts d’une main. Elle n’a pas besoin de porte-avions, qu’elle ne construit pas, et se concentre plutôt sur des navires de la taille d’une corvette, armés de missiles hypersoniques et d’autres missiles dévastateurs, ainsi que sur des sous-marins nucléaires transportant des ICBM et des missiles hypersoniques destinés à être utilisés dans les points chauds de la région. Ces navires sont construits et mis en service dans les chantiers navals à un rythme rapide, comme nous l’avons entendu et vu au cours des deux derniers mois de mise en service officielle. Ces chantiers navals sont, soit dit en passant, désormais dirigés par l’un des gestionnaires les plus compétents du pays, le PDG de la banque VTB, Andrei Kostin.

Le conférencier dont j’ai lu le discours hier a parlé de la rupture des liens de la Russie avec l’Europe occidentale comme de la fin de 300 ans d’immersion dans la culture européenne, et du pivot actuel de la politique étrangère russe vers la Chine et le Sud global comme d’une nécessité, d’une sorte d’isolement forcé.

Certes, la scission actuelle de l’Europe peut durer une génération, car les sentiments sont très amers de part et d’autre. Cependant, même dans les conditions actuelles, les politiques d’« exclusion de la Russie » en Europe que nous avons vues au début de la guerre en Ukraine sont en train de s’estomper. Dans le domaine de la culture surtout, la Russie est indispensable si l’on ne veut pas que le public meure d’ennui, et les divas russes sont de nouveau sur nos scènes d’opéra. Je ne doute pas que les stars russes des autres arts du spectacle réapparaîtront bientôt ici. Lorsque la guerre sera enfin réglée, la Russie fera lentement son retour en Europe.

Toutefois, c’est une opinion erronée et sous-informée que de considérer le pivot de la Russie vers ce que nous avions l’habitude d’appeler le tiers-monde comme quelque chose de nouveau.  L’orientation de la politique étrangère de l’Union soviétique était internationaliste au sens le plus large. Elle s’est fait des amis rapides et sincères dans toute l’Afrique en soutenant les mouvements de libération nationale. Elle a fait de même en soutenant Castro et d’autres dirigeants d’Amérique latine qui s’efforçaient de s’affranchir de la botte de Washington dans leur hémisphère. En ce qui concerne l’Asie de l’Est, outre la Chine, avec laquelle les relations ont soufflé le chaud et le froid, les relations avec l’Indonésie et les pays d’Indochine ont été activement cultivées à l’époque soviétique. Mais alors que l’objectif de la politique soviétique était de former des blocs dans la mesure du possible, l’objectif de la FR est de libérer les pays du contrôle de Washington et de ses alliés afin qu’ils puissent poursuivre leurs propres intérêts nationaux, qui peuvent diverger de ceux de la Russie à bien des égards.

L’erreur la plus flagrante dans l’analyse du diplomate éclairé et indépendant dont la conférence a attiré mon attention est de mesurer le succès ou l’échec de la Russie dans la guerre en Ukraine en fonction de ce que nous imputons à la Russie et non de ce que les Russes eux-mêmes définissent comme leurs objectifs. Dans cette guerre, Vladimir Poutine a énuméré trois tâches dès le départ : démilitariser l’Ukraine, dénazifier le pays et s’assurer qu’il ne rejoigne pas l’OTAN. La plus importante d’entre elles est, bien sûr, la « démilitarisation », qui signifie l’écrasement des forces armées ukrainiennes. Les deux autres découlent nécessairement de cette démilitarisation. Et la destruction de l’armée ukrainienne est désormais une attente réaliste dans un avenir prévisible.

Je ne doute guère que cette guerre se terminera, très probablement dans les six mois à venir, par un accord de paix qui équivaut à une capitulation de l’Ukraine et de l’Occident face aux exigences de la Russie. Les gagnants raflent tout !

PS : Demain, je pars pour une semaine de vacances d’hiver. Il se peut que je sois en ligne pendant cette période uniquement s’il y a des développements majeurs dans la guerre, sinon nous reprendrons contact à partir du 16 janvier.

The degradation of Western elites

One of the leitmotivs of Russian state television news and analysis programs over the past year has been the degradation of American and other Western elites.

Who are these critics? I often quote Vladimir Solovyov, dean of Russian journalism and host to the most widely watched talk show, or Yevgeny Popov, Duma member and co-host of Sixty Minutes, a program that is essential viewing for all Russia watchers, including advisers to the Biden administration, as we know from recent quotes by Biden’s spokesmen denouncing remarks by Popov’s wife and co-host Olga Skabeyeva.

I got to know both Popov and Solovyov in person back in 2016 when I appeared on their shows several times. I saw then that both have personal knowledge of the subject that they now present under the scalpel. Both spent time in the United States in the 90s.  Solovyov had business interests there, Popov was the New York bureau chief of Russian state television for some time.  They are fluent English speakers and their knowledge of the language preceded their time abroad. They necessarily had what I would call an idealized attachment to the USA. This is not a small detail: one has to appreciate that educated Russians of all stripes who had not lost their jobs due to the ‘shock therapy’ economic policies of their government under the counsel of Western advisers were believers in the democratic values and seemingly unlimited economic opportunities offered in the West.

The harshness of Solovyov, Popov and many others in Russian media today in what they say and present about the United States or Europe reflects bitterness over lost illusions. And, in the case of Solovyov, over lost property: he owned a villa in Italy, now confiscated, and it was not a speculation or a hedge against change in Russia; it was a manifestation of his love for the land and culture.  Now, as the Germans say, vorbei, long gone.

Russian media occasionally remind their audiences of Soviet cartoons from the distant past which denounced the arms manufacturing profiteers in the West for the outbreaks of war here and there around the world. These same sophisticated journalists who in that past among themselves would have likely discounted such accusations as empty propaganda find that today the commentary is all too true. And in support of this validation of Soviet era analysis they put up on the screen what Jeffrey Sachs at the high end and Representative Marjorie Taylor Greene at the low end have been saying on U.S. media about the influence of military lobbyists in Congress.

Russian media do not tire of showing videos of Joe Biden struggling to find his way off stage, misreading his teleprompter texts and otherwise revealing for all with eyes to see that he is mentally deficient and unfit for office. As for Europe, the blatant ignorance and stupidity of German Minister of Foreign Affairs Annalena Baerbock provides grist for Russian news commentary on the degradation of political elites on the Old Continent.

The problem for us all is that Russian contempt for our political classes in the USA and Europe is entirely justified. 

To be sure, going back to the 1960s Camelot days of the Kennedy administration when the ‘best and the brightest’ were recruited to the highest posts in government on one side of the Atlantic and when top intellects from the social elites vied for office in France, Britain and Germany, our governments nonetheless committed obscenities such as the Vietnam war.  What we have now is obscene foreign and military policy formulated and implemented by mental pygmies.

This brings to mind the unforgettable line in Puccini’s opera Tosca. The villain of villains, Scarpia, head of the Rome secret police, womanizer or, in today’s terms serial rapist, lies on the floor bleeding to death from a stabbing by Tosca. His last words are “And to think, I, Scarpia should be killed by a woman!” 

This is what gets under the skin of the Russian elites today:  to think that they may die in a nuclear exchange initiated by that doddering fool in the White House and his sophomoric advisers like Blinken and Sullivan.

                                                                     *****

I close with some remarks on the present media scene in Russia.

As is the case every year, from 31 December to about 13 January, the media bosses on Russian television are all on vacation. Old movies, glitzy performances of the established singers whom we see every year and other vapid entertainment fill the broadcast channels.

However, this year that filler can be forgiven, because tightened war censorship has become palpable in recent weeks and news on Russian state broadcasting has become quite boring for the most part. Indeed, what I said a couple of months ago about how television is more informative than print media in Russia no longer holds true. The liveliest current information appears to be in social media, some of which is picked up by the news tickers.

©Gilbert Doctorow, 2024

Translations below into German (Andreas Mylaeus) and French (Youri)

Die Verfall der westlichen Eliten

Eines der leitmotivs (sic!) der Nachrichten- und Analysesendungen des russischen Staatsfernsehens war im vergangenen Jahr der Verfall der amerikanischen und anderer westlicher Eliten.

Wer sind diese Kritiker? Ich zitiere oft Wladimir Solowjow, den Dean des russischen Journalismus und Gastgeber der meistgesehenen Talkshow, oder Jewgeni Popow, Duma-Mitglied und Mitveranstalter von Sechzig Minuten, einer Sendung, die für alle Russland-Beobachter unverzichtbar ist, einschließlich der Berater der Biden-Regierung, wie wir aus jüngsten Zitaten von Bidens Sprecher wissen, der Äußerungen von Popows Frau und Mitveranstalterin Olga Skabejewa angeprangert haben.

Ich habe sowohl Popov als auch Solovyov im Jahr 2016 persönlich kennengelernt, als ich mehrmals in ihren Sendungen aufgetreten bin. Damals habe ich gesehen, dass beide über persönliche Kenntnisse des Themas verfügen, das sie jetzt unter dem Skalpell präsentieren. Beide haben in den 90er Jahren Zeit in den Vereinigten Staaten verbracht. Solovyov hatte dort geschäftliche Interessen, Popov war eine Zeit lang New Yorker Büroleiter des russischen Staatsfernsehens. Sie sprechen fließend Englisch, und ihre Sprachkenntnisse gingen ihrem Auslandsaufenthalt voraus. Sie hatten zwangsläufig eine – wie ich es nennen würde – idealisierte Beziehung zu den USA. Das ist keine Kleinigkeit: Man muss wissen, dass gebildete Russen aller Couleur, die nicht durch die “Schocktherapie”-Wirtschaftspolitik ihrer Regierung unter dem Rat westlicher Berater ihre Arbeit verloren hatten, an die demokratischen Werte und die scheinbar unbegrenzten wirtschaftlichen Möglichkeiten des Westens glaubten.

Die Härte, mit der Solowjow, Popow und viele andere heute in den russischen Medien über die Vereinigten Staaten oder Europa berichten, spiegelt die Verbitterung über verlorene Illusionen wider. Und im Fall von Solowjow über verlorenen Besitz: Er besaß eine Villa in Italien, die jetzt beschlagnahmt wurde, und sie war kein Spekulationsobjekt oder eine Absicherung gegen den Wandel in Russland; sie war Ausdruck seiner Liebe zu Land und Kultur. Jetzt ist sie, wie die Deutschen sagen, vorbei (sic!), längst weg.

Russische Medien erinnern ihr Publikum gelegentlich an sowjetische Karikaturen aus der fernen Vergangenheit, in denen die Waffenproduzenten im Westen für die Ausbrüche von Kriegen hier und da in der Welt verantwortlich gemacht wurden. Dieselben anspruchsvollen Journalisten, die in der Vergangenheit solche Anschuldigungen wahrscheinlich als leere Propaganda abgetan hätten, stellen heute fest, dass der Kommentar nur allzu wahr ist. Und um diese Bestätigung der Analyse aus der Sowjet-Ära zu untermauern, bringen sie auf den Bildschirm, was Jeffrey Sachs auf der einen und die Abgeordnete Marjorie Taylor Greene auf der anderen Seite in den US-Medien über den Einfluss der Militärlobbyisten im Kongress gesagt haben.

Die russischen Medien werden nicht müde, Videos von Joe Biden zu zeigen, der Mühe hat, den Weg von der Bühne zu finden, seine Telepromptertexte falsch abliest und auf andere Weise allen, die es sehen können, offenbart, dass er geistig mangelhaft und für das Amt ungeeignet ist. Was Europa betrifft, so liefert die eklatante Ignoranz und Dummheit der deutschen Außenministerin Annalena Baerbock Stoff für russische Nachrichtenkommentare über den Verfall der politischen Eliten auf dem Alten Kontinent.

Das Problem für uns alle ist, dass die russische Verachtung für unsere politischen Klassen in den USA und Europa völlig berechtigt ist.

Zwar haben unsere Regierungen in den 1960er-Camelot-Jahren, als unter der Kennedy-Regierung die “Besten und Klügsten” für die höchsten Regierungsposten auf der einen Seite des Atlantiks rekrutiert wurden und als in Frankreich, Großbritannien und Deutschland Spitzenintellektuelle aus den gesellschaftlichen Eliten um die Ämter wetteiferten, dennoch Obszönitäten wie den Vietnamkrieg begangen. Was wir jetzt haben, ist eine obszöne Außen- und Militärpolitik, die von geistigen Pygmäen formuliert und umgesetzt wird.

Dies erinnert an die unvergessliche Szene in Puccinis Oper Tosca. Der Bösewicht aller Bösewichte, Scarpia, Chef der römischen Geheimpolizei, Frauenheld oder, wie man heute sagt, Serienvergewaltiger, liegt auf dem Boden und verblutet nach einer Messerstecherei durch Tosca. Seine letzten Worte sind: “Und ich, Scarpia, wurde von einer Frau getötet!”

Das ist es, was den russischen Eliten heute unter die Haut geht: der Gedanke, dass sie in einem nuklearen Schlagabtausch sterben könnten, der von diesem tattrigen Narren im Weißen Haus und seinen spitzfindigen Beratern wie Blinken und Sullivan initiiert wurde.

                                                                     *****

Ich schließe mit einigen Bemerkungen zur derzeitigen Medienlandschaft in Russland.

Wie jedes Jahr, vom 31. Dezember bis etwa zum 13. Januar, sind die Medienchefs des russischen Fernsehens alle im Urlaub. Alte Filme, glitzernde Auftritte der etablierten Sänger, die wir jedes Jahr sehen, und andere fade Unterhaltung füllen die Sendekanäle.

In diesem Jahr kann man diesen Füllstoff jedoch verzeihen, denn die verschärfte Kriegszensur ist in den letzten Wochen spürbar geworden und die Nachrichten im russischen Staatsfernsehen sind größtenteils recht langweilig geworden. Was ich vor ein paar Monaten darüber gesagt habe, dass das Fernsehen in Russland informativer ist als die Printmedien, stimmt nicht mehr. Die lebendigsten aktuellen Informationen scheinen in den sozialen Medien zu sein, von denen einige von den Nachrichtentickern aufgegriffen werden.

La dégradation des élites occidentales

L’un des leitmotivs des programmes d’information et d’analyse de la télévision d’État russe au cours de l’année écoulée a été la dégradation des élites américaines et autres élites occidentales.

Qui sont ces critiques ? Je cite souvent Vladimir Solovyov, doyen du journalisme russe et animateur du talk-show le plus regardé, ou Evgueni Popov, membre de la Douma et co-animateur de Sixty Minutes, une émission essentielle pour tous les observateurs de la Russie, y compris les conseillers de l’administration Biden, comme nous le savons d’après les récentes citations des porte-parole de Biden dénonçant les remarques de l’épouse de Popov et co-animatrice, Olga Skabeyeva.

J’ai appris à connaître Popov et Solovyov en personne en 2016, lorsque j’ai participé à leurs émissions à plusieurs reprises. J’ai vu alors que tous deux ont une connaissance personnelle du sujet qu’ils présentent maintenant de manière très précise. Tous deux ont passé du temps aux États-Unis dans les années 90. Solovyov y avait des intérêts commerciaux, Popov a été le chef du bureau de New York de la télévision d’État russe pendant un certain temps. Ils parlent couramment l’anglais et leur connaissance de la langue est antérieure à leur séjour à l’étranger. Ils avaient nécessairement ce que j’appellerais un attachement idéalisé aux États-Unis. Ce n’est pas un détail : il faut comprendre que les Russes éduqués de tous bords qui n’avaient pas perdu leur emploi en raison des politiques économiques de « thérapie de choc » menées par leur gouvernement sous l’égide de conseillers occidentaux croyaient aux valeurs démocratiques et aux opportunités économiques apparemment illimitées offertes par l’Occident.

La dureté de Solovyov, Popov et beaucoup d’autres dans les médias russes aujourd’hui, dans ce qu’ils disent et présentent sur les États-Unis ou l’Europe, reflète l’amertume des illusions perdues. Dans le cas de Solovyov, il s’agit d’une perte de propriété : il possédait une villa en Italie, aujourd’hui confisquée, et il ne s’agissait pas d’une spéculation ou d’une couverture contre le changement en Russie ; c’était une manifestation de son amour de la terre et de la culture. Aujourd’hui, comme le disent les Allemands, vorbei, disparu depuis longtemps.

Les médias russes rappellent parfois à leur public les caricatures soviétiques d’un passé lointain qui dénonçaient les profiteurs de l’industrie de l’armement en Occident comme responsables des guerres qui éclatent ici et là dans le monde. Ces mêmes journalistes sophistiqués qui, dans le passé, auraient probablement rejeté ces accusations en les qualifiant de propagande vide, constatent qu’aujourd’hui, ce commentaire n’est que trop vrai. Et pour appuyer cette validation de l’analyse de l’ère soviétique, ils affichent à l’écran ce que Jeffrey Sachs, au plus haut niveau, et la représentante Marjorie Taylor Greene, au plus bas niveau, ont dit dans les médias américains à propos de l’influence des lobbyistes militaires au sein du Congrès.

Les médias russes ne se lassent pas de montrer des vidéos de Joe Biden s’efforçant de trouver son chemin pour quitter la scène, lisant mal les textes de son téléprompteur et révélant à tous ceux qui le voient qu’il est mentalement déficient et inapte à exercer ses fonctions. En ce qui concerne l’Europe, l’ignorance et la stupidité flagrantes de la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, alimentent les commentaires des médias russes sur la dégradation des élites politiques sur le Vieux Continent.

Le problème pour nous tous est que le mépris russe pour nos classes politiques aux États-Unis et en Europe est tout à fait justifié.

Certes, si l’on remonte aux années 1960, lorsque l’administration Kennedy était une sorte d’époque Camelot et que les « meilleurs et les plus brillants » étaient recrutés pour occuper les plus hauts postes de l’administration d’un côté de l’Atlantique et que les plus grands intellectuels des élites sociales se disputaient les postes en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne, nos gouvernements n’en ont pas moins commis des obscénités telles que la guerre du Viêt-Nam.  Ce que nous avons aujourd’hui, c’est une politique étrangère et militaire obscène formulée et mise en œuvre par des pygmées mentaux.

Cela me fait penser à la réplique inoubliable de l’opéra Tosca de Puccini. Le méchant des méchants, Scarpia, chef de la police secrète de Rome, coureur de jupons ou, en termes actuels, violeur en série, gît sur le sol, se vidant de son sang après avoir été poignardé par Tosca. Ses derniers mots sont : « Et dire que moi, Scarpia, j’ai été tué par une femme ! ».

C’est ce qui irrite les élites russes aujourd’hui : penser qu’elles pourraient mourir dans un échange nucléaire initié par cet imbécile de la Maison Blanche et ses conseillers sophomoriques tels que Blinken et Sullivan.

*****

Je terminerai par quelques remarques sur la scène médiatique actuelle en Russie.

Comme chaque année, du 31 décembre au 13 janvier environ, les patrons des médias de la télévision russe sont tous en vacances. De vieux films, des spectacles clinquants des chanteurs établis que nous voyons chaque année et d’autres divertissements insipides remplissent les chaînes de radiodiffusion.

Toutefois, cette année, ce remplissage peut être pardonné, car le renforcement de la censure de guerre est devenu palpable au cours des dernières semaines et les informations diffusées par les chaînes publiques russes sont devenues assez ennuyeuses pour la plupart. En effet, ce que j’ai dit il y a quelques mois sur le fait que la télévision est plus informative que la presse écrite en Russie n’est plus vrai. L’information la plus vivante semble se trouver dans les médias sociaux, dont une partie est reprise par les téléscripteurs.

The enabler of our two concurrent world wars: Washington

It is only the second day of the New Year, but you turn on the morning news with a feeling of trepidation. Here in Western Europe, the lead stories are death and destruction reported from the front lines of the two conflagrations that some commentators have identified as ‘world wars,’ given the way countries across the globe have aligned themselves with or against the protagonists in each conflict. The outstanding commonality between these two world wars is the position of the United States as their enabler in terms of delivery of essential military and financial support to one side, as well as real-time military intelligence, tactical and strategic counseling by high level officers positioned on the ground and in nearby seas.  From the perspective of Washington, these are proxy wars which put at risk very few of its own men at arms, though some do come home in body bags without word to the press, while preparations proceed apace for the launch of a third proxy war in the South China Sea. The Philippines are the latest recruits to the prospective encirclement and assault on China.

On their talk shows, the Russians speculate on when a mutual defense pact with Iran, China and North Korea will be announced. This will not be a bloc, like NATO, but will enshrine the key principle of ‘one for all and all for one’ in case of attack by outside forces. To its backers in Moscow, this formulation would ensure that NATO generals understand they are up against an enemy of over two billion if we include a few other fellow travelers, not just the 145 million Russians whom they see across the border.

But that is what they say on talk shows. It is not the official voice of the Kremlin, which we find on Vesti television. Vesti maintains a near blackout of news on the Israel-Hamas war in broadcasts to its home audience. Why? Because Russia does not want to get embroiled in that war when it needs all its human and materiel resources to defeat the Ukrainians and their NATO backers. Moreover, Russia can be satisfied that the Iranians and their Houthi proxies have the situation in the Middle East under control, restraining the United States from region-wide escalation by engaging directly on Israeli’s side.

For that matter, Iran is doing just fine in shoring up Russia’s southern borders in the Caucasus. For more than a year, Armenia’s prime minister Nikol Pashinyan has been sitting on two stools: holding consultations with the French and intermittently attending gatherings of the Former Soviet Union republics called by Moscow.  A week ago, Iranian leaders issued a direct warning to Armenia not to even think about pursuing the military and political rapprochement that France’s president Macron has been proposing. Said President Raisi: ‘No powers from outside the region are welcome in the Caucasus.’  This warning serves Russian security very well, though it is surely motivated by self-interest in Teheran, because any future French military presence in Armenia could also threaten them.

In Russian news, all attention is on the one conflict in which the Russians are themselves deeply engaged, and there news from the line of contact, news from the home front which a day ago experienced a murderous attack on the border town of Belgorod that killed 25 civilians and gravely injured another fifty or so, news from the United Nations Security Council deliberations of the same, more than fill the time allotted to 14.00 o’clock and 20.00 o’clock wrap-ups.

Anyone following developments of the Ukrainian war these past few days will note the tit for tat nature of the strikes dealt out by the warring parties day after day. The chain of events began early on the morning of Wednesday, 26 December, when the Ukrainians deployed air-launched Storm Shadow cruise missiles to destroy the Novocherkassk, a large landing ship of Russia’s Black Sea Fleet parked in the harbor of Feodosia, on the eastern shores of the Crimea. The ship was said to be loaded with drones and the missile strike set off a fire and explosions that may have killed as many as 74, both on the ship and in the port.

However, the outstanding feature of the attack was not the numbers of the dead or the loss of the ship itself: it was the demonstration that Kiev had now been given a Storm Shadow variant with much greater flight range than the initial shipments from the U.K. and France.

From the perspective of the Russian high command, this new ability of the Ukrainians to strike far deeper into Russian territory represented a serious escalation of the conflict which required mirror-image escalation from Russia. The Russian response was not long in coming: on the 27th, Russia launched the largest missile attack on Ukraine since the start of the Special Military Operation, more than 150 ballistic missiles, cruise missiles and armed drones, directed at cities across the Ukraine, including Kiev.  Some of these were shot down by Ukrainian air defense, but the Zelensky regime admitted that all 20 Russian ballistic missiles evaded their fire and hit their targets.

From the partial information released by the Russian military, it would appear that their main interest was to destroy caches of the Storm Shadow and also the most advanced Western ground to air missiles. They claim to have destroyed a Patriot complex in the Lvov region, killing a substantial number of French military who were in charge of the installation. This is the sort of information which flits by in a second and is not repeated, so I can say no more.

The Ukrainian response the next day was a concentrated attack on the Russian border city of Belgorod, capital of an oblast of the same name. Belgorod is not more than 20 km from Ukraine’s second largest city, Kharkiv, and it first made international news about six months ago when a Ukrainian team of saboteurs claiming to be anti-Putin Russians crossed into the oblast and attacked residential neighborhoods.  This time missiles were sent into apartment blocks and other civilian structures, killing some 25 Russians and gravely wounding perhaps 50 more, some of whom were evacuated to Moscow by plane on life support. 

Yesterday and today the Russians avenged this serious loss by renewed missile attacks, now concentrated on Kharkiv, whence the attack on Belgorod had come. They demolished the headquarters of military intelligence in the city, claiming to have killed many foreign advisers, probably British and Americans, who were guiding the attacks.  They also struck air fields across Ukraine which could be used to service planes carrying the Storm Shadow.

I end this overview with the remark that American-British escalation of the weaponry deployed against Russia was at the start of what we have witnessed these past six days. And that can be no accident. It follows from the news of the war in the immediately preceding period, which unequivocally demonstrated that on the ground, along the line of contact, the Russian forces were moving steadily to overrun Ukrainian positions and force a retreat. The storming of Mariinka was emblematic in this sense.  The overall impression was depressing for the Ukrainian cause at the very time that Congress was in recess after rejecting efforts by the Administration to pass legislation ensuring continued financial and military aid to Kiev. Now these Ukrainian missile attacks on the Black Sea fleet in the Feodosia harbor and the attack on civilians in what is properly speaking Russian Federation territory of Belgorod oblast would give luster to the Ukrainian cause while prodding the Russians to escalate and perform what Washington would showcase as war crimes.

Escalation is the game Washington is playing. In Ukraine. In the Red Sea. In the Eastern Mediterranean off the coast of Lebanon.  Washington seems oblivious to the possibility that the proxy wars it is fanning may yet invite a Russian, or Iranian, or North Korean strike directly on U.S. assets, whether overseas or on the Continental United States.

                                                                           ****

Before leaving this subject, I want to share the very special interest I have in what happens in and to Feodosia, the resort and port city in Eastern Crimea where the Novocherkassk was sunk.

We have close friends in St Petersburg who, in the middle of the 1990s, bought a little patch of land and a small, primitive two-story dwelling situated on a hillside several hundred meters above the town of Feodosia. They made that purchase together with other members of the St Petersburg Union of Journalists. They all had very limited means and the purchase price was the equivalent of $500.  Year after year this group came back to spend summers on their properties, to plant vegetable gardens and to enjoy the semi-tropical fruits from trees that predated their arrival.  They would gather for poetry readings and other entertainments typical of the Russian intelligentsia at leisure.

When the sea warmed sufficiently, our friends would descend from their perches on the hillside to take a swim.  They were brought to and fro by local Crimean Tatars who for modest fees performed taxi services. Over the years, these same Tatars migrated to Turkey to try their fortunes, but in the past couple of years most returned to Feodosia, disappointed with their foreign adventure, and took up again their farm land and taxi services.

When the St Petersburg journalists bought their plots of land in Feodosia, it was still Ukraine, and the rights of ownership were barely enforceable. Only after the reintegration of Crimea into Russia in 2014 did their deeds become real. That 2014 transition was risky for everyone.  In fact, Feodosia came under a threat that you likely have not heard about: it was the only place in Crimea where Americans attempted a landing of sailors to oppose the Russian takeover. They were quickly sent away empty-handed after possibly losing a few men in combat.

After the start of the Special Military Operation, Feodosia was attacked by Ukrainian drones and our friends heard from neighbors how a local girl who was spending the night out in the open in the hills over the town was killed by a drone. Otherwise, however, there were no security issues until the destruction of the Novcherkassk a week ago.  This is not to say that our friends have been unaffected by the hostilities.  The vulnerability of the Crimean bridge to attack gave all travelers from mainland Russia pause when they ordered their train tickets to the peninsula. But, being Russians, they proceed with their vacations in Crimea in the spirit of авось, which may be best translated as Inshallah.

©Gilbert Doctorow, 2024

Translations below into German (Andreas Mylaeus) and French (Youri)

Der Wegbereiter unserer beiden gleichzeitigen Weltkriege: Washington

Es ist erst der zweite Tag des neuen Jahres, aber man schaltet die Morgennachrichten mit einem Gefühl der Beklemmung ein. Hier in Westeuropa sind die Hauptthemen Tod und Zerstörung, die von den Fronten der beiden Konflikte berichtet werden, die einige Kommentatoren als “Weltkriege” bezeichnen, wenn man bedenkt, wie sich Länder auf der ganzen Welt mit oder gegen die Protagonisten in jedem Konflikt verbündet haben. Die herausragende Gemeinsamkeit zwischen diesen beiden Weltkriegen ist die Position der Vereinigten Staaten, indem sie beide Kriege ermöglichen, indem sie einer Seite wesentliche militärische und finanzielle Unterstützung zukommen lassen und hochrangige Offiziere vor Ort und in den nahegelegenen Meeren militärische Aufklärung, taktische und strategische Beratung in Echtzeit leisten. Aus der Sicht Washingtons handelt es sich um Stellvertreterkriege, bei denen nur sehr wenige seiner eigenen Soldaten in Gefahr sind, auch wenn einige von ihnen in Leichensäcken nach Hause kommen, ohne dass die Presse etwas davon erfährt, während die Vorbereitungen für einen dritten Stellvertreterkrieg im Südchinesischen Meer auf Hochtouren laufen. Die Philippinen sind die jüngsten Rekruten bei der voraussichtlichen Einkreisung und dem Angriff auf China.

In ihren Talkshows spekulieren die Russen darüber, wann ein gegenseitiger Verteidigungspakt mit dem Iran, China und Nordkorea angekündigt werden wird. Dabei wird es sich nicht um einen Block wie die NATO handeln, sondern um die Verankerung des Grundsatzes “Einer für alle und alle für einen” im Falle eines Angriffs durch externe Kräfte. Für die Befürworter in Moskau würde diese Formulierung sicherstellen, dass die NATO-Generäle verstehen, dass sie es mit einem Feind von mehr als zwei Milliarden Menschen zu tun haben, wenn man einige andere Mitreisende mitzählt, und nicht nur mit den 145 Millionen Russen, die sie jenseits der Grenze sehen.

Aber das ist es, was sie in Talkshows sagen. Es ist nicht die offizielle Stimme des Kremls, die wir im Fernsehsender Vesti hören. Bei Vesti werden Nachrichten über den Krieg zwischen Israel und Hamas in den Sendungen für das heimische Publikum fast vollständig ausgeblendet. Und warum? Weil Russland nicht in diesen Krieg verwickelt werden will, während es all seine menschlichen und materiellen Ressourcen braucht, um die Ukrainer und ihre NATO-Unterstützer zu besiegen. Außerdem kann Russland zufrieden sein, dass die Iraner und deren Houthi-Vertreter die Lage im Nahen Osten unter Kontrolle haben und die Vereinigten Staaten, die sich direkt an der Seite Israels engagieren, von einer Eskalation in der gesamten Region abhalten.

Im Übrigen tut der Iran sein Bestes, um Russlands Südgrenzen im Kaukasus zu sichern. Seit mehr als einem Jahr sitzt Armeniens Premierminister Nikol Pashinyan zwischen zwei Stühlen: Er führt Konsultationen mit den Franzosen und nimmt gelegentlich an den von Moskau einberufenen Treffen der Republiken der ehemaligen Sowjetunion teil. Vor einer Woche warnte die iranische Führung Armenien direkt davor, die von Frankreichs Präsident Macron vorgeschlagene militärische und politische Annäherung auch nur in Erwägung zu ziehen. Präsident Raisi sagte: “Keine Mächte von außerhalb der Region sind im Kaukasus willkommen.” Diese Warnung kommt der russischen Sicherheit sehr entgegen, auch wenn sie in Teheran sicherlich aus Eigeninteresse erfolgt, denn eine künftige französische Militärpräsenz in Armenien könnte auch sie bedrohen.

In den russischen Nachrichten gilt die ganze Aufmerksamkeit dem einen Konflikt, in den die Russen selbst tief verwickelt sind, und da füllen die Nachrichten von der Kontaktlinie, die Nachrichten von der Heimatfront, die vor einem Tag einen mörderischen Angriff auf die Grenzstadt Belgorod erlebte, bei dem 25 Zivilisten getötet und etwa fünfzig weitere schwer verletzt wurden, die Nachrichten von den Beratungen des Sicherheitsrates der Vereinten Nationen mehr als die für 14.00 Uhr und 20.00 Uhr vorgesehene Zeit.

Wer die Entwicklung des Ukraine-Krieges in den letzten Tagen verfolgt hat, wird feststellen, dass die Kriegsparteien Tag für Tag mit ihren Angriffen nach dem Motto „wie Du mir, so ich Dir“ handeln. Die Kette von Ereignissen begann am frühen Mittwochmorgen, dem 26. Dezember, als die Ukrainer Marschflugkörper vom Typ “Storm Shadow” einsetzten, um die Nowotscherkassk zu zerstören, ein großes Landungsschiff der russischen Schwarzmeerflotte, das im Hafen von Feodosia an der Ostküste der Krim liegt. Das Schiff soll mit Drohnen beladen gewesen sein, und der Raketenangriff löste ein Feuer und Explosionen aus, bei denen bis zu 74 Menschen auf dem Schiff und im Hafen ums Leben gekommen sein könnten.

Das herausragende Merkmal des Angriffs war jedoch nicht die Zahl der Toten oder der Verlust des Schiffes selbst: Es war die Demonstration, dass Kiew nun eine Storm Shadow-Variante mit einer viel größeren Flugreichweite erhalten hatte als die ursprünglichen Lieferungen aus Großbritannien und Frankreich.

Aus der Sicht des russischen Oberkommandos stellte diese neue Fähigkeit der Ukrainer, viel tiefer in russisches Gebiet einzudringen, eine ernsthafte Eskalation des Konflikts dar, die eine spiegelbildliche Eskalation seitens Russlands erforderte. Die russische Antwort ließ nicht lange auf sich warten: Am 27. Januar startete Russland den größten Raketenangriff auf die Ukraine seit Beginn der militärischen Sonderoperation, mehr als 150 ballistische Raketen, Marschflugkörper und bewaffnete Drohnen, die auf Städte in der gesamten Ukraine, einschließlich Kiew, gerichtet waren. Einige von ihnen wurden von der ukrainischen Luftabwehr abgeschossen, aber das Zelenski-Regime gab zu, dass alle 20 russischen ballistischen Raketen ihrem Feuer auswichen und ihre Ziele trafen.

Aus den vom russischen Militär veröffentlichten Teilinformationen geht hervor, dass ihr Hauptinteresse der Zerstörung von Verstecken der Storm Shadow und der modernsten westlichen Boden-Luft-Raketen galt. Sie behaupten, einen Patriot-Komplex in der Region Lwow zerstört zu haben, wobei eine beträchtliche Anzahl französischer Militärs, die für die Anlage zuständig waren, getötet wurde. Dies ist die Art von Informationen, die in einer Sekunde vorbeiziehen und nicht wiederholt werden, daher kann ich nicht mehr sagen.

Die ukrainische Antwort war am nächsten Tag ein konzentrierter Angriff auf die russische Grenzstadt Belgorod, die Hauptstadt der gleichnamigen Oblast. Belgorod liegt nur 20 km von der zweitgrößten Stadt der Ukraine, Charkiw, entfernt und machte erstmals vor etwa sechs Monaten international von sich reden, als ein ukrainisches Saboteurteam, das sich als russische Putin-Gegner ausgab, in die Oblast eindrang und Wohnviertel angriff. Diesmal wurden Raketen in Wohnblocks und andere zivile Einrichtungen getroffen, wobei etwa 25 Russen getötet und etwa 50 weitere schwer verletzt wurden, von denen einige mit dem Flugzeug nach Moskau evakuiert wurden und lebenserhaltende Maßnahmen erhielten.

Gestern und heute rächten sich die Russen für diesen schweren Verlust durch erneute Raketenangriffe, die sich nun auf Charkiw konzentrierten, von wo aus der Angriff auf Belgorod ausgegangen war. Sie zerstörten das Hauptquartier des militärischen Geheimdienstes in der Stadt und behaupteten, viele ausländische Berater, wahrscheinlich Briten und Amerikaner, die die Angriffe leiteten, getötet zu haben. Sie griffen auch Flugplätze in der Ukraine an, die für die Wartung von Flugzeugen mit der Storm Shadow genutzt werden können.

Ich beende diesen Überblick mit der Bemerkung, dass die amerikanisch-britische Eskalation der gegen Russland eingesetzten Waffen am Anfang dessen stand, was wir in den letzten sechs Tagen erlebt haben. Und das kann kein Zufall sein. Es ergibt sich aus dem Kriegsgeschehen der unmittelbar vorangegangenen Periode, das unmissverständlich gezeigt hat, dass die russischen Streitkräfte am Boden, entlang der Kontaktlinie, unablässig dabei waren, ukrainische Stellungen zu überrennen und zum Rückzug zu zwingen. Die Erstürmung von Mariinka war in diesem Sinne emblematisch. Der Gesamteindruck war deprimierend für die ukrainische Sache, und das genau zu dem Zeitpunkt, als der Kongress sich in der Pause befand, nachdem er die Bemühungen der Regierung um die Verabschiedung von Gesetzen zur Sicherstellung der weiteren finanziellen und militärischen Hilfe für Kiew abgelehnt hatte. Die ukrainischen Raketenangriffe auf die Schwarzmeerflotte im Hafen von Feodosia und die Angriffe auf Zivilisten in der Oblast Belgorod, die eigentlich russisches Staatsgebiet ist, sollten der ukrainischen Sache neuen Glanz verleihen und die Russen zu einer Eskalation und zu Handlungen veranlassen, die Washington als Kriegsverbrechen bezeichnen würde.

Eskalation ist das Spiel, das Washington spielt. In der Ukraine. Im Roten Meer. Im östlichen Mittelmeer vor der Küste des Libanon. Washington scheint sich der Möglichkeit nicht bewusst zu sein, dass die Stellvertreterkriege, die es schürt, einen russischen, iranischen oder nordkoreanischen Angriff auf US-Einrichtungen in Übersee oder auf dem amerikanischen Festland nach sich ziehen könnten.

                                                                           ****

Bevor ich dieses Thema verlasse, möchte ich mein ganz besonderes Interesse an den Geschehnissen in und mit Feodosia, dem Ferienort und der Hafenstadt im Osten der Krim, in der die Novocherkassk versenkt wurde, zum Ausdruck bringen.

Wir haben enge Freunde in St. Petersburg, die Mitte der 1990er Jahre ein kleines Stück Land und ein kleines, primitives zweistöckiges Haus an einem Hang einige hundert Meter oberhalb der Stadt Feodosia gekauft haben. Diesen Kauf tätigten sie zusammen mit anderen Mitgliedern des St. Petersburger Journalistenverbandes. Sie alle verfügten über sehr begrenzte Mittel, und der Kaufpreis belief sich auf umgerechnet 500 Dollar. Jahr für Jahr kehrte diese Gruppe zurück, um die Sommer auf ihren Grundstücken zu verbringen, Gemüsegärten anzulegen und die halbtropischen Früchte von Bäumen zu genießen, die schon vor ihrer Ankunft gepflanzt wurden. Sie trafen sich zu Dichterlesungen und anderen für die russische Intelligenz typischen Unterhaltungen in der Freizeit.

Wenn sich das Meer ausreichend erwärmt hatte, stiegen unsere Freunde von ihren Hochsitzen auf den Hügeln herab, um zu schwimmen. Sie wurden von einheimischen Krimtataren hin- und hergebracht, die für ein bescheidenes Entgelt Taxidienste leisteten. Im Laufe der Jahre wanderten dieselben Tataren in die Türkei aus, um dort ihr Glück zu versuchen, doch in den letzten Jahren kehrten die meisten von ihnen nach Feodosia zurück, enttäuscht von ihrem Auslandsabenteuer, und nahmen ihr Ackerland und ihre Taxidienste wieder auf.

Als die St. Petersburger Journalisten ihre Grundstücke in Feodosia kauften, war das Land noch ukrainisch, und die Eigentumsrechte waren kaum einklagbar. Erst nach der Wiedereingliederung der Krim in Russland im Jahr 2014 wurden ihre Urkunden Wirklichkeit. Dieser Übergang 2014 war für alle Beteiligten riskant. Tatsächlich war Feodosia einer Bedrohung ausgesetzt, von der Sie wahrscheinlich noch nichts gehört haben: Es war der einzige Ort auf der Krim, an dem die Amerikaner versuchten, Matrosen anzulanden, um sich der russischen Übernahme zu widersetzen. Sie wurden schnell mit leeren Händen weggeschickt, nachdem sie möglicherweise ein paar Männer im Kampf verloren hatten.

Nach Beginn der militärischen Sonderoperation wurde Feodosia von ukrainischen Drohnen angegriffen, und unsere Freunde hörten von Nachbarn, wie ein einheimisches Mädchen, das die Nacht im Freien in den Hügeln über der Stadt verbracht hatte, von einer Drohne getötet wurde. Ansonsten gab es jedoch bis zur Zerstörung von Nowtscherkassk vor einer Woche keine Sicherheitsprobleme. Das heißt aber nicht, dass unsere Freunde von den Feindseligkeiten verschont geblieben sind. Die Tatsache, dass die Krim-Brücke angreifbar ist, hat alle Reisenden vom russischen Festland verunsichert, als sie ihre Zugtickets auf die Halbinsel bestellten. Aber da sie Russen sind, setzen sie ihren Urlaub auf der Krim im Geiste von авось fort, was sich am besten mit “Inshallah” übersetzen lässt.

L’instigateur de nos deux guerres mondiales simultanées : Washington

Ce n’est que le deuxième jour de la nouvelle année, mais vous allumez les nouvelles du matin avec un sentiment d’inquiétude. Ici, en Europe occidentale, les principaux sujets sont la mort et la destruction rapportées des lignes de front des deux conflagrations que certains commentateurs ont identifiées comme des « guerres mondiales », étant donné la façon dont les pays du monde entier se sont alignés avec ou contre les protagonistes de chaque conflit. Le principal point commun entre ces deux guerres mondiales est la position des États-Unis en tant que facilitateur en termes de fourniture d’un soutien militaire et financier essentiel à l’une des parties, ainsi que de renseignements militaires en temps réel, de conseils tactiques et stratégiques par des officiers de haut niveau positionnés sur le terrain et dans les mers voisines. Du point de vue de Washington, il s’agit de guerres par procuration qui mettent en danger très peu de ses propres hommes en armes, bien que certains rentrent au pays dans des housses mortuaires sans que la presse n’en sache rien, tandis que les préparatifs vont bon train pour le lancement d’une troisième guerre par procuration en mer de Chine méridionale. Les Philippines sont les dernières recrues de ce projet d’encerclement et d’assaut contre la Chine.

Dans leurs talk-shows, les Russes spéculent sur le moment où un pacte de défense mutuelle avec l’Iran, la Chine et la Corée du Nord sera annoncé. Il ne s’agira pas d’un bloc, comme l’OTAN, mais il consacrera le principe fondamental de « un pour tous et tous pour un » en cas d’attaque par des forces extérieures. Pour ses partisans à Moscou, cette formulation garantirait que les généraux de l’OTAN comprennent qu’ils sont confrontés à un ennemi de plus de deux milliards de personnes, si l’on inclut quelques autres compagnons de route, et pas seulement les 145 millions de Russes qu’ils voient de l’autre côté de la frontière.

Mais c’est ce qu’ils disent dans les talk-shows. Ce n’est pas la voix officielle du Kremlin, que l’on retrouve à la télévision Vesti. Vesti maintient un quasi black-out sur les informations relatives à la guerre entre Israël et le Hamas dans les émissions destinées à son public. Pourquoi ? Parce que la Russie ne veut pas s’engager dans cette guerre alors qu’elle a besoin de toutes ses ressources humaines et matérielles pour vaincre les Ukrainiens et leurs soutiens de l’OTAN. En outre, la Russie peut être satisfaite que les Iraniens et leurs mandataires houthis contrôlent la situation au Moyen-Orient, empêchant ainsi les États-Unis de provoquer une escalade dans toute la région en s’engageant directement aux côtés d’Israël.

D’ailleurs, l’Iran fait très bien l’affaire en renforçant les frontières méridionales de la Russie dans le Caucase. Depuis plus d’un an, le premier ministre arménien Nikol Pashinyan est assis sur deux tabourets : il mène des consultations avec les Français et participe par intermittence aux réunions des républiques de l’ex-Union soviétique convoquées par Moscou. Il y a une semaine, les dirigeants iraniens ont lancé un avertissement direct à l’Arménie pour qu’elle ne pense même pas poursuivre le rapprochement militaire et politique proposé par le président français Macron. Le président Raisi a déclaré : « Aucune puissance extérieure à la région n’est la bienvenue dans le Caucase ». Cet avertissement sert très bien la sécurité russe, même s’il est sûrement motivé par l’intérêt personnel de Téhéran, car toute future présence militaire française en Arménie pourrait également les menacer.

Dans l’actualité russe, toute l’attention est portée sur le conflit dans lequel les Russes sont eux-mêmes profondément engagés, et les nouvelles de la ligne de contact, les nouvelles du front intérieur qui a connu il y a un jour un attentat meurtrier dans la ville frontalière de Belgorod qui a tué 25 civils et en a blessé gravement une cinquantaine d’autres, les nouvelles des délibérations du Conseil de sécurité des Nations unies sur le même sujet, remplissent largement le temps alloué aux bulletins d’information de 14 heures et de 20 heures.

Tous ceux qui ont suivi l’évolution de la guerre en Ukraine ces derniers jours ont pu constater le caractère « coup pour coup » des frappes menées par les parties belligérantes jour après jour. La chaîne des événements a commencé tôt dans la matinée du mercredi 26 décembre, lorsque les Ukrainiens ont déployé des missiles de croisière Storm Shadow lancés par avion pour détruire le Novotcherkassk, un grand navire de débarquement de la flotte russe de la mer Noire stationné dans le port de Feodosia, sur la côte orientale de la Crimée. Le navire aurait été chargé de drones et la frappe du missile a déclenché un incendie et des explosions qui pourraient avoir tué jusqu’à 74 personnes, à la fois sur le navire et dans le port.

Cependant, le fait marquant de l’attaque n’est pas le nombre de morts ou la perte du navire lui-même : il s’agit de la démonstration que Kiev a désormais reçu une variante du Storm Shadow avec un rayon d’action beaucoup plus grand que les livraisons initiales du Royaume-Uni et de la France.

Du point de vue du haut commandement russe, cette nouvelle capacité des Ukrainiens à frapper bien plus profondément le territoire russe représentait une escalade sérieuse du conflit qui nécessitait une escalade à l’identique de la part de la Russie. La réponse russe ne s’est pas fait attendre : le 27, la Russie a lancé la plus grande attaque de missiles contre l’Ukraine depuis le début de l’opération militaire spéciale, avec plus de 150 missiles balistiques, missiles de croisière et drones armés, dirigés vers des villes de toute l’Ukraine, y compris Kiev. Certains de ces missiles ont été abattus par la défense aérienne ukrainienne, mais le régime Zelensky a admis que les 20 missiles balistiques russes avaient échappé à leurs tirs et atteint leurs cibles.

D’après les informations partielles publiées par l’armée russe, il semblerait que leur principal objectif était de détruire des caches de Storm Shadow ainsi que les missiles sol-air occidentaux les plus avancés. Ils affirment avoir détruit un complexe Patriot dans la région de Lvov, tuant un nombre important de militaires français qui étaient en charge de l’installation. C’est le genre d’information qui passe en une seconde et qui n’est pas répétée, je ne peux donc pas en dire plus.

Le lendemain, l’Ukraine a répondu par une attaque concentrée sur la ville frontalière russe de Belgorod, capitale de l’oblast du même nom. Belgorod n’est pas à plus de 20 km de la deuxième ville d’Ukraine, Kharkiv, et a fait parler d’elle pour la première fois il y a environ six mois, lorsqu’une équipe ukrainienne de saboteurs prétendant être des Russes anti-Poutine a pénétré dans l’oblast et a attaqué des quartiers résidentiels. Cette fois, des missiles ont été envoyés sur des immeubles d’habitation et d’autres structures civiles, tuant quelque 25 Russes et en blessant gravement une cinquantaine d’autres, dont certains ont été évacués par avion vers Moscou sous assistance respiratoire.

Hier et aujourd’hui, les Russes ont vengé cette grave perte par de nouvelles attaques de missiles, désormais concentrées sur Kharkiv, d’où était partie l’attaque sur Belgorod. Ils ont démoli le siège des services de renseignement militaire dans la ville, affirmant avoir tué de nombreux conseillers étrangers, probablement britanniques et américains, qui guidaient les attaques. Ils ont également attaqué des aérodromes dans toute l’Ukraine, susceptibles d’être utilisés pour l’entretien des avions transportant le Storm Shadow.

Je termine ce tour d’horizon en faisant remarquer que l’escalade américano-britannique de l’armement déployé contre la Russie a été à l’origine de ce à quoi nous avons assisté ces six derniers jours. Ce n’est pas un hasard. Cela découle des nouvelles de la guerre dans les jours qui ont précédé, qui ont démontré sans équivoque que sur le terrain, le long de la ligne de contact, les forces russes avançaient régulièrement pour envahir les positions ukrainiennes et les forcer à battre en retraite. La prise de Mariinka a été emblématique à cet égard. L’impression générale était déprimante pour la cause ukrainienne au moment même où le Congrès était en vacances après avoir rejeté les efforts de l’administration pour faire passer une législation garantissant la poursuite de l’aide financière et militaire à Kiev. Ces attaques de missiles ukrainiens contre la flotte de la mer Noire dans le port de Feodosia et l’attaque de civils dans l’oblast de Belgorod, territoire de la Fédération de Russie à proprement parler, donneraient du prestige à la cause ukrainienne tout en incitant les Russes à intensifier leur action et à commettre ce que Washington qualifierait de crimes de guerre.

L’escalade est le jeu auquel joue Washington. En Ukraine. En mer Rouge. En Méditerranée orientale, au large des côtes libanaises. Washington semble ignorer la possibilité que les guerres par procuration qu’il attise puissent inviter la Russie, l’Iran ou la Corée du Nord à frapper directement les actifs américains, que ce soit à l’étranger ou sur le territoire des États-Unis.

*****

Avant de quitter ce sujet, je souhaite vous faire part de l’intérêt tout particulier que je porte à ce qui se passe à Feodosia, la station balnéaire et ville portuaire de Crimée orientale où le Novotcherkassk a été coulé.

Nous avons des amis proches à Saint-Pétersbourg qui, au milieu des années 1990, ont acheté un petit lopin de terre et une petite maison rustique de deux étages située sur une colline à plusieurs centaines de mètres au-dessus de la ville de Feodosia. Ils ont fait cet achat avec d’autres membres de l’Union des journalistes de Saint-Pétersbourg. Ils avaient tous des moyens très limités et le prix d’achat s’élevait à l’équivalent de 500 dollars. Année après année, ce groupe est revenu passer l’été dans leur propriété, pour y planter des potagers et profiter des fruits semi-tropicaux provenant d’arbres datant d’avant leur arrivée. Ils se réunissaient pour des lectures de poèmes et d’autres divertissements typiques de l’intelligentsia russe à ses heures perdues.

Lorsque la mer se réchauffait suffisamment, nos amis descendaient de leur sommet à flanc de colline pour se baigner.  Ils étaient transportés par des Tatars de Crimée locaux qui, moyennant une modeste rémunération, assuraient les services de taxi. Au fil des ans, ces mêmes Tatars ont émigré en Turquie pour tenter leur chance, mais ces deux dernières années, la plupart sont revenus à Feodosia, déçus de leur aventure à l’étranger, et ont repris leurs terres agricoles et leurs services de taxi.

Lorsque les journalistes de Saint-Pétersbourg ont acheté leurs parcelles de terre à Feodosia, c’était encore l’Ukraine, et les droits de propriété étaient à peine applicables. Ce n’est qu’après la réintégration de la Crimée dans la Russie en 2014 que leurs actes sont devenus réels. La transition de 2014 a été risquée pour tout le monde. En fait, Feodosia a fait l’objet d’une menace dont vous n’avez probablement pas entendu parler : c’est le seul endroit en Crimée où les Américains ont tenté de débarquer des marins pour s’opposer à la prise de contrôle par les Russes. Ils ont rapidement été renvoyés les mains vides, après avoir peut-être perdu quelques hommes au combat.

Après le début de l’opération militaire spéciale, Feodosia a été attaquée par des drones ukrainiens et nos amis ont appris par des voisins qu’une jeune fille de la région qui passait la nuit à la belle étoile dans les collines au-dessus de la ville avait été tuée par un drone. Pour le reste, il n’y a pas eu de problèmes de sécurité jusqu’à la destruction du Novotcherkassk il y a une semaine. Cela ne veut pas dire que nos amis n’ont pas été affectés par les hostilités. La vulnérabilité du pont de Crimée aux attaques a fait réfléchir tous les voyageurs de la Russie continentale lorsqu’ils ont commandé leurs billets de train pour la péninsule. Mais comme ce sont des Russes, ils poursuivent leurs vacances en Crimée dans l’esprit de авось, que l’on pourrait traduire par Inshallah.

In the days of auld lang syne…

The past few days have witnessed tit for tat missile strikes between the Russians and the Ukrainians that brought their war back to the front pages of mainstream Western newspapers and to the hourly news broadcasts of major international broadcasters, competing for attention with the vicious, genocidal assaults of the Israeli Defense Force on Gaza Palestinians, where the level of destruction of civilian infrastructure and murder of civilians is incomparably greater than what is going on in Ukraine and across the border in Russia today.

I will come back to the underlying issues of these exchanges of missile strikes tomorrow. The calendar, at 31st December, calls for a time out in big picture analysis and redirection of attention to the more comforting subject of seasonal celebrations and the distractions of old films available on the internet that so many of us are now watching in the free time of these holidays.

Several years ago, a high school girlfriend of German parentage brought to my attention a short film made in Germany, where it enjoyed extraordinary success and is linked to the New Year’s time there as closely as A Christmas Carol, in its many film iterations, is to Anglo-American Christmas. This film was long ago translated into English as Dinner for One.  To my understanding this bitter sweet comedy has become a seasonal hit in the United States and the wider world. Here is one of many links to this film for those among you who have not yet discovered it: https://www.youtube.com/watch?v=5n7VI0rC8ZA&t=52s

And now allow me to bring to your attention a parallel tradition of the seasonal hit from Mother Russia. Only this bitter sweet comedy from Mosfilm dated 1975 is a two part ‘serial’ that runs three hours. The link to a version with English subtitles was kindly provided by a reader:

https://www.youtube.com/watch?v=ms5Ga6kNvHM

In what follows, I will give you an overview which sets out the main reason why this film is very popular among the generations of Russians who lived part of their lives in the USSR and why it has become an obligatory item on Russian state television at New Year’s time. That reason is the depiction of the distribution of wealth across the population, which is what politics was all about globally in the days before the phony construct of ‘identity,’ meaning race, creed, LGBT etc. trumped real economic interests. However, I mention in passing that another reason was the promotion of nonconformist artists, in particular the poetess Akhmadulina, whose works are used as lyrics to the songs sung by the main characters.

The Irony of Fate is considered a comedy, but the striking feature of the film is the presentation of Soviet reality in the mid-1970s, during the Brezhnev era of détente with the West. French perfume was available for purchase in GUM and other shops to offer as a New Year’s present to one’s beloved.  But the only champagne on sale was Soviet shampanskoye, since import of consumer goods was spotty and very limited.  This was later identified as a period of ‘stagnation,’ but it was stagnation at a fairly high level compared to the long slide towards economic chaos that began a decade later, under Gorbachev.

In case the buildings and apartments shown in the film seem to make a good case for Soviet Communism to some of you, I point out that the hero of the film, a doctor practicing in a city clinic, would have been among the lowest paid urban citizens of the time. That follows from the fact that medicine was then a women’s profession except for the well paid specialties of gynecology and dentistry. And the social leveling described in the film pertained to the urban population.  Soviet farmers and others living on the land were dirt poor.

The reality presented in this film is regarded with nostalgia today by many former Soviet citizens. To our eyes, in the West, it was a sad reality distinguished by social leveling and few rewards for initiative and achievement.  In our culture, this means hopelessness. It is this very leveling that the script writers used to create their theater of the absurd.

In the 1970s, the Soviets undertook massive construction of new residential districts in cities across the country using identical architectural plans for 8-story apartment houses. As we are told in the introductory segment to the film, the same street names were assigned in each city. The same building numbers and apartment numbers were assigned, This meant that you could land in almost any city which you had never seen before and instantly feel ‘at home.’  In each building the floor layouts were the same. In each apartment there were the same interior furnishings, and, as it turns out, identical locks in the doors of apartments with the same number to be opened by identical keys.  Exaggerated as this sounds, it is not far from the historical truth.

That is half the social reality which supports the outlandish narrative of the film. The other half is sadder still, namely the widely accepted drunkenness among the male population of all classes and professions. And, of course, this was abetted by the aforementioned hopelessness and boredom.

The ‘irony of fate’ in this case is how the hero, a single medical doctor in his mid 30s, a mother’s boy who is about to finally ‘pop the question’ and propose marriage to his girlfriend of the past two years on New Year’s eve is instead made drunk by his friends in their traditional 31st December reunion in a local banya (communal bathhouse) as they all prepare for the magical evening.

In his unconscious state, they take him with them by plane to Leningrad.  Upon arrival there, unaware of where he is, he takes a taxi to ‘his’ street, gets out at ‘his’ building and opens the door to ‘his’ apartment. There he is found dead asleep by the school teacher owner, an attractive single woman and in her mid-30s, who has prepared for the visit of her long time suitor. He has come to ‘pop the question’ to her during their New Year’s eve tryst until he discovers this drunken stranger in her bed and everything goes awry.

You get the idea.

I will not comment further on the standardized living conditions that some Russian viewers today obviously find so attractive. But I will comment on the rampant alcoholism that is the second causal factor in this theater of the absurd.

Nineteen seventy-five was the first of five years that I spent traveling to the Soviet Union from New York almost monthly, serving as a consultant to major U.S. industrial companies that sought to establish agreements on Scientific and Technical Cooperation with Soviet ministries and manufacturing or agricultural combines for the sake of multi-billion dollar sales contracts. At the high level meetings with factory directors and ministers, I usually acted as the interpreter, seated between the principal negotiators for the two sides at banquets.  And there always were banquets!

No such event was complete until our host was pouring vodka down my sleeve. I recall in particular one festive lunch at a meat processing plant in a room just adjacent to the kill floor.  We had just left behind a blind drunk work crew. This was understandable given the awful nature of their job. But here as we sat down to an elegant lunch, our host warned us that we might be seeing the ballet performance at the Bolshoy which was scheduled for us after this factory visit ‘in rainbow colors.’ Sadly, he was very correct, and several in our team were just laid out on their beds to sleep it off when we were hauled over to our hotel.

Those were the days!  Happily this kind of obnoxious drinking in the high as well as low spheres of Russian society is long gone. Russia has sobered up over the past two decades, and I personally, see no reason to regret the passing of 1970s Soviet reality, however nicely it was dressed up by clever film directors and script writers.

                                                                                   *****

I close this essay with a brief remark on the pre-New Year’s eve performance of Mozart’s Magic Flute that I attended yesterday at the Royal Opera of Wallonie in Liège, located about 110 km south of Brussels.

Liège is a city that is probably best known outside Belgium for its endemic corruption, a situation which is perpetuated by the near monopoly of political power by the Socialist party over many decades. But it is also a culturally conservative city. The opera house has been run by a succession of musical directors and Intendants who offer traditional interpretations of well loved classical operas, rather than the trendy and often trashy productions that the management of the Monnaie opera house in Brussels offers to the international sophisticates from the diplomatic and European Community contingents in their audience.

Yesterday’s production of The Magic Flute was true to form. The printed program pointed out the philosophical tilt of the opera towards Free Masonry.  But what was on stage was the full power of Mozart’s virile personality, even in 1791, when the composer was already seriously ill with the ailment that brought about his death several months after completing the opera.

This opera celebrates heterosexual love and procreation as the driving forces of humanity. Shall we be indulgent and call this ‘family values’? The audience of 1500 was warmly sympathetic to the message. They also had a good laugh at the remarks in song that ‘women must follow the guidance of men.’

I mention this as a response and a rebuke to the line repeated daily on Russian state television that Western civilization is rotting from within, that LGBTQ+ is the vanguard of Europe’s denial of traditional values and is perverting all public entertainment.

The death of Western civilization is grossly exaggerated.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translation below into German (Andreas Mylaeus)

In the days of auld lang syne…*

In den letzten Tagen wurden die Russen und die Ukrainer Zeuge von gegenseitigen Raketenangriffen, die ihren Krieg wieder auf die Titelseiten der großen westlichen Zeitungen und in die stündlichen Nachrichtensendungen der großen internationalen Fernsehsender brachten. Sie konkurrieren um Aufmerksamkeit mit den bösartigen, völkermörderischen Angriffen der israelischen Verteidigungskräfte auf die Palästinenser im Gazastreifen, wo das Ausmaß der Zerstörung der zivilen Infrastruktur und der Ermordung von Zivilisten unvergleichlich größer ist als das, was heute in der Ukraine und jenseits der Grenze in Russland geschieht.

Ich werde morgen auf die Hintergründe dieser Raketenangriffe zurückkommen. Der Kalender ruft am 31. Dezember dazu auf, eine Auszeit von der Analyse des großen Ganzen zu nehmen und die Aufmerksamkeit auf das beruhigendere Thema der jahreszeitlichen Feierlichkeiten und die Ablenkung durch alte Filme im Internet zu lenken, die so viele von uns jetzt in der freien Zeit an diesen Feiertagen ansehen.

Vor einigen Jahren machte mich eine Schulfreundin deutscher Abstammung auf einen Kurzfilm aufmerksam, der in Deutschland gedreht wurde, wo er außerordentlich erfolgreich war und mit der Neujahrszeit dort so eng verbunden ist wie A Christmas Carol in seinen vielen Verfilmungen mit dem anglo-amerikanischen Weihnachtsfest. Dieser Film wurde vor langer Zeit als Dinner for One ins Englische übersetzt. Soweit ich weiß, ist diese bittersüße Komödie in den Vereinigten Staaten und in der ganzen Welt zu einem saisonalen Hit geworden. Hier ist einer der vielen Links zu diesem Film für diejenigen unter Ihnen, die ihn noch nicht entdeckt haben: https://www.youtube.com/watch?v=5n7VI0rC8ZA&t=52s

Und nun möchte ich Sie auf eine parallele Tradition des Saisonhits aus Mütterchen Russland aufmerksam machen. Nur dass es sich bei dieser bittersüßen Komödie von Mosfilm aus dem Jahr 1975 um eine zweiteilige “Serie” handelt, die drei Stunden läuft. Der Link zu einer Version mit englischen Untertiteln wurde freundlicherweise von einem Leser zur Verfügung gestellt:

Im Folgenden gebe ich Ihnen einen Überblick über den Hauptgrund, warum dieser Film bei den Generationen von Russen, die einen Teil ihres Lebens in der UdSSR verbracht haben, sehr beliebt ist und warum er im russischen Staatsfernsehen zur Neujahrszeit zum Pflichtprogramm gehört. Der Grund ist die Darstellung der Verteilung des Reichtums in der Bevölkerung, um die es in der Politik weltweit ging, bevor das falsche Konstrukt der “Identität”, d.h. Rasse, Glaube, LGBT usw., die wahren wirtschaftlichen Interessen überholt hat. Ich erwähne jedoch am Rande, dass ein weiterer Grund die Förderung nonkonformistischer Künstler war, insbesondere der Dichterin Achmadulina, deren Werke als Liedtexte für die von den Hauptfiguren gesungenen Lieder verwendet werden.

The Irony of Fate (Die Ironie des Schicksals) gilt als Komödie, aber das Besondere an dem Film ist die Darstellung der sowjetischen Realität Mitte der 1970er Jahre, während der Breschnew-Ära der Entspannungspolitik mit dem Westen. In GUM und anderen Geschäften gab es französisches Parfüm als Neujahrsgeschenk für die Geliebte zu kaufen. Aber der einzige Champagner, der verkauft wurde, war sowjetischer Schampanskoje, da die Einfuhr von Konsumgütern nur sporadisch und in sehr begrenztem Umfang möglich war. Diese Zeit wurde später als “Stagnation” bezeichnet, aber es war eine Stagnation auf recht hohem Niveau, verglichen mit dem langen Abstieg ins wirtschaftliche Chaos, der ein Jahrzehnt später unter Gorbatschow begann.

Für den Fall, dass die im Film gezeigten Gebäude und Wohnungen für einige von Ihnen ein gutes Argument für den Sowjetkommunismus zu sein scheinen, weise ich darauf hin, dass der Held des Films, ein Arzt, der in einer städtischen Klinik praktiziert, zu den am schlechtesten bezahlten städtischen Bürgern jener Zeit gehört hätte. Das ergibt sich aus der Tatsache, dass die Medizin damals ein Frauenberuf war, abgesehen von den gut bezahlten Fachgebieten der Gynäkologie und Zahnmedizin. Und die im Film beschriebene soziale Nivellierung bezog sich auf die städtische Bevölkerung. Die sowjetischen Bauern und andere, die auf dem Land lebten, waren bitterarm.

Die in diesem Film dargestellte Realität wird heute von vielen ehemaligen Sowjetbürgern mit Nostalgie betrachtet. Für uns im Westen war es eine traurige Realität, die durch soziale Nivellierung und wenig Belohnung für Initiative und Leistung gekennzeichnet war. In unserer Kultur bedeutet dies Hoffnungslosigkeit. Genau diese Nivellierung haben die Drehbuchautoren genutzt, um ihr Theater des Absurden zu schaffen.

In den 1970er Jahren begannen die Sowjets mit dem massiven Bau neuer Wohnviertel in Städten im ganzen Land, wobei identische architektonische Pläne für 8-stöckige Wohnhäuser verwendet wurden. Wie wir in der Einleitung des Films erfahren, wurden in jeder Stadt die gleichen Straßennamen vergeben. Dies bedeutete, dass man in fast jeder Stadt landen konnte, die man noch nie zuvor gesehen hatte, und sich sofort “zu Hause” fühlte. In jedem Gebäude waren die Grundrisse gleich. In jeder Wohnung gab es die gleiche Inneneinrichtung und, wie sich herausstellte, identische Schlösser in den Türen von Wohnungen mit der gleichen Nummer, die mit identischen Schlüsseln zu öffnen waren. So übertrieben dies auch klingt, es ist nicht weit von der historischen Wahrheit entfernt.

Das ist die eine Hälfte der sozialen Realität, die die haarsträubende Erzählung des Films stützt. Die andere Hälfte ist noch trauriger, nämlich die weit verbreitete Trunksucht unter der männlichen Bevölkerung aller Klassen und Berufe. Und natürlich wurde dies durch die bereits erwähnte Hoffnungslosigkeit und Langeweile begünstigt.

Die “Ironie des Schicksals” besteht in diesem Fall darin, dass der Held, ein alleinstehender Arzt Mitte 30, ein Muttersöhnchen, der seiner Freundin, mit der er seit zwei Jahren zusammen ist, in der Silvesternacht endlich einen Heiratsantrag machen will, stattdessen von seinen Freunden bei ihrem traditionellen Treffen am 31. Dezember in einer örtlichen Banja (einem Gemeinschaftsbad) betrunken gemacht wird, während sie sich alle auf den magischen Abend vorbereiten.

In seinem bewusstlosen Zustand nehmen sie ihn per Flugzeug mit nach Leningrad. Dort angekommen, nimmt er, ohne zu wissen, wo er ist, ein Taxi in “seine” Straße, steigt vor “seinem” Haus aus und öffnet die Tür zu “seiner” Wohnung. Dort wird er von der Besitzerin der Schule, einer attraktiven, alleinstehenden Frau Mitte 30, die sich auf den Besuch ihres langjährigen Verehrers vorbereitet hat, schlafend aufgefunden. Er ist gekommen, um ihr in der Silvesternacht einen Heiratsantrag zu machen, bis er den betrunkenen Fremden in ihrem Bett entdeckt und alles schief geht.

Sie können sich denken, wie es weiter geht…

Ich werde mich nicht weiter zu den standardisierten Lebensbedingungen äußern, die einige russische Zuschauer heute offensichtlich so attraktiv finden. Aber ich werde mich zu dem grassierenden Alkoholismus äußern, der der zweite kausale Faktor in diesem Theater des Absurden ist.

Fünfundsiebzig war das erste von fünf Jahren, in denen ich fast monatlich von New York aus in die Sowjetunion gereist bin, um als Berater großer amerikanischer Industrieunternehmen zu fungieren, die mit sowjetischen Ministerien und Produktions- oder Agrarkombinaten Abkommen über wissenschaftliche und technische Zusammenarbeit einzufädeln, um Umsätze in Milliarden-Höhe erzielen zu können. Bei den hochrangigen Treffen mit Fabrikdirektoren und Ministern fungierte ich in der Regel als Dolmetscher, der bei Banketten zwischen den Hauptunterhändlern der beiden Seiten saß. Und Bankette gab es immer!

Eine solche Veranstaltung war immer erst dann vollständig, wenn unser Gastgeber mir Wodka in den Ärmel schüttete. Ich erinnere mich besonders an ein festliches Mittagessen in einem Fleischverarbeitungsbetrieb in einem Raum direkt neben dem Schlachthof. Wir hatten gerade eine blindwütige, betrunkene Belegschaft hinter uns gelassen. Das war verständlich angesichts der schrecklichen Art ihrer Arbeit. Doch als wir uns hier zu einem eleganten Mittagessen niederließen, warnte uns unser Gastgeber, dass wir die Ballettaufführung im Bolschoi, die für uns nach diesem Fabrikbesuch vorgesehen war, “in Regenbogenfarben” sehen könnten. Leider hatte er damit recht, und einige aus unserem Team lagen gerade auf ihren Betten, um den Rausch auszuschlafen, als wir zu unserem Hotel gebracht wurden.

So war das damals! Glücklicherweise ist diese Art von widerwärtigem Alkoholkonsum in den höheren und niedrigeren Sphären der russischen Gesellschaft schon lange vorbei. Russland ist in den letzten zwei Jahrzehnten nüchterner geworden, und ich persönlich sehe keinen Grund, das Ende der sowjetischen Realität der 1970er Jahre zu bedauern, so schön sie auch von cleveren Filmregisseuren und Drehbuchautoren ausgeschmückt wurde.

                                                                                   *****

Ich schließe diesen Aufsatz mit einer kurzen Bemerkung zu der Vor-Silvester-Aufführung von Mozarts Zauberflöte, die ich gestern in der Königlichen Oper der Wallonie in Lüttich, etwa 110 km südlich von Brüssel, besucht habe.

Lüttich ist eine Stadt, die außerhalb Belgiens wahrscheinlich am besten für ihre endemische Korruption bekannt ist, eine Situation, die durch das Beinahe-Monopol der sozialistischen Partei an der politischen Macht über viele Jahrzehnte aufrechterhalten wird. Aber sie ist auch eine kulturell konservative Stadt. Das Opernhaus wird von einer Reihe von Musikdirektoren und Intendanten geleitet, die traditionelle Interpretationen beliebter klassischer Opern anbieten, und nicht die trendigen und oft kitschigen Produktionen, die das Management des Brüsseler Opernhauses Monnaie den internationalen Schickimickis aus den Kreisen der Diplomatie und der Europäischen Gemeinschaft ihrem Publikum anbietet.

Die gestrige Aufführung der “Zauberflöte” war formvollendet. Das gedruckte Programmheft wies auf die philosophische Ausrichtung der Oper auf die Freimaurerei hin. Aber was auf der Bühne gezeigt wurde, war die volle Kraft von Mozarts viriler Persönlichkeit, selbst im Jahr 1791, als der Komponist bereits schwer an dem Leiden litt, das einige Monate nach der Fertigstellung der Oper zu seinem Tod führte.

Diese Oper feiert die heterosexuelle Liebe und die Fortpflanzung als die treibenden Kräfte der Menschheit. Sollen wir nachsichtig sein und dies als “Familienwerte” bezeichnen? Das 1.500-köpfige Publikum nahm die Botschaft mit großer Sympathie auf. Sie lachten auch über die Bemerkung im Lied, dass “Frauen der Führung der Männer folgen müssen”.

Ich erwähne dies als Antwort und Vorwurf auf die im russischen Staatsfernsehen täglich wiederholte Aussage, dass die westliche Zivilisation von innen her verrottet, dass LGBTQ+ die Vorhut der Verleugnung traditioneller Werte in Europa ist und die gesamte öffentliche Unterhaltung pervertiert.

Der Tod der westlichen Zivilisation ist maßlos übertrieben.

____________________

* Anm. AM: “In the days of auld lang syne…” ist eine Phrase aus dem traditionellen schottischen Lied “Auld Lang Syne”. Die Phrase “auld lang syne” kann im Englischen mit “längst vergangene Tage” oder “days gone by” übersetzt werden. Das Lied wird oft gesungen, um das alte Jahr zu verabschieden und das neue Jahr zu begrüßen, weshalb es besonders bei Silvesterfeiern beliebt ist.

A new Sputnik feature article worth reading on the attempted regime change operation in Belgrade these past several days

It is a pleasure to bring to your attention an article just published by Sputnik in which I was invited to contribute my thoughts on the attempted Maidan revolution in Belgrade that may have slipped beneath your personal radar screen but was very serious indeed. A couple of well established scholars also participated in this discussion.

https://sputnikglobe.com/20231225/serbian-maidan-attempt-a-desperate-flailing-response-by-nato-to-ukraine-red-sea-failures-1115810064.html

To what I have said there about the importance of individuals in making history, I would like to add the following:

Most of our mainstream political scientists and commentators on international affairs deal in abstractions. They are unheroic themselves. They tend to be debunkers of people venerated in the past as heroes. They agree to tearing down statues to people from the past who were considered as great by their contemporaries, if those venerated personalities had some serious flaw in terms of today’s cultural values. 

These commentators prefer to direct attention to economic and other ‘objective’ factors which they believe drive the world forward or wherever it is in fact going. It is GNP per capita that counts in measuring the strength of nations, as they see it.

I beg to differ, to differ fundamentally and radically from this view. There are heroes living among us and to deny that is to be hopelessly, unforgivingly small-minded.  National leaders can be cowardly, as Ukrainian president Yanukovich was, or they can be brave and fight to the death for what matters to them, like President Lukashenko of Belarus.

Put on a broader footing, this failure to take into account the human dimension explains the failure of our leading political scientists like John Mearsheimer to understand what makes Russia tick, why it alone among the nations of the world stood up directly to the United States empire and why it is likely to win its war against NATO.

©Gilbert Doctorow, 2023

Translation of the foregoing into German, as well as translation of the original Sputnik article (Andreas Mylaeus)

Ein neuer lesenswerter Sputnik-Artikel über den Versuch eines Regimewechsels in Belgrad in den letzten Tagen

Es ist mir ein Vergnügen, Sie auf einen Artikel aufmerksam zu machen, der soeben von Sputnik veröffentlicht wurde und in dem ich eingeladen wurde, meine Gedanken zur versuchten Maidan-Revolution in Belgrad beizutragen, die vielleicht unter Ihrem persönlichen Radarschirm verschwunden ist, aber in der Tat sehr ernst war. An dieser Diskussion haben sich auch einige renommierte Wissenschaftler beteiligt.

https://sputnikglobe.com/20231225/serbian-maidan-attempt-a-desperate-flailing-response-by-nato-to-ukraine-red-sea-failures-1115810064.html

Zu dem, was ich dort über die Bedeutung von Individuen in der Geschichtsschreibung gesagt habe, möchte ich Folgendes hinzufügen:

Die meisten unserer etablierten Politikwissenschaftler und Kommentatoren zu internationalen Angelegenheiten handeln in Abstraktionen. Sie sind selbst unheroisch. Sie neigen dazu, Menschen zu entlarven, die in der Vergangenheit als Helden verehrt wurden. Sie sind damit einverstanden, dass Statuen von Menschen aus der Vergangenheit, die von ihren Zeitgenossen als großartig angesehen wurden, niedergerissen werden, wenn diese verehrten Persönlichkeiten im Hinblick auf die heutigen kulturellen Werte einige schwerwiegende Mängel aufweisen.

Diese Kommentatoren ziehen es vor, die Aufmerksamkeit auf wirtschaftliche und andere “objektive” Faktoren zu lenken, von denen sie glauben, dass sie die Welt vorantreiben oder wohin sie sich tatsächlich bewegt. Ihrer Meinung nach ist es das Pro-Kopf-BSP, das bei der Messung der Stärke von Nationen zählt.

Ich bin anderer Meinung, und zwar grundlegend und radikal anderer Meinung. Es gibt Helden unter uns, und das zu leugnen, hieße, hoffnungslos und unversöhnlich kleinkariert zu sein. Nationale Führer können feige sein, wie es der ukrainische Präsident Janukowitsch war, oder sie können mutig sein und bis zum Tod für das kämpfen, was ihnen wichtig ist, wie der weißrussische Präsident Lukaschenko.

Auf einer breiteren Basis erklärt dieses Versäumnis, die menschliche Dimension zu berücksichtigen, das Unvermögen unserer führenden Politikwissenschaftler wie John Mearsheimer, zu verstehen, wie Russland tickt, warum es sich als einziges unter den Nationen der Welt direkt gegen das Imperium der Vereinigten Staaten gestellt hat und warum es wahrscheinlich seinen Krieg gegen die NATO gewinnen wird.

https://sputnikglobe.com/20231225/serbian-maidan-attempt-a-desperate-flailing-response-by-nato-to-ukraine-red-sea-failures-1115810064.html

26. Dezember

Der serbische Maidan-Versuch ist eine “verzweifelte, unbeholfene Reaktion” der NATO auf das Scheitern der Ukraine und des Roten Meeres

© AFP 2023 / OLIVER BUNIC

Ilya Tsukanov

Etwa 2.500 radikalisierte Oppositionsanhänger versammelten sich am Sonntag in Belgrad und versuchten, nach den umstrittenen Parlamentswahlen in der vergangenen Woche das Rathaus zu stürmen. Sputnik befragte führende geopolitische Analysten, darunter einen amerikanischen Balkan-Experten, zu den Ereignissen und zu der Frage, wer hinter den Kulissen die Fäden zieht.

Die Proteste vom Sonntag in der serbischen Hauptstadt seien ein dreister Versuch des Westens gewesen, die Lage in dem Balkanland mit “Maidan-Putschtechniken” zu destabilisieren, sagte die Sprecherin des russischen Außenministeriums, Maria Sacharowa, am Montag gegenüber Sputnik, nachdem sie um einen Kommentar zu den Ereignissen in Belgrad in der Nacht zuvor gebeten worden war.

Tausende von wütenden Anhängern der serbischen Opposition versammelten sich am Sonntag bei 2 Grad Celsius im Zentrum der Hauptstadt. Sie waren unzufrieden mit den Ergebnissen der jüngsten vorgezogenen Parlamentswahlen, die von der Koalition “Serbien darf nicht aufhören” von Präsident Aleksandar Vucic gewonnen wurden, und behaupteten, die Abstimmung sei manipuliert worden und forderten eine Neuwahl.

Die serbischen Behörden versicherten, dass die Wahl am 17. Dezember transparent, frei und fair verlaufen sei, doch viele der üblichen Verdächtigen aus dem Ausland, darunter Wahlbeobachter des Europäischen Parlaments sowie das Center for Research, Transparency and Accountability (eine serbische, von der EU finanzierte und mit dem US National Endowment for Democracy verbundene “gemeinnützige Einrichtung”), behaupteten “Wahlmissbrauch” und “Unregelmäßigkeiten, die das Wahlergebnis unmittelbar beeinträchtigten”.

Seltsamerweise schloss sich die Beobachtermission der Organisation für Sicherheit und Zusammenarbeit in Europa nicht der Brüsseler “Manipulations”-Erzählung an, sondern beklagte stattdessen angebliche “Verfahrensmängel”, die genauso gut auf Wahlen in den USA und den meisten anderen westlichen liberalen Demokratien zutreffen könnten.

“Obwohl die Wahlen technisch gut durchgeführt wurden und den Wählern eine Auswahl an politischen Alternativen boten, wurden sie von der entscheidenden Beteiligung des Präsidenten dominiert, die zusammen mit den systemischen Vorteilen der Regierungspartei ungerechte Bedingungen schuf”, heißt es in der OSZE-Bewertung.

“Die Grundfreiheiten wurden während des Wahlkampfes im Allgemeinen geachtet”, räumte die Mission ein, “aber er wurde durch harte Rhetorik, Voreingenommenheit in den Medien, Druck auf die Angestellten des öffentlichen Dienstes und Missbrauch öffentlicher Mittel beeinträchtigt… Die Arbeit der Wahlkommission der Republik profitierte von einer verbesserten Transparenz”, so die OSZE. “Zwar berichteten die Medien im Einklang mit dem Gesetz über alle Wahlkandidaten, doch fehlte es den meisten nationalen Sendern an einer echten analytischen Berichterstattung, was die Fähigkeit der Wähler, eine fundierte Wahl zu treffen, beeinträchtigte.”

Letztendlich kam die OSZE-Mission zu dem Schluss, dass sie keine Fälle von Wahlmanipulationen feststellen konnte und bestätigte, dass der Wahltag abgesehen von einigen “Verfahrensmängeln” reibungslos verlief.

Diese “Verfahrensmängel” reichten der serbischen Opposition offenbar aus, um am Sonntag zu versuchen, das Belgrader Rathaus gewaltsam zu stürmen. Die Bereitschaftspolizei griff schnell ein und drängte die Demonstranten mit Tränengas und Schlagstöcken zurück, wobei mindestens dreißig Beamte bei Zusammenstößen mit Demonstranten verletzt wurden, zwei davon schwer. 38 Demonstranten wurden festgenommen.

Die Behörden erkannten sofort, was vor sich ging. Präsident Vucic trat am Sonntagabend im Fernsehen auf und verurteilte die Demonstranten als “Schläger” und nannte die Unruhen “ein Produkt viel ernsterer geopolitischer Umstände” und einen Versuch, “die Autonomie, Unabhängigkeit und Souveränität der Republik Serbien zu zerstören”. Premierministerin Ana Brnabic dankte den russischen Geheimdiensten dafür, dass sie Belgrad rechtzeitig vor den drohenden Unruhen gewarnt hätten.

Der Belgrader Bürgermeister Aleksandar Sapic schloss sich Vucics Einschätzung der Ereignisse an und bezeichnete die Gewalt als versuchte “Maidanisierung” der serbischen Hauptstadt.

Versuch, den “wunden Punkt” Serbien auszumerzen

“Serbien ist seit langem ein wunder Punkt für die NATO und die EU”, erklärte Dr. George Szamuely, ein amerikanischer geopolitischer Kommentator und leitender Forschungsmitarbeiter am Global Policy Institute in London, gegenüber Sputnik die Beweggründe für eine mögliche westliche Unterstützung eines Putschversuchs im Stil des Maidan in Belgrad zu diesem besonderen Zeitpunkt.

“Serbien und die Republika Srpska (die Hälfte von Bosnien und Herzegowina) sind die Verweigerer der NATO. Keine der beiden Entitäten will der NATO beitreten. Und beide Entitäten haben sich geweigert, die NATO-EU-Politik gegenüber Russland mitzutragen. Beide haben sich geweigert, irgendwelche Sanktionen gegen Russland zu verhängen”, erinnerte Szamuely, ein renommierter Experte für die westliche Politik gegenüber dem ehemaligen Jugoslawien.

“Das ist also ein wunder Punkt, weil die NATO im Grunde den gesamten europäischen Kontinent mit Ausnahme von Serbien und der Republika Srpska umfasst hat, und die NATO will dem offensichtlich ein Ende setzen… Sie versuchen schon seit einiger Zeit, Vucic aus dem Amt zu drängen, und gleichzeitig versuchen sie, Milorad Dodik, den Präsidenten der Republika Srpska, loszuwerden”, so der Beobachter.

“Wichtig ist auch, dass Serbien von Anfang an, seit den 1990er Jahren, immer als Ersatz für Russland gesehen wurde. Wo Serbien ist, da ist auch Russland. Es ist das einzige, was die NATO daran hindert, den Balkan vollständig zu beherrschen. Und es ist das Gebiet, in dem Russland weiterhin einen gewissen Einfluss in Europa hat. Wenn man also Russland ganz aus Europa herausdrängen will, muss man sich mit dem ‘Serbien-Problem’ befassen. Ab dem Jahr 2000, als die Farbenrevolution stattfand und [Slobodan] Milosevic gestürzt wurde, war man schon nahe dran. In den folgenden acht Jahren regierte dann die Opposition, und dann erkannte der Westen die Unabhängigkeit des Kosovo an. Sie waren also nahe dran, aber sie konnten es nicht ganz schaffen. Und so haben wir immer wieder versucht, die unerledigten Dinge aus den 1990er Jahren zu berichtigen”, sagte Szamuely.

Szamuely erinnerte daran, dass die Unruhen vom Sonntag in Belgrad nur die jüngste Manifestation der Versuche waren, Vucic zu stürzen, und wies darauf hin, dass der serbische Präsident im vergangenen Jahr einem “enormen Druck” ausgesetzt war, der auf ihn ausgeübt wurde.

“Im Mai letzten Jahres gab es sehr große Proteste gegen Vucic, was sehr seltsam war, denn der angebliche Grund für diese großen Proteste waren zwei Massenmorde, die zufällig begangen wurden, einfach etwas Tragisches, ganz ähnlich wie das, was gerade in Prag passiert ist, etwas, das in den Vereinigten Staaten oft passiert. Aber irgendwie beschloss die Opposition in Serbien, die Regierung dafür verantwortlich zu machen. Also veranstalteten sie diese Massenproteste und forderten Wahlen… Vucic sagte, okay, gut, wir werden Wahlen abhalten, und so wurden die Wahlen abgehalten. Die Opposition verlor” und behauptete anschließend, “dass es sich um einen Betrug handelte, dass die Wahlen gestohlen wurden und so weiter, ganz im Sinne der Farbrevolution”, betonte Szamuely.

Der erfahrene Experte für internationale Beziehungen und Osteuropaspezialist Dr. Gilbert Doctorow stimmt mit Szamuelys Einschätzung überein.

“Wir erleben diesen neuen Versuch eines Putsches auf dem Maidan, weil die Urheber dieses Versuchs, Vucic zu stürzen, dieselben oberflächlichen Verschwörer der Ivy League im Außenministerium und in der CIA sind, die Amerikas katastrophale außenpolitische Abenteuer in den letzten dreißig Jahren geleitet haben”, sagte Doctorow gegenüber Sputnik.

“Sie erkennen die Bedeutung der Menschen in der Geschichte nicht. Um genau zu sein, erkennen sie nicht, dass Vucic kein kleinmütiger Narr ist wie der ukrainische Janukowitsch, dessen Mangel an Entschlossenheit und Mut den Sieg des Putsches in Kiew erst möglich gemacht hat. Vucic ist eher wie Lukaschenko in Weißrussland, der mit der Kalaschnikow in der Hand den Aufstand in Weißrussland niedergeschlagen und Washington um einen billigen Sieg gebracht hat”, fügte er im Jahr 2020 hinzu.

Der Versuch der serbischen Farbrevolution sei ein Versuch der Westmächte, “in mehreren Töpfen zu rühren” und “in jeder strategisch wichtigen Region Chaos zu stiften”, meint Doctorow. “Serbien ist dem kollektiven Westen ein Dorn im Auge”, aber jeder Versuch, Vucic zu stürzen, wird nach Ansicht des Analysten “zum Scheitern verurteilt sein”.

Ein Zeichen der Verzweiflung?

Der politische Analyst und ehemalige Europaabgeordnete Nick Griffin erklärte gegenüber Sputnik, der Putschversuch in Belgrad sei ein Zeichen für die wachsende “Verzweiflung” der NATO, die an anderen Fronten militärisch und wirtschaftlich gegen ihre globalen Gegner verliere.

“Ich vermute, dass es sich bei den derzeitigen Maidan-Bemühungen des Westens in Belgrad weniger um einen sorgfältig durchdachten langfristigen Plan handelt, sondern eher um eine verzweifelte Reaktion auf das NATO-Desaster, das sich in der Ukraine abspielt”, so Griffin. “Das Ausmaß der dortigen Niederlage ist so groß, dass die westlichen Mächte nicht nur eine Ablenkung brauchen, sondern auch einen ‘Sieg’ – etwas, mit dem sie als Beweis dafür herumwedeln können, dass sie den ‘bösen Plan des Monsters Putin zur Weltherrschaft’ immer noch vereiteln können.”

“Zusätzlich zu den oben genannten kurzfristigen Problemen, die sich aus dem Ukraine-Debakel ergeben, hat die Unterbrechung der Schifffahrt im Roten Meer das chinesische Projekt ‘Belt and Road’ wieder an die Spitze der geopolitischen Agenda gerückt. Die kürzlich aufgenommenen engen Beziehungen zwischen Ungarn und Serbien, zu denen auch umfangreiche Arbeiten zur Verbesserung der Eisenbahnverbindungen zwischen den beiden Ländern gehören, gewinnen mit der Möglichkeit, dass die anhaltenden Spannungen und Konflikte im Nahen Osten die Handelsrouten von China zu den westlichen und arabischen Märkten auf dem Landweg viel wichtiger und rentabler machen, an Bedeutung”, erklärte Griffin und wies auf die komplexen und schwierigen Planungen hin, die auf dem Balkan im Spiel sind.

“Serbien hat das Potenzial, als letztes Sprungbrett zur Adria und darüber hinaus von enormer Bedeutung zu sein – vor allem, wenn der Sieg Russlands in der Ukraine Vucic davon überzeugt, seine Gratwanderung aufzugeben, sich auf die russische Seite zu schlagen und darauf zu drängen, Serbien mit den serbischen Enklaven an der Küste zu verbinden”, betonte der Beobachter.

Auf die Frage, ob der Westen mit seinen Bemühungen, Vucic zu stürzen, letztlich Erfolg haben könnte, betonte Griffin, dass dies “von Russland abhängt!”

“Es gibt absolut keinen guten Grund, dieses halbherzige westliche Abenteurertum zuzulassen oder gar fortzusetzen. Die Lehre aus dem Kiewer Maidan sollte doch sein, dass es viel einfacher ist, mit solchen Dingen umzugehen, solange sie von westlich finanzierten Hooligans und Agitatoren veranstaltet werden, als zu warten, bis sie in von der NATO gelieferten Panzern sitzen”, resümierte der erfahrene geopolitische Beobachter.