In the past few months I have put online the links to a couple of my encounters, or shall we call them ‘debates’ with Fred Weir, a Canadian journalist who has served numerous news agencies and newspapers but is probably best known for his long service as Moscow bureau chief of the Boston-based Christian Science Monitor.
Our encounters have been ‘virtual,’ in arranged discussions hosted by Iran’s Press TV. Today I present the link to our latest debate, in which our different perspectives on the war ongoing in Ukraine are sufficiently differentiated for the viewer to benefit from contrast as well as agreement about the misery and death it is bringing to both sides in the conflict.
You don’t work for mainstream print media and get to say what you think much of the time. In the present situation, Weir has complemented his censored work for his paymasters with more nuanced and informative statements on his social media accounts. What he says on Press TV is situated somewhere on a sliding scale between these two positions. The question is not about distortion of information but about information and personal judgments held back, about stories that he is not encouraged to cover for the mainstream news channels.
For my part, I dared in this discussion to step back a bit from the ‘dissident’ or ‘anti-war’ folks who have been reposting my essays and who have brought 10,000 or more readers to any one of my recent articles. What I say in this video is that the side of the angels also often lives in its own bell jar. They largely do not speak Russian, cannot monitor what the Russians are saying among themselves in their domestic oriented media and so may be cheerleading the Russian war effort without being aware of the Russians’ own circumspection about their chances of success and of success in what time frame.
Let me be specific. The Scott Ritters and Douglas Macgregors of this world are speaking as if the war is just about over and the Ukrainian capitulation may be expected in a couple of weeks. Of course, anything is possible: the new and accelerating Russian offensive may bring the Ukrainian army to its knees. However, at the same time, in Russian news agency postings, I read that the boss of the swashbuckling Wagner Group Yevgeny Prigozhin has just been quoted as saying that it may take two years more of fighting for Russian forces to completely conquer the Donbas. Where does the truth lie?
In closing, I use this opportunity to bring to the attention of readers several key points from a private correspondence I have been conducting with a Lt Colonel in the U.S. army who is busy working in a think tank following the action on the ground very closely day to day. The question was whether time is on the side of the Russians or on the side of the Ukrainians.
We both came to the same conclusion: that the end result of the Special Military Operation is likely to be the strengthening of the Russian armed forces and not the weakening that Pentagon boss Austin has declared to be the principal American objective of refusing peace talks and drawing out the war by dispatching ever more lethal equipment to the Ukrainian side.
My argument for strengthening is based on the way the Russian army is now projected to grow from 600,000 men at arms to 1.5 million, and possibly to as many as 3 million. This expansion of the armed forces requires the active support of the Russian population, whose boys and men will be subject to what may become universal conscription. The escalation of the threat to their nation posed by the American led forces in Ukraine has brought to the Kremlin the full patriotic support that it needs for the changeover in the structure and scale of the army as well as the changeover in the economy to a war footing.
The Lt. Colonel’s matching conclusion is based on the way he has seen the operational capabilities of the Russian armed forces grow immensely from the incompetent, bungling performance of the opening weeks and months of this war to the very impressive performance he has witnessed since the changes in command back in September of last year.
https://www.urmedium.com/c/presstv/121871
©Gilbert Doctorow, 2023
Translations below into French (Youri) and Brazilian Portuguese (Evandro Menezes)
Débat avec le chef du bureau de Moscou, Fred Weir : Troisième round
Au cours des derniers mois, j’ai mis en ligne les liens de plusieurs de mes rencontres, ou plutôt de mes « débats », avec Fred Weir, un journaliste canadien qui a travaillé pour de nombreuses agences de presse et de nombreux journaux, mais qui est probablement plus connu pour avoir été longtemps le chef du bureau de Moscou du Christian Science Monitor, basé à Boston.
Nos rencontres ont été « virtuelles », dans le cadre de discussions organisées par la chaîne iranienne Press TV. Aujourd’hui, je vous présente le lien vers notre dernier débat, dans lequel nos perspectives différentes sur la guerre en cours en Ukraine sont suffisamment différenciées pour que le téléspectateur puisse bénéficier d’un contraste ainsi que d’un accord sur la misère et la mort qu’elle entraîne pour les deux parties au conflit.
On ne travaille pas pour la presse écrite grand public en disant ce que l’on pense la plupart du temps. Dans la situation actuelle, Weir a complété son travail censuré pour ses maîtres payeurs par des déclarations plus nuancées et informatives sur ses comptes de médias sociaux. Ce qu’il dit sur Press TV se situe quelque part sur une échelle mobile entre ces deux positions. La question n’est pas de savoir si l’information est déformée, mais si l’information et les jugements personnels sont refoulés sur des sujets qu’il n’est pas encouragé à couvrir pour les chaînes d’information grand public.
Pour ma part, j’ai osé, dans cette discussion, prendre un peu de recul par rapport aux « détracteurs » ou aux « anti-guerre » qui ont repris mes essais et qui ont apporté 10 000 lecteurs ou plus à chacun de mes articles récents. Ce que je dis dans cette vidéo, c’est que le côté des anges vit aussi sous sa propre cloche de verre. La plupart d’entre eux ne parlent pas le russe, ne peuvent pas surveiller ce que les Russes disent entre eux dans leurs médias nationaux et peuvent donc encourager l’effort de guerre russe sans être conscients de la circonspection des Russes quant à leurs chances de succès et à quel moment.
Permettez-moi d’être précis. Les Scott Ritter et Douglas Macgregor de ce monde parlent comme si la guerre était sur le point de se terminer et que l’on pouvait s’attendre à une capitulation ukrainienne dans quelques semaines. Bien sûr, tout est possible : la nouvelle offensive russe, qui s’accélère, pourrait mettre l’armée ukrainienne à genoux. Cependant, dans le même temps, j’ai lu dans des dépêches d’agences de presse russes que le patron du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, aurait déclaré qu’il faudrait encore deux ans de combat aux forces russes pour conquérir complètement le Donbass. Où se trouve la vérité ?
Pour conclure, je profite de cette occasion pour porter à l’attention des lecteurs plusieurs points clés d’une correspondance privée que j’ai entretenue avec un lieutenant-colonel de l’armée américaine qui travaille dans un groupe de réflexion et suit de très près l’action sur le terrain au jour le jour. La question était de savoir si le temps est du côté des Russes ou du côté des Ukrainiens.
Nous sommes tous deux arrivés à la même conclusion : le résultat final de l’opération militaire spéciale sera probablement le renforcement des forces armées russes et non l’affaiblissement que le patron du Pentagone, M. Austin, a déclaré être le principal objectif américain, à savoir refuser les pourparlers de paix et prolonger la guerre en envoyant des équipements toujours plus meurtriers du côté ukrainien.
Mon argument en faveur de ce renforcement est fondé sur la manière dont on prévoit maintenant que l’armée russe passera de 600 000 hommes en armes à 1,5 million, voire à 3 millions. Cette expansion des forces armées nécessite le soutien actif de la population russe, dont les jeunes gens et les hommes seront soumis à ce qui pourrait devenir la conscription universelle. L’escalade de la menace que les forces dirigées par les Américains en Ukraine font peser sur leur nation a apporté au Kremlin le soutien patriotique total dont il a besoin pour modifier la structure et l’ampleur de l’armée ainsi que l’économie sur un pied de guerre.
La conclusion analogue du lieutenant-colonel est fondée sur son observation des capacités opérationnelles des forces armées russes qui ont considérablement augmenté depuis les résultats maladroits et bâclés des premières semaines et des premiers mois de cette guerre jusqu’aux performances très impressionnantes dont il a été témoin depuis les changements de commandement en septembre de l’année dernière.
Debates com o editor chefe em Moscou, Fred Weir: Terceiro Assalto
Nos últimos meses, coloquei aqui os enlaces para alguns de meus encontros, ou devemos chamá-los de ‘debates’, com Fred Weir, um jornalista canadense que trabalhou em várias agências de notícias e jornais, mas provavelmente é mais conhecido por seu longo trabalho como chefe do escritório de Moscou do Christian Science Monitor, com sede em Boston.
Nossos encontros foram “virtuais”, em discussões organizadas pela Press TV iraniana. Hoje, apresento o enlace para nosso último debate, no qual nossas diferentes perspectivas sobre a guerra em curso na Ucrânia são suficientemente diferenciadas para que o espectador se beneficie do contraste e também da concordância sobre a miséria e a morte que ela está trazendo para ambos os lados do conflito.
Não se trabalha para a grande mídia impressa podendo dizer o que se pensa na maior parte do tempo. Na situação atual, Weir complementou seu trabalho censurado por seus empregadores com declarações mais sutis e informativas em suas contas de mídia social. O que ele diz na Press TV situa-se em algum ponto numa escala móvel entre estas duas posições. A questão não é sobre distorção de informações, mas sobre informações e julgamentos pessoais contidos, sobre histórias que ele não é incentivado a cobrir para os principais canais de notícias.
De minha parte, nesta discussão ousei me afastar um pouco das pessoas ‘dissidentes’ ou ‘anti-guerra’ que têm republicado meus ensaios e que trouxeram 10.000 ou mais leitores para qualquer um dos meus artigos recentes. O que eu digo nesse vídeo é que o lado dos anjos muitas vezes também vive em sua própria redoma. Eles em grande parte não falam russo, não podem monitorar o que os russos estão dizendo entre si em sua mídia doméstica e, portanto, podem estar torcendo pelo esforço de guerra russo sem estar ciente da circunspecção dos próprios russos sobre suas chances de sucesso e quando.
Sendo mais específico, os vários Scott Ritter e Douglas Macgregor deste mundo estão falando como se a guerra estivesse prestes a terminar e a capitulação ucraniana pudesse ser esperada em algumas semanas. Claro, tudo é possível: a nova e acelerada ofensiva russa pode colocar o exército ucraniano de joelhos. No entanto, ao mesmo tempo, em artigos de agências de notícias russas, li que o chefe do intrépido Wagner Group, Yevgeny Prigozhin, acabou de ser citado como tendo dito que pode levar mais dois anos de luta para que as forças russas conquistem completamente o Donbas. Onde está a verdade?
Encerrando, aproveito esta oportunidade para chamar a atenção dos leitores para vários pontos chaves de uma correspondência privada que tenho mantido com um tenente-coronel do exército dos EUA que está trabalhando em um grupo de pesquisa acompanhando de perto o dia a dia das ações em campo. A questão era se o tempo estava do lado dos russos ou dos ucranianos.
Ambos chegamos à mesma conclusão de que o resultado final da Operação Militar Especial provavelmente será o fortalecimento das forças armadas russas e não seu enfraquecimento, que o chefe do Pentágono, Austin, declarou ser o principal objetivo dos EUA recusarem negociações de paz e prolongarem a guerra enviando equipamentos cada vez mais letais para o lado ucraniano.
Meu argumento a favor do fortalecimento baseia-se na forma como o exército russo está agora projetado para crescer de 600.000 homens armados para 1,5 milhão, e possivelmente para até 3 milhões. Esta expansão das forças armadas requer o apoio ativo da população russa, cujos rapazes e homens estarão sujeitos ao que pode se tornar o recrutamento universal. A escalada da ameaça à sua nação representada pelas forças lideradas pelos estadunidenses na Ucrânia trouxe ao Kremlin todo o apoio patriótico de que necessita para a mudança na estrutura e escala do exército, bem como a mudança na economia para uma de guerra.
A conclusão correspondente do tenente-coronel baseia-se na maneira como ele viu as capacidades operacionais das forças armadas russas crescerem imensamente, desde o desempenho incompetente e desajeitado das primeiras semanas e meses desta guerra até o desempenho impressionante que ele testemunhou desde as mudanças no comando em setembro do ano passado.